Élection présidentielle italienne de 1999

11ème élection présidentielle en Italie

L'élection présidentielle italienne de 1999 a lieu le afin d'élire au suffrage indirect le président de la République italienne pour un mandat de sept ans.

Élection présidentielle italienne
de 1999
Corps électoral et résultats
Inscrits 1 010
Résultats du 1e et dernier tour
Carlo Azeglio Ciampi – Indépendant
Voix 707
77,10 %
 
Président de la République italienne
Sortant Élu
Oscar Luigi Scalfaro
Indépendant
Carlo Azeglio Ciampi
Indépendant

Lors des discussions qui précèdent l'élection, le centre droit fait valoir son veto contre la possible réélection du président sortant Oscar Luigi Scalfaro, tandis que le Parti populaire — héritier de la défunte Démocratie chrétienne — tente sans succès d'imposer une candidature issue de ses rangs.

Contrairement à la plupart des précédents scrutins présidentiels, cette élection se joue dès le premier tour avec la large victoire de Carlo Azeglio Ciampi dont la candidature est alors soutenue par une ample majorité s'étendant du centre gauche au centre droit.

Contexte

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Le président sortant, Oscar Luigi Scalfaro.

Institutionnel

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Le président de la République italienne, chef d'État d'un régime parlementaire, assume un rôle essentiellement honorifique[1],[2], tout en étant considéré par la Constitution italienne comme le garant de l'unité nationale et des institutions. Le président italien joue ainsi un rôle de premier plan à l'issue des élections générales ou lors des crises politiques, le chef de l’État — qui procède aux consultations des groupes parlementaires avant de nommer le président du Conseil des ministres — ayant alors la main sur le processus des négociations en vue de la formation des gouvernements de coalition. Si le président du Conseil doit en dernier lieu obtenir le vote de confiance des deux chambres du Parlement envers son gouvernement, le président de la République dispose ainsi au préalable d'un droit de veto sur la proposition de gouvernement qui lui est faite[3],[4],[5].

Garant des institutions, le président quitte traditionnellement son parti politique s'il était membre de l'un d'entre eux, avant sa prestation de serment. Il en va de même s'il siégeait avant son élection à la Cour constitutionnelle, au Parlement, au gouvernement ou au sein de toute autre institution d'État.

Élection présidentielle de 1992

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Mode de scrutin

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Le palais Montecitorio, où se réunissent les grands électeurs.

Le président de la République italienne est élu pour un mandat de sept ans au suffrage indirect et secret par un collège électoral composé des membres des deux chambres du Parlement — soit 630 députés et 315 sénateurs —, auxquels s'ajoutent 58 délégués régionaux en provenance des vingt régions d'Italie. Ces derniers sont choisis par les conseils régionaux à raison de trois délégués par région, à l'exception de celle du Val d'Aoste qui n'en dispose que d'un[6],[7]. À ce total s'ajoutent enfin les sept sénateurs à vie qui siègent à la chambre haute dont deux anciens présidents de la République[a], soit un total de 1 010 membres pour le collège électoral en .

Lors des trois premiers tours, est élu le candidat réunissant la majorité des deux tiers du total des membres du collège électoral. À partir du quatrième tour de scrutin, la majorité absolue suffit. Le collège étant composé de 1 010 membres en 1999, la majorité des deux tiers nécessaire aux trois premiers tours est de 674 voix, tandis que la majorité absolue utilisée à partir du quatrième tour est de 506 voix[8]. Au moment du scrutin présidentiel de 1999, seul Francesco Cossiga — en 1985 — a été élu dès le premier tour tandis que plusieurs opérations de vote ont été nécessaires pour élire les autres présidents[b], dont vingt-trois pour l'élection de Giovanni Leone en 1971[6],[9].

Le collège électoral se réunit dans l'hémicycle du palais Montecitorio. Il est présidé par le président de la Chambre des députés, au côté duquel siège, comme suppléant, le président du Sénat. Tous deux participent au dépouillement à l'issue de chaque tour de scrutin, mais c'est au seul président de la Chambre des députés qu'il revient de présider les séances et de proclamer le vainqueur élu président de la République.

Tout candidat à la présidence de la République doit répondre aux exigences prescrites par l'article 84 de la Constitution : détenir la nationalité italienne, avoir au moins cinquante ans révolus le jour de l'élection et jouir de ses droits civiques et politiques.

