Thrúd

déesse de la vigueur dans la mythologie nordique
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Thrúd (en norvégien Thrúd et en vieux norrois ᚦᚱᚢᚦᚱ /Þrúðr « force[1] », « puissance[2] ») est une déesse de la mythologie nordique. Elle est la fille de Thor et de Sif.

Thrúd
ᚦᚱᚢᛞ
Déesse de la mythologie nordique
Alvíss passant un bracelet à Thrúd, gravure  de Lorenz Frølich, 1895.
Alvíss passant un bracelet à Thrúd, gravure de Lorenz Frølich, 1895.
Caractéristiques
Nom vieux norrois ᚦᚱᚢᚦᚱ / Þrúðr
Nom norvègien ᚦᚱᚢᛞ / Thrúd
Lieu d'origine Asgard
Période d'origine Scandinavie : Drapeau du Danemark Danemark Drapeau de l'Islande Islande Drapeau de la Norvège Norvège Drapeau de la Suède Suède
Groupe divin Ases
Famille
Père Thor
Mère Sif
Fratrie

La fille de Thor

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Le dieu Thor (Þórr) tient sa fille Þrúðr tout en conversant avec le nain Alvíss. La liste des illustrations dans le matériel préliminaire du livre donne à celui-ci le titre Tout-sage répond à Thor.

Elle est présentée comme telle par Snorri Sturluson dans le Skáldskaparmál (4) de l'Edda en prose, où il est indiqué que Thor peut être désigné par la kenning « père de Thrúd » (faðir Þrúðar). Eystein Valdason l'utilise dans son poème sur Thor (2). Le Skáldskaparmál (21) précise que sa mère est Sif.

Dans la Ragnarsdrápa (conservée dans l'Edda), Bragi Boddason qualifie le géant Hrungnir de « ravisseur de Thrúd » (Þrúðar þjófr). Mais ce mythe n'est directement évoqué dans aucune autre source. Le Skáldskaparmál (17), où figure le récit du combat de Thor contre Hrungnir, lui donne une tout autre origine, tandis que la Haustlöng de Thjódólf des Hvínir (conservée dans l'Edda) n'évoque que le combat et pas sa cause. Ce poème décrit deux scènes mythologiques représentées sur un bouclier, la première étant l'enlèvement d'Idunn par le géant Thjazi. John Lindow estime que le récit peut être considéré comme un mythe perdu et qu'elle a peut-être bien été enlevée par ce géant[3]. Margaret Clunies Ross a suggéré que les deux épisodes étaient peut-être complémentaires, relevant d'un même type de récit : l'enlèvement d'une déesse par un géant, son échec et la mise à mort du ravisseur[4]. Une autre kenning fait peut-être allusion à ce mythe[4] : dans la Thorsdrápa (18) (conservée dans l'Edda), Eilíf Godrúnarson qualifie Thor de « celui à qui Thrúd manque[5] » (þrámóðnir Þrúðar au nominatif).

Bien que son nom ne soit pas mentionné, il est possible qu'il soit également question de Thrúd dans les Alvíssmál, (Edda poétique) où la fille de Thor a été fiancée à un nain, Alvíss.

Autres mentions du nom Thrúd

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Thrúd est un nom de Valkyrie dans la thula des Valkyries qui servent de la bière dans une corne aux Einherjar (Grímnismál, 36)[2]. On dit :

En français En islandais[6]

Hrist et Mist
Je veux qu'elles m'apportent la corne,
Skeggjöld et Skögul,
Hildr et Thrúðr,
Hlökk et Herfjötur,
Göll et Geirönul,
Randgríd et Rádgríd
Et Reginleif,
Elles servent la bière aux einherjar.

Hrist ok Mist
vil ek, at mér horn beri,
Skeggjöld ok Skögul,
Hildr ok Þrúðr,
Hlökk ok Herfjötur,
Göll ok Geirönul,
Randgríðr ok Ráðgríðr
ok Reginleif,
þær bera Einherjum öl.

Snorri dans son Edda (Gylfaginning) cite ce passage lorsqu'il présente les valkyries et leur fonction de servir à boire au Valhalla. Tous les manuscrits contenant ce poème utilisent le nom Thrúd, sauf le Codex Regius, où l'on trouve sa forme faible « Þrúdi »[1]. Toutefois, rien ne spécifie que Thrúd la valkyrie et Thrúd la fille de Thor soit la même personne. Ce nom qui désigne la force a-t-il été utilisé à propos de plusieurs figures fortes[7] ?

Nafnaþulur (Edda de Snorri) la cite parmi une série d'Asynes : « tandis que Þrúðr et Rán sont comptées ensuite »[8].

