L’Ab'aro est un cours d'eau du nord de l'Éthiopie, situé dans la région du Tigré. Il prend sa source dans les montagnes de Dogu'a Tembien et appartient au bassin du Nil.

Ab'aro
Illustration
Cluse de l'Ab'aro.
Caractéristiques
Bassin collecteur Nil
Régime éphémère
Cours
Source montagnes de Dogu'a Tembien
· Localisation Tigré
Confluence Weri'i
Géographie
Pays traversés Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie
Région Tigré

Il s'écoule vers le nord-ouest et rejoint la Weri'i, affluent du Tekezé.

L'Ab'aro dans le réseau de drainage radial de Dogu'a Tembien.

Géographie

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L'Ab'aro est un cours d'eau éphémère. Dans sa partie supérieure, il est encaissé. Dans les plaines inférieures, il décrit de larges méandres. Sa pente moyenne est d'environ 60 m/km. Au pied des versants, il a creusé une gorge profonde[1].

Sur son cours, l'Ab'aro traverse deux woredas et forme leur frontière sur environ 2 km[2]. Il sépare localement Dogu'a Tembien, au sud-est, de Kola Tembien, au nord-ouest.

Gorges de l'Ab'aro.

Hydrologie

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Le ruissellement se manifeste principalement sous forme de crues éclair. Ces crues se caractérisent par des débits importants survenant en peu de temps. Elles sont liées à la topographie abrupte, à la faible couverture végétale de certains secteurs et aux fortes précipitations convectives. Le débit de pointe est souvent 50 à 100 fois supérieur au débit de base précédent[1].

Contrairement à des cours d'eau voisins comme May Meqa, May Sho'ate ou la Graliwdo, l'ampleur des crues de l'Ab'aro n'a pas diminué à la suite d'interventions de conservation dans le bassin versant. Le bassin ne comprend pas d'ouvrages physiques de conservation, comme des digues en pierre[3],[4], ni de barrages de retenue interceptant le ruissellement[5],[6].

Sur les pentes abruptes, aucune mise en défens[note 1] n'a été aménagée. L'absence de végétation dense limite l'infiltration, la réduction des inondations et l'amélioration du débit de base[7].

Géologie

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Église rupestre d'Ab'aro, établie dans un puits de tuf.

Les blocs et galets présents dans le lit de l'Ab'aro proviennent des différentes unités lithologiques traversées par le cours d'eau. Dans les tronçons amont, les matériaux proviennent surtout des unités supérieures. En aval, le lit contient un mélange plus complet des lithologies du bassin.

D'amont en aval, les principales unités lithologiques rencontrées dans le bassin versant sont les suivantes[8] :

  • bouchons en phonolite ;
  • basalte supérieur ;
  • dépôts lacustres interstratifiés ;
  • basalte inférieur ;
  • formation Amba Aradam ;
  • calcaire d'Antalo ;
  • tuf d'eau douce du Quaternaire[9] ;
  • grès d'Adigrat.

Environnement

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L'Ab'aro constitue un bassin versant utile pour observer des conditions proches de celles qui précédaient les grands travaux de conservation des sols et de l'eau dans la région du Tigré. Les mesures de conservation y sont moins développées que dans plusieurs bassins voisins.

Cette situation permet de comparer son comportement hydrologique avec celui de cours d'eau où les mises en défens, les digues en pierre et les barrages de correction torrentielle ont réduit le ruissellement et les crues[1].

Activités et usages

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Transhumance

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Les fonds de vallée du cours moyen de l'Ab'aro sont utilisés comme zones de transhumance. Celle-ci a lieu pendant la saison des pluies estivales, lorsque les terres proches des villages sont cultivées. De jeunes bergers conduisent le bétail depuis les villages jusqu'aux gorges et passent la nuit dans de petites grottes[10].

Les gorges sont recherchées pour la transhumance en raison de la présence d'eau et d'une végétation semi-naturelle abondante[10].

Randonnée

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Bassin versant supérieur de l'Ab'aro, avec le sentier Gh2.

Un itinéraire de randonnée suit plus ou moins le cours de l'Ab'aro[11]. Les sentiers ne sont pas balisés sur le terrain, mais peuvent être suivis à l'aide de fichiers GPX téléchargés[12].

Le sentier Gh2 emprunte en partie le tracé d'une ancienne route datant de l'occupation italienne[13]. Pendant la saison des pluies, des crues soudaines peuvent survenir. Il est donc déconseillé de suivre le lit du cours d'eau[14].

Notes et références

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  1. ↑ Une mise en défens est une technique de défense de l'environnement. Elle consiste à interdire l'accès du bétail aux zones à restaurer.

