Église catholique en Albanie

Église catholique d'une zone

L'Église catholique en Albanie (en albanais : Kisha Katolike në Shqipëri), désigne l'organisme institutionnel et sa communauté locale ayant pour religion le catholicisme en Albanie.

Les circonscriptions de l'Église en Albanie ainsi que celles des États voisins
Répartition des catholiques en Albanie selon le recensement de 2011.

L'Église en Albanie est organisée en deux provinces ecclésiastiques (Shkodër-Pult et Tiranë-Durrës), qui ne sont pas soumises à une juridiction nationale au sein d'une église nationale mais qui sont soumises à la juridiction universelle du pape, évêque de Rome, au sein de l'« Église universelle[1] ».

Les deux provinces répartissent cinq diocèses (deux archidiocèses métropolitains et trois diocèses) et une administration apostolique, qui rassemblent toutes les paroisses de l'Albanie[2].

En étroite communion avec le Saint-Siège, l'administrateur apostolique d'Albanie méridionale et les évêques des diocèses en Albanie sont membres d'une instance de concertation, la Conférence épiscopale d'Albanie.

En 1991, la « Petite Constitution » stipule que l'Albanie n'a plus de religions d'État ni officielles, puis l'article 7 de la Constitution de 1998 précise que « La république d'Albanie est un État laïc » et que « L'État respecte la liberté de croyance religieuse »[3], autorisant[4],[5] ainsi l'Église catholique.

L'Église catholique est une communauté religieuse minoritaire en Albanie.

Histoire

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Le premier évêque connu de l'Albanie actuelle est Bassus, qui fut évêque de Scutari (Shkodër) en 387, suffragant de l'évêque métropolitain de Thessalonique.

De 1444 à 1468, Skanderbeg dirige la résistance à l'invasion turque-ottomane. À cette époque, le nord de l’Albanie était majoritairement catholique, tandis que le centre et le sud de l’Albanie étaient majoritairement orthodoxes. Finalement, en 1480, l'Albanie fut conquise par l'Empire ottoman.

À sa fondation en 1913, l'Albanie, à majorité musulmane mais avec d'importantes minorités catholiques au Nord et orthodoxes au Sud, n'a pas de religion d'État ni officielle, mais sa constitution reconnaît tous les cultes.

Le , les troupes allemandes quittent l'Albanie qui devient la république populaire socialiste d'Albanie dirigée par le communiste Enver Hoxha sous le nom de « gouvernement démocratique d'Albanie ». Hoxha projette de donner naissance à une Église patriotique catholique, indépendante du pape, qu'il contrôlerait. Rapidement, l'Église catholique est considérée comme hors la loi par le régime, qui lui confisque ses biens et restreint ses droits. Le moindre acte religieux, tel un baptême, même célébré en privé, est passible de la peine de mort. Les sacrements ne pouvant plus être donnés, le Père Lazër Shantoja célèbre la messe, confesse, baptise et instruit dans la religion de manière clandestine, mais le , il est arrêté puis fusillé le , dans l'enceinte de la prison de Tirana, devenant le premier des 38 martyrs d'Albanie.

En 1967, Enver Hoxha proclame l’athéisme religion d'État et « doctrine officielle » du régime, l'Albanie devient le « premier État athée du monde ». Enver Hoxha ordonne l'interdiction des observances religieuses et que tous les édifices religieux n'ayant pas d'intérêt historique, soient démolis ou transformés en terrains de sport, en entrepôts ou nationalisés. Sur les 2 169 églises, mosquées et monastères, 1 800 sont détruits tandis que ceux qui subsistent servent à d'autres fonctions. Les séminaires sont fermés.

Pendant la période communiste, parmi les sept évêques, les cent-onze prêtres, la dizaine de séminaristes et autant de religieuses torturés puis exécutés ou morts emprisonnés en camp de concentration[6], 34 seront déclarés martyrs. Les laïcs catholiques subissent le même sort avec 4 d'entre eux qui seront également déclarés martyrs.

