Élisabeth de Goerlitz
Élisabeth de Goerlitz, née à Hořovice en Bohême le et morte à Trèves le , est une princesse de la maison de Luxembourg, fille du duc Jean de Goerlitz et de Richarde-Catherine de Suède. La dernière héritière de la dynastie, elle fut duchesse engagère de Luxembourg de 1411 jusqu'à 1441, date à laquelle elle a vendu le duché de Luxembourg à Philippe le Bon, duc de Bourgogne.
| Élisabeth de Goerlitz | |
Tombe d'Élisabeth à Trèves. | |
| Titre | |
|---|---|
| Duchesse engagère du Luxembourg | |
| – (30 ans, 8 mois et 16 jours) |
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| Prédécesseur | Jobst de Moravie |
| Successeur | Philippe III de Bourgogne |
| Biographie | |
| Dynastie | Luxembourg |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Hořovice (Bohême) |
| Date de décès | (à 60 ans) |
| Lieu de décès | Trèves (Allemagne) |
| Père | Jean de Goerlitz |
| Mère | Catherine (ou Richardis) de Mecklembourg-Schwerin |
| Conjoint | (1) Antoine de Brabant (2) Jean III de Wittelsbach |
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Origine
modifierElle est la seule fille de Jean de Luxembourg (1370–1396), nommé « duc de Goerlitz » par son père Charles IV en 1377, et de son épouse Richarde-Catherine (morte vers 1400), elle-même fille du prince Albert III de Mecklembourg, roi de Suède. Son père décède subitement le , à l'âge de 25 ans, après s'être retiré à l'abbaye de Neuzelle en Basse-Lusace.
La jeune fille est placée sous la tutelle de son oncle, le roi Venceslas. Jusqu'à la naissance de sa cousine Élisabeth, fille du futur empereur Sigismond, en 1409, elle fut la seule héritière des biens des Luxembourg incluant les pays de la couronne de Bohême et le royaume de Hongrie.
Unions et postérité
modifierEn , son tuteur Venceslas a convenu avec le landgrave Balthazar de Thuringe qu'elle doit se marier à son fils Frédéric ; néanmoins, l'année suivante, le roi fiança Élisabeth à Charles de Valois, fils du duc Louis Ier d'Orléans. Les négociations avec la maison royale de France se sont heurtées à une vive opposition de la part du frère cadet de Venceslas, Sigismond de Luxembourg. Finalement, après la destitution de Venceslas en 1400, le nouveau roi des Romains, Robert du Palatinat, a demandé le mariage de la héritière luxembourgeoise avec son fils Jean. Ces démarches aussi n'ont toutefois pas abouti.
Antoine de Brabant
modifierAprès sa chute, Venceslas lui-même se cherche des nouveaux alliés et le , il a conclu une alliance avec Jean sans Peur, le puissant duc de Bourgogne. Le à Bruxelles, Élisabeth épousa le frère cadet de Jean, Antoine (1384–1415), duc de Brabant, de Lothier et de Limbourg, héritier par sa grand-tante Jeanne de Brabant.
Ne pouvant payer sa dot de 120 000 florins, Venceslas lui donna en gage le duché de Luxembourg après la mort de Jobst de Moravie en 1411. L'entrée du duché dans l’espace bourguignon provoquait une certaine résistance de la part de la noblesse luxembourgeoise qui se rapproche des Armagnacs et de Sigismond de Luxembourg, élu roi des Romains le .
Le couple a deux enfants :
- Guillaume, né en avril 1410 et mort le de la même année ;
- un enfant né et mort en 1412.
Après de longues affrontements, également liés à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, Élisabeth vient de prendre possession du Luxembourg avec son mari Antoine, mais celui-ci fut tué peu de temps après, après avoir été fait prisonnier à la bataille d'Azincourt le . Malgré l'opposition du roi Sigismond, le fils d'Antoine de son premier mariage, Jean IV, recueillit l'héritage de Brabant et de Limbourg, tandis qu'Élisabeth conserve le Luxembourg.
Jean de Bavière
modifierSigismond de Luxembourg a tout de même réussi à forger une nouvelle alliance avec le beau-frère de Jean sans Peur, Jean de Wittelsbach (1374–1425), frère cadet du duc Guillaume II de Bavière, comte de Hollande, et il a stipulé un contrat de mariage entre Jean et Élisabeth conclu le . Le couple se marie en . En retour, Jean sans Peur a préparé le mariage de son neveu Jean IV de Brabant avec Jacqueline de Wittelsbach, la fille et héritière du duc Guillaume II, renforçant la longue guerre des Crochets et des Cabillauds en Hollande.
Élisabeth est à nouveau rapidement veuve et sans enfant après le décès soudain de Jean de Wittelsbach le à La Haye. Menant grand train et criblée de dettes, elle vend ses biens en Hollande à Philippe III le Bon, duc de Bourgogne, un des neveux de son premier époux Antoine, le . La cession a conduit à de nouveaux conflits avec son oncle Sigismond qui voulait ainsi assurer l'héritage des Luxembourg pour sa fille Élisabeth et son mari Albert de Habsbourg.
En 1436, Élisabeth offre l'hospitalité à Jeanne du Lis qui séjourne à Arlon où elle épouse Robert des Armoises.
Lourdement endettée, elle se trouve contraint de vendre le Luxembourg en 1441. En premier lieu, elle souhaitait céder ses droits à Jacques de Sierck, archevêque de Trèves et archichancelier du roi Frédéric III ; fianlement, elle à désigné Philippe le Bon son successeur, en méconnaissance des droits de sa cousine Élisabeth qui elle-même luttait pour l'héritage de son fils Ladislas en Bohême et en Hongrie.
Cette vente est une fois de plus mal acceptée par les Luxembourgeois qui lui reprochent d'avoir vendu le duché à un prince étranger, et elle se retire à Trèves. Elle y meurt dix ans plus tard à l'âge de 60 ans et est enterrée dans l'église franciscaine de Trèves.
Ascendance
modifierNotes et références
modifierSources
modifier- Alfred Lefort, La Maison souveraine de Luxembourg, Reims, Imprimerie Lucien Monge, , 262 p. [détail de l’édition]
