Académie du renseignement
L'Académie du renseignement est l'école du renseignement français. Elle est placée sous l'autorité du Premier ministre.
| Surnom | ACADRE |
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| Fondation | |
|---|---|
| Type | École, service à compétence nationale |
| Tutelles | Premier ministre français |
|---|---|
| Réseau | Communauté française du renseignement et Académie de défense de l’École militaire |
| Directeur | Jean-François Gayraud |
| Langue(s) des cours | français |
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| Pays |
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| Site web | https://www.academie-renseignement.gouv.fr/ |
Elle est membre de la communauté nationale du renseignement et de l'Académie de défense de l’École militaire (ACADEM).
Il s'agit d'un service à compétence nationale, un des quatre de la communauté du renseignement avec la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), la cellule de renseignement financier nationale Tracfin et le service national du renseignement pénitentiaire (SNRP).
Histoire
modifierIl apparaît aux parlementaires français, au cours de la rédaction du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale 2008, qu'un cursus commun aux divers services de renseignement de premier plan, dans des domaines théoriques et pratiques, permettrait d'améliorer la formation des employés des services[1].
La réforme est mise en chantier à partir de . Elle fait figure de troisième étape dans la politique de restructuration du renseignement français. La première avait été la fusion des Renseignements généraux et de la direction de la Surveillance du territoire au sein de la DCRI (devenue direction générale de la Sécurité intérieure)[2], et la deuxième, la création d'un Conseil de défense et de sécurité nationale au palais de l'Élysée, présidé par le chef de l'État[3].
Le décret no 2010-800 paru au Journal officiel du porte création de l'Académie du renseignement[4]. Placée sous l'autorité du Premier ministre, elle est inaugurée par François Fillon[1]. Son premier directeur est François Chambon, réputé pour sa discrétion[5].
Les rapports parlementaires ultérieurs donnent des retours positifs sur l'académie. Le rapport de la délégation parlementaire au renseignement de , dirigé par Jean-Jacques Urvoas, propose une montée en puissance de l'académie en lui permettant de financer des thèses et de passer des accords de partenariat avec des écoles doctorales[6].
Organisation
modifierLe directeur de l'Académie du renseignement est nommé par arrêté du Premier ministre. Il a la qualité d'ordonnateur secondaire des dépenses et des recettes et adresse un bilan annuel de son activité au Premier ministre[4].
Le directeur de l'académie anime un comité pédagogique composé de représentants des directeurs des services de renseignement liés à l'établissement[4] : par exemple, les conseillers qualité de vie au travail et développement professionnel.

Un comité d'orientation et d'évaluation, présidé par le coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme ou son représentant, fixe les orientations de l'académie du renseignement et évalue son action[4]. Il comprend, outre son président :
- un représentant du Premier ministre ;
- les directeurs des services de renseignement ou leurs représentants ;
- le directeur de l'Académie du renseignement.
Le comité d'orientation et d'évaluation se réunit au moins deux fois par an. Le secrétariat en est assuré par l'Académie du renseignement.
Le site d’enseignement est l’École militaire à Paris.
Activités
modifierServices de renseignement liés
modifierL'école du renseignement français assure la formation des nouvelles recrues des services de renseignement suivants :
- la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) ;
- la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) ;
- la direction du Renseignement militaire (DRM) ;
- la direction du renseignement et de la sécurité de la Défense (DRSD) ;
- la DNRED ;
- la cellule de renseignement financier nationale Tracfin ;
- le SNRP.
Cursus
modifierLe contenu des cursus de l'académie est placé sous le sceau du secret de la défense nationale. Elle proposerait trois voies différentes : une formation initiale, à destination des nouvelles recrues des services ; des séminaires thématiques pour les fonctionnaires déjà en poste ; et un cycle de perfectionnement pour les cadres supérieurs à haut potentiel (cycle des hautes études)[1]. Ce cycle de perfectionnement serait lui-même divisé en plusieurs filières. La dernière d'entre elles aurait été fondée en et serait une formation en analyse pour les cadres[7].
La formation initiale disposerait d'un tronc commun avec des cours sur l'histoire du renseignement, panorama des menaces, règles du secret, encadrement juridique, éthique, organisation du renseignement et insertion dans le fonctionnement de l’État, sanctionné par un diplôme reconnu. L'école accueille, en , une nouvelle promotion de quatre-vingt jeunes cadres tous les six mois[8]. En , elle forme 800 personnes, et en , 1 200 personnes[9].
Production de connaissances
modifierL'académie a pour objectif plus large la diffusion de la culture du renseignement en France. Elle décerne à ce titre un prix annuel à des travaux de recherche dédiés au renseignement français[4]. Elle organise également un Grand Prix pour récompenser les œuvres françaises de fiction en lien avec le renseignement. Elle organise également des colloques, quoique cette activité reste sporadique[1]. Elle organisait des séminaires à l'École nationale d'administration et en organise à l'École nationale de la magistrature[10]. Elle crée à Sciences Po Saint-Germain un diplôme d'établissement dédié au renseignement et aux menaces globales[11],[12].
Directeurs
modifier- - : François Chambon, administrateur général de l'État[5].
- depuis le : Jean-François Gayraud, commissaire général de la police nationale[13],[14].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 Inchaurraga 2018.
- ↑ « Discours du ministre de l'Intérieur français du ».
- ↑ Décret no 2009-1657 du relatif au conseil de défense et de sécurité nationale et au secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale.
- 1 2 3 4 5 Décret no 2010-800 du portant création de l'académie du renseignement.
- 1 2 Pablo Baron, « C'est quoi “L'académie du renseignement” au cœur de la nouvelle série de France 2 ? », sur VL Média, .
- ↑ Jean-Jacques Urvoas, Rapport de la Délégation parlementaire au renseignement relatif à l'activité de la délégation parlementaire au renseignement pour l'année 2014, Assemblée nationale, (lire en ligne).
- ↑ Judith Blanes, « L'Académie du renseignement étoffe son catalogue de formations en s'adressant aux cadres analystes », dépêche no 640274
, AEF info, (consulté le ). - ↑ Jean-Jacques URVOAS, « Rapport d'information de l'Assemblée nationale », Rapport de l'Assemblée nationale, (lire en ligne)
- ↑ Antoine Izambard, « 1.200 agents formés en : l'académie des espions français monte en puissance »
, Challenges, (consulté le ). - ↑ Christophe Soullez, Le renseignement : histoire, méthodes et organisation des services secrets, Paris, Eyrolles, , 175 p. (ISBN 978-2-212-56584-3), p. 121 (lire en ligne
, consulté le ). - ↑ « Nouveau partenariat avec l'Académie du renseignement ! Sciences Po Paris propose à ses étudiants un séminaire de recherche interdisciplinaire sur le renseignement et les sociétés démocratiques », Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, (consulté le ).
- ↑ Jean Guisnel, « Services secrets : les espions entrent à l'université »
, Le Point, . - ↑ Paul Idczak, « Jean-François Gayraud prend les rênes de l'Académie du renseignement »
, Acteurs publics, . - ↑ Franck Renaud, « France : À l'Académie du renseignement, Jean-François Gayraud, formateur en chef des espions français »
, sur Intelligence Online, (consulté le ).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Gaëlle Inchaurraga, « Académie du renseignement », dans Hugues Moutouh (dir.) et Jérôme Poirot (dir.), Dictionnaire du renseignement, Paris, Perrin, , 848 p. (ISBN 978-2-262-07056-4 et 978-2-262-08657-2), p. 233–236 (DOI 10.3917/perri.mouto.2018.01.0035, lire en ligne
) (lire en ligne
).