Énergie en Pologne

caractéristiques du secteur de l'énergie en Pologne

Le secteur de l'énergie en Pologne se caractérise avant tout par la prépondérance massive, mais en recul, du charbon, qui en 2024 assurait 62,5 % de la production d'énergie primaire, 32,7 % de la consommation intérieure totale d'énergie primaire (contre 76,5 % en 1990) et 55,9 % de la production d'électricité (96 % en 1990), avec en conséquence de fortes émissions de dioxyde de carbone : 6,61 tonnes de CO2 par habitant en 2024, supérieures de 54 % à la moyenne mondiale, de 79 % à celles de la France et de 9 % à celles de l'Allemagne. Ces émissions ont reculé de 27,1 % entre 1990 et 2024.

Énergie en Pologne
Image illustrative de l’article Énergie en Pologne
La centrale thermique de Dolna Odra en Pologne.
Bilan énergétique (2024)
Offre d'énergie primaire (TPES) 4 050,8 PJ
(96,8 M tep)
par agent énergétique pétrole : 32,8 %
charbon : 32,7 %
gaz naturel : 17,5 %
bois : 12,9 %
électricité : 4 %
Énergies renouvelables 16,8 %
Consommation totale (TFC) 2 861,8 PJ
(68,4 M tep)
par habitant 78,3 GJ/hab.
(1,9 tep/hab.)
par secteur ménages : 28,2 %
industrie : 20,1 %
transports : 34,7 %
services : 11,8 %
agriculture : 5,2 %
pêche : 0 %
Électricité (2024)
Production 169,35 TWh
par filière thermique : 69,6 %
éoliennes : 14,6 %
autres : 9 %
biomasse/déchets : 4,9 %
hydro : 1,9 %
Combustibles (2024 - PJ)
Production pétrole : 34
gaz naturel : 129
charbon : 1391
bois : 513
Réserves prouvées pétrole : 10 Mt[b 1]
gaz naturel : 93 Gm3[b 2]
charbon : 22,7 Gt[b 3] + lignite : 5,1 Gt[b 4]
Commerce extérieur (2024 - PJ)
Importations électricité : 55
pétrole : 1538
gaz naturel : 625
charbon : 206
Exportations électricité : 48
pétrole : 257
gaz naturel : 4
charbon : 301
Sources
Agence internationale de l'énergie[1],[2],[3],[4],[5],[6]
NB : dans le bilan énergétique, l'agent « bois » comprend l'ensemble biomasse-déchets.

La Pologne est au 1er rang européen et au 11e rang mondial pour la production de charbon et lignite en 2023 avec 0,8 % de la production mondiale, devant l'Allemagne (0,5 %). Ses réserves de charbon se classent au 8e rang mondial avec 2,9 % des réserves mondiales et celle de lignite au 11e rang mondial (1,6 %).

Grâce à la construction d'un terminal méthanier et du gazoduc Baltic Pipe depuis la Norvège, la Pologne peut se passer du gaz russe depuis fin 2022.

La consommation intérieure brute d'énergie primaire de la Pologne par habitant était en 2024 supérieure de 38 % à la moyenne mondiale, mais inférieure de 7 % à celle de l'Allemagne et de 19 % à celle de la France.

La part de l'électricité dans la consommation finale d'énergie était seulement de 15,8 % en 2023 ; la production d'électricité provient en 2024 pour 69,6 % des combustibles fossiles (55,9 % de charbon, 12,4 % de gaz naturel, 1,3 % de pétrole) et pour 30,1 % des énergies renouvelables : 14,6 % d'éolien, 9,0 % de solaire, 4,5 % de biomasse et déchets, 1,9 % d'hydroélectricité. La production solaire a connu une croissance très rapide depuis 2018, progressant chaque année de plus de 100 % de 2018 à 2022 et de plus de 30 % ensuite.

Afin de remplir ses engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la Pologne a engagé une politique de développement des énergies renouvelables, en particulier de la biomasse et des éoliennes, et se prépare à construire sa première centrale nucléaire.

Vue d'ensemble

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Principaux indicateurs sur l'énergie en Pologne
Population[6] Consom.
énergie
primaire[1]
Production[4] Import.
nette[7]
Consom.
électricité*[8]
Émissions
GES**[g 1]
Million PJ PJ PJ TWh Mt
199038,114 3174 34936124,7406
200038,263 7193 318401124,6333
201038,044 2082 8091 345144,4343
201138,064 2272 8531 447147,7338
201238,064 0852 9861 295148,4333
201338,044 0882 9701 084149,8328
201438,013 9362 8201 168151,0313
201537,993 9732 8421 198154,1317
201637,974 1572 7911 295159,1327
201737,974 3472 6901 688162,8338
201837,974 5562 7072 008166,8337
201937,974 3882 6012 014165,7318
202037,524 2582 4211 833161,3302
202136,984 5212 5061 858171,3329
202236,824 3132 4622 021167,6312
202336,694 0532 2491 979160,8283
202436,554 0512 2251 873159,7272
Var.1990
–2024
-4,1 %-6 %-49 %+5032 %+28 %-33 %
* consommation brute d'électricité = production+importations-exportations-pertes en ligne
** émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie.

La Pologne a connu une rapide amélioration de son efficacité énergétique après sa sortie du bloc soviétique : sa consommation d'énergie primaire a baissé de 14 % en dix ans (1990-2000), d'où une baisse de 18 % de ses émissions de gaz à effet de serre.

Production d'énergie primaire

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Production d'énergie primaire en Pologne par source (PJ)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2024 % 2024 var.
2024/1990
Charbon4 14495,32 98590,02 31982,61 68369,51 39162,5 %-66 %
Pétrole70,2300,9311,1391,7341,5 %+369 %
Gaz naturel1002,31394,21555,51425,91295,8 %+30 %
Total fossiles4 25197,73 15495,12 50589,21 86577,01 55469,9 %-63 %
Hydraulique50,180,2110,480,380,3 %+48 %
Biomasse-déchets932,11564,728610,248019,851323,1 %+450 %
Éolien, solaire00,10,00470,2682,81496,7 %ns
Total EnR992,31644,930310,855723,067030,1 %+580 %
Total4 3491003 3181002 8091002 4211002 225100 %-49 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[4]

Charbon

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Une production en déclin.

