Îlot n°1
L'îlot insalubre no 1 est un îlot urbain des 3e et 4e arrondissement de Paris, qui fut désigné îlot insalubre en . Son no 1 correspond à son rang dans les 17 îlots insalubres classés par ordre d'urgence, en fonction du taux de mortalité par tuberculose entre et .

Situation
modifierSitué dans les quartiers Sainte-Avoye et Saint-Merri, il avait pour limites le boulevard de Sébastopol, et les rues aux Ours, du Grenier-Saint-Lazare, du Temple, et de Rivoli[1].
A l'intérieur de cet îlot, se trouvaient les rues Pernelle, Nicolas-Flamel, Saint-Martin, Saint-Bon, des Lombards, de la Verrerie, du Cloître-Saint-Merri, des Juges-Consuls, Quincampoix, de la Reynie, Brisemiche, Taillepain[2], Aubry-le-Boucher, de Venise, Rambuteau, Brantôme, du Maure, du Renard, Beaubourg, Pierre-au-Lard, Maubuée, du Poirier, Simon-le-Franc, Geoffroy-l'Angevin, passages Molière, de la Réunion, Jabach, impasses Saint-Fiacre, Beaubourg, Clairvaux, Berthaud, du Boeuf, et la cité Noël.
Historique
modifierDans les années 1910-1912 on avait déjà démoli pour élargir les rues du Renard et Beaubourg. Celles-ci furent élargies, tandis qu'une partie des rues Taillepain et Brisemiche sont partiellement détruite.
L'« îlot insalubre no 1 » comprend deux groupes bien distincts et qui ne sont voisins qu'à quelque distance dans le quartier.
Le premier groupe forme un quadrilatère qui va entièrement disparaître[3]. Il comprend : sur la rue Saint-Martin, les no 93 à 101 inclus; dans la rue de La Reynie, tout le côté des numéros pairs, entre la rue Saint-Martin et la rue Quincampoix ; trois immeubles portant les nos 24, 26 et 28 sur la rue Quincampoix, entre la rue de La Reynie et la rue Aubry-le-Boucher; enfin, les numéros impairs de la rue Aubry-le-Boucher entre la rue Quincampoix et la rue Saint-Martin. Ce paquet de maisons comprend vingt immeubles.
Le second groupe est plus important, puisqu'il comprend 98 maisons[4]. Il comportera dans la rue Saint-Martin, cette fois du côté pair, et un peu plus haut que pour le premier groupe, du no 120 au no 138 inclus. Disparait également tout le côté pair de la rue des Étuves; dans la rue de Venise, mais seulement entre la rue Saint-Martin et la rue Beaubourg, les deux côtés ; avec eux, l'antique impasse de la Baudroirie. Même sort pour les deux côtés de la rue Simon-le-Franc, entre la rue Beaubourg et la rue Saint-Martin, et pour les deux côtés de la rue Brisemiche entre la rue Saint-Merri et la rue Simon-le-Franc. Enfin, sur la rue Beaubourg et la rue Saint-Merri, on démolira quelques immeubles voisins des rues atteintes.
Ce quartier fut jadis celui des cuirs et peaux. Jadis, c'est-à-dire peut-être depuis le VIIIe ou IXe siècle, car, au XIIIe siècle, on y trouve cette industrie parfaitement organisée et ayant ses statuts. Cette industrie s'était établie là pour être proche des étaux de la Grande Boucherie, installés aux environs du Châtelet. On distinguait les baudroyeurs, qui préparaient les gros cuirs à semelle et à ceinture; ils ont laissé leur nom à l'impasse de la Baudroirie, (l'ancienne rue Maubuée, aujourd'hui rue Simon-le-Franc et qui va disparaître, fut aussi la rue Baudroirie) ; les corroyeurs, qui préparaient les autres cuirs; ces deux corporations furent réunies en 1577. Des pelletiers, des parcheminiers y étaient aussi installés.
Plus tard, les bourgeois vinrent et construisirent de beaux hôtels. Le quartier s'illustre, au XVIIe siècle, de Valentin Conrart, et de Jean Chapelain. La grande vogue vient avec Law, établi rue Quincampoix marchand d'espoirs. Le XIXe siècle tombe à la petite industrie. Le percement du boulevard de Sébastopol, le déplacement du centre modifient l'atmosphère. Dans le dernier quart du siècle, une coupable incurie néglige la propreté plus nécessaire dans les vieilles rues que nulle part ailleurs, et qui cependant est là le moins surveillée, peu à peu, les rues s'avilissent. Le développement des Halles entraîne la création de nombreuses remises pour les petites voitures ; en même temps, les hôtels meublés accueillent une population assez misérable obligée d'être tout près d'un travail ultra-matinal et qui n'a guère le moyen de loger bourgeoisement.
Notes et références
modifier- ↑ Quartier de Saint-Merri, ou îlot insalubre n°1
- ↑ Vue de la rue Taillepain dans l'îlot insalubre no 1 avant les démolitions des années 1930.
- ↑ La semaine à Paris et de tourisme no 411 du 11 au 18 avril 1930 page 6
- ↑ La semaine à Paris et de tourisme no 412 du 18 au 25 avril 1930 page 6
Annexes
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifierBibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Noémie Aureau, L'îlot insalubre no 16, Saint-Gervais, Saint-Paul à Paris : Une métamorphose urbaine, architecturale et sociologique (mémoire de recherche), Paris, École nationale supérieure d'architecture de Paris-La Villette, 2013-2014 (présentation en ligne, lire en ligne [PDF]).

