Égil (archevêque de Sens)

archevêque catholique (Sens)

Égil ou Eigil (Egilo), mort le , est un saint et ecclésiastique de la deuxième moitié du IXe siècle, qui est successivement abbé de Prüm (853-860), abbé de Flavigny (863), et archevêque de Sens (865-871).

Égil de Sens
Fonctions
Archevêque de Sens
-
Abbé de Saint-Pierre de Flavigny-sur-Ozerain
-
Abbé
Abbaye de Prüm
-
Ansbald de Prüm (en)
Biographie
Naissance
Diocèse d'Utrecht (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Sépulture
Activité
Autres informations
Fête

La liste épiscopale de Duchesne (1910) donne Egilo[1], tout en mentionnant la forme Egil extrait des différents catalogues[1].

Le titre de l'article reprendre le nom retenu par la liste épiscopale publiée par l'archidiocèse de Sens-Auxerre[2] ou encore la revue Analecta Bollandiana (1947). Le nom peut prendre toutefois chez les auteurs contemporains les formes suivantes : Égilon [3],[4], Eigil[5],[6][7], Eigel[8], Egilde[4].

Biographie

modifier

Origines et formation

modifier

Selon la Gallia Christiana, Égil serait issu d'une famille aristocratique de l'archidiocèse d'Utrecht[3],[4].

Entrée en religion, il est élève à l'abbaye Saint-Pierre-le-Vif de Sens[3],[4]. Il fait partie des élèves d'Aldric, archevêque de Sens, tout comme d'autres personnalités de cette période, Louis († ), neveu de Charlemagne et chancelier de Charles II le Chauve, abbé de Saint-Denis (841) et abbé de Saint-Riquier à partir de 844, et de Loup de Ferrières, Saint-Pierre-et-Saint-Paul (840)[9].

Abbatiats

modifier

La Gallia Christiana a considéré qu'il a été abbé de Saint-Hubert, en 855[3],[4]. Godefroid Kurth (1898) indiquait que la présence de Égil/Eigil à la tête de cette abbaye résultait d'une confusion entre les listes abbatiales de Saint-Hubert et de Prüm, mais que ce dernier n'a jamais été abbé de Saint-Hubert[6].

Égil entre au monastère de Prüm, alors dirigé par Marcuvard[10]. Cet abbé est un bénédictin de Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Ferrières, proche de Loup de Ferrières, avec qui il a gardé contact[10]. Marcuvard démissionne et Égil lui succède à la tête de l'abbaye en 853[10]. Dans une lettre de Loup à Marcuvard, l'abbé de Ferrières qualifie Égil de « notre commun fils »[10]. Au cours de son abbatiat, trois diplômes sont délivrés à Prüm par l'empereur Lothaire Ier[11]. Il semble cependant se brouiller avec le roi en 860, dans le contexte de son divorce avec Teutberge[12]. Ses anciens liens avec les monastères de Francie occidentale explique probablement la facilité de son transfert dans le royaume de Charles II le Chauve[12].

Égil démissionne de son abbaye en 860 pour prendre, sous les auspices du Charles II le Chauve, la tête de celle de Saint-Pierre de Flavigny[10],[12],[4]. Il restaure le monastère à la demande de Charles II le Chauve[4]. Il fait établir une cella de douze moines Corbigny, en 864[4].

Archiépiscopat

modifier

En 865, il est appelé à monter sur la chaire métropolitaine de Sens[3].

Sous l'impulsion du roi, il reçoit le Pallium du pape Nicolas Ier[4]. Le pape demande toutefois à ce qu'on nomme des évêques de la région et non plus des étrangers[4].

Il assiste au concile de Verberie où il souscrit aux privilèges accordés à l'abbaye Saint-Vaast d'Arras[4].

Il est envoyé, en 863, par le roi à Rome, à la suite de la mort de Charles, roi de Provence[4]. Le pape mécontent de l'archevêque de Reims, Hincmar fait convoquer un synode à Soissons, en 866, auquel Egil participe et est chargé de rendre compte au pape du règlement[4]. Il porte des lettres du roi et de l'archevêque au pape[4]. Il apporte, en 867, la réponse du pape au roi, à Samoussy, où le pontife blâme l'archevêque, condamne Lothaire II qui cherche à répudier son épouse Teutberge et interdit le duel judiciaire[4].

À partir de 868, il recours à un chorévêque, Foucher/Fulchric[4].

Mort et sépulture

modifier

Égil meurt le , selon le nécrologue de Savigny, d'autres sources mentionnent le , d'après les Notae Senonenses. Duchesne (1910) donnait le [1]. Les Analecta Bollandiana (vol. 65, 1947) précise qu'il faut retenir le , précisant que « Le Nécrologe de Flavigny n'est qu'une compilation faite sans soin et de réputation douteuse ». La notice du Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne (1996) donne [4].

Son corps est inhumé dans la chapelle de Saint-Etienne, à gauche du maître-autel, dans l'abbaye Saint-Pierre-le-Vif de Sens (Les Petits Bollandistes)[13].

La Gallia Christiana le mentionne comme saint et donne pour fête le [3]. Le site nominis indique qu'il est fêté localement le [7].

Les Analecta Bollandiana (vol. 65, 1947) indique que le « vrai anniversaire de S. Egil est le 29 mai ».

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 Duchesne 1910, p. 421.
  2. ↑ « Liste des archevêques », sur yonne.catholique.fr - Archidiocèse de Sens-Auxerre.
  3. 1 2 3 4 5 6 Fisquet 1867, p. 26.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Paul-Camille Dugenne, Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne, t. II : D.-K., Société généalogique de l'Yonne, , p. 454-455, Egil.
  5. ↑ Levillain 1949, p. 8.
  6. 1 2 Godefroid Kurth, « Les premiers siècles de l'abbaye de Saint-Hubert », Compte-rendu des séances de la commission royale d'histoire, 2e série, t. 8,‎ , p. 7–112 (ISSN 0770-6707, DOI 10.3406/bcrh.1898.2249, lire en ligne, consulté le ).
  7. 1 2 nominis.
  8. ↑ Graydon W. Regenos, The Letters of Lupus of Ferrières, translated with an Introduction and Notes, La Haye, Martinus Nijhoff, , p. 74.
  9. ↑ Angela Cossu, « Notes sur la circulation des textes autour de l’abbaye de Saint-Riquier au IXe siècle », Mélanges de l'École française de Rome « La Corse médiévale, île d’Italie - Varia », nos 133-2,‎ , p. 375-392 (lire en ligne).
  10. 1 2 3 4 5 Levillain 1949, p. 11.
  11. ↑ Levillain 1949, p. 12.
  12. 1 2 3 Charles West, The Fall of a Carolingian Kingdom : Lotharingia 855–869, University of Toronto Press, , 252 p. (lire en ligne), p. 28.
  13. ↑ Fisquet 1867, p. 27.

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier