Église Saint-Laurent de Genève

L’ancienne église Saint-Laurent de Genève est un édifice religieux du Haut Moyen Âge situé à Genève, dont les vestiges ont été mis au jour en 2012 sous l’actuelle esplanade Saint-Antoine. Construite entre le VIe et le VIIe siècle, elle faisait partie des principaux lieux de sépulture situés à l’extérieur de la ville durant les premiers siècles du christianisme et jusqu'au début du XVIe siècle[1].

Connue par des sources écrites à partir du XIIe siècle, l’église est détruite en 1532 dans le cadre de la réorganisation des fortifications de Genève après la Réforme. Ses vestiges sont aujourd’hui intégrés au Site archéologique de Saint-Antoine (SaSA), ouvert au public en septembre 2026[2][3].

Contexte historique

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La construction de Saint-Laurent intervient après l’installation d’un évêque à Genève[réf. nécessaire], attestée dès 380[réf. nécessaire], et la généralisation du christianisme dans l’Empire romain. Cette évolution s’accompagne de la création d’un important ensemble épiscopal autour de l’actuelle cathédrale Saint-Pierre[réf. nécessaire], comprenant notamment plusieurs édifices religieux, un baptistère et une résidence épiscopale[réf. nécessaire].

À cette époque, des églises funéraires sont édifiées en dehors des zones urbanisées. Saint-Laurent s’inscrit dans ce réseau d’édifices destinés notamment aux inhumations. Plus de 300 sépultures ont été identifiées dans l’église et dans le cimetière qui l’entourait[4].

Bien que les autorités religieuses aient régulièrement rappelé, jusqu’à l’époque carolingienne[réf. nécessaire], l’interdiction d’inhumer à l’intérieur des églises, cette pratique s’est développée[réf. nécessaire]. Les revenus liés aux sépultures constituaient en effet une source importante de financement pour le clergé[réf. nécessaire].

Découverte des vestiges

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L’existence de l’église Saint-Laurent était connue grâce aux textes médiévaux[réf. nécessaire], mais son emplacement demeurait incertain. Les travaux réalisés en 2012[réf. nécessaire] sur l’esplanade Saint-Antoine ont permis d’identifier les vestiges de l’édifice et de plusieurs espaces funéraires.

Les murs dégagés lors des fouilles correspondent notamment à la nef de l’église[réf. nécessaire]. Les archéologues ont également retrouvé un cimetière devant sa façade occidentale et de nombreuses sépultures à l’intérieur et autour du bâtiment[réf. nécessaire]. Les plus anciennes remontent aux VIe et VIIe siècles[réf. nécessaire].

Certaines inhumations semblent être liées à des épisodes épidémiques[réf. nécessaire]. Des dépouilles déposées directement en pleine terre pourraient notamment correspondre à des victimes de la peste[réf. nécessaire], enterrées à proximité des fortifications et à l’écart des zones habitées.

Un ensemble archéologique exceptionnellement conservé

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La conservation des vestiges s’explique en grande partie par l’histoire du site[réf. nécessaire]. Après l'adoption de la Réforme protestante, Genève renforce ses défenses face aux menaces extérieures, notamment celles du duché de Savoie, resté catholique. L’église Saint-Laurent, située alors hors de l’enceinte urbaine, est détruite en 1532 afin de permettre l’aménagement des fortifications[5].

La construction du Mottet de Saint-Laurent à partir de 1537 contribue ensuite à préserver le sous-sol de ce secteur. Contrairement à d’autres parties de Genève, profondément remaniées au cours des siècles suivants par l’extension des fortifications puis leur démolition au XIXe siècle, le site connaît peu de transformations. Cette situation a permis la conservation d’un important ensemble archéologique[6].

Plusieurs sépultures des VIe et VIIe siècles ont notamment conservé leur dalle funéraire. L’une d’elles porte une inscription identifiant une religieuse inhumée au cours du VIe siècle. Cette inscription constitue un témoignage rare sur les personnes enterrées dans l’église durant cette période[7].

Un site révélateur de l’histoire de Genève

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Les fouilles de Saint-Laurent ont permis d’étudier l’évolution de l’occupation du secteur sur une longue période. Sa proximité avec l’un des principaux axes de développement de Genève a favorisé la conservation de vestiges appartenant à différentes périodes[réf. nécessaire].

Les recherches ont notamment permis de documenter l’occupation du site à l’époque romaine. Elles pourraient également contribuer à préciser les connaissances sur les occupations plus anciennes, notamment celtiques, déjà attestées sur des sites proches de la cathédrale Saint-Pierre et du Temple de Saint-Gervais[réf. nécessaire].

Les vestiges de l’église et les structures funéraires constituent ainsi un ensemble important pour la connaissance de Genève durant l’Antiquité tardive et le Haut Moyen Âge[6].

Notes et références

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  1. ↑ « Les vestiges d’une église très ancienne sortent de terre à Genève - Le Temps », www.letemps.ch,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  2. ↑ « Genève: Le site archéologique de Saint Antoine a ouvert ses portes », sur Bilan, (consulté le )
  3. ↑ « Genève. 2 000 ans d’histoire genevoise au nouveau Site archéologique de Saint-Antoine », sur www.ledauphine.com, (consulté le )
  4. ↑ « Genève: le site archéologique Saint-Antoine ouvre au public », sur Radio télévision suisse, (consulté le )
  5. ↑ Audrey Brasier, « Saint-Laurent : une église vieille de 13 siècles redécouverte sous Genève », sur Eglise catholique romaine-Genève, (consulté le )
  6. 1 2 « Sous Genève, 2000 ans d'histoire s'offrent enfin au regard des curieux », sur Tribune de Genève, (consulté le )
  7. ↑ « Campus », sur www.unige.ch, (consulté le )