Église de la Sainte-Présentation de Beryslav

église classée en Ukraine

L'église de la Sainte-Présentation ou église de la Présentation de Marie au Temple (en ukrainien : Свято-Введенська церква ; en russe : Свято-Введенская церковь) est une église orthodoxe en bois située dans la ville de Beryslav, dans l'oblast de Kherson, en Ukraine. Construite en 1725 en bois de chêne dans la forteresse de Perevolochna (en) dans l'oblast de Poltava, elle est transportée en 1784 sur le Dniepr par les Cosaques jusqu'à Beryslav. Elle est incendiée en août 2026 par la Russie lors d'une attaque de drone.

Église de la Sainte-Présentation
Présentation
Type
Fondation
1725
Architecte
Construction
1726
Destruction
dans une attaque de drone russe
Patrimonialité
Monument architectural d'importance nationale (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Localisation
Coordonnées
Carte

Histoire

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Construction et déplacement

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L'église de la Sainte-Présentation est fondée le par les Cosaques zaporogues, selon une plaque apposée à l'entrée de l'édifice. L'église se situe alors dans la forteresse de Perevolochna (en), dans l'oblast de Poltava, dans une zone inondée lors de la mise en eau du réservoir de Kamianske. Le chantier débute en mai 1726, lorsque le colonel Ivan Larionovich paie 30 roubles les cinq charpentiers chargés de la construction[1]. L'église est initialement consacrée à la Résurrection du Christ[2].

En 1784 ou 1785, l'édifice est démonté pièce par pièce par les Cosaques, qui lui font descendre le fleuve Dniepr en bateau sur une distance de 350 km, jusqu'à atteindre la forteresse tatare de Kyzy-Kermen. Des reliques orthodoxes sont également du voyage. Kyzy-Kermen deviendra une ville sous le nom de Beryslav ; c'est dans cette localité que l'édifice religieux est remonté[2].

Selon un article de l'Union des journalistes orthodoxes (UOJ), la pratique de déménager les églises en bois était courante à l'époque en raison de la répression menée par Catherine II, mais elle concernait principalement de petits déplacements, d'un village à un autre, visant à éviter les coûts de la construction d'un nouvel édifice. La raison pour laquelle l'église a été transportée sur une aussi longue distance, plutôt que d'en bâtir une nouvelle, n'est pas connue[1]. L'hypothèse selon laquelle l'église aurait été déplacée d'un seul tenant par une inondation est considérée comme « farfelue » par l'UOJ, de même que celle avançant que l'église a été transportée entière par bateau, sans être démontée, trajet rendu improbable par la présence de rapides et la faible profondeur du fleuve[1].

L'église à Beryslav

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En 1835 cependant, après la construction d'une église en pierre consacrée à la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu, l'église en bois perd son statut d'église principale de la ville[1]. En 1853, elle est ainsi à nouveau déplacée en périphérie est de Beryslav, à proximité du cimetière de Vvedenske. Elle est reconsacrée, cette fois à la Présentation de Marie au Temple, aussi appelée dans le monde orthodoxe l'Entrée de la Très Sainte Theotokos au Temple[1],[2],[3]. À la fin du XIXe siècle, l'édifice connaît une restauration[1].

Après la guerre soviéto-ukrainienne qui s'achève sur la prise de contrôle par la RSFS de Russie du territoire de la jeune République populaire ukrainienne, les autorités soviétiques répriment la pratique de la religion orthodoxe et font fermer l'église de Beryslav en 1939. Déconsacrée, elle devient un entrepôt puis un dépotoir. Il est même envisagé un temps de déconstruire l'église pour se servir des matériaux comme bois de chauffage, une ressource rare dans la région, mais ce projet est abandonné[1].

Lors de l'opération Barbarossa en 1941, la Wehrmacht occupe une grande partie de l'Ukraine. L'église est, selon Monuments d'urbanisme et d'architecture de la RSS d'Ukraine, endommagée lors des combats, mais la nature et l'ampleur des dégâts ne sont pas précisées. À Beryslav toutefois, les offices religieux sont à nouveau autorisés et les occupants allemands aménagent un nouveau cimetière à côté de l'église de la Sainte-Présentation[2].

Époque post-soviétique

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L'église est classée au Registre national des monuments immeubles d'Ukraine en tant que « Monument historique d'importance nationale »[1]. À la fin de la période soviétique, l'église se trouve dans un très mauvais état, avec un dôme qui s'incline dangereusement et menace de s'effondrer. Quelques années plus tard, l'État accepte de financer la rénovation à hauteur de 10 000 hryvnias, mais les fonds sont détournés de leur usage prévu par le conseil municipal et ne servent jamais[1].

Durant la guerre russo-ukrainienne, l'église de la Sainte-Présentation reste sous le contrôle de l'Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Moscou[2]. Elle appartient au doyenné de Beryslav, qui fait partie de l'éparchie de Nova Kakhovka et Henitchesk[1] (dirigée par le métropolite russe Philarète, né Iouri Zverev). En 2023, l'administration militaire locale demande au ministère de la Culture de redonner à l'État la propriété du bâtiment, mais ne reçoit aucune réponse[2].

Le , durant l'invasion russe de l'Ukraine, l'église de Beryslav est frappée par un drone russe et entièrement détruite dans l'incendie qui s'ensuit, près de 300 ans après sa construction. Selon un média local de Kherson, elle était l'un des derniers édifices religieux dans la région anciennement occupée à ne pas avoir subi de dommages importants du fait d'attaques russes. Cette destruction s'inscrit dans un contexte plus large de ciblage intentionnel par la Russie du patrimoine culturel et architectural ukrainien, dans un but allégué, selon l'Ukraine, d'effacement culturel[2].

Architecture

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L'église de la Sainte-Présentation est organisée selon le type « à croix inscrite » et sa composition suit un axe principal orienté ouest-est. Son plan se divise en trois volumes, avec un octogone principal à deux retraits successifs et une abside à cinq pans. Trois vestibules à pans coupés sont accolés au volume principal sur les côtés nord, sud et ouest. L'église comporte une coupole, surmontée d'un dôme polygonal de style tatar, surmontée d'une coupole en forme de bulbe[1].

Elle est construite uniquement en bois de chêne, avec des rondins de bois pour la charpente, recouverts de planches de parement. Des chevilles en bois servent à la fixation, afin de n'utiliser aucun élément métallique dans la réalisation du corps du bâtiment. Toutefois, la toiture et le bulbe du dôme son en métal. Le bâtiment repose sur des fondations en pierre[1],[2].

L'édifice s'inscrit dans le style des églises en bois d'Ukraine de la région de Zaporijjia et constitue — jusqu'à sa destruction par la Russie — l'un des rares exemples subsistants d'architecture ecclésiastique zaporogue[3]. Le bâtiment appartient également à l'école architecturale du Dniepr moyen[2],[1].

Objets religieux

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L'église abrite des objets religieux datant de l'édification originale du bâtiment ou antérieur. Parmi ceux-ci figurent une iconostase sculptée en bois (qui a été détruite et n'existe plus), un Évangéliaire datant de 1695 ou 1697[3], des icônes orthodoxes du xviiie siècle et une croix d'autel à huit branches en argent doré. Tous les objets sont des donations des Cosaques zaporogues, qui les ont transportés en même temps que le corps de l'église[1]. Une légende entoure l'icône, selon laquelle toute personne l'emportant en-dehors de l'église attirera une malédiction sur l'ensemble de sa famille[3].

Galerie

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Références

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