Réserves de charbon

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Les réserves prouvées récupérables de charbon de la Pologne étaient estimées par l'Agence fédérale pour les sciences de la terre et les ressources naturelles allemand (BGR - Bundesanstalt für Geowissenschaften und Rohstoffe (de)) à 22,7 Gt (milliards de tonnes) de charbon (anthracite et charbon bitumineux) fin 2022, soit 2,9 % des réserves mondiales, au 8e rang mondial[b 3], plus 5,1 Gt de lignite, soit 1,6 % des réserves mondiales, au 11e rang mondial[b 4]. La BGR estime les ressources ultimes supplémentaires de charbon à 160,9 Gt[b 5] et celles de lignite à 222,4 Gt[b 6]. Aux rythmes de production de 2022, les réserves prouvées représentent 430 années de production de charbon[b 7] et 93 années de production de lignite[b 8].

Production de charbon

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En 2023, la production de charbon de la Pologne s'élevait à 88,7 Mt (millions de tonnes)[e 1], soit 1,48 EJ (exajoules). Elle se classe au 1er rang européen et au 11e rang mondial avec 0,8 % du total mondial, devant l'Allemagne (0,5 %, 14e rang) ; elle a reculé de 13,2 % en 2023 et de 38 % depuis 2013[e 2].

Un rapport de la Commission européenne[Lequel ?] a estimé qu'environ 80 % des mines de charbon polonaises n'étaient pas profitables en 2017, et l'agence Bloomberg New Energy Finance considère que la situation s'est encore dégradée depuis ; selon elle, la trajectoire la moins coûteuse pour la Pologne consisterait à réduire la part du charbon dans la production d'électricité à moins de 30 % d'ici 2030, contre 77 % en 2019. Au début d', le gouvernement polonais a annoncé un plan pour restructurer ses trois grands énergéticiens PGE, Enea et Tauron en les transformant en deux entités, l'une concentrée sur les activités charbon et l'autre sur toutes les activités hors charbon. Il s'est engagé dans des négociations difficiles avec les syndicats pour fermer deux mines de PGE qui emploient 7 000 personnes, a essuyé un premier échec et doit présenter un plan alternatif en septembre ; le sujet est politiquement épineux car l'industrie emploie près de 80 000 personnes dans le pays[9].

Alors que l'accord social signé en 2021 par le gouvernement nationaliste du PiS, les entreprises et syndicats de mineurs et des élus locaux prévoyait la fermeture de la dernière mine en 2049, la part du charbon dans la production d'électricité a déjà chuté de 80 % en 2015 à 52,8 % en 2025, et pourrait tomber à 20 % en 2030. La consommation de charbon en 2025 est de 30 Mt, contre 40 Mt prévus pour 2025 dans le plan de 2021. Les mines, obligées de baisser leur rythme d'extraction, enregistrent des pertes colossales ; en moyenne, le coût d'extraction d'une tonne de charbon polonais est deux fois plus élevé que le prix du marché mondial[10].

Gaz naturel

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Réserves de gaz naturel

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Les réserves gazières prouvées de la Pologne étaient estimées par la BGR à 93 Gm3 (milliards de mètres cubes) fin 2022, soit 16 années de production au rythme de 2022[b 2].

Production de gaz naturel

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En 2023, la Pologne a produit 3,6 Gm3) de gaz naturel[e 3], soit 0,13 EJ, représentant 0,1 % de la production mondiale, en baisse de 5,5 % en 2023 et de 19 % depuis 2013[e 4].

Importations d'énergie primaire

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Importations de pétrole

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En 2024, la Pologne a importé 1 069 PJ de pétrole brut et en exporté PJ ; elle a de plus importé 469 PJ de produits pétroliers et en a exporté 249 PJ ; le solde net importateur atteint donc 1 281 PJ[5], soit 96 % de la consommation intérieure de pétrole[1].

Importations de gaz naturel

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Terminal GNL de Świnoujście en 2018.

En 2024, la Pologne a importé 625 PJ de gaz naturel et en a exporté PJ ; le solde net importateur représente 87 % de la consommation intérieure[11].

En , un terminal maritime de gaz naturel liquéfié (GNL) a été mis en service à Świnoujście, dans le nord-ouest du pays, en Poméranie occidentale, près de la frontière allemande. Il permet à la Pologne de s’approvisionner désormais par navires méthaniers auprès de nombreux pays tels que le Qatar ou le Nigeria. La Première ministre polonaise, Ewa Kopacz a déclaré : « La Pologne a atteint son but stratégique, nous sommes indépendants en matière de gaz » . La mise en exploitation du terminal GNL de Świnoujście réduira sensiblement le risque de pressions russes et permettra surtout à la Pologne de choisir en toute indépendance ses fournisseurs et de négocier librement les prix. Construit pour 720 millions €, le terminal aura une capacité de Gm3 par an, soit un tiers du gaz consommé par la Pologne, dont environ 40 % provient de Russie. Le terminal permettra également d'approvisionner, via un gazoduc, les États baltes, dépendants de la Russie pour 30 % à 100 % de leurs achats de gaz, selon un protocole signé début à Bruxelles ; l'Union européenne financera la moitié, soit 300 M€, de ce gazoduc qui devrait être opérationnel en 2020[12]. En février 2020, Polskie LNG, détenue par le gestionnaire de réseau polonais Gaz-System, signe un contrat pour augmenter la capacité de regazéification du terminal de 50 %, la portant à 7,5 Gm3 par an[13].

Réseau de gaz naturel

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Réseau de gaz naturel polonais (en tireté les extensions envisagées en 2016).