Le président de la République italienne est élu pour un mandat de sept ans, renouvelable sans limitation du nombre de mandat. En pratique, les présidents n'effectuent traditionnellement qu'un mandat. Le septennat présidentiel est par ailleurs prorogeable jusqu'à la législature suivante du Parlement s'il ne reste que trois mois avant la fin de la législature en cours, ou si celle-ci est déjà terminée et qu'une nouvelle n'a pas encore débuté[6]. En l'absence d'un successeur élu avant l'échéance du septennat d'Oscar Luigi Scalfaro fixée au [10], l'intérim de la présidence de la République serait exercé par le président du Sénat, Nicola Mancino, jusqu'à ce que le collège parvienne à s'entendre sur l'élection d'un candidat.

Résultats

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1er tour de scrutin

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Il a lieu le .

Résultats
Candidats Partis Premier tour
Voix %
Carlo Azeglio Ciampi Ind 707 77,10
Luciano Gasperini LN 72 7,85
Pietro Ingrao PRC 21 2,29
Rosa Russo Iervolino PPI 16 1,74
Emma Bonino RI 15 1,63
Giulio Andreotti PPI 10 1,09
Bettino Craxi Ind 6 0,65
Nicola Mancino PPI 6 0,65
Antonio Serena LN 6 0,65
Luciano Violante DS 6 0,65
Oscar Luigi Scalfaro Ind 5 0,54
Silvio Berlusconi FI 4 0,43
Antonio Fazio Ind 4 0,43
Mino Martinazzoli PPI 4 0,43
Giuliano Amato Ind 3 0,32
Francesco Cossiga UDR 3 0,32
Augusto Barbera DS 2 0,21
Antonio Baldassarre Ind 2 0,21
Autres candidats[c] 25 2,72
Majorité requise[d] 674 voix
Suffrages exprimés 917 92,63
Bulletins blancs 55 5,55
Bulletins nuls 18 1,82
Total 990 100
Abstentions 0 0,00
Absents 20 1,98
Inscrits / Participation 1 010 98,02


À l'issue du premier tour de scrutin, Carlo Azeglio Ciampi ayant recueilli la majorité des deux-tiers des suffrages, est proclamé élu président de la République italienne par le président de la Chambre, Luciano Violante[8],[11],[10].

Notes et références

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  1. ↑ Les anciens présidents mentionnés sont Giovanni Leone et Francesco Cossiga, le président sortant demeurant en fonction lors du scrutin.
  2. ↑ Enrico De Nicola, élu chef provisoire de l'État en puis en , est devenu président de la République sans élection le , lors de l'entrée en vigueur de la Constitution.
  3. ↑ Candidats n'ayant recueilli qu'une seule voix chacun.
  4. ↑ La majorité des deux tiers requise au premier, deuxième et troisième tour, ainsi que la majorité absolue aux tours suivant, s'effectue sur la base du total des inscrits. Il s'agit donc d'un nombre fixe, et non d'un pourcentage des suffrages exprimés.

Références

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  1. ↑ « Italie : l'élection présidentielle débutera le 24 janvier », sur lefigaro.fr, Le Figaro, (ISSN 0182-5852, consulté le ).
  2. ↑ « Le président de la République italienne, un pouvoir neutre dans l’échiquier politique », Le Petit Journal, .
  3. ↑ « Italie : le président de la République, arbitre du jeu politique », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le ).
  4. ↑ Antoinette Reyners (avec AFP), « Quels sont les pouvoirs du président italien ? », sur La Libre.be, (consulté le ).
  5. ↑ « Expliquez-nous... Le Président de la République italienne. », sur Franceinfo, (consulté le ).
  6. 1 2 3 Jean-Pierre Maury, « Italie, constitution de 1947 République italienne, Digithèque MJP », sur mjp.univ-perp.fr (consulté le ).
  7. ↑ (it) « Scheda: i correttivi alla legge sul taglio dei parlamentari », sur la Repubblica, Repubblica, (consulté le ).
  8. 1 2 Olivier Tosseri, « Italie : 5 choses à savoir sur l'élection du président de la République », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  9. ↑ « Italie : quatre questions sur l'élection présidentielle qui doit permettre de désigner un successeur à Sergio Mattarella », sur Franceinfo, (consulté le ).
  10. 1 2 (it) « Ciampi eletto presidente al primo scrutinio », La Repubblica,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. ↑ Jacques Hubert-Rodier, « Ciampi élu président de la République italienne au premier tour », Les Échos,‎ (lire en ligne, consulté le ).