137e régiment d'infanterie (France)
Le 137e régiment d'infanterie (137e RI) est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française. Il est créé en 1813 sous le Premier Empire à partir de quatre cohortes du premier ban de la garde nationale puis dissout l'année suivante. Recréé provisoirement pendant la guerre franco-allemande de 1870, il entre définitivement dans l'ordre de bataille en 1873. Un bataillon participe à la conquête de la Tunisie, puis le régiment est engagé dans la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale. Dissout en 1946, il est recréé entre 1956 et 1963 pendant la guerre d'Algérie.
| 137e régiment d’infanterie | |
Insigne du 2e bataillon du 137e régiment d’infanterie. | |
| Création | 1813 |
|---|---|
| Dissolution | 1963 |
| Pays | |
| Branche | Armée de terre |
| Type | Régiment d'infanterie |
| Rôle | Infanterie |
| Garnison | Fontenay-le-Comte |
| Devise | « Tenace dans la défense, redoutable dans l'attaque » |
| Inscriptions sur l’emblème | Lützen 1813 Bautzen 1813 Hanau 1813 La Meuse 1914 Champagne 1914 Verdun 1916 L'Aisne 1917 Défense de Dunkerque 1940 AFN 1952-1962 |
| Anniversaire | 27 août |
| Guerres | Guerres napoléoniennes Guerre de 1870 Première Guerre mondiale Seconde Guerre mondiale Guerre d'Algérie |
| Fourragères | Aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1914-1918 |
| Décorations | Légion d'honneur (1914) Croix de guerre 1914-1918 (deux palmes) Croix de guerre 1939-1945 (une palme) |
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Contexte de la création
modifierL'Italie du début du XIXe siècle n’est pas encore unifiée (République cisalpine (1797-1802), République italienne (1802-1805), royaume d'Italie (1805-1814)). Elle est constituée de multiples états indépendants dont beaucoup sont sous domination autrichienne (le duché de Mantoue, la province de Novare, la Valteline). En , l’empereur des Français Napoléon Ier crée le premier état pré-unitaire italien dont il se fait couronner roi. L’empire français et ce nouveau royaume d’Italie Il Regno Italico avec comme capitale Milan, s’étendent sur toute la moitié nord de l’actuelle Italie, jusqu'à Rome et la région des Marches. Pour cela, ils annexent divers États libres et les États pontificaux. Appelé sous d’autres cieux, Napoléon Ier nomme comme vice-roi son beau-fils et fils adoptif, le prince Eugène de Beauharnais pour diriger ce royaume d’Italie.
En , alors que la Grande Armée amoindrie traverse les états allemands, l’Autriche organise une armée commandée par le feld-maréchal Johann von Hiller pour envahir l’Italie et reconquérir ses anciennes possessions. Napoléon, ayant anticipé cette situation, avait donné instruction à Eugène de Beauharnais de reconstituer une armée franco-italienne de 45 000 hommes afin de s’opposer à une nouvelle coalition européenne anti-française.
C’est ainsi qu’est créé par le décret du à Vérone, le 137e régiment d’infanterie. Il est constitué à partir de contingents italiens issus de quatre cohortes du premier ban de la Garde nationale[1]:9 :
- la 2e, formée dans les départements de Rome et de Trasimène ;
- la 84e, formée dans les départements des Apennins et du Pô ;
- la 85e, formée dans les départements de Gênes et de Montenotte ;
- la 86e, formée dans les départements de l'Arno , de la Méditerranée et de l'Ombrone.
Placé sous le commandement du colonel Gaillard, le régiment, compte 3 310 hommes au , [1]:11-12.
|
Campagne d’Italie (1813-1814)
modifierTandis que la majorité du 137e RI rejoint la Grande armée en Saxe (Allemagne), un bataillon de dépôt reste à Vérone et constitue de son côté un régiment de 1 220 hommes, qui prend lui aussi l’appellation de 137e régiment d’infanterie. Ces éléments restés en Italie participent activement sur place à toute la campagne d'Italie de 1813-1814 contre les troupes autrichiennes. Le régiment combattra en ralliant Turin, Alexandrie dans le Piémont au début de l’année 1814 et en atteignant Piacenza en Romagne à la fin de la même année[1]:84-88.
