Abda (tribu)

confédération tribale arabe du Maroc

Les Abda (en arabe : عَبْدة) sont une confédération tribale arabe marocaine de la région de Safi, au sud de Doukkala. Elle donne son nom à la région de Doukkala-Abda qui l'englobe.

(fr) Abda
(ar) عبدة
al-Abdi
Les Abda en rouge uni avec ses fractions (I, II et III)
Informations générales
Échelon
Confédération Tribal
Géographie
Région principale
Province principale
Chef-Lieu
Histoire et anthropologie
Période d'apparition
Mode de vie
Nomade (Historiquement)
Sédentaire (Actuellement)
Fait partie du groupe tribal
Nombre de fractions
3 (formant un groupe de 35 000 individus en 1902)
Fractions
Al Amer
Rabi’ah
Bahatra
Culture
Langue principale
Personnages marquants
Surnom
La Doukkala Rouge[1] (en arabe : دكالة الحمراء, Dukkālah al-Hamrā)

Origines

modifier

Les Abda sont une confédération de tribus arabes. Les premiers Français qui entrent en contact avec eux les décrivent comme « de race purement arabe »[2]. Outre cette classification d'une ère révolue, les Abda sont bien arabes, issus principalement des confédérations Banu Maaqil pour certains (Dhawi UbaydAllah), mais également des Jochem, principalement représentés par le puissant clan des Jeramnah, descendant de Jarmoun ben Aïssa, un caïd des Sefianes[3].

Histoire

modifier

Période Wattasside

modifier
Hachuré de jaune, le territoire portugais dans la région d'Asfi et Doukkala

Depuis plusieurs années, les régions de Safi et des Doukkala sont occupées par une présence portugaise, appuyée par certains chefs locaux tel que Yahya ben Mohamed Ibn Ta’foufat. Celui-ci avait une grande renommée et autorité parmi les tribus jusqu'en 1516, quand éclate une révolte paralysante des tribus de la région, dont les Abda et Gharbiyah, qui bloque les routes menant à Safi et asphyxie la ville. Le gouverneur Yahya arrive tout de même à mater la révolte, mais celle-ci affaiblit fortement sa puissance. Il est assassiné le 16 février 1518 dans la tente d'un cheikh des Ouled Mtaa’ par un cheikh des Abda. Cette assassinat laisse la porte grande ouverte à une seconde rébellion, qui, couplée à l'avancée saadienne, est impossible à stopper par les forces Portugaises[4]. Les origines berbères de Yahya n'arrangent alors en rien la consolidation de son titre de caïd « des Portugais » par les Gharbiya et les Abda, des tribus arabes[5].

Période Saadienne

modifier
Portrait d'Ahmed al-A’raj

Sous le règne de ce sultan, plusieurs territoire Abda sont reconquis, ces derniers étant sous domination portugaises. Les tribus alliées des Portugais, tel qu'une partie des Abda, sont attaquées par Ahmed al-A’raj et son « émirat de Chorfa »[6].

Période Alaouite

modifier

Lors de sa première accession au trône, très brève, il envoie son frère Moulay Benasser demander l'allégeance à plusieurs tribus. Seuls les Doukkala et les Beni Ahsen lui répondent (ces derniers étant ses khawal, c'est-à-dire ses « oncles maternels », signifiant, dans le système tribal arabe, la tribu de sa mère, cette relation favorisant une allégeance au sultan). Quant aux Abda et aux Rehamna, ils sont partisans de son frère Moulay Abd'Allah. Une partie des partisans d'al-Mustadhi part alors en expédition punitive contre les Abda, les tuant, les massacrant et les pillant. Les Doukkala complotent contre les Abda avec al-Musthadi. Le sultan envoie donc son chapelet (tasbih) et la promesse de la sécurité des notables abdis qui viendront à sa rencontre. Ces derniers (environ 100 notables) prennent alors avec eux le tissus (kiswa) sur le mausolée d'un wali (saint) de la région, Sidi Cheikh Abu Muhammad Salih. Dès qu'ils se présentent au sultan, celui-ci les exécute tous et prend leurs chevaux et armes pour les donner aux Doukkala. La guerre entre les Abda et les Doukkala est déclarée. Celle-ci est violente et cause des famines. Les Doukkala supplient alors le pieux Sidi al-Maati ben Saleh. Trente jours durant, hommes et femmes demandent la visite de cet homme ayant une grande influence dans la région. Il accepte finalement de se rendre à Azemmour et de leur prêcher les appels à la paix. Il part ensuite pour Safi avec d'autres savants pour prêcher les Abda, et mène à un traité de paix entre les deux confédérations en 1740[7].

