École de Brienne
L'École de Brienne est un ancien établissement d'enseignement militaire situé à Brienne-le-Château (Aube).
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Histoire
modifierÀ l’origine un couvent de Minimes destiné à l’éducation des enfants du pays de Brienne-le-Château, cet établissement fut converti en collège[1] en 1730. En 1774, le zèle des moines, soutenu de la protection de l’archevêque de Toulouse, le ministre, et de celle de son frère, leur permit de donner plus d’étendue à l’enseignement.
En 1776, le gouvernement royal choisit ce collège pour y établir l'une des douze succursales de l’École militaire de Paris. Bien que l'établissement change de statut, l'ordre des Minimes continue d'encadrer les élèves, enfants de nobles riches comme pauvres. Les matières enseignées aux élèves sont les suivantes : latin, français et d'autres langues que l'on qualifie aujourd'hui comme « vivantes », mathématiques, histoire et géographie, mais aussi de l’escrime, de la musique et du dessin. Les enfants sont coupés de leur famille durant les cinq ans que dure la formation.
Le plus célèbre pensionnaire en est Napoléon Bonaparte. Entré à cette école peu avant ses dix ans, en , il y resta jusqu’au . Là, il est bon élève en mathématiques, mais bien moins en orthographe et en allemand[2]. Plus tard, son frère Lucien y fut également admis.
L’école militaire de Brienne ferme en 1790, les bâtiments accueillent un temps des ateliers nationaux, avant de voire les locaux vendus aux enchères et partiellement détruits.
Alors que Napoléon est à la tête de l’État français, il fait don de 12 000 francs au maire de Brienne pour que soit opérées des réparations des anciens bâtiments de l'école, qui ne sont finalement jamais faites.
Lorsque, le , la ville de Brienne fut le théâtre d’une bataille suivie d’un incendie qui en fit un monceau de cendres, Napoléon promit de rebâtir la ville, d’acheter le château, d’y fonder une résidence impériale et une école militaire. À Sainte-Hélène, il disposa par son testament, « qu’un million serait prélevé sur son domaine privé pour la ville de Brienne, et que deux cent mille francs seraient distribués aux habitants de Brienne qui avaient le plus souffert ».
En 1842, les Carmélites de Troyes y fondent une maison secondaire. Installées pendant dix-neuf ans, les religieuses y érigent l’actuelle chapelle. De 1861 à 1895, une école libre de garçons occupe les locaux[2]. La ville de Brienne-le-Château rachète les lieux en 1895, qui deviennent une caserne.
Par arrêté du , les bâtiments de l'ancienne école militaire sont classés au titre des monuments historiques[3].
À la fin de la Seconde Guerre mondiale et jusqu’en 1966, une école et un collège occupent les locaux de l’ancienne école militaire[4]. En 1961, le conseil municipal décide d’affecter le bâtiment à un musée Napoléon, qui est inauguré huit ans plus tard.
Le musée Napoléon est fermé entre 2016 et 2018 pour des rénovations et le renouvellement de sa muséographie[5]. L'ancienne chapelle est aujourd'hui aménagée comme une salle polyvalente accueillant des conférences, des ateliers pédagogiques pour des scolaires et les expositions temporaires du musée. Son exposition permanente est répartie dans quatre salles nommées ainsi :
- « La silhouette de l'Empereur » ;
- « Le stratège » ;
- « Le réformateur » ;
- « Le Napoléon intime », partie où il est notamment évoqué les passages de Napoléon à Brienne.
Ces locaux chargés d'histoire sont visités et utilisés publiquement par des personnalités publiques et/ou politiques, comme des préfets et sous-préfets. Parmi elles, Stéphane Bern visite le musée en avril 2025, dans le cadre d'une assemblée générale de l'Association des Anciennes Écoles Royales et Militaires de France[6],[7].
Anciens élèves de Brienne
modifier- Napoléon Bonaparte
- Lucien Bonaparte
- Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne
- Jean-Charles Pichegru
- Charles Étienne Gudin, les mêmes années que Napoléon
- Charles de Mesnard, futur pair de France, les mêmes années que Napoléon,
- Joseph Louis Victor Jullien de Bidon
- Claude-Laurent Bourgeois de Jessaint
- Mansuit Courlet de Vregille (1767-1847)
- Jean Baptiste Breton
- Étienne Marie Antoine Champion de Nansouty
- Cyrille Jean Joseph Lavolvène, dit Chevalier de la Volvène
Bibliographie
modifier- Ch. Vinot, Notice historique sur l'ancienne Ecole militaire de Brienne et le séjour de Napoléon Ier dans cette école, Troyes, impr. de Brunard, , 9 p. (lire en ligne)
- Karine Huguenaud, Fondation Napoléon, « Musée Napoléon Ier – Brienne le Château » (descriptif de l'histoire du site et de l'organisation actuelle du musée), (consulté le )
Notes et références
modifier- ↑ Arthur Prévost, Les Minimes de Brienne. : Le collège et les premiers maîtres de Napoléon, Troyes, , 123 p.
- 1 2 Agathe Devitry, « Au musée Napoléon de Brienne-le-Château, 250 ans d’histoire de l’école racontés dans une exposition »
, sur L'Est éclair, (consulté le ) - ↑ « Ecole militaire », notice no PA00078064, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
- ↑ Christian Vieira, « Le musée Napoléon replonge les visiteurs dans l’histoire de l’école »
, sur Canal 32, (consulté le ) - ↑ L'Union, « Brienne-le-Château : le musée Napoléon rouvre après 18 mois de travaux »
, sur L'Union (journal français), (consulté le ) - ↑ Camille Bluteau, « Stéphane Bern sur les traces de Napoléon visite le musée et le château de Brienne-le-Château »
, sur France 3 Grand Est, (consulté le ) - ↑ Association des Anciennes Ecoles Royales et Militaires de France, « Brienne-le-Château : Assemblée Générale 2025 »
, sur Association des Anciennes Ecoles Royales et Militaires de France (consulté le )