Cette campagne d’Italie dure jusqu’à la chute de l’Empire. Les Autrichiens doivent faire face aux réelles qualités militaires d’Eugène de Beauharnais et du roi de Naples qui n’est autre que Joachim Murat, beau-frère de Napoléon Ier, le plus grand chef de cavalerie de son temps. À l’affrontement direct, les Autrichiens vont préférer bientôt semer la discorde en essayant d’acheter leurs adversaires.
La chute inexorable de l’Empire est entamée. La situation en Italie s’aggrave alors que la campagne de France (1814) commence. Les Austro-Prussiens occupent Paris fin . L’empereur abdique le , puis le 137e RI « italien » est dissout en et ses débris sont versés dans le 24e RI de Besançon[2].
Campagne d'Allemagne (1813-1814)
modifierEn , deux mois après leur création, cinq des six bataillons du 137e RI partent vers les états allemands afin de se joindre aux débris de la Grande Armée qui revient de Russie, poursuivie à travers l’Europe de l’Est.
Le , le 137e RI participe à la bataille de Lützen, en Saxe. L’enjeu est la possession de la ville de Leipzig. Les armées russes et prussiennes sont mises en déroute. Cette victoire confère au régiment l'inscription de LUTZEN 1813 sur son drapeau. Cette victoire reste néanmoins incomplète.
Du au , toujours dans le cadre de la guerre de la Sixième Coalition, les armées françaises affrontent à nouveau les armées russes et prussiennes lors de la marche sur Berlin. C’est la bataille de Bautzen, encore une victoire incomplète, où le 137e RI se couvre de gloire face à la garde impériale russe, lui conférant l'inscription de BAUTZEN 1813 sur son drapeau. Le régiment déplore la perte de plus de 1 100 hommes et d'un tiers de ses officiers[1]:36-40.
Un mois plus tard, le 137e RI reçoit son « Aigle » des mains de l’empereur Napoléon Ier. À cette occasion, plusieurs officiers et sous-officiers sont décorés de la Légion d'Honneur[1]:51-52.
Poursuivant la marche sur Berlin, le 137e RI participe aux combats de Groos-Beeren ()[1]:58-60, Tragan ()[1]:64, Juterbock Dennewitz ()[1]:64-66 et de Wartenburg (du au )[1]:69-71.
Renonçant à la conquête de Berlin, l’empereur regroupe ses forces à Leipzig. Le 137e RI participe alors à la plus grande confrontation des guerres napoléoniennes que l’on appellera la « bataille des Nations »[1]:72-77. Cette bataille de Leipzig, qui dure du au , voit s’affronter 190 000 franco-saxons à 330 000 coalisés prussiens, autrichiens, russes et suédois. C'est une victoire décisive pour les coalisés.
Napoléon fait retraite, mais il remporte quelques succès notables. Les corps autrichiens et bavarois des forces coalisées entrent alors en Franconie (à l'est de l’actuelle Bavière) en longeant le Danube. Ils veulent couper la route de Francfort aux Français. Les et , ils affrontent les troupes françaises à Hanau[1]:78-79. Le 137e RI participe à cette victoire française, qui permet à la Grande Armée de poursuivre son mouvement vers Francfort et Mayence, sa base arrière. Le régiment gagne à cette occasion l'inscription HANAU 1813 sur son drapeau.
Réduit à 444 hommes, le 137e RI défend ensuite Mayence et se rend seulement le , après l'abdication de Napoléon Ier[1]:80-83.
Première dissolution (1814)
modifierLe régiment rejoint alors Verdun et le , pendant la Première Restauration, le 137e régiment d'infanterie de ligne est licencié, et conformément à l'article 5 de l'Ordonnance du 12 mai 1814, les débris du régiment sont incorporés, le , aux 24e régiment d'infanterie de ligne et 32e régiment d'infanterie de ligne[2],[1]:88-89.