Références

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  1. 1 2 3 (en) Amanuel Zenebe et al., « The Giba, Tanqwa and Tsaliet rivers in the headwaters of the Tekezze basin », dans Geo-trekking in Ethiopia's Tropical Mountains — The Dogu'a Tembien District, Springer Nature, (ISBN 978-3-030-04954-6, DOI 10.1007/978-3-030-04955-3_14)
  2. ↑ (en) M. Jacob et al., « Geo-trekking map of Dogu'a Tembien (1:50,000) », dans Geo-trekking in Ethiopia's Tropical Mountains — The Dogu'a Tembien District, Springer Nature, (ISBN 978-3-030-04954-6, lire en ligne)
  3. ↑ (en) Jan Nyssen, Jean Poesen, Desta Gebremichael et Karen Vancampenhout, « Interdisciplinary on-site evaluation of stone bunds to control soil erosion on cropland in Northern Ethiopia », Soil and Tillage Research, vol. 94, no 1,‎ , p. 151-163 (DOI 10.1016/j.still.2006.07.011, hdl 1854/LU-378900, lire en ligne)
  4. ↑ (en) Gebeyehu Taye et al., « Evolution of the effectiveness of stone bunds and trenches in reducing runoff and soil loss in the semi-arid Ethiopian highlands », Zeitschrift für Geomorphologie, vol. 59, no 4,‎ , p. 477-493 (DOI 10.1127/zfg/2015/0166, Bibcode 2015ZGm....59..477T)
  5. ↑ (en) J. Nyssen, M. Veyret-Picot, J. Poesen et J. Moeyersons, « The effectiveness of loose rock check dams for gully control in Tigray, Northern Ethiopia », Soil Use and Management, vol. 20,‎ , p. 55-64 (DOI 10.1111/j.1475-2743.2004.tb00337.x)
  6. ↑ (en) Etefa Guyassa et al., « Effects of check dams on runoff characteristics along gully reaches, the case of Northern Ethiopia », Journal of Hydrology, vol. 545, no 1,‎ , p. 299-309 (DOI 10.1016/j.jhydrol.2016.12.019, Bibcode 2017JHyd..545..299G, hdl 1854/LU-8518957, lire en ligne)
  7. ↑ (en) K. Descheemaeker et al., « Runoff on slopes with restoring vegetation: A case study from the Tigray highlands, Ethiopia », Journal of Hydrology, vol. 331, nos 1-2,‎ , p. 219-241 (DOI 10.1016/j.jhydrol.2006.05.015)
  8. ↑ (en) A. Sembroni, P. Molin et F. Dramis, « Regional geology of the Dogu'a Tembien massif », dans Geo-trekking in Ethiopia's Tropical Mountains — The Dogu'a Tembien District, Springer Nature, (ISBN 978-3-030-04954-6, lire en ligne)
  9. ↑ (en) J. Moeyersons et al., « Age and backfill/overfill stratigraphy of two tufa dams, Tigray Highlands, Ethiopia: Evidence for Late Pleistocene and Holocene wet conditions », Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, vol. 230, nos 1-2,‎ , p. 162-178 (DOI 10.1016/j.palaeo.2005.07.013, Bibcode 2006PPP...230..165M)
  10. 1 2 (en) Jan Nyssen, Katrien Descheemaeker, Amanuel Zenebe et Jean Poesen, « Transhumance in the Tigray highlands (Ethiopia) », Mountain Research and Development, vol. 29, no 3,‎ , p. 255-264 (DOI 10.1659/mrd.00033, hdl 1854/LU-854326)
  11. ↑ (en) « Description of trekking routes in Dogu'a Tembien », dans Geo-trekking in Ethiopia's Tropical Mountains — The Dogu'a Tembien District, Springer Nature, coll. « GeoGuide », (ISBN 978-3-030-04954-6, DOI 10.1007/978-3-030-04955-3)
  12. ↑ (en) « Public GPS Traces tagged with nyssen-jacob-frankl », sur OpenStreetMap (consulté le )
  13. ↑ (it) Consociazione turistica italiana, Guida dell'Africa orientale italiana, Milano (lire en ligne)
  14. ↑ (en) Jan Nyssen, « Logistics for the Trekker in a Rural Mountain District of Northern Ethiopia », dans Geo-trekking in Ethiopia's Tropical Mountains, Springer Nature, coll. « GeoGuide », , 537-556 p. (ISBN 978-3-030-04954-6, DOI 10.1007/978-3-030-04955-3_37)

Voir aussi

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