Sous le règne du Sultan Mohammed ben Abdallah (dit Mohammed III), la ville d'Asfi connaît un grand essor en partie grâce à l'aide des tribus Abda et de leur caïd, Abd ar-Rahman ben Nasser al-Abdi. Durant cette période, la ville bâtit de grands bâtiments tels que sa Kasbah, sa grande mosquée et le palais du sultan[8].

Sous le règne de Moulay Slimane, les Abda sont réunis dans un seul grand gouvernorat avec les Doukkala et Essaouira, celui du Caïd Mohammed ben Abd as-Sadeq al-Meskini, depuis le 27 juin 1813 (27 Jumada al-Thani 1228). Cette situation ne dure pas longtemps. En effet, le mercredi 3 mai 1815 (21 Jumada al-Awal 1230) les Abda se révoltent contre leur gouverneur et assiègent la ville de Safi où le caïd se trouve. Les portes de la ville ne sont ouvertes que le samedi 6 mai. Le 10 mai, les Abda pillent et détruisent le bétail, les récoltes et les jardins des habitants de Safi. Le 23 mai les portes sont à nouveau fermées et ne rouvrent que le 15 juin. En parallèle, la région des Doukkala fait rage et le gouverneur Abd ar-Rahman ben Bouchaib est destitué puis assiégé. Il parvient à fuir et le sultan le nomme gouverneur d'Abda en destituant al-Meskini, dont le sultan reconnaît les fautes et l'attitude tyrannique qu'il avait dans la région[9].

Ère de Moulay Abderrahmane

modifier

En 1845 éclate un conflit fratricide entre les Bahatra et les Al-Amer, sur fond de conflits de succession. En effet, les Jeramnah, un des clans des Al-Amer, sont alors depuis plusieurs décennies à la commande des Abda. Ainsi, Abd ar-Rahman ben Nasser al-Abdi accède au pouvoir en 1777 sous le règne de Mohammed III suivi de son fils, Mohammed ben Abd ar-Rahman ben Nasser. Au moment des faits, le caïd actuel, Hajj Haman al-Jermouni (du clan des Jeramnah) meurt et laissa sa place à son fils, Fadoul ben Haman al-Jarmouni qui devient caïd de tout les Abda. C'est alors que les Bahatra lancent une révolte contre lui. Des contingents des Jeramnah partent confronter les révoltés, ce qui enlise la région et touche même la ville de Safi. Le gouverneur de la ville, Mohamed ben Azzouz, essaye tant bien que mal d'être médiateur entre les deux parties, en vain. C'est alors que le khalifa du sultan à Marrakech, son fils et futur sultan du Maroc, Mohammed ben Abd ar-Rahman décide d'intervenir et de mener une armée. Les Bahatra, prévenus, partent se réfugier. Le khalifa de Marrakech décide alors d'envoyer les Chorfa Ghanimiyin, une influente famille sur le plan religieux, pour les raisonner. Les révoltés rejettent en bloc la paix. Le fils du sultan s'engage alors dans une guerre mène à la sédition des Bahatra. Ces derniers deviennent indépendants politiquement en obtenant leurs propres caïds. Ainsi, la « fraction des Bahatra » devient la « tribu des Bahatra »dans la politique makhzenienne[10].

Ère de Moulay Abdelaziz

modifier

À la mort de Hassan Ier, le Maroc est enclin aux révoltes tribales. En 1902, suite à une insurrection des tribus Beni Mtir et Guerrouane, le sultan appelle plusieurs tribus, dont les Doukkala, les Sraghna, les Chaouïa et les Abda, pour faire face au manque de contingents dans son armée. Le 17 octobre 1902, les troupes partent, les Chaouïa dirigés par plusieurs caïds tel que el-Hajj al-Maati al-Mzamzi avec 800 hommes, les Doukkala dirigés par Sidi Bou Ali al-Dukkali avec plus de 300 hommes, les Sraghna avec environ d'un millier d'hommes dirigés par le caïd Jilali ben el-Mouden et enfin Aissa ben Omar, qui dirige 1600 hommes des Abda et des Ahmar. A peine arrivés à Fès, une lettre les exhorte au combat contre le Rogui, Bouhmara, qui a déclaré la révolte au nord de Fès. L'opération débute contre les Guerrouane, sans réellement se concrétiser, les Guerrouane s'étant réfugiés chez les Zemmour[11].