Le numéro 137 n'existe plus et devient vacant et le reste jusqu'au .
Contexte de la nouvelle création (1870)
modifierAprès la défaite de Sedan, et l'abdication le de Napoléon III, les députés de l’ancienne opposition républicaine à Paris, sous l’impulsion de Léon Gambetta, Jules Favre et du général Trochu, forment un Gouvernement de la Défense nationale et proclament la IIIe République française le . Ce gouvernement réorganise l’armée (Armée de la Loire) pour lutter contre le royaume de Prusse de Guillaume Ier et de son ministre-président Otto von Bismarck.
Le décret du transforme les 39 régiments d'infanterie de marche en régiments d'infanterie de ligne, numérotés de 101 à 139, faisant du 37e régiment de marche le nouveau 137e régiment d'infanterie de ligne[1]:90-92.
Siège de Paris (1870-1871)
modifierPour briser cette ultime résistance, les prussiens assiègent Paris. Le 137e régiment d’infanterie de ligne participe aussitôt à la défense de la capitale sur le front Est. Le , le 1er bataillon prend position en premières lignes (fort de Charenton, fort de Nogent, Redoute de Gravelle et Redoute de la Faisanderie)[1]:94-95.
La bataille de Champigny dont l’objectif est de briser l’encerclement allemand et de faire une jonction avec l’armée de la Loire commence le . Les 2e et 3e bataillons participent à l’attaque et à la prise du plateau d'Avron, à partir duquel les Français peuvent bombarder nombre de positions allemandes[1]:95-96, 99.
Dans le froid particulièrement terrible du mois de , le 137e RI s’accroche et participe aux combats de Maison Blanche et Ville-Evrard[1]:99-101. À la fin du mois, les Prussiens assènent de terribles bombardements d’artillerie pendant plusieurs jours sur les défenses françaises du plateau d'Avron, qui forcent le 137e RI au repli[1]:101-103. Le régiment occupe ensuite les redoutes des Hautes-Bruyères et de Moulin Saquet jusqu’à la fin du siège le et la défaite française[1]:106. Au cours de cette campagne, le 137e RI gagne sa devise : « TENACE DANS LA DEFENSE, REDOUTABLE DANS L'ATTAQUE ».
Deuxième dissolution (1871) et renaissance (1873)
modifierAprès la signature de l’armistice le , le , les effectifs du régiment sont transférés à Saint-Étienne et versés au 93e régiment d'infanterie de ligne. Le 137e RI cesse pour la deuxième fois d’exister[1]:107-108.
Le , le 137e régiment d’infanterie est recréé à Nantes[1]:109. Les différents bataillons tiennent garnison à Nantes, Belle-Île-en-Mer, Fontenay-le-Comte et l'Île d'Yeu[1]:110-111. Le , la totalité du régiment est regroupée à Fontenay-le-Comte et s’installe en 1878 dans le nouveau quartier du Chaffault. Après cent ans de troubles et de bouleversements, la République s’affirme comme régime pérenne. Le , lors du premier 14-Juillet officiel et de la revue de l’Armée à Longchamp, le colonel Bonnot de Mably, chef de Corps, reçoit des mains du Président de la République Jules Grévy, à l’instar de tous les régiments de l’armée française, le drapeau du régiment aux armes de la république[1]:111. Celui-ci porte dans ses plis, les noms des batailles du Premier Empire où il s’est couvert de gloire : LÜTZEN, BAUTZEN et HANAU.
La Tunisie (1881-1883)
modifierEn 1881, l’interventionnisme et les antagonismes commerciaux des puissances européennes sur le continent africain font rage. Chacun cherche à affirmer ses zones d’influence. Après l’Algérie où elle est présente depuis 1830, la France vise certains intérêts miniers et ferroviaires ainsi que l’intérêt stratégique que représente la Tunisie en Méditerranée avec l’ouverture récente du canal de Suez. En , le chef du gouvernement français Jules Ferry prenant prétexte des troubles causés par les montagnards kroumirs dans le sud algérien à partir de la Tunisie, envoie sur place un corps expéditionnaire de 35 000 hommes venant d’Algérie et de France.
