Église Saint-Louis de Rouen

ancienne église française située à Rouen, aujourd'hui salle de concert

La chapelle Corneille, ancienne église Saint-Louis, se trouve rue Bourg-l'Abbé, au sud du lycée Corneille, à Rouen.

Chapelle Corneille
Église Saint-Louis
Image illustrative de l’article Église Saint-Louis de Rouen
Présentation
Nom local Chapelle Corneille
Type ancienne église catholique
Début de la construction 1615
Fin des travaux 1704
Architecte Atelier d'architecture King Kong (d)
Style dominant gothique flamboyant et classique
Protection Logo monument historique Classée MH (1910)
Site web www.operaderouen.fr/la-maison/les-salles/theatre-des-arts-2Voir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Ville Rouen
Coordonnées 49° 26′ 41″ nord, 1° 06′ 01″ est

Carte

Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Elle abrite depuis 2016 une salle de spectacle de 600 places gérée par l'Opéra de Rouen-Normandie[2].

Historique

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L'histoire de l'église est étroitement liée à celle de l'ancien collège des Jésuites voisin, créé dans la seconde moitié du XVIe siècle par le cardinal de Bourbon, archevêque de Rouen. Ce collège, actuel Lycée Pierre Corneille, était dépourvu de chapelle jusqu'à la construction de l'église Saint-Louis, dont les travaux durèrent plus d'un siècle. La première pierre de l'église Saint-Louis est posée en 1615 par la reine Marie de Médicis. En 1631, les travaux du chœur et du transept sont assez avancés pour qu'une première messe y soit célébrée par François II de Harlay, alors archevêque de Rouen. En 1650, la construction de la nef est presque terminée sauf la voute et le portail d'entrée. L'église est consacrée en 1704 par Jacques Nicolas Colbert, archevêque de Rouen et le perron d'entrée sur la rue Bourg l'Abbé est achevé en 1731[3].

L'église est conçue pour être le lieu de culte des élèves et du personnel de l'école voisine, et pour être aussi accessible au public extérieur au collège[4].

L'expulsion des jésuites qui tiennent le collège attenant, en 1762, marque le dépouillement progressif. de l'église. Celle-ci continue à servir de chapelle au collège, désormais tenu par des prêtres, mais, en 1765, une partie du mobilier est vendu : l'orgue est démonté pour être installé dans l'église Saint-Michel de Pont-l'Évêque. Les autels sont vendus et ornent aujourd'hui l'église de la Sainte-Trinité de Pinterville[5].

En 1793, elle devient un dépôt de fourrage. En 1799, l'église sert de dépôt aux peintures de la ville, en faisant le premier musée des Beaux-Arts de Rouen. Après le concordat, elle sert à nouveau de chapelle au lycée voisin. Mal entretenue, le conseil municipal envisage de la détruire en 1895 pour agrandir le lycée. Devant les multiples oppositions que ce projet suscite, l'église, seul édifice religieux de l'époque Louis XIII subsistant à Rouen, devient un monument classé le 21 mars 1910[6]. L'église est épargnée par les bombardements de la seconde guerre mondiale mais son mauvais état donne des inquiétudes après la guerre. En 1956, une association, intitulée "Société pour la restauration de la chapelle du lycée Corneille" est créée, rejointe par de nombreux anciens élèves du lycée et amateurs d'Art. À partir de 1959, des campagnes de restauration se succèdent. La toiture est refaite, la charpente en est consolidée, les désordres constatés dans les maçonneries sont corrigés au moyen de reprises en sous-œuvre[7]. Au début du XXIe siècle, le décor de l'intérieur de l'église est repris à son tour et elle reçoit des équipements permettant d'en faire un lieu de concerts et un studio d'enregistrement[8],[9]. Ces travaux permirent d’ouvrir l'église, désacralisée en 2005, à un large public pour des activités culturelles prestigieuses comme le Festival d'octobre de Rouen.

Architecture

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L'extérieur

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Façade de l'église Saint-Louis, vue de nuit, en février 2016.

Cette église est une synthèse entre le style gothique finissant et l’architecture classique. Sa façade sur la rue donne une impression d'inachèvement, due aux pierres prévues pour la construction de chapelles sur chacun de ses côtés, chapelles qui ne furent pas construites. Cette situation est due à l’exiguïté du terrain sur laquelle elle est édifiée. Les maisons qui l'entouraient ont aujourd'hui disparu. Longue de 52 mètres, elle est par sa taille la troisième église de Rouen, après la cathédrale et l'abbatiale Saint-Ouen et la troisième église jésuite de France, après celle de la maison professe à Paris et de Rennes[5].

On accède à la façade, de style classique, par un emmarchement. La porte est encadrée de deux colonnes doriques, surmontées d'un entablement. Au niveau supérieur s'ouvre une baie en plein cintre. La façade est couronnée par un fronton. Quatre statues, placées dans des niches, représentent saint Louis, Charlemagne, saint Ignace de Loyola, fondateur des jésuites, et saint François d'Assise.

L'intérieur

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Le chœur de l'église Saint-Louis en septembre 2011.
Église Saint-Louis de Rouen (chapelle Corneille) en 2026 - Retable du maître autel après restauration

Son plan a la particularité d'être orienté nord-sud. Elle se développe en forme de croix avec une nef unique et s'étire sur 52 m de long.

Une autre particularité consiste dans le chevet polygonal du chœur, associé au chevet polygonal de chacun des bras du transept. Chacun des bras du transept comportait un autel, avec un retable en pierre et marbre. Ces deux retables, symétriques, subsistent donc aujourd'hui, face à face.

