Échecs en ligne
Les échecs en ligne sont les parties d'échecs disponibles sur le réseau internet, auxquelles les internautes participent en tant que joueurs ou spectateurs.

Histoire
modifierOrigines
modifierLes échecs en ligne existent depuis les débuts d'Internet, dans les années 1970 aux États-Unis, où les gens jouaient par correspondance, en s'envoyant leurs coups par email, ou via des systèmes comme PLATO IV en 1974[1].
Dans les années 1980, des contributeurs bénévoles créent l'Internet Chess Server (ICS) qui permet aux joueurs de s'affronter en temps réel, en se connectant par telnet. L'échiquier était représenté par des caractères ASCII. En France, on peut également jouer en ligne grâce au Minitel[2],[3],[4].
Dans les années 1990, avec l’avènement du web, les premiers sites web dédiés aux échecs apparaissent. Daniel Sleator reprend le projet ICS qui devient Internet Chess Club (ICC) en 1995, où l'abonnement devient payant. En opposition avec cette démarche de commercialisation, des administrateurs dissidents créent le Free Internet Chess Server (FICS) la même année.
Le premier site web d'échecs permettant de jouer via une interface graphique fut Caissa's Web, lancé également en 1995[5]. Depuis lors, de nombreux sites web d'échecs ont vu le jour. Parmi ceux-ci, on peut citer Chess.com, Lichess et Chess24.com (racheté par Chess.com puis fermé en 2024).
Sur les sites de vidéos, des chaînes dédiées aux échecs apparaissent très tôt, dès 2007 sur Youtube[6], et 2012 sur Twitch. Elles sont popularisées par des streameurs de bon niveau comme l'américain Levy Rozman ou le français Kevin Bordi en langue française[7], ou des joueurs du top mondial comme comme Hikaru Nakamura ou Daniel Naroditsky.
Seconde jeunesse
modifierEn Octobre 2020 la série Le Jeu de la dame diffusée sur Netflix attire de nombreux nouveaux joueurs[8]. C'est la période des confinements liés à la pandémie de Covid-19 et beaucoup de joueurs choisissent de jouer aux échecs pour s'occuper.
À cela s'ajoute le nombre croissant de chaînes de streaming dédiées aux échecs durant cette période ainsi que la retransmission de duels de champions commentés par des streameurs passionnés en direct sur Twitch[7],[9],[10]. Des tournois se déroulant majoritairement en ligne, comme les PogChamps, accroissent encore ce phénomène[11].
Durant les confinements, de nombreuses villes ayant un club d'échecs ont organisé des tournois en ligne[12].
En 2025, le nombre de joueurs d'échecs en ligne a dépassé les 200 millions[13].
Apport aux échecs
modifierInternet permet une large diffusion des connaissances relatives aux échecs, chaque joueur pouvant bénéficier de celles-ci. S'il n'est pas certain que le niveau moyen des joueurs se soit amélioré, le nombre des joueurs en ligne a augmenté[13]. Cette accessibilité des échecs en ligne, leur disponibilité, aussi bien de jour que de nuit, a contribué à populariser le jeu. Le nombre de licenciés de la Fédération française est en augmentation[14].
Cependant, il est aussi plus simple d'avoir recours à la triche lors des parties d'échecs en ligne ce qui pourrait menacer la pratique[15],[16].
Les échecs en ligne ne se limitent pas à la possibilité de jouer à distance : ils ont aussi favorisé l’apparition d’offres structurées d’apprentissage. Des plateformes généralistes d’échecs comme Chess.com et Lichess associent le jeu en ligne à des outils d’entraînement, tels que problèmes tactiques, tutoriels, vidéos, analyses de parties, parties contre des programmes et appariements avec des adversaires de niveau comparable[17],[18]. Ces usages distinguent l’apprentissage en ligne d’une simple pratique libre de parties sur Internet, car ils permettent de combiner jeu, exercices, analyse et progression guidée.
Cette évolution dépasse aussi les plateformes exclusivement consacrées aux échecs. Des services d’apprentissage plus généralistes ont intégré les échecs dans des parcours numériques plus larges : Duolingo, par exemple, a ajouté un cours d’échecs fondé sur des leçons courtes, des puzzles interactifs et des mini-parties, après avoir déjà étendu son application au-delà des langues avec les mathématiques et la musique[19].
Selon le grand maître indien Viswanathan Anand : « Les ordinateurs ont changé la façon dont on étudie le jeu. Tout individu, aussi nul et isolé soit-il, se retrouve assis en face du meilleur joueur d'échecs du monde, prêt à répondre n'importe quand à n'importe quelle de ses questions »[20].
Notes et références
modifier- ↑ (en)Cameron Kaiser, « PLATO: How an educational computer system from the ’60s shaped the future », sur arstechnica,
- ↑ Christophe Le Penru et Christophe Bouton, « Faut-il jouer sur Minitel ? », Jeux & Stratégie, Excelsior Publications, no 35, , p. 70-73 (ISSN 0247-1132, lire en ligne
) - ↑ Yvan Duvivier, « Lorient. Ils ont toujours le virus des échecs ! »
, sur ouest-france.fr, (consulté le ) - ↑ Irène Verlaque, « Podcast : du Minitel rose à Meetic, l’histoire de Marc Simoncini, entrepreneur culotté »
[podcast], sur Télérama, (consulté le ) - ↑ (en) « about Caissa.com » (consulté le )
- ↑ la chaîne ChessNetworks semble être l'une des plus anciennes sur Youtube
- 1 2 Florian Soenen, « La plate-forme Twitch, nouveau paradis pour les joueurs d’échecs », sur le monde,
- ↑ Clémence Duneau, « Le succès de la série « Le Jeu de la dame » lance un nouvel âge d’or des échecs en ligne », Le Monde, (lire en ligne
, consulté le ) - ↑ Assia Hamdi, « Le jeu d'échecs en ligne en plein boom »
, sur L'Équipe, (consulté le ) - ↑ Jules de Kiss, « Esport : les échecs sont-ils un jeu vidéo quand ils sont joués en ligne ? »
, sur Franceinfo, (consulté le ) - ↑ (en-US) Nathaniel Green, « PogChamps Chess Tournament », sur Chess.com, (consulté le )
- ↑ Anne-Sophie Damecour, « Asnières-Clichy : des tournois d’échecs en ligne pour les habitants »
, sur Le Parisien, (consulté le ) - 1 2 Hadrien Augusto, « La plateforme Chess.com franchit un cap dans le monde des échecs », sur 01Net,
- ↑ [PDF]« Evolution annuelle du nombre de joueurs ayant une licence d'échecs en France », sur FFE,
- ↑ « Hans Niemann aurait triché «plus de 100 fois» en ligne, selon la plateforme chess.com »
, sur Le Parisien, (consulté le ) - ↑ Nicolas Berrod, « Les échecs face à une «menace existentielle» : cette tricherie présumée qui fait vaciller le plus noble des jeux »
, sur Le Parisien, (consulté le ) - ↑ (en) Michael Calore, « 8 Chess Apps and Websites », sur Wired, (consulté le )
- ↑ (en) « Chess Lessons - Learn with Online Courses », sur Chess.com (consulté le )
- ↑ (en) Jay Peters, « Duolingo is getting a chess course », sur The Verge, (consulté le )
- ↑ « Un engouement "spectaculaire" pour les échecs, né du confinement et de la série "Le jeu de la dame" »
, sur Sud Ouest, (consulté le )