Le , le traité du Bardo consacre le protectorat français sur la Tunisie. Un résident général de France, Paul Cambon, est mis en place au côté du souverain tunisien Mohammed el-Sadok, le bey de Tunis, à qui la France garantit la pérennité du régime beylical, mais confisque la presque totalité des pouvoirs, en particulier de politique financière, économique et étrangère. Devant la perte quasi totale des pouvoirs du bey, les tribus du centre et du sud de la Tunisie se révoltent contre Sadok qu’elles considèrent comme un traitre. Le corps expéditionnaire français engage alors la lutte contre les dissidents.
Le , le 3e bataillon du 137e RI est désigné pour servir au sein du corps expéditionnaire en Tunisie[1]:112,[note 1]. Il rejoint Toulon et embarque sur l'Intrépide le [1]:115. Le , il débarque à Sfax après le bombardement maritime de la ville portuaire et participe à sa prise[5]:54-55,[1]:116-117.
Le , poursuivant les insurgés, il fait route vers Gabès dont il participe également à la prise[5]:57,[1]:117-118. Pendant deux ans et demi, le bataillon fait partie des différentes colonnes mises sur pied pour pacifier le protectorat. Il prend part aux combats de Djerba, Menzel (), Djebel Amor et Zeraoua[1]:120, mais la fièvre typhoïde fait davantage de victimes.
Le , le bataillon embarque sur le bateau Ville de Bône pour Marseille et retrouve Fontenay-le-Comte le [1]:137.
Première Guerre mondiale
modifierLe 137e RI et la Vendée
modifierLa mobilisation générale est décrétée en France le et l’Allemagne déclare la guerre à la France le . Le recrutement des régiments et le système de conscription sont à cette époque, exclusivement locaux. À Fontenay-le-Comte, les Vendéens sont donc appelés à rejoindre les rangs du 137e RI, régiment d’active mais aussi du 337e RI, régiment de réserve du 137e et du 84e RIT dérivé des deux autres.
Le 137e RI compte environ 3 500 hommes et le 337e RI 2 500. Cette situation explique, au regard des énormes sacrifices consentis au cours des quatre années à venir, la proximité et l’attachement indéfectible des villes à leurs régiments, à l’instar de Fontenay-le-Comte avec le 137e RI.
Maissin (Belgique, 1914)
modifierLe 137e RI, sous les ordres du colonel de Marolles, quitte Fontenay-le-Comte par le train le , pour débarquer à Vouziers[6]:3. Les soldats poursuivent à pied leur marche vers la Belgique, dans la région de Maissin[6]:3. Le , le régiment y connaît le baptême du feu avec ses premières pertes, dont celle du commandant Guillaumet[6]:3,[7].
Meuse (1914) : Légion d'Honneur
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Devant la poussée allemande, l’armée française se replie et le 137e revient sur la Meuse. Le , à la ferme de Saint-Quentin, au bois de la Marfée (commune de Noyers-Pont-Maugis), le 137e RI se couvre de gloire. Lors d'une contre-attaque, le sous-lieutenant Conte capture le colonel commandant le 28e régiment d'infanterie allemande et les soldats Boussard et Turquaud le drapeau du 68e régiment de réserve de la Landwehr dont le 28e est dépositaire[6]:3. Outre l'inscription LA MEUSE 1914 sur son drapeau, cette action d’éclat vaudra au 137e RI d’être décoré de la Légion d’Honneur [8] le [6]:4,7.
Cependant, au cours de ces opérations sur la Meuse, le colonel de Marolles, commandant du 137e, est tué le [6]:3 comme beaucoup de ses hommes[8],[9].
Marne et Somme (1914)
modifierLe régiment participe aux bataille de la Marne. Son commandant Laffont de Ladebat est blessé le [6]:5, puis à la bataille de la Somme où le lieutenant-colonel Magnan est blessé le )[6]:5. Le lieutenant-colonel Bonne prend alors la tête du régiment[6]:5.
