Abou-Saïd Bahadour

ilkhan de la Perse

Abou-Saïd Bahadour, né en 1305 et mort en 1335, est le neuvième ilkhan de Perse qui règne de 1317 à 1335. Descendant de Gengis Khan, il est membre de la dynastie des Houlagides. Son règne est considéré comme l'âge d'or de l'Ilkhanat en termes de stabilité et de prospérité commerciale, mais sa mort sans successeur entraîne la désintégration rapide de l'Ilkhanat.

Abou-Saïd Bahadour
Fonction
Khan
Ilkhanat
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
ابوسعید بهادرخانVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Famille
Ilkhanides (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Père
Mère
Hajji Khatun (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoints

Biographie

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Accession houleuse

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Abou-Saïd est le fils du huitième ilkhan, Oldjaïtou. À sa mort en 1316, il lui succède âgé de seulement 12 ans. Seul héritier survivant après le décès prématuré de ses frères, sa jeunesse place la réalité du pouvoir entre les mains d'émir Chupan, le principal commandant militaire de l'époque[1].

Le début de son règne est marqué par des tensions internes et externes. En juillet 1318, Rashid al-Din est exécuté à la suite d'intrigues menées par des rivaux qui l'accusent à tort d'avoir empoisonné le précédent ilkhan. En 1319, Abu Sa'id doit faire face à une rébellion à l'est et à une invasion de la Horde d'or menée par Ozbeg en Transcaucasie. Face à lui, son armée subit une première défaire. L'arrivée des renforts de Chupan permet de renverser la situation et de vaincre les troupes de la Horde d'or lors d'une seconde bataille. Réprimandés par Chupan, les commandants déserteurs tentent ensuite de renverser Abu Sa'id, mais leur révolte est écrasée[1].

Au début de sa vingtaine, Abu Sa'id s'affranchit progressivement des tensions militaires extérieures. En 1322, il signe un traité de paix historique avec le Sultanat mamelouk, mettant fin à un conflit ouvert depuis 1260. Il se convertit à l'islam sunnite, en faisant la religion officielle de l'empire. En 1322 il achève la mosquée de Varamin qu'avait commencé à bâtir son père[1].

Purge des Chupanides

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Devenu adulte, Abu Sa'id tolère de moins en moins l'autorité de l'émir Chupan. Ce dernier s'appuie sur le contrôle de l'armée et sur son mariage avec Sati Beg, la sœur d'Abu Sa'id. De plus, Chupan a placé les membres de sa famille à la tête des différents gouvernements régionaux, à l'image de son fils Temur-Tash qui, bien qu'ayant fomenté une rébellion en Anatolie en 1322, est gracié par son père[1].

La rupture définitive est déclenchée par des conflits personnels impliquant les enfants de Chupan issus d'un autre lit que celui de Sati Beg. D'une part, l'attitude à la cour de Dimashq Khwaja, fils de Chupan, qui s'est introduit dans le harem royal. D'une autre, l'obsession d'Abu Sa'id pour Baghdad Khatun, la fille de Chupan. Celle-ci étant déjà mariée à Hassan Bozorg, Chupan refuse de soutenir son divorce, exacerbant la rancœur de l'ilkhan[1].

En 1327, Abu Sa'id fait assassiner Dimashq Khwaja et ordonne aux commandants rivaux des Chupanides d'éliminer Chupan et ses fils. Chupan tente de marcher contre l'ilkhan, mais les soldats restent fidèles au souverain et désertent son armée. Chupan s'enfuit à Hérat. La dynastie locale des Kert, désireuse de regagner les faveurs de l'ilkhan, refuse de soutenir Chupan, le capture et l'exécute en 1327. Son fils Temur-Tash s'enfuit auprès des Mamelouks mais est exécuté en 1328, et sa tête est envoyée à Abu Sa'id en gage de bonne volonté. Le reste de la famille de Chupan est emprisonné ou purgé[1].