Territoire

modifier

Parmi les 700 000 hectares d'Arganiers au Maroc, s'étendant depuis Essaouira, on en retrouve sur le territoire des Abda et de leurs voisins les Chiadma[12].

Arganier et ses chèvres

Traditions et religion

modifier

Moussem de Sidi Abdelaziz ben Yffou

modifier

Ce moussem célèbre le "wali" soufi, Abdelaziz ben Yffou, chérif venu de Ouadi Dahab qui s'est installé au XIXe siècle dans la région de Sidi Bennour, où se pratique donc le moussem, réunissant tbourida, fauconnerie et chants et les descendants du "saint", les chorfa bouffyine puis les tribus de la région, que ce soit les Abda, les Doukkala ou les Chaouïa[13].

L'aïta est une forme de chant populaire répandu dans plusieurs tribus des plaines atlantique et notamment reconnu chez les Abda, avec l'icône de ce genre, Kharbousha qui illustra la résistance contre la tyrannie du caïd Aissa ben Omar via ses chants soutenant la révolte des Ouled Zaid, son clan. L'origine de ce genre remonte à l'arrivée des Banu Hilal et autres tribus arabes au Maroc sous les Almohades[14].

Zaouïa Mdadha

modifier

Les Mdadha sont une branche de la tribu des Ouled Bou Sbaa, ayant la qualité de Chorfa, ils fondèrent chez les Abda une zaouïa au XVIe siècle[15].

Composition tribale et administration

modifier

Pendant longtemps, les Abda étaient (presque) un seul caïdat uni, retraçant ses caïds depuis l'époque du sultan Mohammed III, avec Aïssa ben Matoub, mentionné par l'ambassadeur de France à Marrakech, le comte de Breugnon en 1767[16], puis Abd ar-Rahman ben Nasser al-Abdi caïd en 1777 et remplacé ensuite par son fils Mohammed ben Abd ar-Rahman ben Nasser al-Abdi, puis quelques années plus tard avec le caïdat de Hajj Haman al-Jermouni jusqu'en 1845 à sa mort, remplacé par son fils Fadoul ben Haman al-Jermouni jusqu'à la révolte des Bahatra qui mettra fin au caïdat unique sur les Abda[17].

Les Abda sont composés de 3 grandes fractions, qui sont respectivement divisés en plusieurs sous clans ;

Rabi’ah

modifier
  • Rabi’ah (en arabe : الربيعة)[17]
    • Ash-Shehala
    • Sehim
    • al-Idhal’ah
    • al-Bekhāti

Avant la révolte des Bahatra, le caïd des Rabi’ah fût issu des Shehala systématiquement, dont un nom est parvenu, Abd as-Salam ben Haman ash-Shehali[18](frère de Fadoul ben Haman, il n'est d'origine pas un Shehala), il sera suivie ensuite par ’Allal ben Taher al-Shahlawi, caïd de 1868 à 1869, incapable de payer les dettes de la tribu[19], puis le caïdat des Rabi’ah était assuré jusqu'en 1879 par le caïd Ahmed ben El-Ayashi al-Abdi, suite à sa mort, le sultan Hassan Ier nomma Ahmed ben al-Abdi al-Hafezi qui resta caïd de 1879 à 1887, date de son décès. Il sera aussitôt remplacé par son frère Chafi’i ben al-Abdi al-Hafezi, où la tribu des Rabi’ah connaîtra une période de prospérité avec des récoltes 5 fois plus abondante que dans toutes les autres tribus Abda. Mais la vague de révolte qui parvient durant l'accession au trône du sultan Abd al-Aziz fût terrible, causant le pillage, la démolition et le viol, selon certains historiens, des femmes du caïd. Son caïdat prend fin en 1894, la tribu est rattachée à l'autorité d'Aissa ben Omar al-Abdi[20]. Dans les années suivantes, on retrouve le caïd Mohammed ben Mohammed ben Dahan[21], qui meurt le 14 décembre 1931 et sera ensuite remplacé par Hadj Abd'Allah ben Abd al-Malek al-Ouazzani caïd des Rabi’ah et des Bahatra-Sud[22].

Abd Allah ben Abd al-Malek al-Ouazzani.