Hébuterne (1915)
modifierChampagne (1915)
modifierVerdun (1916) : la Tranchée des baïonnettes
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Durant la bataille de Verdun, du au , sur la crête Thiaumont, le régiment perd 37 officiers, 133 sous-officiers et 1 367 caporaux et soldats[6]:9-10,[7]. C'est lors de ce combat que se déoule l'épisode légendaire de la Tranchée des Baïonnettes, que commémore un monument.
Le , après une attaque sous Douaumont, le régiment est à nouveau cité[6]:11.
La Bovelle : Croix de Guerre et fourragère
modifierLa prise du plateau de La Bovelle le vaut au régiment une deuxième citation à l'ordre de l'armée, la Croix de Guerre et le port de la fourragère[6]:12-13.
La Malmaison (1917)
modifierLe 137e RI participe à l'offensive de La Malmaison en [6]:13.
Offensive allemande (1918)
modifierAprès l'offensive allemande du , 49 officiers et 1 750 hommes manquent à l'appel. Le régiment ne compte plus que 6 officiers et 200 hommes[6]:14-15.
Champagne (1918)
modifierReformé, le 137e RI participe à l'offensive de Champagne en [6]:15. En , le lieutenant-colonel de Bonnefoy prend la tête du régiment[6]:16.
Durant ce conflit, le régiment a perdu plusieurs milliers d'hommes[note 2].
Entre-deux-guerres
modifierAprès l’Armistice du 11 novembre 1918, le régiment occupe le Luxembourg belge. Un détachement participe au défilé du à Paris. Insigne honneur pour le régiment, le drapeau du 137e RI participe au défilé de la Victoire sous l’Arc de triomphe, gardé par les soldats les plus anciens et les plus décorés.
Avec la démobilisation, le régiment retourne à Fontenay-le-Comte le . Il fait une entrée solennelle en présence des autorités locales. Le , d’énormes festivités sont organisées avec un défilé, un banquet de plusieurs centaines de couverts et des réjouissances nombreuses. Tout le pays de Vendée est réuni à cette occasion autour de ses anciens combattants, blessés, mutilés à la Gloire du 137e RI et en souvenir de tous ses morts. Le , la ville remet au 137e RI, sur la place du champ de foire rebaptisée « Place de Verdun », un fanion d’honneur confectionné grâce à une souscription[7],[10].
À la suite de la grande réorganisation de l’Armée française des années 1920, le 137e RI est dissout pour la troisième fois en 1928. Il est recréé dès l’année suivante, mais il est stationné à Quimper (2 bataillons) et à Lorient (1 bataillon)[11],[12]. Il ne retournera à Fontenay-le-Comte qu’en 1967.
Seconde Guerre mondiale
modifierEn , le 65e RI, le 48e RI, le 137e RI, commandés par les colonels De Rosmorduc, Couturier et Menou, composent la 21e division d'infanterie[13]. Division d'active originaire de la XIe région militaire (Nantes), la 21e DI est commandée par le général de brigade Pigeaud, puis, à partir du , par le général de brigade Lanquetot. Elle est d'abord affectée aux 20e et 5e corps d'armée (4e armée) en Lorraine.
Le 137e RI part de Quimper en train dans la nuit du au [14]. Il descend à Fénétrange et opère en Sarre[15],[14],[12]. Rapidement, le repli vers Haussonville (Meurthe-et-Moselle).
La 21e DI quitte l'est de la France à partir du début du mois de [14]. Le 1er Bataillon du 137e RI s'installe à Coulomby pour trois mois[14]. Le , la 21e DI est rattachée au 1er corps de la 7e armée et établit son PC à Dunkerque puis, à partir du , à Samer.
Le régiment participe à la bataille de Dunkerque fin [16]. Ce faisant, certains soldats du régiment, à l'image d'autres unités françaises ayant couvert la retraite franco-britannique pendant l'opération Dynamo, se sacrifient pour gagner du temps et assurer le succès de cette dernière. Le régiment fait partie des 35 000 derniers soldats français, défendant jusqu'à la dernière minute l'évacuation et contribuant à son succès.