Valkyries Hildr, Þrúðr et Hlökk portant de la bière dans Valhalla (1895), Lorenz Frølich.

Ce nom est aussi utilisé dans des kenningar désignant une femme (ainsi dans le seul poème qui nous soit parvenu d'Orm Steinthórsson (en), 4)[9].

En Suède, à Öland, la pierre runique de Karlevi de la fin du Xe siècle[10] est gravée de vers scaldiques. Le nom de Trud est mentionné concernant un puissant chef. Cela montre que ce nom a été utilisé pour décrire les hommes puissants, liés à sa force supposée[7].

Comparaison avec d'autres figures légendaires

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Jacob Grimm, dans sa Deutsche Mythologie, se base sur l'étymologie de Sif (qui a pour épithète « Hârfögr », « belle chevelure ») pour la comparer avec d'autres divinités[11] dans ce passage :

« Enfin, le terme Thrûdr — qui redevient le nom commun Þrûđr (« vierge ») et que l'on retrouve dans de nombreux noms féminins en vieux haut-allemand (par ex. Alpdrûd, Wolchandrûd, Himildrûd, Plîddrût, Plihdrût [Plectrud], Kêrdrûd, Mimidrûd, Sigidrûd — noms qui évoquent aisément des êtres surnaturels) — a fini par prendre le sens général de « sorcière », « magicienne » ou « créature maléfique ». Hans Sachs emploie à plusieurs reprises l'expression alte trute pour désigner une sorcière ; on calme d'ailleurs les enfants bruyants en leur disant : « Tais-toi, voilà la Drut qui arrive ! ». Dans ce contexte, le terme se substitue parfaitement à Frau Holla ou à Berhta, ce qui renforce l'hypothèse qu'il puisse s'agir, à l'origine, d'une ancienne Walkyrie. La Vita Offae Secundi mentionne une « vierge des bois » anglo-saxonne nommée Dhryđ : originaire de France, elle est condamnée à mort pour ses méfaits, abandonnée sur un bateau et finit par accoster en Mercie. Offa, séduit par la grande beauté de cette jeune femme, l'épouse ; mais elle ne tarde pas à commettre de nouveaux forfaits. Elle est appelée Drida, Petronilla et Qvendrida — c'est-à-dire cven Thryđ ; voir la préface de Kemble au Beowulf, ainsi que Bäckström. »

Dans la culture populaire

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Jeux Vidéo

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Littérature et bande dessinée

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  • Thrúd apparaît dans le manga Valkyrie Apocalypse. Elle est la troisième des treize sœurs Valkyries.

Références et sources

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Références

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  1. 1 2 François-Xavier Dillmann, L'Edda : Récits de mythologie nordique par Snorri Sturluson, Paris, Gallimard, coll. « L'Aube des peuples », , 231 p. (ISBN 2-07-072114-0), « Gylfaginning (chapitre 36) », p. 67, 174
  2. 1 2 Régis Boyer (trad. de l'islandais), L'Edda Poétique, Paris, Fayard, (1re éd. 1992), 685 p. (ISBN 2-213-02725-0), p. 643.
  3. ↑ John Lindow: Norse Mythology: A Guide to the Gods, Heroes, Rituals, and Beliefs, Oxford University Press, 2001.
  4. 1 2 Margaret Clunies Ross, Prolonged Echoes : Old Norse Myths in medieval Northern Society, vol. 1, The Myths, Odense : Odense University Press, 1994, The Viking Collection, 7 (ISBN 8-77838-008-1).
  5. ↑ Traduction d'après Anthony Faulkes, glossaire de : Snorri Sturluson, Edda : Skáldskaparmál, vol. 2, Glossary and Index of Names, 1998 [détail de l’édition].
  6. ↑ Skáldskaparmál sur heimskringla.no
  7. 1 2 (no) Knut Rage (en), « Kvinnelige makter - Trud: Sterk, men mystisk » [« Pouvoirs féminins - Trud : Forte mais mystérieuse »], sur Kulturformidlingen norrøne tekster og kvad (nn)
  8. ↑ Nafnaþulur sur heimskringla.no
  9. ↑ Anthony Faulkes (1998), edition of: Snorri Sturluson. Edda. Skáldskaparmál. 2. Glossary and Index of Names. London: Viking Society for Northern Research. ISBN 0-903521-38-5, p. 297.
  10. ↑ (en) Kristel Zilmer, "He Drowned in Holmr's Sea": Baltic Traffic in Early Nordic Sources, Tartu University Press, , 76–80 p. (ISBN 9949-11-089-0, lire en ligne)
  11. ↑ Jacob_Grimm, Deutsche_Mythologie, quatrième édition, livre I, p. 350-51 (lire en ligne en allemand, ici), 1875–1878.

Sources

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