Éric Stocker

artisan français

Éric Stocker, né à Nantes, est un artisan d'art français spécialisé dans la laque, la dorure et la polychromie. Actif depuis 1974, il est connu pour son travail de conservation des laques asiatiques au Mobilier national à Paris ainsi que pour la relance de l'artisanat traditionnel de la laque au Cambodge, pratiquement anéanti sous le régime des Khmers rouges[1],[2].

Éric Stocker
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Activité

En 1998, il est invité par l'Union européenne à former des artisans cambodgiens à Siem Reap dans le cadre des Chantiers-Écoles de Formation Professionnelle[2]. Il occupe ensuite le poste de directeur des métiers d'Artisans d'Angkor[1]. Ses travaux de conservation de la laque cambodgienne sont cités dans des publications universitaires[3],[4].

Biographie

modifier

Formation et carrière en France

modifier

Éric Stocker est issu d'une famille d'artisans d'art comptant quatre générations, de la mosaïque et de la dorure à la laque[5]. En 1974, il entre en apprentissage auprès de Pierre Bobot (1902-1974), peintre et laqueur français ayant travaillé avec les maîtres de l'Art déco Jean Dunand et Eileen Gray[5],[1].

Pendant vingt-cinq ans, Stocker exerce comme restaurateur de laques au Mobilier national, où il se spécialise dans la conservation des laques chinoises et japonaises pour les musées nationaux français[2].

Cambodge

modifier

En 1998, Stocker est invité par l'Union européenne à participer aux Chantiers-Écoles de Formation Professionnelle à Siem Reap, un programme visant à relancer l'artisanat traditionnel cambodgien, dévasté par des décennies de conflits[2],[1]. À son arrivée, il retrouve des arbres à laque (Gluta laccifera) survivants dans la Province de Kampong Thom[2].

Partant de douze apprentis, il forme environ 350 artisans cambodgiens aux techniques de la laque, de la dorure et de la polychromie[1],[5]. Il devient directeur des métiers d'Artisans d'Angkor[1].

En 2008, il fonde avec son frère Thierry son propre atelier, Angkor Artwork, à Siem Reap, devenu ensuite Stocker Studio[2],[6]. L'atelier emploie des artisans cambodgiens, dont des personnes sourdes formées par l'association Krousar Thmey[2].

En , Stocker anime un atelier pour trente professionnels de la conservation de l'Autorité APSARA sur l'utilisation de la laque traditionnelle cambodgienne pour la conservation de statues de Bouddha du XIIe siècle au temple de Prè Rup[7]. En 2020, une équipe de Stocker Studio intervient sur une statue de Bouddha de Prè Rup en utilisant des techniques à base de laque[4].

En 2019, il reçoit le Trophée Culture / Art de vivre des Trophées des Français de l'étranger[1],[2].

Publication

modifier
  • Éric Stocker, Lacquer Stone Conservation, Siem Reap, Angkor Artwork, 2020[3].

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 6 7 Ingrid Therwath, « Un maître laqueur au Cambodge », Courrier international,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 Raphaël Ferry, « L'art des maîtres laqueurs avec Eric Stocker », Le Petit Journal,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 Ly Vanna, « Traditional Use of Lacquer in Cambodia », International Journal of Asian-Pacific Heritage Studies,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. 1 2 Jennifer McGough, Compositional Analysis of Lacquer Alterations in Post-Angkorian Buddha Statues and a Novel 3D Approach to Their Conservation, University of California, (lire en ligne)
  5. 1 2 3 « Eric Stocker – Lacquer Master », sur blog.alexanderlamont.com, Alexander Lamont (consulté le )
  6. ↑ Rama Ariadi, « Siem Reap's last bastion of traditional lacquerware », Khmer Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ « Introduction to Traditional Cambodian Lacquer », sur giz-cambodia.com, GIZ Cambodia, (consulté le )

Voir aussi

modifier