44e régiment de transmissions

Le 44e régiment de transmissions est le régiment de renseignement et de guerre électronique des niveaux stratégiques et opératifs de l'Armée de terre française. Il participe dès le temps de paix à l'acquisition de renseignement d'origine électromagnétique au profit du haut commandement.

44e régiment de transmissions
Image illustrative de l’article 44e régiment de transmissions
Insigne régimentaire du 44e régiment de transmissions

Création 1971
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre
Type Régiment
Rôle Guerre électronique
Effectif 800
Fait partie de Brigade de renseignement et cyber-électronique
Garnison Mutzig (Bas-Rhin)
Ancienne dénomination 708e bataillon de guerre électronique
Devise En latin : « Nihil nisi silentium timet »
« Rien ne craint que le silence »
Inscriptions sur l’emblème Indochine 1952-1954
Anniversaire 29 septembre
(Saint-Gabriel)
Guerres Guerre d'Indochine
Décorations croix de guerre TOE, 1 étoile argent. Défense Nationale Or, 1 étoile de bronze.
Commandant Colonel Manuel Baumhauer
Insigne de bérét des unités de Guerre Eletronique depuis 2020
Insigne de béret des unités de Guerre Électronique depuis 2020

Il est installé à Mutzig (Alsace) depuis 1994.

Création et dénominations

modifier
  • 1948 : compagnie autonome d'écoute et de radiogoniométrie ;
  • 1967 : 708e bataillon de guerre électronique ;
  • 1971 : 44e régiment de transmissions.

Historique

modifier

À ne pas confondre avec le 44e bataillon du génie de Mayence, qui fut engagé en 1925 et 1926 au Maroc.

La compagnie autonome d'écoute et de radiogoniométrie (CAER) est créée en 1948 et participe à la guerre d'Indochine. Cette compagnie est l'ancêtre du 44e RT.

La 728e compagnie de transmissions (728e CT) est créée à Rastatt, en Allemagne, en 1963. Elle fusionne avec la 9e compagnie du 42e régiment de transmissions en 1967 pour donner naissance au 708e bataillon de guerre électronique (708e BGE)[1].

Le , le 708e BGE devient le 44e régiment de transmissions, basé à Landau en Allemagne (la caserne se situait dans la "Cornichonstrasse"). La 738e compagnie de guerre électronique intègre le régiment en 1977.

Le 54e régiment de transmissions (54e RT) de Haguenau est créé en 1986 par scission du 44e RT.

En , le régiment est rattaché à la brigade de renseignement et de guerre électronique (BRGE) qui vient d'être créée. Le , il change de garnison et quitte l'Allemagne pour la ville de Mutzig en Alsace.

Le centre de guerre électronique (CGE), installé sur les hauteurs de Mutzig, est inauguré le [2].

Traditions

modifier

« Rien ne craint que le silence… »

Faits d'armes et inscriptions sur le drapeau

modifier

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, l'inscription suivante[3] :

Indochine 1952-1954

Insigne de béret des transmissions

Décorations

modifier

La compagnie autonome d'écoute et de radiogoniométrie (CAER) est citée à l'ordre de la division le .

Le 44e RT est durant toute son existence très régulièrement mis à l'honneur, dans une discrétion propre aux unités confidentielles du renseignement. ll est notamment cité pour ses actions essentielles en Afghanistan.

Le , lors de la cérémonie de passation de commandement des chefs de corps, le drapeau du 44e RT est décoré pour la toute première fois en son nom propre de la médaille de la défense nationale d'or, avec étoile de bronze. Le régiment est en effet cité à l'ordre du régiment pour ses actions décisives en bande sahélo-saharienne (BSS).

