Les ‘Abābda (ou Ababdehs ou Ababda) forment un peuple de pasteurs nomades de religion musulmane qui occupait et parcourait le désert entre la vallée du Nil et la mer Rouge, vivant surtout dans le Nord-Est du Soudan et le Sud-Est de l'Égypte[2]. Ils sont aujourd'hui largement sédentarisés, soit le long de la mer Rouge soit le long de la vallée du Nil et beaucoup d'entre eux mènent une activité agricole sédentaire. Ils vivent ou vivaient d'une économie pastorale (ovins, caprins, camelins). Occasionnellement, certains vendent par ailleurs du charbon de bois à base d'acacias qui poussent dans le désert.

‘Abābda
Description de cette image, également commentée ci-après
Un membre du groupe des ‘Abābda coupant une branche d'un acacia dans un wadi près d'Assouan dans le désert Oriental (Égypte).
Populations importantes par région
Population totale 250 000 (années 1990)[1]
Autres
Langues arabe
Religions Islam
Ethnies liées Bejas
dispersion du peuple Ababdehs
Dispersion du peuple Ababdehs.
Guerriers Ababdehs - fin XIXème.

Historique

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Leur origine est incertaine. Certains[Qui ?] pensent[réf. nécessaire] qu'ils descendent d'un peuple que les Romains connaissaient sous le nom de Blemmyes. D'autres encore, comme Wilhelm Peter Eduard Simon Rüppell (1794-1884), les considèrent descendants d'un peuple d'origine éthiopienne installé dans la région de Méroé[réf. souhaitée]. Christianisés à partir du VIe siècle à la suite de la conversion des royaumes de Nubie, les Ababdas ont progressivement embrassé l'islam entre le XIe et XVe siècle au fil des contacts commerciaux et des migrations arabes dans le désert oriental[2].

Historiquement, le territoire des Ababdas s'étend sur la majeure partie du désert oriental égyptien. Vers le milieu du XIXe siècle, à la suite de conflits avec la tribu bédouine des Ma'aza venue d'Arabie, leur frontière septentrionale s'est stabilisée le long de la piste reliant Qift à Quseir. Au sud, leur territoire jouxte celui des Bisharin dans la zone du triangle de Hala'ib, aux confins de la frontière entre l'Égypte et le Soudan[2].

Société

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Ils formeraient un sous-groupe de l'ethnie Beja et comme eux ils parlent ou parlaient une langue couchitique du Nord, le beja (appelé tu bedawi par ses locuteurs beja)[3]. En situation de diglossie, ils pratiquent par ailleurs aussi et parfois d'abord l'arabe. Cependant, pour ajouter à la confusion sur leurs origines, certains groupes, en Égypte tout au moins, se réclament pleinement des Arabes, d'origine bédouine et donc de la péninsule arabe, et non pas Beja et donc d'origine africaine[4].

En 1851, lorsqu'ils furent décrits, leurs coutumes étaient similaires à celles de la société bédouine.

Sur le plan social, la tribu repose sur un système patrilinéaire structuré en plusieurs sous-groupes, parmi lesquels les Hamedab, les Ashebab, les Melaikab, les Sadenab et les Fashekab[2].

Une partie de la population maintient un mode de vie pastoral nomade fondé sur l'élevage de caprins, d'ovins et de dromadaires. Les dromadaires élevés par les Ababdas sont particulièrement réputés dans la région et font l'objet d'un important commerce, notamment sur le marché de Daraw, près de Kom Ombo. D'autres groupes se sont sédentarisés dans la vallée du Nil pour pratiquer l'agriculture, le long du littoral de la mer Rouge comme pêcheurs, ou encore au sein des centres urbains en tant que travailleurs salariés. Au début des années 2000, la population ababda était estimée à environ 142 000 individus[2].

Notes et références

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  1. ↑ J. S. Olson, The Peoples of Africa, 1996, p. 1
  2. 1 2 3 4 5 Joseph J. Hobbs, « Encyclopaedia of Islam Three Online », ʿAbābda, Brill,‎ (DOI 10.1163/1573-3912_ei3_COM_26277, lire en ligne)
  3. ↑ Madiha Doss avec la collaboration de Vincent Battesti, 2011 — « Les pratiques linguistiques et leurs contextes sociaux » in Vincent Battesti & François Ireton (dirs), L'Égypte au présent, Inventaire d'une société avant révolution, Paris, Sindbad-Actes Sud, La Bibliothèque arabe, Hommes et Sociétés, p. 971-993 (ISBN 978-2-7427-9780-6) Lire en ligne.
  4. ↑ Vincent Battesti, Wādī Abū Ṣubeīra, février 2015, Synthèse de notes de terrain, Paris, Muséum national d'histoire naturelle, Musée de l'Homme, Rapport de terrain archéologique au Conseil suprême des antiquités (Égypte), non publié, , 36 p. (lire en ligne)

Annexes

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Bibliographie

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Articles connexes

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