Âsa Johannesson

photographe suédoise

Âsa Johannesson, née en 1979 est une photographe et chercheuse suédoise, qui explore les significations et la méthodologie de la photographie queer. Son ouvrage le plus renommé est Queer Methodology for Photography qui propose une pratique et une théorie de la photographie rejetant l'universalisme en faveur de postures ambivalentes et multiples, considérées comme éminemment queers.

Âsa Johannesson
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Biographie

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Âsa Johannesson naît en 1979 et fait ses études au Royal College of Art et soutient sa thèse de doctorat sur les utilisations d'une logique non binaire dans la théorie photographique[1]. Elle arrive à Londres en 1999[2]. À cette époque, les seules photographies gays était prises par des personnes en dehors des communautés LGBT et en général dans les clubs en soirées[2]. Les photos documentaient une « culture de la flamboyance » avec exhibition de lanières de cuir et sequins, ce qui lui donne envie de documenter d'autres expériences queers de l'intérieur, qui n'étaient pas forcément représentées jusque là[2].

Méthodologie queer

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Elle commence à vouloir appliquer une méthodologie queer à la pratique de la photographie, expliquant que « Toutes les questions que nous nous posons sur la sexualité et le genre, j’ai envie de les transposer dans la photographie ». Ainsi dans sa série Stills, elle réalise des œuvres à l'aide d'émulsions polaroïdes, qui ne sont ni des photos ni des sculptures, mais des objets d'art situés entre les deux formes[2]. Ce procédé philosophique transpose une « queerness attitude » de la représentation du sujet queer (dont il ne s'éloigne pas) au processus de création artistique lui-même[2]. Dans ses recherches académiques, elle questionne les limites d'un système d'imposition du genre binaire et expose l'histoire de l'utilisation de la photographie pour classer et appliquer une typologie à ce qui est considéré comme « autre »[3].

Johannesson s'appuie sur un corpus méthodologique et philosophique qu'elle appelle « théories de l'intérieur» et qui rejette les apports imposés par des modèles d'analyse théoriques extérieurs sur la représentation visuelle de sujets queers. Elle explique que le fait de s'appuyer et promouvoir une grande visibilité des sujets LGBT peut conduire à invisibiliser tout un pan non hégémonique des communautés LGBTIQ+, et en livrer une image appauvrie et dénuée de ses multiples facettes. Elle est influencée par les théories de Walter Benjamin sur la reproduction mécanique, Michel Foucault et son analyse du savoir-pouvoir, le Manifeste Cyborg de Donna Haraway et Karen Barad et son concept d'intra-actions post-humaniste. Le livre constitue un rejet de l'universalisme en faveur de postures ambivalentes et multiples[4].

Dans sa série de photos intitulée Belonging de 2011, elle interroge ce que signifie l'appartenance à un lieu, en photographiant un homme trans, nommé River, de dos campé face à l'orée d'une forêt, exprimant à la fois le fait que River est distinct de la forêt, mais en constitue une partie dans la photo[3], brouillant les limites et mettant en évidence une relation entre les éléments photographiés dans le même environnement[3].

Âsa Johannesson est maîtresse de conférence à l’université de Brighton[5].

En 2024 elle publie Queer Methodology for Photography, qui explore la méthodologie de la photographie queer[5]. Dans ce livre elle dévoile des procédés pour créer, écrire et penser la photographie queer, en mêlant pratique et approche théorique. Le livre présente 27 photos d'artistes différents, et explore les thèmes de la représentation, du formalisme et de l'affranchissement de la pratique d'un medium spécifique. Le livre aborde aussi la question de la réduction philosophique de la pensée engendrée par un système de catégorisation binaire[6].

Ses œuvres sont exposées au Centrum för fotografi (sv) à Stockholm, au musée Queer Britain (en) de Londres, Landskrona Foto (sv) à Landskrona et au FutureLab de Shanghai.

En 2026 elle expose une série de photos intitulées The Queering of Photography au stills centre for photography, à Édinbourg. L'exposition est constituée de 5 travaux différents et présente des portraits en noir et blanc, des études de statues romaines et des sculptures réalisées avec des Polaroïds[7],[8].

Publications

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  • Åsa Johannesson, Queer methodology for photography, Routledge/Taylor & Francis Group, (ISBN 978-1-003-30862-1)

Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Flora Dunster et Theo Gordon, Photography: a queer history, Ilex, (ISBN 978-1-78157-869-8), p. 190-191. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Références

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  1. ↑ (en-GB) « Åsa Johannesson — The Queering of Photography », sur Stills (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 (en-GB) « ‘A Very Intimate Procedure’: Åsa Johannesson’s Queer Lens in Photography », sur LOST ART (consulté le )
  3. 1 2 3 Dunster 2024, p. 190.
  4. ↑ (en) « Sage Journals: Discover world-class research », sur Sage Journals (DOI 10.1177/13675494251377094, consulté le )
  5. 1 2 Milena III, « Åsa Johannesson : diversifier la méthodologie queer dans la photo », sur Fisheye Magazine, (consulté le )
  6. ↑ (en) « Åsa Johannesson », sur MOCA LONDON (consulté le )
  7. ↑ (en-GB) Gem Fletcher, « Åsa Johannesson – The Queering of Photography - 1854 Photography », sur www.1854.photography (consulté le )
  8. ↑ (en) fstop, « Åsa Johannesson @ Stills Centre for Photography », sur Blog – F-Stop Magazine, (consulté le )

Liens externes.

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