Anségise de Sens

archevêque catholique (Sens)

Anségise (†  où 883) est un moine bénédictin, abbé du monastère Saint-Michel, à Beauvais ou Lobbes (selon les auteurs), puis archevêque de Sens de 871 à sa mort.

Anségise de Sens
Fonctions
Primat
Gaule
Germanie
à partir de
Archevêque de Sens
-
Chanoine
Abbé (en) (?)
Abbaye de Lobbes
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Fratrie
Wala (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Ordre religieux

Biographie

modifier

Origines

modifier

Anségise ou Anséis (lat. Ansegisus[1]) serait d'origine franque et aurait pour parents, selon la Gallia Christiana, le fils d'Ardrade — (Hardrad)[2] « Haudré, homonyme d'Haudré (Hildradus ou Hardradus), beau-père du premier de nos trois comtes Mainier » (Chaume)[3] — et de Witelai/Witélé[4],[5].

Il est le frère de Wala (Gales), futur évêque d'Auxerre[4],[3],[5].

Bénéficiaire avec son frère de legs du comte Ecchard († v.  ou 877), certains auteurs (Chaume, Levillain) avancent l'hypothèse d'une possible parenté[6].

Carrière religieuse

modifier
Anségie couronne Carloman II.

Il a été prêtre de l'église de Reims avant de devenir abbé de Saint-Michel[1]. Charles le Chauve l'a envoyé en mission à Rome en 870. Il est élu au siège de Sens, vacant depuis un an, le [1]. En , il participe au concile de Douzy, près de Mouzon, pendant lequel l'évêque Hincmar de Laon est déposé. Il signe les actes de l'assemblée de Châlons, en 875. Charles le Chauve l'envoie à Rome pour solliciter du pape Jean VIII la couronne impériale vacante après la mort de Louis II le Jeune[7].

Après le couronnement de Charles le Chauve comme empereur du Saint-Empire par le pape Jean VIII, en 875, le nouvel empereur demande au pape de nommer Anségise comme « vicaire apostolique » en Gaule et en Germanie[8],[9]. Avec un légat pontifical d'origine franque, disposé à soutenir l'empereur, Charles le Chauve espère étendre son influence sur ces pays. Le pape accède au souhait de Charles. Cette délégation apostolique, extraordinaire et personnelle, est proclamée au concile de Ponthion (juin-)[10], donnant à Anségise un rôle privilégié dans la convocation des conciles et la transmission aux évêques des Gaules des décrets du Saint-Siège, avec un réel pouvoir décisionnaire et la préséance sur les autres archevêques présents. Les évêques réagirent négativement contre ce titre et le rendirent inopérant[11]. Ces derniers considèrent cette délégation comme un empiètement de leurs droits, et particulièrement Hincmar, l'archevêque de Reims[12].

Par la suite, les chroniqueurs sénonais du XIe (Odoran) et du XIIe siècle (Clarius) ont transformé cette mesure en privilège attaché au siège de Sens[13].

En 876, l’archevêque et vicomte de Sens expulse les juifs de la ville[14] (« Chronique Odoranni » MIGNE, P. L., CXLII, 771) .

En 878, il préside de concile de Troyes. Le , il couronne à l'abbaye de Ferrières les fils de Louis II le Bègue, Louis III et Carloman II.

Anségise meurt le ou 883[15]. Selon son épitaphe le [1]. Son corps est inhumé dans le monastère de Saint-Pierre-le-Vif de Sens[15].

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 4 Louis Duchesne, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule : tome 2e L'Aquitaine et les Lyonnaises, Paris, Thorin et fils, (lire en ligne), p. 418.
  2. ↑ Régine Le Jan, « Identité thuringienne et opposition politique au VIIIe siècle », dans Stefano Gasparri, 774, ipotesi su una transizione, Brepols Publishers, , 451 p. (ISBN 978-2-503-52816-8, lire en ligne), p. 11-25.
  3. 1 2 Maurice Chaume, Les comtes de Sens au IXe siècle, t. 37, Nancy, Bulletin de la société archéologique de Sens, 1929-1930 (lire en ligne), p. 26-53.
  4. 1 2 Fisquet 1867, 1864, Volume 15, notice « Wala », p. 258.
  5. 1 2 Michel Sot (sous la direction), Les gestes des évêques d'Auxerre, vol. 3, t. I, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Classiques de l’Histoire au Moyen Âge », , 400 p. (ISBN 978-2-25134-053-1), p. 156.
  6. ↑ Léon Levillain, « Les Nibelungen historiques et leur alliances de famille », Annales du Midi, vol. 49,‎ , p. 337-408 (lire en ligne).
  7. ↑ Abbé Cornat, p. 20
  8. ↑ Edward Roberts, « Construire une hiérarchie épiscopale : Flodoard de Reims et la correspondance de l’archevêque Foulques (vers 850-vers 950) », Cahiers de civilisation médiévale, no 241,‎ , p. 11-26 (lire en ligne).
  9. ↑ Philipp Jaffé et Paul Ewald, Regesta, vol. I, p. 387, n°3032.
  10. ↑ Augustin Fliche, « La primatie des Gaules depuis l'époque carolingienne jusqu'à la fin de la querelle des Investitures (876-1121) », dans Revue historique, janvier-juin 1934, tome 173, p. 329-338 (lire en ligne)
  11. ↑ C. Fleury, Histoire ecclésiastique, XI, Paris, , p. 392-397.
  12. ↑ Louis de Lacger, « La primatie d'Aquitaine du VIIIe au XIVe siècle », Revue d'histoire de l'Église de France, vol. 23, no 98,‎ , p. 34 (ISSN 0398-4214, lire en ligne).
  13. ↑ E. Bournazel, Louis VI le Gros, Paris, , p. 370.
  14. ↑ Céline Balasse, 1306, l'expulsion des juifs du royaume de France, De Boeck, , 366 p. (ISBN 978-0-521-58150-9), p. 61 ou 89.
  15. 1 2 Medlands, p. Ansegisus.

Voir aussi

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

modifier
  • Abbé Cornat, Notice sur les archevêques de Sens et les évêques d'Auxerre, Sens, imprimerie et librairie Ch. Duchemin, (lire en ligne), p. 20-21, Anségise.
  • Paul-Camille Dugenne, Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne, t. I : A.-C., Société généalogique de l'Yonne, , Anségise.
  • Honoré Fisquet, La France pontificale (Gallia Christiana), Métropole de Sens - Sens et Auxerre, Paris, E. Repos, (lire en ligne), p. 27-29.
  • Louis Duchesne, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule, t. II : L'Aquitaine et les Lyonnaises, Paris, Fontemoing et Cie, , 2e éd., 488 p. (lire en ligne), p. 421-422.
  • V. Rosenwald, « Anségise ou Ansegisus », dans Dr Hoefer, Nouvelle biographie universelle, Firmin Didot frères, Paris, 1852, tome 1, col. 740-741 (lire en ligne)

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier