Élections législatives népalaises de 2026

élections au Népal

Les élections législatives népalaises de 2026 ont lieu le afin d'élire les 275 députés de la Chambre des représentants du Népal.

Élections législatives népalaises de 2026
275 députés de la Chambre des représentants
(majorité absolue : 138 sièges)
Corps électoral et résultats
Inscrits 18 903 689
Votants 11 280 617
Blancs et nuls 445 592
Parti national indépendant – Balendra Shah
Voix 5 181 493
47,84 %
 
en augmentation 37,1
Sièges obtenus 182 en augmentation 162
Congrès népalais – Gagan Thapa
Voix 1 759 172
16,24 %
 
en diminution 9,5
Sièges obtenus 37 en diminution 52
Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié) – Khadga Prasad Sharma Oli
Voix 1 455 885
13,44 %
 
en diminution 13,5
Sièges obtenus 25 en diminution 53
Parti communiste népalais – Pushpa Kamal Dahal
Voix 811 577
7,49 %
 
en diminution 6,5
Sièges obtenus 17 en diminution 25
Premier ministre
Sortant Élu
Sushila Karki
Indépendante
Balendra Shah
RSP

Organisées de manière anticipée après la chute du gouvernement du Premier ministre Khadga Prasad Sharma Oli à la suite de manifestations de grande ampleur, les élections conduisent à un renouvellement en profondeur du parlement. Les principaux partis tant du gouvernement que de l'opposition s'effondrent en effet au profit du Parti national indépendant (RSP), qui remporte une large majorité des sièges. Son dirigeant, Balendra Shah, prête serment au poste de Premier ministre le 27 mars suivant.

Contexte

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Parlement sans majorité et instabilité ministérielle

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Les élections législatives népalaises de 2022 élisent un Parlement sans majorité dans un contexte de forte instabilité politique. Les élections manquent en effet par deux fois d'être organisées de manière anticipée un an plus tôt, en raison de dissensions au sein du Parti communiste marxiste-léniniste unifié au pouvoir, qui mènent en mai 2021 à la chute du gouvernement du Premier ministre sortant Khadga Prasad Sharma Oli. La dissolution du Parlement est cependant invalidée chaque fois par la Cour suprême, jusqu'au vote de confiance début juillet du nouveau Premier ministre Sher Bahadur Deuba, chef du Congrès népalais.

Les résultats du scrutin sont contrastés. Comme en 2017, le Parti communiste marxiste-léniniste unifié arrive en tête des suffrages, suivi du Congrès népalais et du Parti communiste unifié maoïste, mais les deux partis communistes enregistrent un fort recul après deux années de dissensions ayant mené à la rupture de leur coalition. De même, les partis de la coalition sortante menée par le Congrès népalais obtiennent un total cumulé de siège supérieur à celui de tout autre groupe, mais ne parviennent pas à obtenir la majorité absolue. Formée par la réunion en 2021 de la quasi-totalité de l'opposition, la coalition souffre par ailleurs de sa composition hétéroclite, qui allie les maoïstes à leurs adversaires congressistes des élections précédentes. L'absence de majorité claire conduit à de difficiles négociations en vue de la formation d'un gouvernement de coalition.

Le scrutin aboutit finalement à un retournement d'alliance : le Parti communiste maoïste se rallie au Parti communiste marxiste-léniniste, reformant ainsi leur coalition de 2017, élargie à plusieurs autres partis. En échange de son ralliement, le dirigeant des maoïstes, Pushpa Kamal Dahal, obtient le poste de Premier ministre le 26 décembre 2022[1]. Il forme un gouvernement de coalition avec le Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié). Il obtient également le soutien du Parti national indépendant de Rabi Lamichhane en échange d'une commission de lutte contre la corruption aux pouvoirs élargis[2],[3],[4]..