Le gazoduc Baltic Pipe, construit entre 2018 et 2022, relie les gisements norvégiens de Mer du Nord à la Pologne en traversant le Danemark[14]. En 2021, une instance danoise, la Commission des recours en matière d'environnement et d'alimentation, a annulé, pour des motifs de protection des espèces animales, le permis de réalisation des travaux sur les 210 km de la partie danoise du gazoduc. Le , le gestionnaire d'infrastructures énergétiques danois Energinet annonce la reprise des travaux et prévoit une mise en service partielle de Baltic Pipe à partir du . Le gazoduc doit avoir une capacité de transport annuel de 10 Gm3 de gaz. En 2019, la Pologne annoncé ne pas prolonger au-delà de 2022 son contrat avec le russe Gazprom, qui couvre alors les deux tiers de sa consommation de gaz[15].

Baltic Pipe, qui touche terre près de Świnoujście, est inauguré en novembre 2022. La Pologne prévoit en 2025 d'augmenter son utilisation dans le pays de 50 % d'ici à 2035, et d'en exporter vers la Slovaquie et la Hongrie. L'entreprise nationale Gaz-System bâtit un nouveau terminal GNL flottant dans la baie de Gdańsk, dont une large partie du gaz importé devrait transiter vers l'Ukraine[16].

Importations et exportations de charbon

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En 2024, la Pologne a importé 206 PJ de charbon, soit 15,5 % de sa consommation intérieure, et en exporté 301 PJ, soit 21,6 % de sa production[17].

Consommation d'énergie primaire

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La consommation d'énergie primaire de la Pologne s'élevait à 4 051 PJ en 2024, en recul de 6 % par rapport à 1990, dont 83,1 % de combustibles fossiles (charbon : 32,7 %, pétrole : 32,8 %, gaz naturel : 17,5 %), 16,8 % d'énergies renouvelables (biomasse-déchets : 12,9 %, éolien et solaire : 3,7 %, hydroélectricité : 0,2 %) et 0,2 % de solde importateur d'électricité[1].

La consommation d'énergie primaire par habitant était en 2024 de 108,1 GJ, en baisse de 4,8 % par rapport à 1990, 38 % au-dessus de la moyenne mondiale (78,6 GJ en 2023), mais 19 % au-dessous de celle de la France : 133,3 GJ, 7 % au-dessous de celle de l'Allemagne : 116,6 GJ et 61 % au-dessous de celle des États-Unis : 277,3 GJ[18].

L'Energy Institute estime la consommation polonaise d'énergie primaire à 4,12 EJ en 2023, en baisse de 3,7 % en 2023, mais en hausse de 1,2 % en dix ans, soit 0,7 % de la consommation mondiale[e 5]. Elle se répartissait en 87,9 % d'énergies fossiles (charbon : 37 %, pétrole : 34 %, gaz naturel : 17 %) et 12,1 % d'énergies renouvelables[e 6]. Sa consommation par habitant en 2023 est estimée à 100,3 GJ, 30 % au-dessus de la moyenne mondiale (77 GJ), mais 25 % au-dessous de celle de la France : 133,8 GJ, 27 % au-dessous de celle de l'Allemagne : 137,0 GJ et 64 % au-dessous de celle des États-Unis : 277,3 GJ[e 7].

Consommation intérieure brute d'énergie primaire en Pologne par source (PJ)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2020 2024 % 2024 var.
2024/1990
Charbon3 30276,52 35963,42 29254,51 71140,21 32432,7 %-60 %
Pétrole54612,680221,61 06425,31 20928,41 33132,8 %+144 %
Gaz naturel3748,741711,253612,771616,871117,5 %+90 %
Total fossiles4 22397,83 57896,23 89292,53 63685,43 36583,1 %-20 %
Hydraulique50,180,2110,280,290,2 %+48 %
Biomasse-déchets932,21564,23037,249811,752212,9 %+459 %
Éolien, solaire00,10,00470,2681,61493,7 %ns
Total EnR992,31634,43217,657413,567916,8 %+589 %
Solde imp.électricité-4-0,1-23-0,6-5-0,1481,170,2 %ns
Total4 3171003 7191004 2081004 2581004 051100 %-6 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1]

Consommation de charbon

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La consommation de charbon en Pologne s'est établie en 2023 à 1,51 EJ, soit 0,9 % du total mondial, au 12e rang mondial ; elle a reculé de 15,5 % en 2023 et de 32 % depuis 2013. La consommation de charbon du pays dépasse sa production de 2 %[e 2].

Consommation de gaz naturel

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En 2023, la Pologne a consommé 19,6 Gm3 de gaz naturel[e 8], soit 0,70 EJ (exajoules), représentant 0,5 % de la consommation mondiale, en hausse de 5,3 % en 2023 et de 11 % depuis 2013. Sa production couvre seulement 19 % de sa consommation[e 9].

Consommation de pétrole

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En 2023, la Pologne a consommé 1,41 EJ de pétrole, soit 0,7 % de la consommation mondiale ; elle a progressé de 0,2 % en 2023 et de 41 % depuis 2013[e 10].

Consommation finale d'énergie

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La consommation finale d'énergie (après déduction des pertes de rendement et de transport) s'élevait en 2023 à 3 046 PJ, dont 65 % de combustibles fossiles (pétrole : 40,4 %, gaz naturel : 14,8 %, charbon : 9,8 %), 15,8 % d'électricité, 12,0 % de biomasse, 7,1 % de chaleur de réseau et 0,2 % de solaire thermique. Les progressions les plus fortes par rapport à 1990 sont celle de la biomasse : +433 % et celle du pétrole : +169 % ; l'électricité a progressé de 39 %, le gaz de 40 % ; le charbon a reculé de 59 % et la chaleur de réseau de 67 %[19]. La consommation finale se répartissait en 18,9 % pour l'industrie, 32,6 % pour les transports, 26,5 % pour le secteur résidentiel, 11,1 % pour le secteur tertiaire, 4,9 % pour l'agriculture et 6,0 % pour les usages non-énergétiques (chimie). Elle a progressé de 18 % entre 1990 et 2023 ; les progressions les plus rapides ont été celles des transports : +232 % et du tertiaire : +63 %, alors que la consommation de l'industrie a régressé de 40 %[2].