Le régiment est recréé en 1944 et participe à la Libération.
Algérie (1956-1963)
modifierLe 2e Bataillon (2/137e RI) débarque en Algérie le et y reste jusqu'en 1963[17]. Il stationne tout d'abord dans le secteur de Berrouaghia (Algérois) avant de rejoindre la Kabylie, dans le secteur de Beni Amrane, en . Sa mission principale est de surveiller le débouché des gorges de Palestro (qui se trouve au sud), traversées par la nationale, ponctuée de tours gardées, et la voie ferrée qui relient Alger à Constantine.
Le bataillon se répartit à Beni Amrane (PC), la 4e compagnie s'implantant au sud de ce village et la 2e à l'entrée ouest des gorges de Palestro (à la gare). La 3e prend position à Bou Hadadda, et la 1re à Tizi Ouzou. L'unité est devenue le 137e Bataillon d'infanterie, quand elle se déplace dans la région de Koléa, à la fin de 1961. Elle est amenée à intervenir dans l'Atlas blidéen, le Takitount et le Mouzaia.
Au cessez-le-feu du en Algérie, le 2e Bataillon du 137e RI constitue comme 91 régiments, les 114 unités de la Force locale. Le 137e RI forme une unité de la Force locale de l'ordre algérienne, la 463e UFL-UFO composée de 10 % de militaires métropolitains et de 90 % de militaires musulmans, qui pendant la période transitoire devaient être au service de l'exécutif provisoire algérien, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie (Accords d'Évian du ).
En 1962, le bataillon reste en Algérie après les Accords d'Évian comme « force d'apaisement », jusqu'au . Rapatrié en France, il est dissout au camp de Sissonne (Aisne), le suivant.
Le bilan humain du 2/137e RI est lourd : 30 tués, 80 blessés. Son action a valu 450 citations. Il a été commandé successivement par les chefs de bataillon Bodeman (1956-1957), Claverie (1957-1959), Lacroix (1959-1962) et Pélicier (1962-1963).
La 2e compagnie est chargée, après l'affaire de la « maison forestière », de la mise en place et de l'occupation des tours de surveillance des gorges de Palestro qu'elle conserve jusqu'à la fin. Pendant son séjour en Kabylie, ce bataillon crée de nombreux centres d'AMG (assistance médicale gratuite) et plusieurs écoles primaires.
Un 3e bataillon est créé dans le contexte de la guerre d'Algérie. Commandé par le chef d'escadron Lyssensoone, il débarque le et rejoint le secteur de Médéa. Il est dissout le pour devenir le 1re Bataillon du 50e régiment d'artillerie.
De 1963 à nos jours
modifierLe Centre militaire de formation professionnelle (CMFP), basé à Fontenay-le-Comte, en Vendée, est le gardien des traditions et du drapeau du régiment[16].