La coalition ne tient cependant que trois mois, l'élection présidentielle de mars 2023 étant l'occasion pour Dahal de négocier le retour à la coalition préexistante tout en se maintenant au poste de Premier ministre, en échange de l'élection à la présidence de Ram Chandra Poudel, membre du Congrès népalais. Malgré une entrevue de dernière minute entre Oli et Dahal le [5], ce dernier annonce le même jour le soutien de sept partis — le Parti communiste unifié du Népal (maoïste), le Parti communiste du Népal (socialiste unifié), le Parti socialiste populaire du Népal, le Parti Janamat, le Front populaire national, le Parti socialiste démocratique du Népal et le Parti de la liberté du peuple — envers la candidature de Ram Chandra Poudel avancée par le Congrès népalais[6], ainsi que le rétablissement à venir de la coalition en place avant les législatives de 2022[7]. Ram Chandra Poudel est élu à une large majorité et prend ses fonctions le , marquant ainsi une alternance à la tête de l’État au profit du Congrès népalais[8].

Cette coalition est cependant rompue à son tour en , lorsque la coalition PCN (M)-PCN (MLU) est de nouveau rétablie[pourquoi ?][9].

Celle-ci est cependant remplacée dès par une grande coalition entre le PCN (MLU) et le Congrès[pourquoi ?][10], et Khadga Prasad Sharma Oli redevient Premier ministre[11]. Selon l'accord, il doit exercer le pouvoir pendant 18 mois, avant que Sher Bahadur Deuba ne lui succède[12].

Manifestations de 2025

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Le , de vastes manifestations se déroulent après la suspension de 26 réseaux sociaux, tandis que la répression policière entraîne la mort d'au moins vingt-une personnes[13]. Plus largement, la colère populaire est alimentée par le train de vie jugé fastueux de la classe politique tandis que la plupart des habitants vivent dans la pauvreté. « Les manifestations sont alimentées par la frustration de la jeunesse et leur perte de confiance envers l'autorité. Ils se sentent exclus des prises de décisions », a analysé Yog Raj Lamichhane, professeur à l'université de Pokhara[14]. Dans la soirée, KP Sharma Oli ordonne le rétablissement des réseaux sociaux et l’ouverture d’une enquête « indépendante » sur les conditions dans lesquelles la police a ouvert le feu sur la foule[15].

Le lendemain, le Parlement, des bâtiments publics et les domiciles d'hommes politiques, dont le sien, sont incendiés[13]. Khadga Prasad Sharma Oli annonce le même jour sa démission[16]. Il est évacué par hélicoptère[17].

Après les manifestations népalaises de la génération Z de 2025 qui renversent le gouvernement de Khadga Prasad Sharma Oli, Sushila Karki est nommée Premier ministre par intérim afin de maintenir la continuité administrative après les manifestations et de préparer la formation du prochain gouvernement au Népal[18],[19].

Système électoral

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Bâtiment du parlement à Katmandou.

Le Népal est dotée d'un parlement bicaméral, dit Parlement fédéral, dont la Chambre des représentants est la chambre basse[20]. Elle se compose de 275 députés élus pour un mandat de cinq ans selon un mode de scrutin parallèle. Sont ainsi à pourvoir 165 sièges au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions électorales, auxquels se rajoutent 110 sièges pourvus au scrutin proportionnel plurinominal de liste avec seuil électoral de 3 % dans une unique circonscription nationale[21]. Les électeurs votent ainsi sur deux bulletins de vote séparés. Les députés élus au scrutin majoritaire mais appartenant à un parti ayant échoué à atteindre le seuil électoral sont classifiés au parlement comme indépendants.

Chaque parti se voit attribuer un logotype officiel représentant un objet dessiné de manière simple et reconnaissable, afin que même les individus ne sachant ni lire ni écrire puissent voter. L'analphabétisme touche en effet plus de 30 % de la population adulte au Népal[22].