Secteur électrique

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Production d'électricité en Pologne par source

Puissance installée

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En 2018, la puissance installée totale des équipements de production d'électricité en Pologne atteignait 39 878 MW, dont 30 595 MW de centrales à combustibles fossiles (charbon : 19 195 MW, lignite : 8 049 MW, gaz naturel : 2 585 MW, gaz de houille : 387 MW, pétrole : 379 MW) ; 1 398 MW de centrales de pompage-turbinage et 57 MW de déchets non-renouvelables ; 7 828 MW de centrales à énergies renouvelables (hydraulique : 957 MW, éolien : 5 608 MW, biomasse : 719 MW, biogaz : 145 MW, solaire : 399 MW)[20].

Production d'électricité

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En 2024, la Pologne a produit 169,4 TWh d'électricité, en progression de 24 % par rapport à 1990, dont 69,6 % à partir des combustibles fossiles (charbon : 55,9 %, gaz naturel : 12,4 %, pétrole : 1,3 %) et 30,1 % à partir des énergies renouvelables (éolien : 14,6 %, solaire : 9,0 %, biomasse : 4,4 %, hydroélectricité : 1,9 %, déchets : 0,4 %)[3].

L'Energy Institute estime la production d'électricité de la Pologne en 2023 à 167,0 TWh d'électricité, en baisse de 7,1 % en 2023, mais en hausse de 1,5 % par rapport à 2013. La part de la Pologne dans la production mondiale est de 0,6 %[e 11]. La part des combustibles fossiles est estimée à 71,0 % (charbon : 60 %, gaz naturel : 9,8 %, pétrole : 1,2 %), celle des énergies renouvelables de 27,8 % et celle des autres sources non renouvelables de 1,2 %[e 12]. La part de l'éolien est de 14,4 %, celle du solaire de 7,0 %, celle de la biomasse-déchets de 4,9 % et celle de l'hydroélectricité de 1,4 %[e 13].

Production brute d'électricité en Pologne par source (TWh)
1990 2000 2010 2020 2024
Source TWh % TWh % TWh % TWh % TWh % var.
2024/1990
Charbon131,096,1137,794,8138,487,8109,469,394,655,9 %-28 %
Pétrole1,61,21,91,32,91,81,71,12,31,3 %+44 %
Gaz naturel0,10,10,90,64,83,017,310,921,012,4 %x168
Total fossiles132,797,4140,596,8146,192,7128,481,3117,969,6 %-11 %
Hydraulique3,32,44,12,83,52,22,91,93,11,9 %-5 %
Biomasse0,060,040,220,26,34,08,25,27,54,4 %x137
Déchets renouv[21]--0,20,10,20,1 %ns
Éolien050,0031,71,115,810,024,814,6 %ns
Solaire0002,01,315,29,0 %ns
Total EnR3,42,54,73,211,47,229,518,751,030,1 %x15,1
Déchets non renouv.0,20,10,10,050,040,030,50,30,50,3 %x2,5
Autres000,080,10,10,040,10,1 %ns
Total136,3100145,2100157,7100158,0100169,4100 %+24 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[3].

Centrales thermiques classiques

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Centrale thermique de Bełchatów ; photo : 30/10/2011.
Mine de lignite de Bełchatów ; photo : juin 2007.

La Centrale thermique de Bełchatów, dans la Voïvodie de Łódź, est la centrale thermique la plus puissante d'Europe et la 5e mondiale avec une capacité de 5 053 MW. Elle produit près de 20 % de l'électricité polonaise à partir de lignite. En 2011 a été mise en service une nouvelle unité supercritique de 858 MW, construite par Alstom[22] qui a aussi modernisé 12 turbines et a signé en 2012 un contrat pour réhabiliter 6 unités[23] ; des travaux de modernisation en cours porteront la puissance de la centrale à 5 474 MW d'ici 2015.

Nucléaire

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La Pologne envisageait en 2011 de se doter de deux centrales nucléaires de 3 000 mégawatts chacune d'ici à 2024[24] ; le programme a depuis lors pris du retard.

Le gouvernement polonais adopte officiellement le son premier programme nucléaire : la première centrale, dotée de deux ou trois tranches, aura une puissance de 3 000 MW ; son coût est estimé entre 9,5 et 14,3 milliards d’euros. Les travaux devraient débuter en 2019 et elle devrait être mise en service en 2024. La construction de la seconde centrale ne devrait pas être lancée avant 2025, pour une mise en service en 2035[25],[26].

L'opérateur électrique polonais du projet PGE EJ1 annonce le que cinq consortiums ont affiché leur intérêt pour le prochain appel d'offres portant sur la construction de la première centrale nucléaire en Pologne : le français EDF/Areva, les nippo-américains GE Hitachi et Toshiba - Westinghouse, le sud-coréen Kepco et le canadien SNC-Lavalin Nuclear. La Pologne devait lancer, d'ici à la fin 2015, un appel d'offres pour une centrale nucléaire de 3 000 MW. Une liste resserrée à trois candidats doit être annoncée à la mi-2016[27].

Le ministère de l'Énergie publie le un projet soumis à consultation publique, intitulé « Politique énergétique polonaise jusqu'à 2040 » (PEP2040), prévoyant la mise en service du premier réacteur d'ici 2033. L’objectif à moyen terme est d’atteindre 6 à GWe de capacité nucléaire d'ici 2043, représentant environ 10 % de la future production d'électricité de la Pologne ; la part des énergies renouvelables atteindrait 21 % d'ici 2030[28]. Le plan d'investissement qui en découle a été annoncé à l'automne 2020, le lancement de la construction du premier réacteur étant prévu en 2026[29].

