Évangéliaire d'Ebbon

manuscrit carolingien
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L'Évangéliaire d'Ebbon[1],[2] ou les Évangiles d'Ebbon[3] est un manuscrit enluminé du IXe siècle qui contient les quatre évangiles. Commandité par Ebbon, archevêque de Reims, le manuscrit est préservé à la bibliothèque municipale d'Épernay.

Luc et la première page de son évangile dans l'Évangéliaire d'Ebbon.

Historique

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Les Évangiles d'Ebbon sont commandités aux moines de l'abbaye Saint-Pierre d'Hautvillers par Ebbon, archevêque de Reims au début du IXe siècle[4]. Ebbon y réunit en effet à l'époque plusieurs artistes venus d'horizons divers[5].

Le manuscrit n'a toutefois probablement jamais été présenté à Ebbon[4]. Il est conservé à l'abbaye Saint-Pierre jusqu'à la Révolution française[1].

À la Révolution, l'ouvrage est confisqué et remis à la ville d'Épernay[1]. Au XXIe siècle, le manuscrit est conservé à la médiathèque municipale d'Épernay (côte Ms 1)[3]. Il est numérisé en 2006[3].

Description

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Les Évangiles d'Ebbon sont écrits à l'encre d'or, en minuscule caroline, sur un vélin de 26 cm[3]. Autrefois recouvert d'ivoire[4],[1], le manuscrit est protégé d'une reliure en cuir réalisée par la Bibliothèque nationale de France en 1951[1].

Le manuscrit débute par une dédicace à l'archevêque de Reims Ebbon, en 46 vers léonins sur deux colonnes[4]. La dédicace est la seule partie du manuscrit en capitale rustique et non en minuscule caroline[3]. La dédicace est suivie des prologues de saint Jérôme[3], dont la lettre de Jérôme au pape Damase[4], des tables des canons, ici placées sous le dessin d'un portique supporté par deux colonnes[4], puis du Capitulare evangeliorum, recensant les passages devant être lus lors des messes au fil de l'année[1].

Chaque évangile, qui débute par des initiales richement enluminées, est précédé sur une page complète d’une représentation de son évangéliste, assis, une plume à la main[4]. En haut de cette illustration, figure le symbole de l'évangéliste concerné qui lui tend un parchemin : l'ange de Matthieu, le lion ailé de Marc, le bœuf de Luc et l'aigle de Jean[4]. Selon la Bibliothèque nationale de France, ces portraits sont « dessiné[s] dans un style nerveux et vibrant aux accents expressionnistes »[6] et dotés d'un « caractère visionnaire [qui] demeure sans équivalent dans l'art carolingien »[7]. Le visage des évangélistes est expressivement exagéré[4] pour dépeindre leur exaltation[7] ou leur concentration[5]. Les plis de leur tunique sont multipliés[4]. Les décors ondoient[5].

Cette inspiration nouvelle des arts méditerranées est atypique, tout droit issue d'un évangéliaire antérieur : l'Évangéliaire du couronnement de Vienne, exécuté aux alentours par des artistes proches de l'enluminure byzantine. Ce dernier est l'aboutissement tardif de la tradition hellénistique. En effet, les ressemblances sont dès lors frappantes : les deux évangéliaires se limitent aux représentations des quatre évangélistes de façon réaliste, héritée des modèles de l'antiquité, le tout dans un cadre naturaliste[8].

Liens externes

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 Médiathèques d'Épernay, « Feuilleter l'évangéliaire d'Ebon », sur mediatheque.epernay.fr (consulté le ).
  2. Catalogue collectif de France, « Évangéliaire dit d'Ébon », sur ccfr.bnf.fr (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 6 Médiathèques d'Épernay, « Evangiles dit d'Ebbon », sur mediatheque.epernay.fr (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Paris Paulin, « Sur un évangéliaire carolingien de la bibliothèque d'Épernay », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 22, no 2, , p. 97-103 (DOI https://doi.org/10.3406/crai.1878.68481, lire en ligne, consulté le )
  5. 1 2 3 Bibliothèque nationale de France, « Saint Luc et grande initiale Q marquant le début de son Évangile », sur essentiels.bnf.fr (consulté le ).
  6. Bibliothèque nationale de France, « Saint Marc et grandes initiales IN marquant le début de son Évangile », sur essentiels.bnf.fr (consulté le ).
  7. 1 2 Bibliothèque nationale de France, « Saint Jean et grandes initiales IN marquant le début de son Évangile », sur essentiels.bnf.fr (consulté le ).
  8. Christian Heck, Moyen-Age. Chrétienté et Islam.

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