Évènement de Sinsk
L'évènement de Sinsk est la première extinction massive du Phanérozoïque, délimitant les étages 3 et 4 du Cambrien, il y a environ 513,5 millions d'années. Il marque aussi la fin de l'explosion cambrienne[1]. L'évènement, dû à une anoxie marine, a conduit à une baisse durable de la biodiversité animale avec la perte de plus de 60 % des espèces[2].
Elle est parachevée par d’autres épisodes jusque vers 508 millions d'années. On globalise cette série d’évènements sous la dénomination d'extinction massive de la fin du Botomien. Durant cette période, « les groupes présentant des innovations fonctionnelles liées à la mobilité, à leur modes d'alimentation ou une plus large tolérance à la profondeur, se sont diversifiés, tandis que les taxons sessiles, filtreurs côtiers ou fortement calcifiés, dominants avant l'extinction » ont été sévèrement touchés[2].
Impact sur la biodiversité
modifierLes estimations du déclin de la biodiversité mondiale lors de ces extinctions de genres marins[3] sont estimées à entre 50 et 80 %[4]. Parmi les organismes affectés figurent les petits fossiles à coquille, les Archéocyathes (des éponges formant des récifs), les trilobites, les brachiopodes, les hyolithes et des mollusques[3],[5],[6],[7].
La comparaison avec la faune de Huayuan (début de l'étage 4) montre que l'évènement de Sinsk a principalement affecté les animaux squelettiques et à corps mou en zones d'eau peu profonde, tandis que les organismes à corps mou en eau profonde ont mieux résisté[1]. La biodiversité s'est ensuite rétablie en zones peu profondes avec l'émergence de nouveaux groupes taxonomiques. En effet, le refuge de la biodiversité en eaux profondes (pauvres en oxygène et donc moins sensibles à l'anoxie) a favorisé l'émergence de régimes nouveaux avec une diversité écologique et le rayonnement taxonomique associé[1].
Causes
modifierPlusieurs hypothèses pourraient expliquer ces extinctions. On observe des changements majeurs dans le cycle du carbone[8],[9],[10],[11] et le niveau de l'océan durant cette période[3],[12] ainsi qu'une anoxie dans certains environnements océaniques[3],[13],[14].
Ces changements environnementaux seraient dus à des éruptions volcaniques généralisées correspondant à la mise en place de la province ignée de Kalkarindji (en) (LIP)[15],[16],[17],[18]. Ces éruptions auraient injecté d'importantes quantités de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, entrainant un réchauffement climatique, puis une acidification et une perte d'oxygène dans les océans[15]. Le lien chronologique entre les éruptions et les évènements d'extinction reste toutefois imprécis[16].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « End-Botomian mass extinction » (voir la liste des auteurs).
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