- Isabelle Backouche, « Rénover un quartier parisien sous Vichy : « Un Paris expérimental plus qu'une rêverie sur Paris » », Genèses, no 73 « Savoir-faire », , p. 115–142 (DOI 10.3917/gen.073.0115, JSTOR 26194366, lire en ligne).
- Isabelle Backouche et Sarah Gensburger, « Expulser les habitants de l'îlot 16 à Paris à partir de : Un effet d'« aubaine » ? », Le Genre humain, no 52, , p. 167–195 (DOI 10.3917/lgh.052.0167, lire en ligne, consulté le ).

- Isabelle Backouche, Paris transformé, le Marais - : De l'îlot insalubre au secteur sauvegardé, Paris, Créaphis, coll. « Lieux habités », , 435 p. (ISBN 978-2-35428-104-5, présentation en ligne).

- Isabelle Backouche, « Les architectes et l'îlot insalubre no 16 parisien : Expériences et quête de légitimité (-) », dans Jean-Louis Cohen (dir.), Architecture et urbanisme dans la France de Vichy (colloque Architecture, arts et culture dans la France de Vichy, -, donné dans le cadre de la chaire internationale Architecture et forme urbaine), Paris, Collège de France, coll. « Conférences », , 226 p. (ISBN 978-2-7226-0523-7 et 978-2-7226-0524-4), p. 89–105 [DOI 10.4000/books.cdf.8967] [lire en ligne].

- Yankel Fijalkow, « Territorialisation du risque sanitaire et statistique démographique : Les “immeubles tuberculeux” de l'îlot insalubre Saint-Gervais (-) », Annales de démographie historique, Société de démographie historique, École des hautes études en sciences sociales, no spécial « Morbidité, mortalité, santé », , p. 45–60 (ISBN 2-7132-1220-0, DOI 10.3406/adh.1996.1909, JSTOR 44385658, lire en ligne).
- Yankel Fijalkow, « De l'îlot no 2 à l'îlot no 16 : l'évolution de l'idée d'insalubrité (-) », dans Jean-Pierre Azéma (dir.), Vivre et survivre dans le Marais : au cœur de Paris du Moyen âge à nos jours (publié à l'occasion de l'exposition Du refuge au piège : les Juifs dans le Marais, organisée par la Mairie de Paris à l'hôtel de ville, - ), Paris, Le Manuscrit, , 541 p. (ISBN 2-7481-5132-1, HAL hal-00445640), p. 391–398 [lire en ligne].
- Alexandre Gady (sous la dir. de Michel Fleury), Un exemple d'urbanisme municipal à Paris : L'ilôt insalubre no 16 (-) (mémoire de DEA en histoire de l'architecture), Paris, École pratique des hautes études, section des sciences historiques et philologiques, , 110 p. (SUDOC 095235809).
- Alexandre Gady, L'îlot insalubre no 16 : Un exemple d'urbanisme archéologique, Paris, CTHS, coll. « Paris et Île-de-France. Mémoires » (no 44), , 101 p.