Étienne Mimard
Étienne Mimard est un armurier et un industriel français, né à Sens le [1] et mort à Saint-Étienne le [2]. Il fonde en 1885 avec Pierre Blachon la Manufacture française d'armes et cycles de Saint-Étienne, qui devient Manufrance en 1947.
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Biographie
modifierJeunesse
modifierÉtienne Mimard voit le jour à Sens, dans l'Yonne le . Il est le fils unique de Pierre Étienne Mimard, qui exerce le métier d'armurier[3].
Il effectue sa scolarité dans sa ville natale et obtient d'abord son certificat d'études puis un diplôme d’ingénieur en dessin d’imitation et ornements. Une fois ses études terminées, il part pour Saint-Étienne en 1883[3].
Âge d'or stéphanois
modifierQuelques années après la reprise de la société Martinier-Collin, Étienne Mimard et Pierre Blachon, un armurier, s'installèrent dans le site construit cours Fauriel à partir de 1892 par l'architecte Lamaizière. Les deux fondent la Manufacture française d'armes et cycles de Saint-Étienne, qui deviendra Manufrance en 1947. Mimard dirigea l'entreprise de sa fondation en 1885 à sa mort en 1944.
La réussite de l'entreprise est due au fait que Mimard comprend très tôt la complémentarité des productions d'armes et de cycles, des productions qui présentent en effet des similitudes au niveau de l'outillage et des compétences nécessaires[4]. Mimard est avant tout un industriel moderne. Il souhaite créer une « usine modèle » intégrant les progrès techniques les plus récents[5]. Il modernise ainsi la production en s'inspirant notamment du taylorisme[6].
Le bilan de leurs innovations est important : ils ont créé à la fois une grande manufacture, un centre d'innovation technique, un système inédit de vente par correspondance (le catalogue Manufrance qui atteint 1 million d'exemplaires), un centre d'édition (Le Chasseur français), des fusils de renom (Robust, Ideal, Simplex...).
Durant la seconde guerre mondiale, Etienne Mimard refusa de collaborer avec les allemands qui souhaitaient qu'il construise des armes et des obus[6].

Il mourra en 1944, en faisant de la ville de Saint-Etienne son légataire universel en leur demandant en contrepartie d'investir dans l'enseignement technique et professionnel dont il a toujours été un grand défenseur et sponsor. La légende raconte que Mimard aurait été enterré debout face à son entreprise. Il a été un entrepreneur emblématique et idéal-type du XIXe siècle. Ainsi, de son bureau il disposait d'une vue d'ensemble sur les ateliers, et avait fait modifier le clavier des machines à écrire de son entreprise, afin que les dactylos formées chez lui ne puissent travailler ailleurs.
Activités publiques
modifierLe dossier d'Étienne Mimard conservé dans la base Léonore permet de retracer le déroulement de ses activités publiques[7] :
- Fondateur en 1885 et directeur général de la Manufacture des armes et cycles de Saint-Étienne.
- Membre de la Chambre de commerce de Saint-Étienne depuis 1900, puis vice-président de 1906à 1924.
- Fondateur en 1890 de la chambre syndicale du cycle et de l'automobile, puis président de 1897 à 1924.
- Vice-président de la Chambre syndicale des fabricants d'armes de 1890 à 1924.
- Fondateur du journal Le chasseur français.
- Administrateur de la Banque de France.
- Membre du conseil de perfectionnement de l'École pratique d'industrie et de l'École des arts industriels de 1912 à 1926.
- Conseiller technique du Conservatoire national des arts et métiers de 1919 à 1926.

Distinctions
modifier- 1902: nomination Chevalier de la Légion d'honneur[7].
- 1908: Nomination Ofiicier de la Légion d'honneur[7].
- 1925: Nomination Chevalier dans l'ordre de Saint-Salva (Serbie)[7].
- 1930: Nomination Commandeur de la Légion d'honneur[7].

Notes et références
modifier- ↑ Archives de l'Yonne en ligne, acte n°4 du 19/1/1862, vue 3
- ↑ Relevé généalogique sur Filae
- 1 2 « Etienne Mimard (1862-1944) - Etienne Mimard (biographie) - Lycée Etienne Mimard », sur etienne-mimard.ent.auvergnerhonealpes.fr (consulté le )
- ↑ « Saint-Étienne et le cycle, aux sources du design | Site officiel de Saint Etienne Métropole », sur www.saint-etienne-metropole.fr (consulté le )
- ↑ Luc Rojas, « L’organisation du travail dans « l’usine modèle » d’Étienne Mimard : influences des pensées organisatrices et difficultés d’une mise en place (1894-1918) », Histoire, économie & société, vol. 37e année, no 2, , p. 70-87 (lire en ligne)
- 1 2 « Qui était Etienne Mimard, le grand père de la French fab et de MANUFRANCE ? - Esprit d'audace », (consulté le )
- 1 2 3 4 5 « Base Léonore » (consulté le )
Bibliographie
modifier- N. Besse, J.-P. Burdy et M. Zancarini, « L’usine modèle de Monsieur Mimard, 1885-1938 », in L’industrie du cycle à Saint-Etienne : mythes et réalités : aspects économiques, techniques, culturels et sociaux, Saint-Etienne, Musée d’art et d’industrie, mission du patrimoine ethnologique, 1984
- Monique Luirard, « Économie et politique nationales : Étienne Mimard et la France de son temps », in Bulletin du Centre d'Histoire Régionale/Université, n° 2, St-Etienne, 1984
- Serge Daurat, "Etienne Mimard, fondateur de Manufrance", Editions les Passionnés de bouquins, 2018
- Thomas Giraud, Destin industriel : Étienne Mimard (1862-1944), le père de Manufrance, 2026, Institut-Iness.
- Brigitte Carrier-Reynaud, Etienne Mimard, Manufrance et l'enseignement professionnel, Archives de Saint-Etienne.
- Gérard-Michel Thermeau, Étienne Mimard : l’homme de Manufrance, 26 juin 2016, Contrepoints.
Liens externes
modifier- Ressource relative à la vie publique :