Résultats

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Résultats des élections législatives népalaises de 2026[23]
Partis Proportionnelle Circonscriptions Total +/-
Voix % +/- Sièges Voix % Sièges +/-
Parti national indépendant (RSP) 5 183 493 47,84 en augmentation 38,11 57 4 560 697 44,17 125 en augmentation 118 182 en augmentation 162
Congrès népalais (NC) 1 759 172 16,24 en diminution 9,47 20 2 008 639 19,08 18 en diminution 39 38 en diminution 52
Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié) (CPN (UML)) 1 455 885 13,44 en diminution 13,51 16 1 623 159 15,42 9 en diminution 35 25 en diminution 53
Parti communiste népalais[a] (NCP) 811 577 7,49 en diminution 6,47 9 976 016 9,27 8 en diminution 20 17 en diminution 25
Shram Sanskriti Party (SSP) 385 902 3,56 Nv. 4 303 902 2,89 3 en augmentation 3 7 en augmentation 7
Parti national démocratique (RPP) 330 684 3,05 en diminution 2,53 4 207 270 1,97 1 en diminution 6 5 en diminution 9
Parti socialiste populaire du Népal (PSPN) 182 285 1,68 en diminution 2,31 0 193 303 1,84 0 en diminution 7 0 en diminution 12
Rastriya Pariwartan Party (RPP) 172 489 1,59 Nv. 0 10 006 0,10 0 en stagnation 0 en stagnation
Parti Janamat (JP) 79 435 0,73 en diminution 3,01 0 63 764 0,61 0 en diminution 1 0 en diminution 6
Coalition RMPN–PSP–NUP-N 62 069 0,57 Nv. 0 50 049 0,48 0 en stagnation 0 en stagnation
Parti des travailleurs et des paysans (NWPP) 42 299 0,39 en diminution 0,32 0 41 018 0,39 0 en diminution 1 0 en augmentation 1
Rashtra Nirman Dal Nepal (RNDN) 39 577 0,37 Nv. 0 5 030 0,05 0 en stagnation 0 en stagnation
Front populaire national (RJ) 29 456 0,27 en diminution 0,17 0 24 793 0,24 0 en diminution 1 0 en stagnation
Coalition NFSP–BEPN–NJP 29 436 0,27 en diminution 0,13 0 10 160 0,10 0 en stagnation 0 en stagnation
Nepal Janata Sankrishna Party (NJSP) 28 424 0,26 Nv. 0 588 0,01 0 en stagnation 0 en stagnation
Pragatisheel Loktantrik Party (PLP) 24 676 0,23 Nv. 0 24 939 0,24 0 en stagnation 0 en stagnation
Parti communiste du Népal (maoïste) (CPN (M)) 23 867 0,22 Nv. 0 32 099 0,30 0 en stagnation 0 en stagnation
Autres partis[b] 194 299 1,84 – 0 326 822 3,10 0 en diminution 8 0 en diminution 8
Indépendants 102 996 0,98 1 en diminution 4 1 en diminution 4
Suffrages exprimés 10 835 025 96,05 10 559 017 94,55
Votes blancs et invalides 445 592 3,95 609 015 5,45
Total 11 280 617 100 – 110 11 168 032 100 165 en stagnation 275 en stagnation
Abstentions 7 623 072 40,33 7 735 657 40,92
Inscrits / participation 18 903 689 59,67 18 903 689 59,08

Analyse et conséquences

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Parti arrivé en tête par district
Parti arrivé en tête par circonscription

Le scrutin est une large victoire pour le Parti national indépendant (RSP) du maire de Katmandou, Balendra Shah, qui opère un raz de marée électoral en remportant près de 48 % des suffrages exprimés et décroche de très loin la majorité absolue des sièges, manquant de peu à lui seul la majorité des trois cinquième. Il arrive en tête dans six des sept provinces, et obtient le deuxième meilleur résultat d'un parti dans l'histoire du Népal, après celle du Congrès népalais aux premières élections organisées dans le pays en 1959[24],[25]. Ce même Congrès subit quant à lui le pire résultat électoral de son histoire, tandis que le Parti communiste marxiste-léniniste unifié et le Parti communiste népalais — issu de la fusion en 2025 du Parti communiste du Népal (centre maoïste) et du Parti communiste du Népal (socialiste unifié) — ne se maintiennent que dans leurs bastions électoraux respectifs dans les provinces montagneuses[26]. Bénéficiant du soutien du RSP pendant la campagne, l'activiste Mahabir Pun — ancien ministre de l'Éducation au sein du gouvernement post-manifestation de Sushila Karki — est le seul candidat indépendant a remporter un siège[27].

La victoire du parti est percue comme une conséquence des manifestations de 2025 intervenues quelques mois plus tôt, consacrant ainsi l'accession au pouvoir d'une nouvelle génération de dirigeants[28]. Dans sa circonscription, Balendra Shah défait très largement l'ex-Premier ministre Khadga Prasad Sharma Oli avec 50 000 voix d'avance[29]. Il prête serment et devient Premier ministre le , succédant à Sushila Karki[30],[31].