Āl-’Amer

modifier
  • Al-’Amer (en arabe : آل عامر)[17]
    • Jeramnah
    • Mouissat
    • Al-Hussine
    • Al-Bahirat[23]

Pendant un certain temps, le caïdat unique des Abda fût aux mains des Al-Amer, notamment avec Abd ar-Rahman ben Nasser et son fils, puis Hajj Haman al-Jermouni et ses fils. Ensuite, la confédération fût divisée en plusieurs caïdats. Au temps d'Aissa ben Omar, on retrouve le caïd Mohamed ben Themar al-Abdi en tant que caïd des Al-Amer[24]. En octobre 1913, avec la re-organisation des caïdats des Abda, les Al-Amer sont dirigés par le Caïd Mohammed Ould Caid Aissa ben Omar[25].

al-Bahatrah

modifier
  • al-Bahatrah (en arabe : البحاترة)
    • Ouled Salmane
    • Ghiyath
    • Derablah
    • Themara
      • Ouled Zaid
    • al-Hajoush
    • az-Zaa’ (aussi nommé Ashjaa)
    • al-Awlad
    • Ouled Barkah

Avant la révolte, les Bahatra furent sous le khalifa (lieutenant) Mohammed ben al-Ghanimi, au service du caïd Hajj Haman. Suite à leur révolte entre 1845 et 1847, les Bahatra sont devenus une entité politique indépendante et ayant eu 3 caïds jusqu'au début du protectorat français, étant ; Ahmed ben Aissa al-Gouti de 1847 à 1854, Mohammed ben Omar ben Aissa al-Themari de 1854 à 1879 et Aïssa ben Omar al-’Abdi de 1879 à 1914[10]. Tous issue de la même famille, descendants d'un certain Aissa al-Gouti ben Musa, qui donna deux fils, Ahmed, puis Omar, ce dernier donna Mohamed et Aissa[26]. En octobre 1913, l'administration du protectorat divise la tribu en 5 caïdats, les Bahatra coupés en deux. Les Nord-Bahatra, les Thamra et les Al-Amer sont dirigés par le caïd Mohammed Ould Caid Aissa ben Omar (fils du grand caïd) et les Sud-Bahatra sont eux dirigés par le Caïd Zehrouni ben al-Hajj Mohammed ben Mellouk az-Zidi, du clan des Ouled Zaid[25]. Le fils d'Aissa ben Omar, Mohammed, resta caïd jusqu'en mars 1918 suite à enquête sur lui, il sera remplacé par son frère, ancien pacha de Safi, Idriss ben Aissa ben Omar, avant que lui aussi soit démis de ses fonctions en janvier 1920. Ce sera le dernier de cette famille à posséder un rôle makhzenien[25]. Dans le caïdat des Sud-Bahatra dans les années 1930 se retrouve Abd'Allah ben Abd al-Malek al-Ouazzani mentionné plus haut.

Personnalités

modifier

Personnalités religieuses

modifier
  • Mawla Bergui : disciple du wali soufi Sidi Ali az-Zaydi al-Abdi[27].
  • Abu al-Hassan Ali, surnommé ’Allala, ben Chetoui al-Bahiri al-Hayani al-Abdi : Religieux, fqih, hafidh, et professeur d'origine Hyayna, dont les ancêtres ont migrés chez les Abda[28],[29].

Personnalités politiques

modifier
  • Aïssa ben Omar : Caïd influent des Abda.

Personnalités culturelles

modifier
  • Kharboucha : chanteuse populaire et politique, issue des Ouled Zaid des Bahatra[14].

Dans la culture populaire

modifier

Littérature

modifier

- Hot Maroc (2020) de Yassin Adnan ; Roman où est mentionné notamment la tribu des Abda, et son caïd iconique, connu pour sa dureté, Aïssa ben Omar[30].