  • Chaque compagnie possède son propre chant :
    • La 1re compagnie chante : Les combats de demain
    • La 2e compagnie chante : La mort
    • La 3e compagnie chante : Sari Marès
    • La 4e compagnie chante : La petite piste
    • La 5e compagnie chante : Les adieux de la tempête
    • La 6e compagnie chante : Adieu du bataillon de choc
    • La compagnie de commandement et de logistique (CCL) chante : La Strasbourgeoise

Liste des chefs de corps

modifier
  • 1971-1972 : lieutenant-colonel Pierre Quentin
  • 1972-1974 : lieutenant-colonel Arnaud Aimé
  • 1974-1976 : colonel Molinier
  • 1976-1978 : colonel Paul Bucquet
  • 1978-1980 : colonel Lemercier
  • 1980-1982 : colonel Frederich
  • 1982-1984 : colonel André Enjalbal
  • 1984-1986 : colonel Claude Saye
  • 1986-1988 : colonel Daniel Jolivot
  • 1988-1990 : colonel Guy Imbert
  • 1990-1992 : colonel Gérard Nicot
  • 1992-1994 : colonel Max Mayneris
  • 1994-1996 : colonel Denis Serpollet
  • 1996-1998 : colonel Dominique Bagaria
  • 1998-2000 : colonel John Jayet
  • 2000-2002 : colonel Dominique Pinel
  • 2002-2004 : colonel Jean-Marc Degoulange
  • 2004-2006 : colonel Ronald Tilly
  • 2006-2008 : colonel Bruno Courtois
  • 2008-2010 : colonel Max Le Maire
  • 2010-2012 : colonel Jean-Charles Renaudin
  • 2012-2014 : colonel Christian Mercadier
  • 2014-2016 : colonel Eric Montant
  • 2016-2019 : colonel Loïc Bussière
  • 2019-2021 : colonel Claire Clément
  • 2021-2023 : colonel Bruno Emptaz
  • 2023-2025 : colonel Benoît Gaume
  • 2025-202* : colonel Manuel Baumhauer

Le régiment aujourd'hui

modifier

Le 44e RT fait partie depuis l'été 2024 de la brigade de renseignement et cyber-électronique (BRCE) basée à Strasbourg, elle-même subordonnée au commandement des actions dans la profondeur et du renseignement (CAPR).

Le régiment occupe les quartiers Moussy et Clerc à Mutzig. Il gère plusieurs emprises militaires pour plus de 260Ha.

Son soutien est assuré par le groupement de soutien commissariat de Strasbourg et la 48e antenne médicale.

Missions

modifier
Insigne de qualifications des interprètes militaires

Le régiment est chargé des recherches, analyses, localisation, écoutes et interceptions radioélectriques. Il effectue ses missions à la fois sur le terrain et via son centre de guerre électronique (CGE), situé à quelques kilomètres de son quartier. Le CGE est un centre spécialisé enterré et ultra-protégé permettant d'effectuer le recueil et le traitement des renseignements stratégiques d'origine électromagnétique d'intérêt militaire

(Renseignement d'origine électromagnétique).

Organisation

modifier

Fort d'environ 800 militaires dont environ 20% de femmes, le régiment comprend une composante fixe (centre d'écoute de Mutzig) ainsi que plusieurs composantes déplaçables complémentaires. Celles-ci sont servies par huit compagnies :

  • sept compagnies de guerre électronique ;
    • dont une compagnie spécialisée dans la sécurité physique de l'emprise du centre de guerre électronique ;
    • une compagnie de commandement et de logistique ;
  • une compagnie de réserve, créée en 2024.

Les spécialistes de la guerre électronique au sein du régiment sont répartis en quatre spécialités[4] :

Équipements

modifier

Il dispose d'un centre fixe de guerre électronique équipé de moyens modernes et performants destinés au recueil du renseignement d'origine électromagnétique. Le régiment est également doté de modules projetables et déplaçables. Il participe aux opérations extérieures au sein des forces terrestres engagées et fournit, au niveau du théâtre, l'appui renseignement et cyber-électronique indispensable au bon déroulement de toutes les opérations.

Une autre formation, dénommé 44e bataillon de transmissions était actif pendant la Seconde Guerre mondiale et installé à Oran.

Il a rejoint les forces alliées en Algérie, puis a participé aux campagnes d'Italie, de France et d'Allemagne.

Le saint patron des transmetteurs est l'archange Gabriel.

Notes et références

modifier
  1. Le renseignement entre héritage et modernité au 44e régiment de transmissions, Dernières Nouvelles d'Alsace, le 7 décembre 2025.
  2. Centre de guerre électronique de Mutzig : dans le secret du renseignement militaire, Dernières Nouvelles d'Alsace, le 29 janvier 2026.
  3. Décision n°12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, n°27, 9 novembre 2007
  4. Terre information magazine n°184 de mai 2007

Source et bibliographie

modifier

Voir aussi

modifier