GE Hitachi Nuclear Energy (en) signe en un accord avec la Pologne pour l’étude et la mise en œuvre de son petit réacteur modulaire (SMR), le BWRX-300. Réacteur de 300 MW, celui-ci est dérivé de la conception du réacteur à eau bouillante simplifié et vise un objectif de 60 % de réduction de coût d’investissement par rapport aux réacteurs nucléaires actuels de grande puissance[30].

En octobre 2020, un accord de coopération est signé entre les États-Unis et la Pologne pour définir les contours d'un programme nucléaire et d'un potentiel financement. L'administration Trump pousse l'offre de Westinghouse et du groupe Bechtel. Après l'élection de Joe Biden, le ministre du Climat polonais, Michal Kurtyka, interrogé par le Financial Times, déclare : « Il y a des discussions avancées avec les États-Unis sur ce sujet et je pense qu'elles sont très prometteuses. Je n'attends pas de changement de cap sur cette décision stratégique »[29].

En septembre 2021, la startup américaine Nuscale signe un mémorandum d'accord avec le géant du cuivre polonais KGHM pour le développement et la construction, d'ici à 2030, d'au moins quatre petits réacteurs nucléaires[31]. Le , Nuscale et KGHM signent un accord de collaboration en vue de la mise en service de la première centrale VOYGR, composée de SMR de NuScale, en Pologne dès 2029[32].

Le 13 octobre 2021, EDF remet au gouvernement polonais une offre préliminaire « non engageante » pour la construction de quatre à six réacteurs EPR, pour une puissance allant de 6,6 à 9,9 GW[31].

Le 15 décembre 2021, GE Hitachi Nuclear Energy (GEH), BWXT Canada et la société polonaise Synthos Green Energy (SGE) annoncent leur intention de coopérer pour déployer des petits réacteurs modulaires BWRX-300 de GEH ; ils espèrent installer au moins dix de ces réacteurs en Pologne d'ici le début des années 2030. Le BWRX-300 est un réacteur refroidi à l'eau à circulation naturelle avec des systèmes de sécurité passive, déjà adopté par Ontario Power Generation[33]. SGE prévoit que le premier de ces réacteurs sera mis en service en 2029[34].

Le 28 octobre 2022, le gouvernement polonais choisit le groupe américain Westinghouse Electric Company pour construire sa première centrale nucléaire à Choczewo, près de la mer Baltique, au nord du pays. Le gouvernement souhaite que cette première centrale nucléaire, dotée de trois réacteurs, entre en service en 2033 ; trois autres réacteurs sont prévus ultérieurement. Le groupe américain était en concurrence avec EDF et le sud-coréen KHNP[35],[36]. La première centrale nucléaire polonaise serait construite à partir de 2026[37].

Le 30 octobre 2022, le gouvernement polonais et les compagnies polonaises ZE PAK et PGE signent avec Korea Hydro & Nuclear Power (KHNP) une lettre d'intention pour préparer conjointement la construction d'une centrale nucléaire exploitant la technologie coréenne APR1400 sur un site appartenant à ZE PAK à Pątnów. Les gouvernements polonais et coréens ont signé un mémorandum d'entente pour soutenir le projet de Pątnów, précisant qu'il s'agit d'un nouveau projet pour compléter le programme nucléaire du gouvernement polonais[38]. Ce projet de Pątnów est privé. Westinghouse a attaqué en justice KHNP et sa maison mère KEPCO devant une cour fédérale américaine pour empêcher l'entreprise coréenne de vendre des réacteurs en Pologne, arguant que l'APR1400 inclut des éléments de propriété intellectuelle sous licence de Westinghouse et ne peut donc être vendu sans son accord ; KHNP rejette cet argument, affirmant avoir développé sa technologie indépendamment de Westinghouse[39].

En novembre 2022, le gouvernement polonais sélectionne l'AP1000 américain de Westinghouse pour la construction de sa première centrale, la centrale nucléaire de Lubiatowo-Kopalino, comprenant trois réacteurs pour une puissance totale de 3 750 MW (soit 1 250 MW par réacteur)[40]. Le premier béton est prévu pour 2026 et la mise en service du premier réacteur en 2033[40].

Le consortium privé PGE PAK Energia Jądrowa SA, détenu à part égale par deux électriciens polonais ZE PAK et PGE, publie en une « lettre d’intention », puis en une « décision de principe » pour la construction de deux APR1400 du sud coréen KHNP sur le site d'une centrale à lignite de la région de Patnów-Konin dans la province de Wielkopolska[41],[42]. La puissance totale installée serait de 2 800 MW, après une mise en service du premier réacteur en 2035 au plus tôt[43].

Le nucléaire devrait à terme constituer 20 à 35 % du mix énergétique de la Pologne. Plus de 85 % de la population sondée en se prononçaient pour le nucléaire[44].

En décembre 2025, la Commission européenne donne son accord sur le modèle de financement de l'État polonais au projet de sa première centrale nucléaire, dont la mise en service est espérée pour la deuxième moitié des années 2030. L'État aura une participation directe à hauteur d'environ un tiers, les deux autres tiers seront financés par des agences de crédit export étrangères et des banques privées. Le Trésor polonais pourra également garantir tous les prêts accordés à l'entreprise publique polonaise du nucléaire (PEJ), chargée du projet. La commission autorise également la Pologne à signer un contrat de différence de 40 ans garantissant à PEJ un prix fixe de vente de l'électricité produite par la centrale. La Pologne prévoit ultérieurement la construction de trois réacteurs supplémentaires, qui devraient s'implanter sur le terrain d'une ancienne centrale à charbon ; plusieurs villes sont encore en balance pour les accueillir et le constructeur n'a pas été choisi. Les autorités polonaises ont ouvert la porte à de nouvelles formes de financement, notamment coopératives, où les futurs bénéficiaires (privés ou publics) financent l'infrastructure puis peuvent acheter l'énergie au prix de production, indépendamment des cours du marché[45].

