Élie Sagatwa
Élie Sagatwa, mort le à Kigali, est un militaire rwandais. Colonel des Forces armées rwandaises, il est secrétaire particulier du président Juvénal Habyarimana et fait partie de son entourage proche avant le génocide des Tutsi au Rwanda. Il meurt dans l'attentat contre l'avion présidentiel rwandais.
Biographie
modifierCarrière militaire et fonctions auprès de Juvénal Habyarimana
modifierÉlie Sagatwa est colonel au sein des Forces armées rwandaises. Il exerce les fonctions de secrétaire particulier du président Juvénal Habyarimana[1].
Selon Human Rights Watch, Sagatwa fait partie des personnes qui exercent une influence dans l'entourage présidentiel, parfois de manière moins visible que d'autres responsables politiques ou économiques du régime[1]. Le même rapport indique que la garde présidentielle, unité fortement armée et largement autonome dans les Forces armées rwandaises, se trouve sous les ordres du colonel Sagatwa avant sa mort dans l'attentat du 6 avril 1994[2].
Entourage présidentiel et Akazu
modifierÉlie Sagatwa est cité parmi les membres de l'Akazu, nom donné à un cercle de proches du président Habyarimana et de son épouse Agathe Habyarimana, considéré par plusieurs travaux sur le Rwanda comme un groupe influent au sein du régime de la Deuxième République[3].
Les travaux d'Alison Des Forges pour Human Rights Watch décrivent Sagatwa comme l'une des figures de l'entourage présidentiel qui agit dans les coulisses du pouvoir[1]. Dans un témoignage devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda, il est également présenté comme secrétaire personnel du président Habyarimana[4].
Mort
modifierLe , Élie Sagatwa se trouve à bord du Dassault Falcon 50 transportant le président rwandais Juvénal Habyarimana et le président burundais Cyprien Ntaryamira. L'appareil est abattu par des missiles alors qu'il approche de l'aéroport de Kigali. Tous les occupants de l'avion sont tués[5].
La liste des passagers mentionne Élie Sagatwa comme colonel et secrétaire personnel du président Habyarimana[5]. Le Bureau of Aircraft Accidents Archives le recense aussi parmi les passagers morts dans le crash[6].
L'attentat du 6 avril 1994 est considéré comme l'événement déclencheur immédiat du génocide des Tutsi au Rwanda[7].
Notes et références
modifier- 1 2 3 (en) Alison Des Forges, « Leave None to Tell the Story: Genocide in Rwanda », sur Human Rights Watch, (consulté le )
- ↑ (en) Alison Des Forges, « April 1994: The Month That Would Not End », sur Human Rights Watch, (consulté le )
- ↑ Emmanuel Viret, « Akazu », sur Sciences Po, Mass Violence and Resistance, (consulté le )
- ↑ (en) « The International Criminal Tribunal for Rwanda, transcript, ICTR-01-73 », sur United Nations International Residual Mechanism for Criminal Tribunals (consulté le )
- 1 2 (en) « Report of the Investigation into the Causes and Circumstances of and Responsibility for the Attack of 06/04/1994 against the Falcon 50 Rwandan Presidential Aeroplane » [PDF], sur Ministry of Justice, Republic of Rwanda, (consulté le )
- ↑ (en) « Crash of a Dassault Falcon 50 in Kigali: 12 killed », sur Bureau of Aircraft Accidents Archives (consulté le )
- ↑ (en) « Massacre of the Tutsi Minority », sur United States Holocaust Memorial Museum (consulté le )