Abdolqader Ma­raghi

musicien persan du XVe s

Abdolqader Ma­raghi ou Abd al-Qadir al-Maraghi (en persan عبدالقادر مراغه‌ای) est un musicien et un musicologue persan du XVe siècle.

Biographie

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Son nom complet est ‛Abd al-Qadir ibn Ghaybî al-Hafez al-Maraghi. Le titre de Hafez, porté par celui qui a mémorisé tout le Coran[1], peut aussi (comme « Ostad » ou « Cheikh ») être un titre honorifique accordé à un musicien[2].

Il est né à Maragha, aujourd'hui dans le nord-ouest de l'Iran, vers le milieu du XIVe siècle[3]. Sa date de naissance précise est inconnue, mais les chercheurs l'estiment comprise entre 1350 et 1360[1]. Il est ménestrel à la cour du sultan jalaïride d'Iraq vers 1379, puis est nommé chef des ménestrels sous le nouveau sultan. Lorsque Tamerlan s'empare de Bagdad, il est déporté à Samarcande, à la cour du prince timuride[2],[4]. On sait qu'en 1399 il est à Tabriz, au service d'un fils de Tamerlan[3],[4]. Quand le redoutable émir décide de châtier son fils pour sa mauvaise conduite, Maraghi s'enfuit à Bagdad, mais celle-ci est à nouveau prise par Tamerlan en 1401. Il fait partie des artistes qui assurent l'éclat de la cour timouride à Samarcande. Il écrit un traité de musique pour le sultan Mourad II[3].

Il meurt lors d'une épidémie de peste à Hérat, où il est inhumé, en mars 1435[3],[1].

Il a un fils, Abd al-‛Aziz qui, à la cour du sultan Mehmed II, écrit à son tour un traité de musique[3],[1].

Il est loué de son vivant pour ses talents de peintre, calligraphe, poète (en persan, arabe et turc[1]). Quelques-uns de ses poèmes en turc ont survécu aux outrages du temps[1].

Mais c'est surtout pour ses talents dans le domaine de la musique qu'il est passé à la postérité. Il joue du ‛oud et compose des tasnifs[3]. Selon Mohammad Reza Shadjarian, il devait être aussi chanteur, ce qu'indique son titre de Hafez[2]. Il est connu également comme théoricien. Il est l'auteur d'une Encyclopédie de la musique (Djami‛ al-Alḥan), en persan, dont plusieurs manuscrits autographes sont conservés à Istanbul. Le plus ancien est de 1405. Il en a écrit des versions abrégées, dont une pour le sultan Mourad II, Makasid al-Alḥan Les intentions ou les objectifs de la musique »)[3]. On a conservé de lui un Sharh al-Adwar (Commentaire sur le kitab al-Adwar de Ṣafī al-Dīn al-Urmawī). Son Kanz al-Tuhaf Trésor de la musique »), qui contenait des transcriptions de ses compositions musicales, n'a hélas pas survécu. Mais quelques-unes de ses mélodies sont notées dans son encyclopédie. Son œuvre est de grande importance pour notre connaissance de la musique turque, arabe et persane du XVe siècle[3]. Mohammad Reza Darvishi (en) a ainsi découvert que la musique de Maraghi était bien différente de ce qui est tenu aujourd'hui pour la musique persane traditionnelle[2].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 (tr) Nuri Özcan, « ABDÜLKĀDİR-i MERÂGĪ », sur TDV İslâm Ansiklopedisi, (consulté le )
  2. 1 2 3 4 (en) Rob Simms et Amir Koushkani, The Art of Avaz and Mohammad Reza Shajarian : foundations & contexts, Lexington, , p. 27
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) H. G. Farmer, ʿAbd al-Ḳādir in Encyclopedia of Islam, vol. 1, Brill, (lire en ligne), p. 66-67
  4. 1 2 (en) « Encyclopædia of islam, ed 1 : ʿAbd al-Ḳādir », sur referenceworks.brill.com (consulté le )

Bibliographie

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  • (en) H. G. Farmer, « ʿAbd al-Ḳādir », dans Encyclopædia of islam, vol. 1, Brill, , 2e éd. (lire en ligne)
  • (tr) Nuri Özcan, « ABDÜLKĀDİR-i MERÂGĪ », TDV İslâm Ansiklopedisi, (lire en ligne)

Liens externes

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