En juin 2026, Orlen Synthos Green Energy (OSGE) demande au gouvernement polonais la mise en place d’un contrat de différence (CfD) pour soutenir le déploiement de 14 réacteurs BWRX-300 sur trois sites. OSGE ambitionne à terme d’installer jusqu’à 26 réacteurs BWRX-300 à travers la Pologne. La première unité BWRX-300 serait mise en service en 2032 à Włocławek. Les contrats CfD ont déjà été utilisés au Royaume-Uni pour financer les deux EPR d’Hinkley Point C, en Tchéquie pour la centrale nucléaire de Dukovany et pour la première centrale nucléaire polonaise. La France prévoit également de recourir à ce mécanisme pour sécuriser le financement de son programme de six EPR2[46].

Hydroélectricité

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La Pologne se classe au 20e rang européen par sa puissance hydroélectrique installée, de 2 385 MW, dont 1 780 MW de pompage-turbinage. Sa production hydroélectrique s'est élevée à 2,64 TWh en 2019[47].

Éolien

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Solaire

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Transport d'électricité

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Le réseau de transport électrique polonais est constitué en 2002 de 12 692 km de lignes à haute tension, dont 114 km de lignes à 750 kV, de 4 677 km à 400 kV, de 7 901 km à 220 kV et de 27 km à 110 kV. Il comprend également 274 km de lignes de moyen voltage et 380 000 km de lignes de bas voltage[48].

Échanges internationaux

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En 2023, la Pologne a importé 15,14 TWh d'électricité et en a exporté 11,40 TWh. Le solde importateur de 3,74 TWh représente 2,2 % de la consommation brute d'électricité du pays. La Pologne a été exportatrice jusqu'à 2013, puis est devenue importatrice chaque année, sauf en 2022 ; le solde importateur le plus élevé a été atteint en 2020 : 13,27 TWh[49].

Le solde des échanges avec les pays voisins a été importateur en 2018 : 13 839 GWh d'importations et 8 121 GWh d'exportations, d'où un solde importateur de 5 718 GWh. Les principaux flux d'importation provenaient d'Allemagne : 7 054 GWh, de Suède : 3 099 GWh, d'Ukraine : 1 410 GWh et de Lituanie : 1 615 GWh, et ceux d'exportations allaient vers la République tchèque : 3 761 GWh, la Slovaquie : 3 236 GWh et la Lituanie : 718 GWh[20].

Structure du marché électrique

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La principale entreprise du secteur énergétique polonais est la société publique Polskie Sieci Energetyczne (PSE), elle contrôle et gère notamment le réseau de transport. PSE produit environ 12 GW avec près de cinq millions de clients essentiellement dans la partie centrale et orientale du pays[50]. Viens, ensuite la société Koncern du Sud (PKE), crée en 2001, qui concentre son activité en Silésie.

Il existait après 1989, 35 entreprises de production et 33 compagnies de distribution d'électricité[50]. Cependant en 2006, il ne restait déjà plus que 7 sociétés de distribution[48].

L'auto-production d'électricité représente une puissance installée de 2 641 MW et produit 8 159 GWh par année, soit 7,7 % de la production d'électricité[48].

Consommation finale d'électricité

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La part de l'électricité dans la consommation finale d'énergie de la Pologne était en 2023 de 15,8 %[19].

La consommation d'électricité par habitant en Pologne était de 4 261 kWh/hab en 2024, en progression de 30 % par rapport à 1990, supérieure de 23 % à la moyenne mondiale : 3 474 kWh en 2023, mais inférieure de 29 % à celle de l'Allemagne (6 023 kWh/hab) et de 34 % à celle de la France (6 447 kWh/hab)[51].

Consommation d'électricité en Pologne par secteur (TWh)
Secteur 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2020 2023 % 2023 var.
2023/1990
Industrie42,744,439,940,741,534,955,340,242,131,6 %-2 %
Transport5,55,74,74,73,32,83,22,33,72,8 %-32 %
Résidentiel20,221,021,021,428,624,130,021,928,821,6 %+42 %
Tertiaire19,320,027,828,343,736,847,034,257,142,8 %+196 %
Agriculture8,58,84,84,81,61,41,81,31,71,2 %-81 %
Total96,210098,1100118,7100137,3100133,3100 %+39 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[52].

Voiture électrique

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Quatre énergéticiens publics polonais (Tauron (pl), Enea (pl), Energa (pl) et PGE) se sont associés en 2016 pour créer Electromobility Poland, dans le but de lancer une voiture électrique compacte de segment C d'ici 2022 ou 2023[53].

Réseaux de chaleur

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La chaleur issue des centrales de cogénération et des centrales de chaleur pure (chaufferies) et distribuée par les réseaux de chaleur s'élevait à 217,6 PJ en 2023, soit 7,1 % de la consommation finale d'énergie du pays, en recul de 67 % par rapport à 1990[19]. Elle était destinée pour 14 % à l'industrie, 67 % au secteur résidentiel et 19 % au tertiaire[54]. En 2024, elle était produite à partir de charbon pour 72,8 %, de pétrole pour 1,9 %, de gaz naturel pour 14,8 %, de biomasse pour 8,2 %, de déchets pour 2,0 % et d'autres sources pour 0,3 %. La production a décliné de 65 % entre 1990 et 2024 (charbon : -71 %, gaz : +165 %, biomasse : +95 %). La production de chaleur de la Pologne atteignait 262,3 PJ en 2024 et 268,6 PJ en 2023, soit 1,4 % du total mondial, au 7e rang mondial, à comparer avec l'Allemagne : 409 PJ, la France : 171 PJ et la Russie, numéro 2 mondial : 5 621 PJ derrière la Chine : 9 013 PJ[55].