Âge d'or et effondrement brutal

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À la suite de cette purge, Abu Sa'id épouse Baghdad Khatun en 1327, et plus tard la fille de Dimashq Khwaja, Delchâd Khâtûn, en 1333. En compensation, il nomme l'ancien mari de cette dernière au poste de commandant en chef des armées. Il nomme également Ghiyath al-Din, le fils de Rashid al-Din, au poste de vizir. La dernière décennie de son règne correspond à l'apogée de l'Ilkhanat. Le royaume bénéficie d'une grande stabilité politique et d'un commerce florissant[1].

Cette période de prospérité prend fin brutalement lors d'une nouvelle invasion de la Horde d'or. Abu Sa'id prend la tête de son armée pour repousser l'attaque mais meurt en chemin en 1335. Des rumeurs attribuent sa mort à un empoisonnement par son épouse Baghdad Khatun. N'ayant pas réussi à concevoir d'héritier mâle, sa mort provoque l'effondrement immédiat de l'Ilkhanat de Perse. Les chefs militaires rivaux tentent d'abord de placer sur le trône différents princes fantoches d'ascendance gengiskhanide. Cette transition factice ne dure que quelques mois avant que les grands commandants (notamment les fils de Chupan et les dynasties locales) ne s'emparent directement du pouvoir en leur propre nom. L'Ilkhanat se désintègre alors rapidement en une multitude de petites puissances régionales rivales[1].

Rashid-al-Din Hamadani (1317)

Taj Al-Din Ali Shah (1317-1323)

Rukn al-Din Sa'in (1323-1327)

Ghiyas al-Din ibn Rashid al-Din (en) (1327-1335)

Famille

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Généalogie ascendante

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[2]

Epouses et descendance

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Abu Sa'id s'est marié six fois avec des épouses issues de différentes maisons aristocratiques, dont Borjigin, Oirat et Suldus ; de toutes ces unions, il n'eut qu'une fille :

  1. Uljay Qutlugh Khatun (m. ), fille de Ghazan et Bulughan Khatun, et veuve de son frère aîné Bastam ;
  2. Bagdad Khatun (m. 1327 – div. 1333, exécutée le ), fille d'Amir Chupan et ex-épouse de Hasan Buzurg ;
  3. Malika Khatun, fille de Tuq b. Sulaimish b. Tengiz Güregen ;
  4. Dilshad Khatun (m. 1333, décédée le ), fille de Demasq Kaja et Tursin Khatun, fille d'Irinjin Kurkan et Konchak Khatun, fille de Tekuder ;
    • Une fille (née le ) - probablement décédée8 avant son père ;
  5. Adil Shah Khatun (décédée le , près d'Ujan), fille de Tukal ibn Essen Qutlugh (gouverneur du Khorasan, décédé le ) ;
  6. Sarqadaq Khatun, fille de Dawlat Shah Suldus, parent d'Amir Chupan[3] ;

Après la mort d'Abou-Saïd, trois ilkhans éphémères se succédèrent jusqu'en 1338. Certaines listes font état de cinq autres ilkhans rivaux jusqu'en 1353, nommés par des puissances voisines.

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Timothy May, The Mongol Empire: A Historical Encyclopedia [2 volumes]: A Historical Encyclopedia, ABC-CLIO, (ISBN 978-1-61069-340-0, lire en ligne), p. 186-189
  2. Simon Berger, « "Une armée en guise de peuple" : la structure militaire de l'organisation politique et sociale des nomades eurasiatiques à travers l'exemple mongol médiéval », Thèse de doctorat en Histoire, Paris, EHESS, (lire en ligne, consulté le )
  3. Simon Berger, « "Une armée en guise de peuple" : la structure militaire de l'organisation politique et sociale des nomades eurasiatiques à travers l'exemple mongol médiéval », École des hautes études en sciences sociales (thèse), (lire en ligne, consulté le )

Bibliographie

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Liens externes

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