Œdipe à Colone (Hugues)
Œdipe à Colone est un groupe sculpté en ronde-bosse en marbre réalisé en 1885 par le sculpteur français Jean-Baptiste Hugues. L'œuvre est conservée au musée d'Orsay[1].
| Artiste | |
|---|---|
| Date | |
| Matériau | |
| Dimensions (H × L) |
181 × 136 cm |
| No d’inventaire |
RF 842, LUX 128 |
| Localisation |
Description
modifierL'œuvre représente un épisode de la tragédie Œdipe à Colone de Sophocle, l'une des dernières pièces du dramaturge grec. Elle met en scène les derniers instants d'Œdipe, roi légendaire de la dynastie des Labdacides. Après avoir découvert qu'il s'est rendu coupable de parricide et d'inceste, Œdipe s'aveugle et est contraint à l'exil. Guidé par sa fille Antigone, il trouve refuge à Colone, près d'Athènes, où il est accueilli par le roi Thésée avant de connaître une mort surnaturelle qui fait de lui un protecteur de la cité.
Jean-Baptiste Hugues s'inspire directement de la première scène de la tragédie de Sophocle. Le sculpteur représente le vieil Œdipe assis sur un rocher, tandis qu'Antigone, qui le guide depuis son exil, se tient à ses côtés. La jeune femme appuie sa tête contre l'épaule de son père dans un geste de tendresse et de compassion, tandis que celui-ci l'entoure de son bras dans une attitude protectrice. La composition met en valeur la relation affective qui unit les deux personnages malgré les épreuves qu'ils traversent[2].
Analyse
modifierL'œuvre s'inscrit dans le répertoire académique de Jean-Baptiste Hugues, qui accorde une place importante à l'étude du corps humain et aux sujets inspirés de l'Antiquité. Le groupe sculpté repose sur un contraste marqué entre les deux figures : le corps vieillissant d'Œdipe, dont la peau ridée témoigne des souffrances et de l'âge, s'oppose à la jeunesse et à la grâce d'Antigone, dont les formes souples et idéalisées rappellent les modèles antiques. Au-delà de cette opposition physique, Hugues privilégie l'expression des sentiments. Les gestes retenus des deux personnages traduisent à la fois la souffrance, la résignation et l'affection filiale. Le traitement particulièrement réaliste de l'anatomie d'Œdipe suscite toutefois des réserves de la part de certains critiques contemporains, qui reprochent au sculpteur d'avoir privilégié la fidélité au réel au détriment de l'idéalisation académique[3].
Historique
modifierL'œuvre est commandée par l'État à la suite de la présentation du modèle en plâtre au Salon de 1882. Ce plâtre peint, signé « J. Hugues » sur la base à l'arrière, mesure 180 × 140 × 95 cm. Il est envoyé en 1897 au musée des Beaux-Arts de Grenoble[4].
Le marbre est exécuté en 1885 pour les Musées nationaux. Présenté au Salon de la même année, il obtient une première médaille. Lors de l'Exposition universelle de 1889, il reçoit une médaille d'or.
L'œuvre est attribuée aux Musées nationaux en 1888, puis déposée au musée du Luxembourg à partir de 1890. Elle est ensuite attribuée au musée du Louvre en 1931 avant d'être affectée au musée d'Orsay en 1986, où elle est conservée.
Galerie
modifierNotes et références
modifierLiens externes
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