Politique énergétique

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Les questions énergétiques sont parmi les rares sur lesquelles les parlementaires polonais de tous bords parviennent à faire front commun. Favorables en grande majorité au développement du gaz de schiste, ils sont également réservés sur la politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre[56].

La politique énergétique actuelle de la Pologne repose sur un document d’orientation publié en 2009 et élaboré avant la crise économique et financière de 2008, qui définit la trajectoire énergétique du pays jusqu’en 2030. Le principal objectif polonais est de réduire l’intensité énergétique au niveau de l’UE15 de 2005 et de limiter la consommation d’énergie : système de « certificats blancs », programme d’amélioration de l’isolation des habitations financé par les fonds européens. Le second objectif est de diversifier le mix énergétique actuellement dominé à 84 % par le charbon. Afin d’assurer son approvisionnement en gaz naturel, la Pologne s’est lancée dans la construction d’infrastructures, dont un terminal GNL à la frontière avec l’Allemagne, afin de réduire sa dépendance au gaz russe (80 %) et d'augmenter les échanges avec l’Allemagne, dont provient 15,5 % de son gaz. La Pologne a prévu la construction de deux centrales nucléaires d’ici à 2020, mais une seule pourrait être opérationnelle à l’horizon 2024. Le pays souhaite développer les énergies renouvelables (EnR) à condition qu’elles soient fiables et peu chères. Afin de respecter les directives européennes, l’objectif polonais est d'atteindre une part de 15 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie en 2020, contre 11 % actuellement, puis 18,2 % de sa production électrique en 2030. Les principaux programmes portent sur les éoliennes, les centrales de cogénération charbon-biomasse et les panneaux solaires thermiques[57].

La « Politique énergétique de la Pologne jusqu'en 2050 » (PEP 2050) élaborée par le ministère de l'Économie donne la priorité à la sécurité des approvisionnements : assurer l'indépendance énergétique, grâce à un recours prioritaire aux ressources nationales, notamment au charbon. Selon le scénario dit « équilibré », qui a la faveur du ministère de l'Économie, la houille et le lignite devraient continuer à occuper en 2050 une part majoritaire (autour de 60 %) dans la production nationale d'électricité et de chaleur, le reste étant assuré par des centrales nucléaires et au gaz ainsi que des EnR. Pour ces dernières, quel que soit le scénario retenu, la Pologne ne devrait guère aller au-delà des seuils minimaux fixés par l'UE. Le manque de bonne volonté en la matière se manifeste notamment par la mauvaise transposition de la directive de 2009 sur les EnR. Le gouvernement polonais, désireux de faire preuve d'une attitude constructive pendant les négociations sur les objectifs 2030 de l'Union européenne, a choisi de ne pas s'opposer à la cible de 40 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre, tout en demandant des mécanismes de compensation. Ainsi, la Pologne a obtenu l’obtention jusqu'en 2030 de quotas d'émission gratuits pour son secteur énergétique dans le cadre du marché européen du carbone et pourra affecter une partie des recettes générées par ce système au financement d'investissements visant à améliorer l'efficacité énergétique et moderniser les systèmes énergétiques. La Pologne devra en effet compenser au cours des dix prochaines années la fermeture programmée de 5,2 GW de puissance installée sur un total de 38 GW, certaines centrales devant bientôt atteint leur limite d'âge tandis que d'autres sont considérées comme excessivement polluantes au regard des normes fixées par la directive européenne sur les émissions industrielles[58].

Le ministre de l’Énergie polonais a déclaré en qu’une fois que les entreprises énergétiques publiques auront terminé les trois projets en cours, aucun autre investissement dans le charbon n’était prévu, et que la Pologne souhaite construire trois unités de centrale nucléaire à des intervalles de cinq ans, dont la première serait installée en 2029[59].

Le , le gouvernement polonais annonce une mise à jour de sa stratégie énergétique à horizon 2040 : la part du charbon dans la production d'électricité devrait être réduite à une fourchette de 37 % à 56 % en 2030, puis entre 11 % et 28 % en 2040. Pour le remplacer, le pays compte installer des éoliennes en mer Baltique pour une puissance de 8 à 11 GW, ainsi que 5 à GW de panneaux photovoltaïques, et investir 34 milliards  dans l'énergie nucléaire pour une puissance de 6 à GW. Six réacteurs seront mis en service d'ici à 2040 et la construction du premier sera lancée en 2026. Le , un accord signé entre le gouvernement polonais et les représentants syndicaux des mines de charbon fixe en 2049 la fin de l’exploitation des mines de charbon[60],[61].

Impact environnemental

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Émissions de gaz à effet de serre

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La prépondérance du charbon entraîne de fortes émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l'énergie : 272 Mt d'équivalent CO2 en 2024 ; mais le recul de la consommation de charbon a permis à la Pologne d'abaisser ses émissions de GES de 33 % en 34 ans[g 1]. Sur ce total, les émissions de GES par combustion de combustibles fossiles s'élèvent à 254,2 Mt CO2eq[g 2].

Répartition par combustible des émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion
Combustible 1971
Mt CO2
1990
Mt CO2
2024
Mt CO2
% var.
2024/1990
var. UE27
2024/1990
Charbon[g 3]259,0295,1126,249,6 %-57,2 %-71,1 %
Pétrole[g 4]21,834,185,033,4 %+149 %-22,3 %
Gaz naturel[g 5]10,315,635,113,8 %+125 %+15,6 %
Total292,6349,7254,2100 %-27,3 %-35,8 %
Source : Agence internationale de l'énergie

Émissions de CO2

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Les émissions de CO2 dues à la combustion s'élevaient en 2024 à 6,61 tonnes d'équivalent CO2 par habitant, supérieures de 54 % à la moyenne mondiale (4,30 t/hab en 2023), de 35 % à celle de l'Union européenne (UE) : 4,90 t/hab en 2024, de 79 % à celle de la France (3,70 t/hab) et de 9 % à celle de l'Allemagne (6,06 t/hab). Elles sont les quatrièmes plus élevées de l'UE après celles du Luxembourg (9,16 t/hab), de la Tchéquie (6,87 t/hab) et de la Belgique (6,65 t/hab)[g 6].