Après la chute du mur de Berlin (1989), l'Albanie ne peut pas payer entièrement sa dette et se trouve en défaut souverain en 1990. La même année, Mère Teresa se rend en Albanie, son pays natal, pour y fonder[7] une maison des sœurs missionnaires de la Charité. Elle dépose une gerbe sur la tombe d'Enver Hodja[8]. Ignorant les répressions et l'oppression des peuples, Mère Teresa répond à ces accusations en disant : ce « qui compte pour moi, c’est que je puisse m’occuper des pauvres »[9].

Le , le Parlement adopte plusieurs mesures libéralisant le Code pénal : la pratique religieuse ne tombe plus sous le coup de la loi. Le , Ramiz Alia déclare que la démocratisation est désormais un processus « irréversible », et annonce la mise à l'étude de l'éventuelle réouverture des lieux de culte, églises et mosquées[10]. En , Ramiz Alia autorise la pratique religieuse privée en Albanie. Le , Ramiz Alia autorise le multipartisme mettant fin du régime du parti unique. En 1991, la « Petite Constitution » stipule que l'Albanie n'a plus de religions d'État ni officielles, puis l'article 7 de la Constitution de 1998 précise que « la république d'Albanie est un État laïc » et que « l'État respecte la liberté de croyance religieuse »[3], autorisant[4],[5] ainsi l'Église catholique.

Ce n’est qu’en 1991, avec le retour de la démocratie, qu’il fut possible de renouer les relations diplomatiques avec le Saint-Siège et que la nonciature apostolique fut instituée (3 septembre 1991). En 1992, il ne restait plus que 33 prêtres (dont le père Ernest Simoni) dans le pays, tous très âgés. Cela exigea un effort particulier de la part de l’Église catholique, qui dut reconstruire de toutes pièces tant son organisation territoriale que ses structures pastorales. L'Église albanaise a reçu la visite pastorale du pape Jean-Paul II en 1993. En 2002, la construction de la cathédrale catholique de Tirana fut achevée.

En 2016, le pape François a reconnu les 38 martyrs d'Albanie assassinés entre 1945 et 1974 et a canonisé Mère Teresa.

Organisation

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L'Église catholique romaine en Albanie est divisée en cinq diocèses (deux archidiocèses métropolitains, trois diocèses) et une administration apostolique :

Statistique

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Dans une population de 3 millions d'habitants, l'Église catholique est minoritaire avec 300 000 catholiques (10 %), après les musulmans (58,8 %) et les sans-religions (18,7 %) et avant les orthodoxes (6,8 %)[11],[12].

Articles connexes

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Notes et références

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  1. ↑ « Catéchisme de l'Église Catholique »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur vatican.va (consulté le )
  2. ↑ Annuario pontificio 2011, Città del Vaticano, 2011.
  3. 1 2 (en) « Albania - Constitution », sur servat.unibe.ch, (consulté le )
  4. 1 2 (en) « Freedom in the World 2015 Albania »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur freedomhouse.org, (consulté le )
  5. 1 2 (en) « Bureau of Democracy, Human Rights and Labor International Religious Freedom Report for 2014 Albania »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur state.gov, (consulté le )
  6. ↑ « Albania - Hoxha's Antireligious Campaign », sur countrystudies.us (consulté le )
  7. ↑ Frédéric Lenoir et Estelle Saint-Martin, Mère Teresa Biographie, Paris, France Loisir, , 310 p. (ISBN 2-7242-7823-2 et 9782724278231, OCLC 670375860, lire en ligne), p. 81
  8. ↑ Francesco Follo et Michel Salamolard, Mère Teresa : reflets d'un visage offert aux plus pauvres, Saint-Maurice (Suisse)/Paris, Éd. Saint-Augustin, , 165 p. (ISBN 2-88011-325-3 et 9782880113254, OCLC 470365052, lire en ligne), p. 97
  9. ↑ Sandro Cassati, Mère Teresa : femme d’exception, Saint-Victor-d'Épine, City Edition, , 219 p. (ISBN 978-2-8246-0189-2), p. 147.
  10. ↑ Encyclopædia Universalis [en ligne], «  8-12 mai 1990 - Albanie. Amorce de libéralisation », sur universalis.fr (consulté le )
  11. ↑ (en) « The world factbook Albania », sur cia.gov (consulté le )
  12. ↑ « L'observatoire de la liberté religieuse Albanie », sur liberte-religieuse.org (consulté le )