Création et différentes dénominations
modifier| Date | Evenement |
|---|---|
| Création du 137e régiment d'infanterie de ligne. | |
| Le régiment est licencié. | |
| Création du 137e régiment d'infanterie de ligne. | |
| Dissolution. | |
| Création du 137e régiment d'infanterie. | |
| 1914 | À la mobilisation, il donne naissance au 337e régiment d'infanterie. |
| 1920-1930 | Dissolution. |
| 1944 | Recréation du 137e régiment d'infanterie. |
| Dissolution. | |
| 1956 | Recréation de trois bataillons. |
| 1963 | Dissolution du 137e régiment d'infanterie. Le , la Compagnie subdivisionnaire de Vendée prend le nom de 1re compagnie du 137e régiment d'infanterie. |
| 1966 | Dissolution de la 1re compagnie du 137e régiment d'infanterie. Création du 137e régiment interarmes divisionnaire. |
| 1967 | Dissolution du 137e régiment interarmes divisionnaire. |
Chefs de corps
modifier| Période | Chef de corps |
|---|---|
| 1813-1814 | colonel Louis Charles Gaillard[1]:11, 141. |
| 1871 | lieutenant-colonel Amand Deffis[1]:98, 143. |
| 1873-août 1874 | lieutenant-colonel Félix Alexandre Rousseau[1]:109, 145. |
| décembre 1874-1880 | colonel Félix Alexandre Rousseau[18],[1]:145. |
| 1880-1882 | colonel Henri Bonnot de Mably[1]:110-111, 149,[note 3] |
| 1882-1884 | colonel Paul Edouard Gallimard[1]:138, 151. |
| 1884-1887 | colonel Léon Berge[1]:138, 153. |
| 1887-1890 | colonel Auguste Alfred Vaton[1]:155. |
| 1905 | colonel J. Meunier. |
| 1914-1918 | colonel de Marolles (+) commandant Laffont de Ladebat ()-) lieutenant-colonel Magnan () lieutenant-colonel Bonne (1914-(+)) lieutenant-colonel d'Ollonne lieutenant-colonel Gauthier lieutenant-colonel de Bonnefoy (10/11/1918 au 25/05/1919)[6] |
| 1938-1940 | colonel Mast[15]. |
| 1940 | colonel Menou (+ au fort des Dunes en 1940). |
Drapeau
modifierIl porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes[20],[21] :
| Lützen 1813 | |
| Bautzen 1813 | |
| Hanau 1813 | |
| La Meuse 1914 | |
| Champagne 1914 | |
| Verdun 1916 | |
| L'Aisne 1917 | |
| Défense de Dunkerque 1940 | |
| AFN 1952-1962 |
Décorations décernées au régiment
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|
Devise
modifier« Tenace dans la défense, redoutable dans l'attaque »
Insigne
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L'insigne représente un écu rectangulaire avec, à gauche, la tête d'un soldat casqué au garde-à-vous, cette posture est représentée par un alignement de baïonnettes derrière lui, rappelant la Tranchée des baïonnettes. À droite, la Légion d’Honneur décernée au régiment en 1914[8]. Le personnel du CMFP ne porte pas cet insigne mais celui du centre[réf. nécessaire].
Personnalités ayant servi au 137e RI
modifier- Henri de Corbie (1894-1917), cousin germain de Charles de Gaulle et poète, aspirant à la 3e compagnie du régiment. Il est tué à Œuilly le . Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.
- Julien Gracq (1910-2007), écrivain, lieutenant dans ce régiment en 1939-1940.
Divers
modifierVoir aussi
modifierArticles connexes
modifierNotes
modifier- ↑ La presse parle de 300 hommes venant du 93e de ligne de La Roche-sur-Yon et de 137 hommes venant de Fontenay[3]. Arrivés à Cette (Sète), ils sont 136 du 95e de la Roche et 140 du 137e RI[4].
- ↑ Voir l'état nominatif des officiers, sous-officiers et hommes morts ou disparus[6]:27-64).
- ↑ Le colonel devra se faire soigner dans une maison de santé, par suite d'accès d'aliénation mentale[19].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 Jaguin 1890
- 1 2 Amiot 1893, p. 207
- ↑ La Justice, 30/04/1881, p. 1.
- ↑ Gazette de Nîmes, 14/07/1881, p. 1.
- 1 2 L'expédition militaire en Tunisie, 1881-1882
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 Historique des 137e et 337e RI et des 84e et 284 RIT
- 1 2 3 4 Ouest-France, 08/11/2018.
- 1 2 3 Garandeau 2011, p. 14-18.
- ↑ Ouest-France, 27/08/2014.
- ↑ Ouest-France, 07/11/2019.
- ↑ Almanach du messager, 01/01/1939, p. 131.
- 1 2 Bernard Zins, « Opération Sarre », (consulté le )
- ↑ Historica, septembre 2004.
- 1 2 3 4 Boulé 1976
- 1 2 L'Echo de Tunis, 05/01/1944, p. 1.
- 1 2 Ouest-France, 30/05/2015.