Références

modifier
  1. ↑ « Doukkala, une mémoire saharienne », sur Le 360 Français (consulté le )
  2. ↑ Eugène Aubin, Le Maroc dans la tourmente: 1902-1903, Eddif, (ISBN 978-9981-896-48-2, lire en ligne), p. 61
  3. ↑ (ar) معلمة المغرب، معلمة المغرب قاموس مرتب على حروف الهجاء يحيط بالمعارف المتعلقة بمختلف الجوانب التاريخية والجغرافية والبشرية والحضارية للمغرب الأقصى,‎ (lire en ligne), p. 5930
  4. ↑ (ar) معلمة المغرب، معلمة المغرب قاموس مرتب على حروف الهجاء يحيط بالمعارف المتعلقة بمختلف الجوانب التاريخية والجغرافية والبشرية والحضارية للمغرب الأقصى,‎ (lire en ligne), p. 2421
  5. ↑ Hesperis Tamuda vol. XII, , p. 199
  6. ↑ (ar) معلمة المغرب، معلمة المغرب قاموس مرتب على حروف الهجاء يحيط بالمعارف المتعلقة بمختلف الجوانب التاريخية والجغرافية والبشرية والحضارية للمغرب الأقصى,‎ (lire en ligne), p. 159
  7. ↑ (ar) الكانوني (al-Kanouni), علائق أسفي ومنطقتها بملوك المغرب (lire en ligne), p. 93-94
  8. ↑ (ar) معلمة المغرب، معلمة المغرب قاموس مرتب على حروف الهجاء يحيط بالمعارف المتعلقة بمختلف الجوانب التاريخية والجغرافية والبشرية والحضارية للمغرب الأقصى,‎ (lire en ligne), p. 427
  9. ↑ (ar) الكانوني, علائق أسفي ومنطقتها بملوك المغرب (lire en ligne), p. 112-114
  10. 1 2 (ar) معلمة المغرب، معلمة المغرب قاموس مرتب على حروف الهجاء يحيط بالمعارف المتعلقة بمختلف الجوانب التاريخية والجغرافية والبشرية والحضارية للمغرب الأقصى,‎ (lire en ligne), p. 1044-1045
  11. ↑ Quatre Siecles D' Histoire Marocaine, (lire en ligne), p. 399-400
  12. ↑ (ar) معلمة المغرب، معلمة المغرب قاموس مرتب على حروف الهجاء يحيط بالمعارف المتعلقة بمختلف الجوانب التاريخية والجغرافية والبشرية والحضارية للمغرب الأقصى,‎ (lire en ligne), p. 322
  13. ↑ LE MATIN, « Moussem de Sidi Abdelâziz Ben Yeffou, une fête d’envergure », sur Le Matin.ma, (consulté le )
  14. 1 2 Collectif, Les Esclavages en Afrique: Passé(s), présent(s) et héritages, KARTHALA Editions, (ISBN 978-2-38409-264-2, lire en ligne), p. 170-171
  15. ↑ « Doukkala, une mémoire saharienne », sur Le 360 Français (consulté le )
  16. ↑ Société d'histoire générale et d'histoire diplomatique (France) Auteur du texte, « Revue d'histoire diplomatique / publiée par les soins de la Société d'histoire diplomatique », sur Gallica, (consulté le ), p. 259
  17. 1 2 3 (ar) مصطفى فنيتير (Mustapha Fnitir), عيسى بن عمر قائد عبدة 1879 ـ 1914 (lire en ligne), p. 35
  18. ↑ (ar) مصطفى فنيتير, عيسى بن عمر قائد عبدة 1879 ـ 1914 (lire en ligne), p. 36
  19. ↑ (ar) مصطفى فنيتير, عيسى بن عمر قائد عبدة 1879 ـ 1914 (lire en ligne), p. 38
  20. ↑ (ar) معلمة المغرب، معلمة المغرب قاموس مرتب على حروف الهجاء يحيط بالمعارف المتعلقة بمختلف الجوانب التاريخية والجغرافية والبشرية والحضارية للمغرب الأقصى,‎ (lire en ligne), p. 3278
  21. ↑ « La Dépêche oranaise : le Soir », sur Gallica, (consulté le )
  22. ↑ Livre D'or Du Maroc, (lire en ligne), p. 1
  23. ↑ (ar) محمد ناجي بن عمر, في قلب الأطلس رحلة الى مجاهيل المغرب سنتي 1904 - 1905,‎ (lire en ligne), p. 333
  24. ↑ (ar) مصطفى فنيتير, عيسى بن عمر قائد عبدة 1879 ـ 1914 (lire en ligne), p. 68
  25. 1 2 3 (ar) عيسى بن عمر قائد عبدة 1879 ـ 1914 (lire en ligne), p. 126
  26. ↑ (ar) عيسى بن عمر قائد عبدة 1879 ـ 1914 (lire en ligne), p. 40
  27. ↑ (ar) معلمة المغرب، معلمة المغرب قاموس مرتب على حروف الهجاء يحيط بالمعارف المتعلقة بمختلف الجوانب التاريخية والجغرافية والبشرية والحضارية للمغرب الأقصى,‎ (lire en ligne), p. 1191
  28. ↑ (ar) الجواهر الصفية في تاريخ الديار الآسفية (lire en ligne), p. 185
  29. ↑ (ar) مكتبة محمد بن أحمد الكانوني العبدي (lire en ligne), p. 50
  30. ↑ Yassin Adnan, Hot Maroc, Actes Sud Littérature, (ISBN 978-2-330-13358-0, lire en ligne)