Notes et références

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  1. ↑ Issu de la fusion du Parti communiste du Népal (centre maoïste) et du Parti communiste du Népal (socialiste unifié).
  2. ↑ 40 partis, moins de 0,20 % chacun.

Références

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  1. ↑ PM Dahal takes oath of office and secrecy wearing Daura-Suruwal
  2. ↑ We joined govt after commitment to form a body to probe corruption cases: Lamichhane
  3. ↑ (en) « Political Instability, Churning Will Continue in Nepal », sur The Wire (consulté le ).
  4. ↑ (en) Ram Kumar Kamat, « CPN-MC for president thru consensus », sur The Himalayan Times, TheHimalayanTimesOnline, (consulté le ).
  5. ↑ (en) Republica, « Oli-Dahal meeting underway », sur My Republica (consulté le ).
  6. ↑ (en) Republica, « Eight parties decide to endorse NC candidate for upcoming presidential election », sur My Republica (consulté le ).
  7. ↑ (en) « Eight parties to support NC’s presidential candidate », sur Khabarhub (consulté le ).
  8. ↑ (en) « Ram Chandra Paudel is new President », sur kathmandupost.com (consulté le ).
  9. ↑ (en) « Nepal's communist parties join forces to form a new coalition government », sur AP News, (consulté le ).
  10. ↑ (en) « Key partner withdraws support from Nepal's government to join new coalition », sur AP News, (consulté le ).
  11. ↑ (en) Al Jazeera, « Leader of Nepal’s largest communist party named new prime minister », Al Jazeera,‎ (lire en ligne)
  12. ↑ (en) « Foes CPN-UML and the Nepali Congress Turn Friends to Form New Nepali Government », sur thediplomat.com (consulté le ).
  13. 1 2 « Népal: le Premier ministre KP Sharma Oli annonce sa démission après des manifestations meurtrières », sur RFI, .
  14. ↑ Clément Perruche, « Népal : le Premier ministre démissionne après de grandes manifestations emmenées par la Génération Z », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  15. ↑ « Manifestations au Népal : le premier ministre démissionne, le Parlement incendié », sur Le Figaro, (consulté le )
  16. ↑ « 19 morts, démission du Premier ministre, le parlement en feu… 5 minutes pour comprendre la crise au Népal », Le Parisien,
  17. ↑ « Au Népal, le premier ministre démissionne après des manifestations de la jeunesse réprimées dans le sang », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  18. ↑ (en) « Nepal unrest: Sushila Karki to take oath as interim PM; parliament dissolved », sur The Times of India,
  19. ↑ (en) « Nepal’s Former Chief Justice Sushila Karki Sworn In As Interim Prime Minister », sur News18,
  20. ↑ pdf (en) Constitution du Népal, article 83
  21. ↑ pdf (en) Constitution du Népal, article 84
  22. ↑ « analphabétisme ».
  23. ↑ « पहिलो हुने निर्वाचित हुने निर्वाचनमा मतगणनाको आधारमा दलगत स्थिति », sur result.election.gov.np (consulté le ).
  24. ↑ (en-GB) « RSP wins 30 out of 32 seats in Madhesh Province », sur en.nepalkhabar.com, (consulté le )
  25. ↑ (en-US) « RSP routs rivals in Lumbini Province, wins 21 out of 26 seats », sur HimalPress | English (consulté le )
  26. ↑ (en) Bal Krishna Sah, « Karnali province favours Nepali Congress, NCP amid RSP dominance », sur The Himalayan Times, (consulté le )
  27. ↑ (en) « Mahabir Pun wins Myagdi seat », sur kathmandupost.com (consulté le )
  28. ↑ « Législatives au Népal : le candidat de la Gen Z l'emporte sur l'ex-Premier ministre Oli », France 24,‎ (lire en ligne)
  29. ↑ « Législatives au Népal : le maire de Katmandou, Balendra Shah, élu face à l’ex-Premier ministre », Ouest-France,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  30. ↑ « Au Népal, le rappeur Balendra Shah accède au pouvoir en devenant Premier ministre et incarne la percée de la Génération Z », sur Franceinfo, (consulté le )
  31. ↑ « Népal : le rappeur Balendra Shah dévient officiellement premier ministre », sur Le Figaro, (consulté le )

Articles connexes

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