Mosquée de Varamin
La mosquée de Varamin ou mosquée du vendredi de Varamin (en persan : مسجد جامع ورامین) est une mosquée de la période ilkhanat (XIIIe siècle) et l'un des plus anciens bâtiments du centre historique de la ville de Varamin, dans la province de Téhéran en Iran. Sa construction a commencé sous le règne d'Oldjaïtou (en persan Muhammad Khodabandeh) (1280-1316) et s'est terminée à l'époque de son fils Abou-Saïd Bahadour en 1322[1]. Il s'agit d'une œuvre remarquable dans l'architecture des mosquées avec plan à quatre iwan.
| Mosquée de Varamin | |
| Présentation | |
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| Pays | |
| Coordonnées | 35° 19′ 19″ nord, 51° 38′ 30″ est |
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Description
modifierLe plan, à quatre iwans, du bâtiment forme un rectangle et mesure 66 mètres sur 43 mètres[2]. Il n'est accolé à aucun autre bâtiment [3]. L'historien de l'architecture iranienne Mohammad Karim Pirnia (en) classe cette mosquée parmi celles de l'architecture azérie. Selon les découvertes archéologiques, devant la mosquée se trouvait un réservoir et un bassin d'eau. La base du dôme est de forme carrée, de 10,5 mètres de côté. Elle soutient tambour de forme octogonale qui passe ensuite à seize côtés (ce qui permet de passer du carré au cercle), sur lequel repose le dôme lui-même. Ce dernier domine l'ensemble des constructions qui s'étendent à ses pieds.
Le dôme et les corps de bâtiments sont décorés de briques d'argile. Mohammad Karim Pirnia pense que le dôme était constitué d'une double coque et que la partie supérieure a été détruite[4]. Dans la partie sud-ouest, la mosquée est presque entièrement détruite. La structure nord-sud a été restaurée dans les années 2000. Les notes de voyage de l'archéologue française Jane Dieulafoy (1887) attestent que la structure est en mauvais état depuis longtemps. Des photographies du voyageur britannique Robert Byron prises en 1934 attestent également de l'état des lieux.
La salle de prière est de très grande taille et est éclairée par deux fenêtres latérales et sept fenêtres étroites. Compte tenu du climat de l'Iran, les intérieurs de mosquées iraniennes sont moins éclairés que dans l'architecture ottomane des mosquées[5].
La décoration est riche et variée dans ses matériaux : gypse, glaçure vitrifiée, terre cuite, mosaïque, faïence. L'entrée est ornée de terre cuite émaillée de couleur bleu foncé, avec des motifs géométriques formant des arabesques. La coupole est construite en briques d'argile posées en encorbellement. L'iwan de la salle principale est décoré de motifs en terre cuite en forme de croix et d'étoiles au-dessus desquels est placé un ruban horizontal contenant des inscriptions calligraphiques[6]. L'iwan principal (qui mène à la salle de prière), ainsi que les niches du tambour de la coupole, présentent un riche décor de muqaranas.
Trois de ses murs extérieurs présentent une structure, tandis que le mur sud (celui de la qibla) est nu[7]. L'entrée de la mosquée est haute et allongée, semblable à d'autres bâtiments de la période ilkhanat.
Histoire, jugement et restauration
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Le bâtiment de la mosquée a été achevé en 1322 de notre ère. Mais au XVe siècle la mosquée semble avoir été endommagée dans un accident, et elle a cessé d'être entretenue pendant les cinq siècles qui ont suivi. Jane Dieulafoy signale que lors de son passage sur place vers 1880, les Iraniens n'osaient pas fréquenter les lieux de crainte que le dôme s'effondre[8]. Une cinquantaine d'années plus tard, Robert Byron note dans La route d'Oxiane, en date du :
« De loin, [la mosquée de Varamin] fait penser à une abbaye ruinée — Tintern, par exemple. Mais au lieu de clocher, on voit ici une coupole coiffant un étage octogonal placé au-dessus de la salle du sanctuaire, à l'angle ouest. L'ensemble, bâti en briques café au lait, est vigoureux, bien proportionné, dépourvu de toute afféterie. Il en émane ce sentiment de contentement que n'a jamais su communiquer l'architecture de façade maure ou indienne. À l'intérieur, un mirhab [sic] en stuc reprend une technique déjà utilisée au Gonbab-é-Alavian (en) de Hamadan ; mais l'exécution est ici grossière et brouillonne. »
Le guide Nagel sur l'Iran, dirigé par Janine Sourdel-Thomine, souligne[9] que « [c]'est un modèle parfait du plan dit à quatre iwâns. Le côté ouest a disparu, mais le reste est en assez bon état, en particulier la partie sud. ». De son côté, le site Archnet conclut sa description de l'édifice par ces mots[10] :
« Pour la plupart des historiens de l'architecture contemporaine, la mosquée du vendredi de Varamin continue d'incarner la première cristallisation d'une mosquée à quatre iwans par les IlKhanides, mais aussi une monumentalité obtenue grâce à la délicatesse des ornements, à la richesse des matériaux utilisés et au jeu d'ombres et de lumières des éléments architecturaux sculpturaux. »
La mosquée a été inscrite sur la liste du patrimoine national en Iran en 1932. Elle a encore été fouillée par des archéologues dans les années 1960 et 1970 et restaurée dans les années 1980, puis 2000.
Notes et références
modifier- (fa) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en persan intitulé « مسجد جامع ورامین » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (fa) Mohammadi Yusuf Kiani, histoire de lart de l'architecture iranienne à l'époque islamique, Teheran, Cote, (ISBN 978-9-644-59122-8), p. 70
- ↑ (fa) Amini Muhammad Rizwan Humayun, Histoire sociale de Varamin, Varamin, Science et culture Sahib Al Zaman, (ISBN 9-640-61227-8), p. 132
- ↑ (fa) Nakhai Hussein, La mosquée Varamin : reconnaissance, processus de formation et évolution, Université Rosne et Shahid bahshti, (ISBN 978-9-643-34886-1), p. 69
- ↑ (fa) Mohammad Karim Pirnia, Style de l'architecture iranien, Téheran, Serush knowledge, (ISBN 9-649-61132-0)
- ↑ (en) George Michell (Ed.) et Anthony Hutt, Architecture of The Islamic World. Its History and Social Meaning, Londres; New York, Thames & Hudson, , 288 p. (ISBN 978-0-500-27847-5), p. 257
- ↑ (en) Arthur Upham Pope (Ed.) et Phyllis Ackerman (Assistant Ed.), A Survey of Persian Art from Prehistoric Times to The Present, Téhéran, Soroush Press, , p. 1052-1102.
- ↑ (fa) Nakhaī Ḥusayn, Mosquée Jāmi Varamin, Téhéran, Rowzani, (ISBN 978-9-643-34886-1), p. 69
- ↑ Jane Dieulafoy, La Perse, la Chaldée et la Susiane, Paris, Hachette, , 739 p. (ISBN 2-012-87546-7, lire en ligne), p. 141
- ↑ Janine Sourdel-Thomine et al., Iran, Genève - Paris - Munich, Nagel, 1978 (4e éd. revue et corrigée), 429 p. (ISBN 2-826-30019-9), p. 115
- ↑ Archnet 2019
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en) Archnet, « Masjid-i Jami' (Varamin) », sur archnet.org, (consulté le )Analyse du bâtiment et galerie de 58 photos.
- (en) Majid Ahsani et al. (et al.), « The Sense Of Unity In The Jameh Mosque Of Varamin. A Geometric Analysis », Journal of Islamic Architecture, vol. 7, no 3, , p. 371-377 (lire en ligne)
