14 martyrs de Laval
Les 14 martyrs de Laval sont des prêtres réfractaires mayennais, guillotinés à Laval le , sous la Terreur durant la Révolution française.
| 14 martyrs de Laval | |
Tableau du martyre dans l'église de saint-Ouën-des-Toits. | |
| Bienheureux, martyrs | |
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| Date de décès | |
| Lieu de décès | à Laval |
| Béatification | par Pie XII |
| Vénéré par | l'Église catholique |
| Fête | 21 janvier |
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Histoire
modifierPar lequel il est prouvé que, requis par la loi de prêter le serment exigé des fonctionnaires publics prêtres, par l'Assemblée constituante, et celui de liberté et d'égalité exigé pour tous les républicains français, par la Convention nationale, et que, requis encore une fois de le prêter devant le tribunal, ils s'y sont constamment refusés. Sur ce, considérant que ces individus, par le refus opiniâtre de se conformer aux lois de la république, de les reconnaître et de les observer, sont coupables de conspiration secrète contre la république française, conspiration d'autant plus dangereuse que, présentée sous les couleurs séduisantes de l'hypocrisie et du fanatisme, elle pourrait induire en erreur un peuple crédule, toujours facile à séduire dans ses opinions religieuses; enfin, que les principes que ces hommes professaient ouvertement étaient les mêmes qui avaient allumé dans l'intérieur de la république la guerre désastreuse de la Vendée; La Commission, etc., Volcler entendu, etc., condamne, etc., ordonne que le présent jugement sera exécuté sur-le-champ, prononce la confiscation, etc. ».
Contexte
modifierIl s'agit de quatorze prêtres, plutôt âgés[Note 1], ayant refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Emprisonnés mais considérés comme infirmes, ils ne sont pas emmenés par les forces républicaines lors de l'évacuation de Laval en 1793, et restent enfermés dans l'ex-monastère de Patience de Laval, malgré la prise de la ville par les Vendéens.
Le , ils sont amenés devant la Commission militaire révolutionnaire du département de la Mayenne. Plusieurs ne sont pas en état de s'y rendre à pied. La date du 21 janvier, n'est pas l'effet du hasard[réf. nécessaire] ; elle correspond à l'intention de célébrer révolutionnairement l'anniversaire de la mort de Louis XVI.
Procès
modifierLe , à huit heures du matin, on fait partir les quatorze prêtres du monastère de Patience. L'abbé Boullier indique[Où ?] qu'il y a des raisons de croire que plusieurs d'entre eux ignoraient où on les conduisait[Note 2]. Ceux qui pouvaient encore marcher étaient à pied[Note 3].
Pour arriver au lieu des séances de la Commission, les prêtres passèrent au pied de l'échafaud établi en permanence sur la place au Blé. La salle d'audience se remplit d'une foule considérable.[réf. nécessaire]
Après avoir refusé à nouveau de prêter les serments prévus par la loi concernant les prêtres, ils sont condamnés à mort pour « conspiration secrète contre la république française ». Ils sont exécutés peu après. Après leur exécution, leurs corps sont chargés sur un tombereau et conduits aux landes de la Croix-Bataille.
Vers la béatification
modifierAprès la Restauration, le , les corps des 14 martyrs sont exhumés et transportés à Avesnières. Le jour de l'exhumation, une foule se porta sur les lieux, en donnant des témoignages de la plus profonde vénération. Chacun voulait avoir quelques portions des ossements des corps ; il en fut distribué une grande quantité[réf. nécessaire].
Par une ordonnance du , l'évêque du Mans Jean-Baptiste Bouvier ordonne qu'il soit fait, selon les formes canoniques, une enquête, pour constater authentiquement les circonstances du jugement et de la mort de ces prêtres.
Le pape Pie XII béatifie les quatorze prêtres le , en même temps qu'un curé et quatre religieuses également guillotinés en 1794[1].
Liste des martyrs
modifier- Jean-Baptiste Turpin du Cormier[Note 4], curé de la Trinité, 64 ans.
- Jacques André, curé-doyen de Rouessé-Vassé, 50 ans.
- André Duliou, curé de Saint-Fort, 66 ans.
- Louis Gastineau, chapelain des forgerons du Port-Brillet, 66 ans.
- François Migoret-Lamberdière (de)[Note 5], curé de Rennes-en-Grenouilles, 65 ans.
- Julien Moulé, curé de Saulges, 77 ans.
- Auguste-Emmanuel Philippot, curé de la Bazouge-des-Alleux, 77 ans.
- Pierre Thomas (1729-1794), né au Mesnil-Rainfray dans la Manche, ancien prêtre et aumônier des Augustines de l'hôpital de Château-Gontier[3], 75 ans.
- Jean-Marie Gallot, sous-chantre de la Trinité et chapelain des religieuses bénédictines, 46 ans.
- Joseph Pellé, prêtre habitué de la paroisse de la Trinité et chapelain des religieuses clarisses de Patience, 74 ans.
- Jean-Baptiste Triquerie[Note 6], franciscain, né à Laval, chapelain des religieuses du monastère de Buron, près de Château-Gontier, 57 ans.
- René-Louis Ambroise, prêtre habitué de la paroisse de la Trinité, 74 ans.
