Abderrahmane ben Hicham
Moulay Abderrahmane ben Hicham[7] (en arabe : مولاي عبد الرحمان), né le à Fès et mort à Meknès le , est un sultan alaouite du Maroc, qui a régné du à . Il est le fils du sultan Hicham ben Mohammed.
| Abderrahmane ben Hicham مولاي عبد الرحمان | |
Le sultan Moulay Abderrahmane Eugène Delacroix (1845). | |
| Titre | |
|---|---|
| Sultan du Maroc | |
| – (36 ans, 8 mois et 29 jours) |
|
| Prédécesseur | Moulay Slimane |
| Successeur | Mohammed ben Abderrahmane |
| Biographie | |
| Dynastie | Alaouite |
| Nom de naissance | Abderrahmane ben Hicham Alaoui[réf. nécessaire] |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Fès (Maroc) |
| Date de décès | (à 81 ans) |
| Lieu de décès | Meknès (Maroc) |
| Père | Moulay Hicham |
| Conjoint | Parmi d'autres épouses[1] : Moubaraka el-Chaouia[2] Lalla Halima bint Slimane al-Alaoui[3] Lalla Fatima Zahra bint Slimane al-Alaoui[4] Safia al-Alja[5] |
| Enfants | 54 enfants, dont : Mohammed IV Lalla Maryam[6] |
| Monarques du Maroc | |
| modifier |
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Biographie
modifierAbderrahman ben Hicham est le vingt-quatrième descendant de la dynastie alaouite et neveu du précédent sultan, Moulay Slimane[réf. nécessaire]. Proclamé Sultan à Fès le 30 novembre 1822, il fait face à de nombreuses insurrections tribales et militaires qu'il parvient à maîtriser : les révoltes des Zemmours (en 1824-1825, 1843, 1852 et 1857-1858), la révolte des Beni Zeroual (1825), la révolte des Chiadma (1827-1828), la révolte des Chérarda (1828), le soulèvement des Amir et des Zaër (1849) et la révolte des Beni Moussa (1853). Le plus important conflit interne survient entre 1831 et 1832 lors de la révolte de Fès qu'il doit assiéger[8].
Pour ouvrir son pays au commerce européen, Abderrahmane ben Hicham signe des traités commerciaux avec le Portugal (1823), l'Angleterre (1824), la Sardaigne (1825) et la France (1825). La politique traditionnelle du Maroc d'encourager la piraterie afin d'enrichir les caisses du royaume se heurte à la réaction européenne[réf. nécessaire]. Les Anglais bloquent Tanger en 1828 et les Autrichiens bombardent Asilah, Larache et Tétouan en 1829. A partir des années 1830, le Maroc subit le contrecoup de l'expansion coloniale française en Algérie voisine[8].
A la demande le 22 janvier 1842 du consul britannique à Tanger, Edward Drummond-Hay, de mettre fin à l'esclavage au Maroc, le sultan Abderrahman répondit le 4 février 1842 : "...nul n'a à poser ce genre de question, car la chose est manifeste à tous les niveaux et ne réclame pas plus de démonstration que la lumière du jour...". Il confirme dans son courrier du 18 mars 1842 "En ce qui concerne la réduction en esclavage et le commerce des esclaves, ils sont confirmés par notre livre saint ainsi que par la Sunna de Notre Prophète, que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui, et il n'y a par ailleurs pas de controverses entre les Oulémas sur ce sujet, et nul ne peut permettre ce que la loi interdit ni interdire ce qu'elle permet"[9].
En soutenant la cause algérienne contre la présence française en Algérie et leur chef Abd el-Kader, le sultan se voit attaqué par les troupes françaises à Isly (), tandis que la marine française bombarde les ports de Tanger et de Mogador. Suite à cet échec, il est obligé de signer le traité de Tanger ()[8]. Le renommé savant sidi Al 'Arabi b. Sayeh écrivit un poème implorant la protection divine des conséquences désastreuses de cet évènement.
Notoriété
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L'ambassadeur de France le comte de Mornay est investi par le roi Louis Philippe Ier d'une mission diplomatique au Maroc en 1832 auprès du sultan Moulay Abderrahmane pour obtenir la neutralité du Maroc dans les affaires algériennes. Il est accompagné par un dessinateur Eugène Delacroix qui immortalisera plus tard en 1845 l'accueil du sultan lors de la signature de l'accord entre les deux pays[10].
Annexes
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- « Moulay Abder-Rahman (1822-1859) », dans Xavier Couplet, Rabat : Comment je suis devenue capitale, Rabat, Marsam, [détail de l’édition], p. 93-96
- « Moulay Abderrahmane (1822-1859) : Le choc de civilisation », dans Souleiman Bencheikh, « Enquête. La vraie histoire des [A]laouites », Telquel, Casablanca, no 408, (lire en ligne)
- « Moulay 'Abd al-Rahman », dans Michel Abitbol, Histoire du Maroc, Paris, Perrin, [détail de l’édition], p. 286, 289, 292, 294-297, 299, 300, 304, 305, 307, 311, 316 et 357
- Issa Babana El Alaoui, « Moulay Abderrahmane (1822-1859) », dans Histoire de la dynastie régnante au Maroc, Paris, Fabert, , 283 p. (ISBN 9782849220504), p. 81-86
- « Moulay 'Abd er-Rahman », dans Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord : Des origines à 1830, Payot & Rivages, coll. « Grande Bibliothèque Payot », (réimpr. 1969 et 1994) (1re éd. 1931, rev. et augm. en 1951), 866 p. (ISBN 2228887897 et 9782228887892, OCLC 32160417), p. 619, 620-621 et 679
- « Moulay 'Abd er-Rahman », dans D'Harlach T, -Le_Maroc_en_1856, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5817534w?rk=21459;2
Notes et références
modifier- ↑ « AbdulRahman (Abu Zaid) Al Hassan », sur geni_family_tree (consulté le )
- ↑ « Mbaraka Echawyia », sur geni_family_tree (consulté le )
- ↑ « Halima Al Hassan », sur geni_family_tree (consulté le )
- ↑ « Fatimah Zohra Al Hassan », sur geni_family_tree (consulté le )
- ↑ « Safia Al Alja », sur geni_family_tree (consulté le )
- ↑ Gaston Deverdun, Inscriptions arabes de Marrakech, Éditions techniques nord-africaines, (lire en ligne), p. 155
- ↑ Voir les dénominations utilisées dans les ressources bibliographiques.
- 1 2 3 4 (en) Aomar Boum et Thomas K. Park, Historical Dictionary of Morocco, Bloomsbury Publishing PLC, (ISBN 978-1-4422-6297-3, lire en ligne), p. 19-20
- ↑ Bernard Lewis et Rose Saint-James, Race et esclavage au Proche-Orient, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », (ISBN 978-2-07-072740-7)
- ↑ Jean Martin, « Les relations maroco-françaises : une histoire pluriséculaire », Académie des sciences d'outre-mer, vol. Les recensions de l'Académie, (lire en ligne)
Liens externes
modifier- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- (en) « Abd ar-Rahman : Sultan of Morocco », sur Encyclopædia Britannica