Élection présidentielle estonienne de 2026
L’élection présidentielle estonienne de 2026 a lieu au scrutin indirect le afin d'élire le président de la république d'Estonie.
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| Élection présidentielle estonienne de 2026 | ||||||||||||||
| (1er tour) | ||||||||||||||
| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Inscrits | 101 | |||||||||||||
| Votants | 78 | |||||||||||||
| 77,23 % | ||||||||||||||
| Blancs et nuls | 7 | |||||||||||||
| Ülle Madise – Indépendante[a] | ||||||||||||||
| Voix | 71 | |||||||||||||
| 91,02 % | ||||||||||||||
| Président de la République | ||||||||||||||
| Sortant | Élu | |||||||||||||
| Alar Karis Indépendant |
Ülle Madise Indépendante | |||||||||||||
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | ||||||||||||||
Le président sortant Alar Karis, en fonction depuis le est théoriquement éligible pour un second mandat consécutif. Après plusieurs mois de spéculation, il annonce cependant le qu'il renonce à se représenter, invoquant des raisons personnelles et familiales.
L'absense du président sortant dans la course à la présidence rend son issue incertaine, plusieurs candidats se déclarant dans les semaines précédant le scrutin. Une seule candidate, la chancelière de justice Ülle Madise parvient néanmoins à réunir les soutiens nécessaires pour sa candidature, et obtient dès le premier tour la majorité qualifiée requise. Son entrée en fonction est prévue le suivant.
Contexte
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Élu en 2021 alors qu'il était seul candidat en lice, Alar Karis avait, à l'occasion de son investiture, appelé à une réforme du mode de scrutin présidentiel, jugé trop dépendant des tractations entre partis. Cette réforme n'aboutit toutefois pas avant l'échéance de 2026.
Au cours de l'année 2025, plusieurs noms circulent déjà dans la presse pour la succession de Karis, notamment ceux de l'ancien Premier ministre Andrus Ansip ou de la chancelière de justice Ülle Madise, sans qu'aucun parti ne s'engage formellement[1]. Théoriquement éligible pour un second mandat consécutif, Karis lui-même laisse longtemps planer le doute, déclarant qu'il faudrait presque un miracle pour le convaincre de briguer un second mandat, avant de confirmer son retrait à l'occasion de la Journée de la Victoire, le [2]. Le président sortant justifie son retrait pour « raisons personnelles et familiales »[3]. Cette annonce relance ainsi la course à la présidence, plusieurs partis d'opposition accusant la coalition au pouvoir d'avoir contribué à écarter un chef de l'État jugé populaire[2].
La coalition gouvernementale, formée du Parti de la réforme (ERE) et d'Estonie 200 (E200), dispose de 52 sièges sur 101 au Riigikogu, un total insuffisant pour qu'elle puisse élire seule un président, ce qui nécessite le soutien d'au moins deux tiers des députés. Elle doit donc composer avec au moins une partie de l'opposition, formée du Parti social-démocrate (SDE, 14 sièges), d'Isamaa (11 sièges), du Parti populaire conservateur (EKRE, 9 sièges) et du Parti du centre (Centre, 8 sièges), ainsi que de plusieurs députés non-inscrits.
Système électoral
modifierLe président de la république d'Estonie est élu au scrutin indirect pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois de manière consécutive[4].
La procédure peut prendre jusqu'à cinq tours de scrutin, via deux collèges électoraux différents. Aux trois premiers tours de scrutin, seuls votent les 101 députés membres du Riigikogu. Pour être élu, tout candidat doit recueillir le soutien d'au moins deux tiers du total des députés, soit en l'espèce 68 voix. En cas d'échec au premier tour, un deuxième tour a lieu le lendemain. Si celui-ci ne permet pas de désigner un nouveau chef de l'État, un troisième tour de scrutin est tenu le même jour, où seuls peuvent se présenter les deux candidats arrivés en tête du deuxième tour. Bien que réduit à deux candidats, ce troisième tour peut malgré tout ne pas dégager de vainqueur, le quorum des deux tiers étant maintenu[4].
Si personne n'a été élu à l'issue de ces trois tours, un collège électoral, constitué des députés et de représentants des collectivités locales, est convoqué par le président du Riigikogu dans un délai d'un mois[N 1]. Est alors élu celui qui obtient la majorité absolue du total des membres du collège électoral. Si ce quatrième tour est infructueux, un cinquième est organisé selon les mêmes règles. Comme la majorité requise est celle de la totalité des membres, et que ces derniers peuvent voter blanc, nul, ou s'abstenir, il est possible qu'aucun candidat ne ressorte vainqueur, même au dernier tour. En cas d'échec de ces deux tours par le collège électoral, la procédure retourne au Parlement pour y être recommencée depuis le début[4].
L'élection de 2026 voit appliquée pour la première fois une réforme du calendrier de dépôt des candidatures. Celles-ci doivent désormais être présentées entre douze et neuf jours avant le scrutin, contre quatre à deux jours auparavant, et chaque candidat retenu doit prononcer un discours de présentation d'une durée maximale de dix minutes devant les députés avant les premier et deuxième tours[5].
Conditions de candidature
modifierAux deux premiers tours, seuls peuvent être candidats les citoyens estoniens âgés d'au moins 40 ans et pouvant justifier du soutien d'au moins un cinquième des députés, c'est-à-dire 21 élus. Au quatrième tour, outre les deux candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix au Riigikogu, tout citoyen justifiant du soutien de 21 membres du collège électoral a le droit d'être candidat[4]. L'ouverture des candidatures est fixée au et leur clôture au [6].