- Julien-François Morin de La Girardière[Note 7], prêtre habitué de Saint-Vénérand, 61 ans.
- Francis Duschesne[Note 8], un des chapelains de Saint-Michel de Laval, 58 ans.
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Il y a parmi eux cinq septuagénaires, un aveugle et plusieurs malades.
- ↑ Il y en avait cependant qui, dès la veille, savoient le sort qui les attendait. Ce jour-là, Joseph Pellé envoya à ses proches parents sa montre et un écu de trois livres ; il chargea le porteur de leur dire qu'il leur faisoit ses adieux, et qu!il mourroit le lendemain. Ces deux objets sont conservés comme des reliques dans sa famille[réf. nécessaire].
- ↑ Il y en eut quatre qu'on fut contraint de conduire en charrette, entre autres Jean-Marie Gallot qui, quoique le plus jeune, était tout perclus de ses membres par suite de la goutte. Leur départ fait sensation dans le quartier qu'ils quittaient, et le bruit s'en répandit bien vite par la ville[réf. nécessaire].
- ↑ Julien-Jacques Turpin de la Derouardière, appelé plus souvent du Cormier, né à Laval, ancien vicaire du Bourgneuf-la-Forêt, mort entre l'époque de la demande du serment et celle de la déportation, frère de J.-B. Turpin du Cormier, curé de la Trinité, prieur de Parné, mis à mort le , et de François Turpin du Cormier, curé de Gourdaine au Mans, depuis 1776, qui, dépossédé de sa cure sur son refus de prêter serment, vint à Laval, fut enfermé aux Capucins et déporté en Angleterre; revenu au Mans après le 18 fructidor, mort à Paris en 1811 ou 1812.[réf. nécessaire] — Tous les trois fils de Julien Turpin du Cormier et de Magdeleine le Roy de Lorière[2]. — La famille Turpin de la Tréhardière et du Cormier était originaire de Laval. — Armes : d'azur au turc vestu d'argent, tenant en sa main droite une branche de pin de même, tigée et fruitée d'or[réf. nécessaire].
- ↑ Il est né le à Lassay. Il est le fils d'André Migoret, Sieur de la Lande, Sieur de la Lamberdière. Huissier royal à Lassay et de Marie Cosseron. Tonsuré au Mans le , il devient séminariste à Domfront en 1752, et est ordonné prêtre en 1753. Tout d'abord vicaire d'Oisseau et directeur du petit collège paroissial, il jouissait aussi de la chapelle de Loré. Il devient curé de Rennes-en-Grenouilles en 1777. Il y appelle sa sœur, veuve sans enfants, avec laquelle il se dévoue à tous les intérêts religieux et temporels de ses paroissiens. Il y fait l'école et un peu la médecine. Il a subi une attaque de paralysie et ses facultés étaient un peu affaiblies. On lui fait prêter le serment constitutionnel qu'il rétracte, mais qui lui permet cependant de rester dans sa paroisse jusqu'à Pâques 1792. Emprisonné à Laval, il écrit plusieurs lettres à sa famille et à ses paroissiens pour les affermir dans la foi. Devant la Commission révolutionnaire, il reconnait Jean-Baptiste Volcler, son ancien élève. Il lui reproche avec énergie son ingratitude, son apostasie[réf. nécessaire].
- ↑ Né dans la paroisse de la Trinité le , de François Triquerie et de Jeanne Jarry. Il suit, dans son enfance, ses parents à Nantes où il est élevé. II se fit cordelier dans la maison d'Olonne dont il devint gardien. Il est ensuite confesseur dans plusieurs couvents de femmes de l'ordre de Saint-François, et, en dernier lieu, dans celui du Buron à Château-Gontier[réf. nécessaire].
- ↑ Né le à Saint-Fraimbault-de-Prières, grand-oncle de Louis-Julien Morin de la Beauluère. Il fut prêtre à Mayenne où était sa famille. Il suivit à Laval son frère qui était marié. Menant une vie fort retirée, peu connu, il ne fut pas déporté en raison de ses infirmités[réf. nécessaire].
- ↑ Diacre d'office. Né le dans la paroisse de Saint-Vénérand de Jean Duchesne et René Rozière. Il fut d'abord régent au collège de Laval. Il est présenté par les chanoines de Saint-Michel de Laval le , nommé par Louis XVI le , et entré à Patience le . Menant une vie d'anachorète, il employait ses jours à la prière[réf. nécessaire].
Références
modifier- ↑ A. Batard, Les martyrs de Laval pendant la Terreur: les quatorze prêtres de Laval, M. Jacques Burin, prêtre, Sœur Françoise Mézière, Sœurs Françoise Tréhet et Jeanne Véron, Sœur Sainte-Monique, Jean d'Orcival, (ISBN 978-2-907526-03-6, lire en ligne)
- ↑ Mémoires Ecclésiastiques par Isidore Boullier
- ↑ René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 337.
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- Les martyrs de Laval, texte et audio par Gaston Chérel, tableau de René-Victor Livache, Art sacré en Mayenne
- Le dossier sur les martyrs constitué par le diocèse de Laval pour les 50 ans de leur béatification
- Prêtres et martyrs à Laval († 21 janvier 1794), l'Évangile au Quotidien
