Acivaanjila
Acivaanjila Ire (lusitanisée en Achivanjila), née Aluzi Apitigombe dans la région du lac Malawi, morte en 1926, est une souveraine affranchie yao. Elle s’établit dans le district de Majune à partir des années 1880. Au XXIe siècle, son titre continue d’être porté dans la province de Niassa.
| Décès | |
|---|---|
| Sépulture | |
| Activité |
Reine (à partir des années 1860) |
| Conjoint |
Mataka Nyambi (d) |
Biographie
modifierAluzi Apitigombe naît au XIXe siècle dans la région qui devient au XXe siècle le Malawi. Elle vit dans le territoire du chef Makaanjila. Le roi yao Mataaka Ier, qui est en guerre contre Makaanjila, prend Apitigombe comme prisonnière et la réduit au rang d’esclave. Après la mort de Mbuumba, qui était la femme principale de Mataaka Ier, Apitigombe devient première épouse du roi yao vers 1870. Elle prend le nom d’Acivaanjila. Mataaka Ier meurt de maladie en 1879. Acivaanjila se détache alors de la nouvelle cour royale qui se forme autour de Mataaka II, et s’établit dans la région de Majune. Là, elle se place sous la protection de Matoola Ier. Acivaanjila s’oppose à la colonisation ainsi qu’à tout accord avec les Portugais. Ces derniers la capturent en 1902 et 1917, mais elle persiste à leur résister. Elle meurt en 1926[1].
Postérité
modifierAprès la mort d'Acivaanjila, son nom est hérité par une autre femme, et donne lieu à une nouvelle lignée de noblesse. Les successeuses n'ont pas besoin de descendre d'Acivaanjila : elles sont élues par un conseil d'anciens[2]. Suite à l’indépendance du Mozambique, la tombe d’Acivanjila est reconnue monument national[1]. Paulina Chiziane raconte la vie d'Acivaanjila dans son roman publié en 2013 avec Rasta Pita, Por Quem Vibram os Tambores do Além[2]. En 2024 a lieu le premier festival Rainha Achivanjila à Majune[3],[4].
Références
modifier- 1 2 (pt) Andrea Vacha, Manuel Vene, « Memoriais como recursos didáticos para o Ensino de história da resistência anti-colonial em Moçambique: análise dos monumentos Acivaanjila e Ngungunhane », Capoeira–Revista de Humanidades e Letras, vol. 9, no 1, , p. 386‑416 (lire en ligne)
- 1 2 (pt-BR) Thiago de Araujo Folador, « Reconciliar com o passado: articulações entre literatura e história em Por quem vibram os tambores do além (2013) de Paulina Chiziane e Rasta Pita », Revista Crioula, no 20, , p. 401‑422 (ISSN 1981-7169, DOI 10.11606/issn.1981-7169.crioula.2017.137513, lire en ligne)
- ↑ (pt) Conceição Matende, « Niassa: Festival homenageia Rainha Achivanjila », Deutsche Welle África, (lire en ligne)
- ↑ (en) Conceição Matende, « Mozambique’s queen Achivanjila who fought colonialism », Deutsche Welle África, (lire en ligne)
Bibliographie
modifier- (en) Benigna Zimba, « « Achivanjila I » and the Making of the Niassa Slave Routes », dans Slave Routes and Oral Tradition in Southeastern Africa, Filsom Entertainment, (OCLC 81149650)
- (pt) Benigna Zimba, « As rotas da Raínha Achivanjila: género e resistência à escravatura no norte de Moçambique, finais do século XIX e princípios do século XX », Revista Internacional em Língua Portuguesa, vol. 28‑29, , p. 221‑238 (ISSN 1518-8434)
- (pt) Manuel Vene, Liderança feminina no Estado Mataaka: mitos e poderes da Rainha Acivaanjila de Majuuni (séc. XIX–XX), Lichinga, Instituto de Investigação SócioCultural,