- ↑ Olivaud, Rondet et Meinvielle 1993, p. 46-48
- ↑ Ministère de la guerre 1880, p. 193
- ↑ L'Écho rochelais, 03/06/1882, p. 3.
- ↑ Bulletin officiel des armées, 09/11/2007.
- ↑ Arrêté relatif à l'attribution de l'inscription "AFN 1952-1962" sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie.
Articles de presse
modifier- « Emplacement des troupes de l'armée », Almanach du messager, Saont-Lo, imp.Barbaroux, , p. 131 (lire en ligne)
- « Décision no 12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards… », Bulletin officiel des armées, no 27, (lire en ligne)
- Henri Astoul, « Historique du 137e RI dans la Grande Guerre », La Grande Guerre Magazine, no 39,
- « Vendée », L'Écho rochelais, , p. 3 (lire en ligne)
- « Le général Mast est promu général de corps d'armée », L'Echo de Tunis, , p. 1 (lire en ligne, consulté le )
- Bertrand Garandeau, « Le 137e régiment d'infanterie : Été 1914, de la paix à la guerre », Uniformes, Régi'Arm, no 277, , p. 14-18 (lire en ligne)
- « Les nouvelles - Service télégraphique », Gazette de Nîmes, , p. 1 (lire en ligne, consulté le )
- « Dunkerque 1940 », Historica, no 80,
- « L'expédition en Tunisie », La Justice, , p. 1 (lire en ligne, consulté le )
- « 27 août 1914 : le colonel de Marolles meurt au front », Ouest-France, (lire en ligne, consulté le )
- « Le sacrifice du 137e régiment d'infanterie », Ouest-France, (lire en ligne, consulté le )
- « Entre 1914 et 1918 le 137e RI a donné 3 302 vies », Ouest-France, (lire en ligne)
- « Le fanion du 137e RI est à Fontenay-le-Comte depuis 100 ans. », Ouest-France, (lire en ligne, consulté le )
Bibliographie
modifier- Benjamin Charles Lucien Amiot, Historique du 24e régiment d'infanterie…, L.Baudoin, , 340 p., PDF (lire en ligne), p. 207
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- Bertrand Le Barillec, Cette nuit nous entrons en Allemagne. 8 septembre 1939, Impr. régionale, , 223 p. (ISBN 9782951543003)
- Besset (préf. de Bonnefoy), Historique du 137e RI pendant la Grande Guerre, Fontenay le Comte, Imp. P&O Lussaud Frères, , 171 p., chap. 405-2
- Amand Boulé, De Dunkerque à la liberté, Presses Bretonnes, , 230 p. (ISBN 9782307092995, lire en ligne), « La campagne de la Sarre »
- Jean-François Douguet et Hervé Glorennec, « 137e », dans Quimper. Des rues et des noms au fil du temps, Cercle culturel quimpérois, , 406 p. (ISBN 9782950656520)
- Louis Ozé Jaguin, Historique du 137e régiment d'infanterie, L-P Gouraud, , 172 p. (lire en ligne)
- Eric Lefevre, Dunkerque - La bataille des dunes, Paris, Charles-Lavauzelle, , 171 p. (ISBN 9782307549178, lire en ligne)
- Ministère de la guerre, Annuaire de l'Armée française pour l'année 1880., (lire en ligne), p. 193
- Ministère de la guerre, L'expédition militaire en Tunisie, 1881-1882, Paris, Henri Charles-Lavauzelle, , 421 p. (lire en ligne), « Opérations du colonel Jamais », p. 54-55
- Ministère de la guerre, Historique des 137e et 337e régiment d'infanterie et des 84e et 284e régiments d'infanterie territoriale, Paris, Henri Charles-Lavauzelle, , 64 p. (lire en ligne), p. 3-16
- Olivaud, Rondet et Meinvielle, Soldats de Vendée, soldats en Vendée, 1813-1993, Saint-Maixent-l'École, étab. d'impr. de l'Armée de Terre, , 150 p., chap. 2, p. 46-48






