Abbaye de Sulejów
L'abbaye de Sulejów (en polonais « Opactwo Cystersów w Sulejowie ») est une abbaye cistercienne en activité, située dans la ville éponyme, au centre de la Pologne.
| Nom local | Opactwo w Sulejowie |
|---|---|
| Diocèse | Gniezno |
| Patronage |
Vierge Marie Thomas Becket |
| Numéro d'ordre (selon Janauschek) | CCCCCXVII (447)[1] |
| Fondation | 10 août 1177 |
| Dissolution | 1819-1986 |
| Abbaye-mère | Morimond |
| Abbayes-filles | Aucune |
| Congrégation | Ordre cistercien |
| Période ou style | Architecture gothique |
| Coordonnées | 51° 21′ 34″ N, 19° 52′ 39″ E[2] |
|---|---|
| Pays |
|
| Voïvodie | Łódź |
| Powiat | Piotrków |
| Gmina | Sulejów |
| Site | http://www.cystersi.sulejow.pl/ |
Histoire
modifierFondation
modifierL'abbaye est fondée en 1177 par Casimir II le Juste[3]. Il fait venir des moines directement de l'abbaye de Morimond, en Champagne[4].
Développement médiéval
modifierÉtant située à un carrefour notable sur la route joignant l'Europe hanséatique à la Ruthénie, l'abbaye développe assez tôt une fonction commerciale, avec notamment l'implantation d'un marché à proximité. Le monastère acquiert de la part de ses protecteurs plusieurs titres et en particulier une autonomie judiciaire[5].
La construction de l'abbaye, et en particulier de l'église abbatiale, démarre à une date inconnue. Ce qui est attesté, c'est l'utilisation, et pour la première fois de l'histoire en Pologne, de l'architecture gothique, à partir de 1232[6], pour la construction de la nouvelle abbatiale, la première s'étant révélée trop exiguë pour les besoins de la communauté[5].
Les crises
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Le premier frein au développement de l'abbaye est militaire : c'est à cette date qu'interviennent les invasions tatares en Pologne, puis la concurrence avec les chevaliers Teutoniques. De surcroît les moines commencent à gérer l'abbaye comme un fief ; une crise en découle en 1285, les moines étant d'autorité répartis dans d'autres abbayes, et les possessions de Sulejów étant partagées entre les autres monastères polonais[5].
En 1431, le cloître est incendié par les Tatars. Une nouvelle église, de brique, est construite en 1640, qui n'est consacrée qu'en 1748 par l'archevêque de Łódź Franciszek Kobielski (pl) ; cette église est endommagée fortement par un incendie en 1790. La décoration de l'église est refaite en 1788 dans un style rococo[5].
Fermeture
modifierL'abbaye, malgré le démembrement de la Pologne et les guerres napoléoniennes, subsiste entre 1793 (prise par les troupes prussiennes) et 1815, mais elle est fermée par les Russes en 1819. L’église devient paroissiale. Un orphelinat est installé dans le monastère en 1860[5].
Réouverture
modifierL'abbaye
modifierL'abbaye présente de nombreuses similarités architecturales avec les trois autres abbayes de Petite-Pologne fondées à la même époque : Wąchock, Jędrzejów (de), Mogila et Koprzywnica (de)[7]. On constate ces ressemblances par exemple dans le profil en amande des nervures, dans la terminaison en culot conique des colonnes engagées, dans l'ornement des chapiteaux ou des corniches[8]. Ce qui est surprenant, c'est l'influence italienne sensible dans les détails de réalisation de ces quatre édifices, notamment dans l'utilisation de l'opere italico, alternance de lits horizontaux de pierre rouge et de grès gris ; il faut supposer la présence d'un moine maître d'œuvre d'origine italienne[4].
L'église abbatiale
modifierL'église abbatiale est consacrée à Thomas Becket (également appelé « Thomas de Cantorbéry »)[9].
Le cloître
modifierLa seule partie intacte de l'abbaye, hors église, est la partie orientale du cloître (« bâtiment des moines »)[5].
Notes et références
modifier- ↑ (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne, , 491 p. (lire en ligne), p. 175.
- ↑ (it) « Sulejów », sur cistercensi.info, Ordre cistercien (consulté le ).
- ↑ Krystyna Białoskórska 1962, Introduction, p. 335.
- 1 2 Krystyna Białoskórska 1962, Introduction, p. 59.
- 1 2 3 4 5 6 7 (en) « Sulejów », sur Szlak Cysterski w Polsce (consulté le ).
- ↑ Gustave Cohen et Louis Reau, L'Art du Moyen Âge et la civilisation française : arts plastiques, art littéraire, Albin Michel, , 519 p. (ISBN 978-2-226-26078-9, lire en ligne), p. 106.
- ↑ Krystyna Białoskórska 1962, Place de Wąchock dans l’architecture cistercienne, p. 347.
- ↑ Krystyna Białoskórska 1962, Place de Wąchock dans l’architecture cistercienne, p. 348.
- ↑ Raymonde Foreville (dir.), Thomas Becket : actes du Colloque international de Sédières (19-24 août 1973), Beauchesne, , 297 p. (OCLC 780469521, lire en ligne), p. 53.
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- (pl) « Site officiel de l’abbaye » (consulté le )
- (en) Jan Mulder, « Visite virtuelle de l’abbaye », sur 360Cities (consulté le )
Bibliographie
modifier- [Józef Mitkowski 1949] (pl) Józef Mitkowski (pl), Początki klasztoru cystersów w Sulejowie : Studia nad dokumentami, fundacją i rozwojem uposażenia do końca XIII wieku, Poznań, , 408 p. (OCLC 5128113)
- [Krystyna Białoskórska 1962] Krystyna Białoskórska, « L'abbaye cistercienne de Wạchock », Cahiers de civilisation médiévale, Persée, vol. 5, no 19, , p. 335-350 (DOI 10.3406/ccmed.1962.1238, lire en ligne)
- [Anselme Dimier 1966] Anselme Dimier, « À propos de l'architecture des abbayes cisterciennes de Pologne », Cahiers de civilisation médiévale, Persée, vol. 9, no 33, , p. 59-60 (DOI 10.3406/ccmed.1966.1367, lire en ligne)