Évolution des émissions de CO2 dues à la combustion
1971 1990 2024 var.
2024/1971
var.
2024/1990
var. UE27
2024/1990
Émissions de CO2 par habitant (t CO2)[g 6]8,769,076,61-24,5 %-27,1 %-40,8 %
Source : Agence internationale de l'énergie
Émissions de CO2 liées à la combustion par secteur de consommation*
Émissions 2023 part du secteur Émissions/habitant Émiss./hab. UE-27
Secteur Millions tonnes CO2 % tonnes CO2/hab. tonnes CO2/hab.
Secteur énergie hors élec.19,07 %0,500,34
Industrie et construction54,921 %1,461,23
Transport68,727 %1,821,75
dont transport routier68,126 %1,811,64
Résidentiel60,824 %1,610,98
Tertiaire44,317 %1,180,62
Total258,3100 %6,865,09
Source : Agence internationale de l'énergie[g 7]
* après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation.

Le secteur du transport est à peine plus émetteur de CO2 que dans les autres pays européens ; ce sont surtout les secteurs résidentiel, industriel et tertiaire qui sont responsables des fortes émissions, le charbon étant prépondérant aussi bien dans la production d'électricité que dans celle de chaleur.

Pollution atmosphérique

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Un rapport publié en par WWF et trois autres ONG avec le soutien de l'Union européenne évalue à 22 900 décès prématurés les effets de la pollution atmosphérique dus aux centrales au charbon de l'Union européenne en 2013, un bilan comparable à celui des accidents de la route : 26 000 décès. Les centrales polonaises à elles seules ont causé 5 830 décès prématurés, dont 4 690 dans les pays voisins, en particulier en Allemagne : 620 décès et en Italie : 430 décès, mais aussi en France : 160 décès[62]. Sept mines de charbon polonaises en particulier seraient responsable en 2023 de 39 % des émissions européennes de méthane[63].

La mine de lignite de Turów, ouverte en 1904 et autorisée en 2020 par le gouvernement polonais à continuer à extraire du lignite jusqu'en 2044, cause de fortes nuisances pour les riverains, en République tchèque. Le gouvernement tchèque porte donc le dossier devant la justice européenne. En , la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) ordonne à la Pologne de « cesser immédiatement les activités d'extraction de lignite dans la mine de Turów ». Mais le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki décide de maintenir la mine ouverte afin de préserver l'approvisionnement énergétique du pays, la mine fournissant environ 7 % de l'électricité polonaise. Le , la CJUE condamne la Pologne à une astreinte journalière de 500 000  tant que la mine n'aura pas été mise à l'arrêt[64].

Notes et références

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  1. 1 2 tab.GHG-Energy
  2. tab.GHG-FC
  3. tab.GHG FC-Coal
  4. tab.GHG FC-Oil
  5. tab.GHG FC-Gas
  6. 1 2 tab.CO2-POP
  7. tab.SECTOREH
  • (de) Agence fédérale pour les sciences de la terre et les matières premières, BGR Energiestudie 2023 - Daten und Entwicklungen der deutschen und globalen Energieversorgung Données et évolutions de l'approvisionnement allemand et mondial »], , 154 p. (lire en ligne [PDF]).
  1. p. 74
  2. 1 2 p. 85
  3. 1 2 p. 100
  4. 1 2 p. 108
  5. p. 99
  6. p. 107
  7. p. 101
  8. p. 109
  1. p. 47
  2. 1 2 p. 48
  3. p. 37
  4. p. 38
  5. p. 13
  6. p. 14
  7. p. 15
  8. p. 39
  9. p. 40
  10. p. 27
  11. p. 55
  12. p. 56
  13. p. 63
  • autres références :
  1. 1 2 3 4 5 (en) Energy Statistics Data Browser - Total energy supply (TES) by source, Poland, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025.
  2. 1 2 (en) Energy Statistics Data Browser - Total final consumption (TFC) by sector, Poland, 1990-2023, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025.
  3. 1 2 3 (en) Energy Statistics Data Browser - Electricity generation by source, Poland, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025.
  4. 1 2 3 (en) Energy Statistics Data Browser - Domestic energy production by source, Poland, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025.
  5. 1 2 (en) Energy Statistics Data Browser - Imports vs. exports, Poland, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025.
  6. 1 2 Indicateurs du développement dans le monde - Pologne : population, Banque mondiale.
  7. (en) Energy Statistics Data Browser - Net energy imports, Poland, 1990-2023, Agence internationale de l'énergie, consulté le 23 mars 2025.
  8. (en) Energy Statistics Data Browser - Electricity consumption, Poland, 1990-2023, Agence internationale de l'énergie, consulté le 23 mars 2025.
  9. La crise sanitaire met le charbon polonais au pied du mur, Les Échos, 27 août 2020.
  10. Filip Meyer, « « On risque de se retrouver avec des liquidations brutales à la Thatcher » : la Pologne sort du charbon à toute vitesse », Les Échos, 18 février 2026.
  11. (en) Energy Statistics Data Browser - Natural gas imports vs. exports, Poland, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025.
  12. « Varsovie s’émancipe du gaz russe »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?).
  13. La Pologne va agrandir le terminal GNL de Swinoujscie de 50%, montelnews.com, 24 février 2020.
  14. « Du Danemark au Portugal, l'Europe redouble d'efforts pour s'émanciper du gaz russe », L'Express, (lire en ligne).
  15. Le Danemark autorise la reprise de la construction d'un gazoduc entre Norvège et Pologne, Le Figaro, 1er mars 2022.
  16. Filip Meyer, « Comment la Pologne fait de la Baltique son nouveau pôle énergétique », Les Échos, 21 janvier 2026.
  17. (en) Energy Statistics Data Browser - Coal imports vs. exports, Poland, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025.
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