Ces retables, datés de 1661 environ, ressemblent au retable de l'église Saint-Paul-Saint-Louis de Paris. En partie basse le retable du transept Est, était orné d'une Crucifixion de Jouvenet. La partie supérieure devait accueillir une sculpture. Le tableau que présentait le retable du transept ouest, avant sa vente en 1765, était une Présentation de Jésus au temple de Jouvenet, tableau jamais retrouvé[5].

En entrant dans l'église, les deux premières chapelles, au sud, sont atrophiées, mais présentent un décor en forme de retable d'autel. Ensuite se développent deux chapelles, celle à l'ouest contient depuis 1826 le tombeau du cardinal de Joyeuse, du marbrier rouennais Parfait. Celle à l'Est, la chapelle de la Passion, possède un retable identique à celui de l'abbatiale Saint-Ouen. Il représente Notre-Dame de Liesse, et pourrait être une réalisation de Guillaume de La Tremblaye, qui l'a réalisé en 1684 pour Saint-Ouen. Posé dessus se trouve un Christ en plâtre. L'original de Girardin a été vendu en 1765[5].

Les chapelles aux angles du transept sont surmontées de quatre tribunes, qui pouvaient servir à certaines compositions figurant dans le répertoire de la musique sacrée baroque, telle les messes à quatre voix ou à quatre chœurs composées par Marc-Antoine Charpentier.

La chapelle latérale ouest du chœur a été en grande partie influencée par le projet de Robert de Cote dessiné en 1704. Le dessus des portes qui encadrent le retable représente la vie d'Ignace de Loyola. Celle de gauche représente sa vision du Christ tandis que celle de droite est celle où Ignace reçoit les saints sacrements[5].

Le chœur a conservé son retable de la seconde moitié du XVIIe siècle, en bois, orné de colonnes torses et à balustres creuses, malheureusement dépourvu de son autel.

Le dallage, refait à l'identique, est en damier d'ardoise et travertin. Les vitraux, en grisaille, sont dus au mécénat de Gaz de France[5].

Transformation en salle de concert

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Eglise Saint-Louis de Rouen (chapelle Corneille) en 2026 - Transept ouest
Eglise Saint-Louis de Rouen (chapelle Corneille) en 2026 - Transept Est

Après sa désacralisation, en 2005, la chapelle est convertie en lieu de concerts et d'enregistrement pour la musique classique. Des espaces, sont ajoutés pour les communs et les annexes : une entrée de plain-pied est créée sur le côté Est de l'édifice, au niveau du sous-sol de l'église, créé sous la nef et le transept, par excavation. Des escaliers et des ascenseurs sont installés pour relier ce nouveau niveau d'accès à l'intérieur de l'église. Un bâtiment est aussi ajouté sur le côté Est de l'église, abritant notamment les loges des artistes[10] [11] [12]. Une scène de forme circulaire est disposée à la croisée de la nef et du transept, entourée de chaises spécialement conçues. Cette scène et ces chaises peuvent être bougées en fonction de la jauge désirée pour chaque concert. Une sphère de 7 mètres de diamètre accrochée en hauteur au dessus de la scène, permet de diffracter le son dans l'ensemble de l'auditorium de 600 places tout en éclairant la scène[13]. En 2018, ces aménagements reçoivent le prix de l'architecture et de l'aménagement normand (PAAN) dans la catégorie Culture (ex æquo avec le Dôme à Caen)[14]. Ces aménagements ont été conçus pour être réversibles, dans, l'hypothèse o*ù l'église serait, un jour, rendue au culte[10]. Depuis son inauguration, en 2016, la chapelle, dont la qualité de l'acoustique est réputée, accueille donc des concerts, dont les programmes complètent ceux du théâtre des Arts de Rouen[2].

Notes et références

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  1. Notice no PA00100922, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. 1 2 « La Chapelle Corneille - Opéra de Rouen »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur Opéra de Rouen.
  3. Chaline 1987, p. 13-18.
  4. Chaline 1987, p. 21-24.
  5. 1 2 3 4 5 6 Visite de la chapelle du lycée Corneille, Journées du Patrimoine, 18 septembre 2011.
  6. Bénédicte Duthion, « De Clio à Euterpe. La patrimonialisation du lycée Corneille (Rouen) et de sa chapelle Saint-Louis », In Situ, vol. 45, (ISSN 1630-7305, DOI 10.4000/insitu.32939, lire en ligne, consulté le ).
  7. Chaline 1987, p. 54-58.
  8. « A Rouen, un auditorium dans la chapelle Corneille », sur ouest-france.fr, (consulté le )
  9. « La Chapelle Corneille, à Rouen, nouvelle salle de concert », sur actu.fr, (consulté le )
  10. 1 2 « Réhabilitation de la chapelle Corneille (Rouen) », (consulté le )
  11. « Fiche technique », sur letincelle-rouen.fr, (consulté le )
  12. « Chapelle Corneille - Auditorium de Normandie », sur kahle.be (consulté le )
  13. « 125 - Lustre monumental motorisé - Auditorium La Chapelle Corneille - Rouen (76) - Métalobil », sur Métalobil (consulté le ).
  14. « Deux réalisations primées sur la presqu'île de Caen », sur lemoniteur.fr, (consulté le ).

Annexes

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Bibliographie

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  • Projet de démolition de la chapelle du lycée Corneille à Rouen. Vœu de conservation par la Société des architectes de la Seine-Inférieure, Rouen, imprimerie Julien Lecerf,
  • Olivier Chaline (préf. Étienne Wolff), La Chapelle du lycée Corneille à Rouen, , 64 p.
  • Bénédicte Duthion, Du collège des Jésuites au lycée Corneille, Rouen, Région Normandie, coll. « Patrimoine & Territoire », .

Articles connexes

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Liens externes

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