Abbasa
Abbasa bint al-Mahdi, né vers 765 et morte vers 804, est une princesse abbasside. Elle est la fille du calife abbasside al-Mahdi, sœur du calife Musa al-Hadi et de Harun al-Rashid.
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| Naissance |
Années 760 ou vers |
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Après |
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Al-Hadi Hâroun ar-Rachîd Ubaydallah ibn al-Mahdi (en) Ulayya bint al-Mahdi |
| Conjoints |
Muhammad ibn Sulayman ibn Ali (en) (jusqu'en ) Ibrahim ibn Salih (en) (jusqu'en ) Jafar ben Yahya |
Biographie
modifierAbbasa est la fille du troisième calife abbasside, al-Mahdi[1] et une concubine du harem abbasside du nom de Rahim, elle est donc la mère de sa fille aînée survivante, Abbasa[1].
Son mari est Muhammad ibn Sulayman (en)[2], un membre éminent d'une branche cadette de la dynastie abbasside, qui est longtemps gouverneur de Kufa et de Bassora[3]. Il meurt au milieu du mois de novembre 789, la laissant veuve [4] [5] .
Elle épouse à nouveau un autre membre abbasside durant le règne de son frère Harun al-Rashid. Son second mari, Ibrahim ibn Salih (en), est membre d'une autre branche cadette de la dynastie abbasside : il est le cousin germain des deux premiers califes abbassides al-Saffah et al-Mansur[6]. Il devint également le gendre du troisième calife abbasside al-Mahdi en vertu de son mariage avec la fille de cette dernière, Abbasa[6]. Ibrahim meurt en 792, peu de temps après avoir été nommé gouverneur d'Égypte pour la deuxième fois[7].
Mythes et légendes
modifierIl existe plusieurs mythes et légendes autour d'Harun et de sa famille. Une légende tenace prétend que Harun al-Rashid est malheureux d'être un parent d'Abassa, car il est attiré par elle. Pour garder Abassa dans sa vie, il la ferait épouser Ja'far ibn Yahya. Ce mariage est censé être un mariage de convenance, mais Abassa en tombe amoureuse. La nuit, une esclave est envoyée dans la chambre de Ja'far, et Abassa prend sa place un soir. Abassa tombe enceinte et donne naissance à des jumeaux en secret. Les jumeaux seraient élevés à La Mecque. Harun finit par découvrir leur relation et fait tuer Ja'far. Abassa est soit tué, soit exilé [8],[9],[10]. Une seconde version fait abstraction de la passion amoureuse et indique que l'ébriété de l'un ou des deux époux lors d'une fête entraîne la consommation du mariage. Un enfant naît de cette union et se trouve confié à une nourrice à La Mecque. Une servante dénonce le couple au calife, qui fait exécuter Jaʿfar après avoir vérifié les faits[11].
Si les historiens anciens comme al-Ṭabarī et al-Masʿūdī ne mentionnent pas le sort d'ʿAbbāsa après la mort de Jaʿfar, des récits ultérieurs enrichissent l'épisode de détails dramatiques et folkloriques. Chez al-Maqdisī, ʿAbbāsa est enfermée dans un coffre et enterrée vivante dans un puits avec ses enfants. Des textes plus tardifs, comme le Taʾrīkh-i āl-i Barmak ou le récit d'al-Itlīdī, ajoutent le massacre des ouvriers ayant creusé la fosse ou la mise à mort des enfants par le calife. Certains textes attribuent à la princesse les prénoms de Fākhita ou Maymūna[11].
L'authenticité historique de cette relation amoureuse est remise en cause dès le Xe siècle. Al-Jahshiyari (en) rapporte les propos du bourreau Masrūr qualifiant l'histoire de rumeur populaire. L'historien Ibn Khaldūn rejette la véracité du récit, jugeant invraisemblable qu'une princesse de sang royal s'expose à une telle déchéance. L'émergence de cette légende s'expliquerait par le secret ayant entouré l'éviction brutale des Barmécides. Enfin, les récits fictifs présentent ʿAbbāsa comme une jeune femme ou une vierge au moment des faits alors que, selon al-Ṭabarī, elle est plus âgée d'un an que son demi-frère al-Hādī, ce qui lui donne environ 43 ou 44 ans lors de l'exécution de Jaʿfar en 803[11].
Notes et références
modifier- 1 2 Abbott 1946, p. 21.
- ↑ Bosworth 1989, p. 23 (note 90).
- ↑ Kennedy 2016, p. 76.
- ↑ McAuliffe 1995, p. 227 (note 1072).
- ↑ Bosworth 1989, p. 105.
- 1 2 Kennedy 1990, p. 40 n. 92, 102 n. 315; Gil 1997, p. 284; Ibn Qutaybah n.d., p. 380.
- ↑ Al-Kindi 1912, p. 135; Ibn Taghribirdi 1930, p. 83; Ibn 'Asakir 1995, p. 447.
- ↑ Women in World History: A Biographical Encyclopedia, Gale, (lire en ligne [archive du ]
) - ↑ Matilda Betham, Dictionary of the Celebrated Women, Every Age and Country, Warick Lake, B. Crosby and Co., (lire en ligne)
- ↑ Samuel Lorenzo Knapp, Female biography: containing notices of distinguished women, in different nations and ages, T. Wardle, , 69–70 (lire en ligne)
- 1 2 3 András P. Hámori, « Encyclopaedia of Islam Three Online », ʿAbbāsa bt. al-Mahdī, Brill, (DOI 10.1163/1573-3912_ei3_SIM_0268, lire en ligne)
Bibliographie
modifier- (en) « Abbassah », A Cyclopaedia of Female Biography, Londres, Groombridge and sons (d), , p. 1.
- (en) Moshe Gil (trad. Ethel Broido), A History of Palestine, 634–1099, Cambridge, Cambridge University Press, (1re éd. 1983) (ISBN 0-521-59984-9, lire en ligne)
- Nabia Abbott, Two Queens of Baghdad: Mother and Wife of Hārūn Al Rashīd, University of Chicago Press, (ISBN 978-0-86356-031-6)
- (ar) Abu Muhammad Abdallah ibn Muslim Ibn Qutaybah, Al-Ma'arif, Cairo, 4th, n.d.
- Hugh Kennedy, When Baghdad Ruled the Muslim World: The Rise and Fall of Islam's Greatest Dynasty, Cambridge, Massachusetts, Da Capo Press, (ISBN 978-0-306814808, lire en ligne)
- Hugh Kennedy, The Early Abbasid Caliphate: A Political History, Oxon and New York, Routledge, (1re éd. 1981) (ISBN 978-1-315-66742-3, lire en ligne)
- (ar) Abu al-Qasim 'Ali ibn al-Hasan ibn Hibat Allah Ibn 'Asakir, Tarikh Madinat Dimashq, vol. 6, Beirut, Dar al-Fikr, (lire en ligne)
- (ar) Jamal al-Din Abu al-Mahasin Yusuf Ibn Taghribirdi, Nujum al-zahira fi muluk Misr wa'l-Qahira, Volume II, Cairo, Dar al-Kutub al-Misriyya,