Candidats
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La période d'enregistrement des candidatures débute que le 21 août, mais celles de plusieurs personnalités avaient d'ores et déjà été proposées ou pressenties par la presse et les partis[6].
Ülle Madise, chancelière de justice depuis 2015, apparaît début août comme la candidate la mieux placée. Proposée par le SDE dès le mois de juillet, elle recueille ensuite le soutien officiel du Parti de la réforme et d'Estonie 200[7]. Début août, la présidente du groupe parlementaire d'Estonie 200, Kristina Kallas, évalue son socle de soutiens à 67 voix, l'écart avec le seuil requis de 68 tenant à l'opposition d'une élue non-inscrite[8]. Le 17 août, elle confirme sa candidature en précisant qu'elle n'entendait pas entreprendre de campagne auprès des députés pour obtenir leur soutien. Le lendemain, selon Urmas Reinsalu, président d'Isamaa, le parti décide également de lui apporter son soutien[9].
Mart Helme, 76 ans, cofondateur et vice-président du EKRE et ancien ministre de l'Intérieur, est le seul à avoir été officiellement désigné candidat par son parti à la mi-2026[6].
Indrek Laul, patron d'une manufacture de pianos haut de gamme, est proposé par un collectif d'une trentaine de personnalités du monde des arts, du monde académique et des affaires, qui mettent en avant sa capacité à rassembler au-delà des clivages partisans[6]. Isamaa le rencontre à cette occasion.
Hannes Hanso, ancien ministre de la Défense et futur ambassadeur d'Estonie aux États-Unis, se dit disposé à se présenter si des partis le sollicitent, indiquant que deux ou trois formations en ont discuté avec lui[6].
Maive Rute, haute fonctionnaire européenne à la direction générale du Marché intérieur et de l'Industrie de la Commission européenne, est également citée, son nom ayant été évoqué dès le printemps; la fraction parlementaire d'Isamaa la rencontre fin juillet[6].
Plusieurs autres noms circulent sans confirmation : celui de l'ancienne présidente Kersti Kaljulaid (2016-2021), suggéré par le premier ministre Kristen Michal, ou celui du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Jonatan Vseviov, qui affirme se concentrer sur ses fonctions actuelles[6].
À l'inverse, l'ancien chef des forces spéciales et de la Ligue de défense Riho Ühtegi, d'abord soutenu par plusieurs personnalités publiques en juillet, annonce début août qu'il renonce à se présenter pour des raisons de santé, après avoir pourtant rencontré des représentants d'Isamaa[6]. La diplomate Riina Kionka, ancienne ambassadrice auprès de l'OTAN, indique n'avoir été approchée par aucun parti, tandis que l'ancien ministre de la Défense Jüri Luik écarte publiquement l'hypothèse d'une candidature[6].
Résultats
modifier| Candidats | Partis | Premier tour | ||
|---|---|---|---|---|
| Voix | % | |||
| Ülle Madise | Indépendante[a] | 71 | 100 | |
| Majorité requise[b] | 68 voix | |||
| Votes valides | 71 | 91,03 | ||
| Votes blancs | 7 | 8,97 | ||
| Votes nuls | 0 | 0,00 | ||
| Total | 78 | 100 | ||
| Abstention | 23 | 22,77 | ||
| Inscrits / participation | 101 | 77,23 | ||
Analyse et conséquences
modifierFinalement seule à parvenir à obtenir suffisamment de soutien de députés pour présenter sa candidature, l'indépendante Ülle Madise est élue au premier tour. Bénéficiant du soutien du Parti de la réforme, du Parti social-démocrate, d'E200 et d'Isamaa, elle réunit ainsi sur son nom 71 voix, soit trois de plus que la majorité des deux tiers des inscrits requise[11].
La nouvelle présidente doit prêter serment devant le Riigikogu et entrer en fonction le [5].
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- ↑ (en) ERR News, « Riigikogu looks at potential candidates for Estonia's next president », sur ERR, (consulté le ).
- 1 2 (en) Silver Tambur, « Estonia's president Alar Karis says he will not seek a second term », sur Estonian World, (consulté le ).
- ↑ (en) ERR News, « President Alar Karis will not run for second presidential term », sur ERR, (consulté le ).
- 1 2 3 4 « Estonie, Constitution estonienne du 28 juin 1992, Digithèque MJP », sur mjp.univ-perp.fr (consulté le ).
- 1 2 (en) « Election of President », sur Riigikogu (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) ERR News, « Who wants to be Estonia's next president? », sur ERR, (consulté le ).
- ↑ (en) Silver Tambur, « Ülle Madise emerges as the frontrunner in Estonia's presidential race », sur Estonian World, (consulté le ).
- ↑ (en) ERR News, « Eesti 200 head: 67 MPs back Ülle Madise for president », sur ERR, (consulté le ).
- ↑ (et) Veronika Uibo, « Isamaa toetab presidendivalimistel Ülle Madiset », sur ERR, .
- ↑ (et) Gunnar Paal, « Ülle Madise valiti Vabariigi Presidendiks », sur Riigikogu, riigikogu, (consulté le ).
- ↑ [https://www.lalibre.be/international/europe/2026/09/02/la-chanceliere-de-la-justice-ulle-madise-elue-presidente-destonie-par-le-parlement-WUIGBYWHJJH5ZORV2TK5IAX25M/ La chancelière de la Justice Ülle Madise élue présidente d'Estonie par le parlement]
Liens externes
modifier- (en) « Election of President », sur Riigikogu
- (en) « Elections in Estonia », sur Valimised.ee