Adalbert Ier d'Ivrée
Adalbert Ier d'Ivrée (mort entre et ), margrave (marquis d'Ivrée) en Italie, issu de la lignée des Anscarides.
| Margrave (marche d'Ivrée) | |
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Date et lieu inconnus |
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Entre le et le |
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| Famille | |
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NN (d) |
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| Enfants |
Bérenger II Anschaire de Spolète Bertha Anscarica abbess of Modena (d) |
Sous son règne apparaît pour la première fois le titre de marquis, dans un acte du , dans lequel on peut lire : Ego Adalbertus gratia Dei humilis marchio hic in Italia (« Moi Adalbert par la grâce de Dieu marquis ici en Italie »)[1],[2].
Biographie
modifierOrigines
modifierAdalbert (Adelberti), parfois sous les formes Albert[3] ou Aubert[4], est le fils du marquis (margrave) Anschaire Ier d'Ivrée, ancien comte d'Oscheret (v.867-887) dans le royaume de Bourgogne, et premier marquis (margrave) d'Ivrée en Italie (898/902), fondateur de la maison d'Ivrée)[4],[3],[5]. Sa mère reste inconnue[5].
Dans un document de donation des fortifications d'Asti en 924 par le roi Rodolphe envers le vicomte Otbert, apparaissent comme "intervenants" Ermengarde et les enfants d'Adalbert, Bérenger et Anschaire, qui y sont définis comme incliti comites, ce qui laisse penser que les deux princes devaient être à la tête d'un comté mineur. Certains spécialistes pense qu'Anschaire devait gouverner le comté d'Asti et Bérenger celui de Turin.
Action politique
modifierAdalbert succède à son père, entre 896[4] et 902[3],[5].
Au cours de la guerre civile intermittente qui touche l'Italie de 888 à 930, Adalbert s'est d'abord efforcé de rester neutre mais à partir de 901, il va prendre parti pour chaque prétendant victorieux au trône d'Italie : lorsque Louis de Provence envahit l'Italie, il ne bouge pas mais après le couronnement de Louis comme empereur en 901, il reconnaît son autorité. Après la défaite de Louis face à son rival, Bérenger Ier en 902, Adalbert change de camp. Peu de temps après, en 903 au plus tard, il épouse Gisèle de Frioul, la fille de Bérenger, ce qui est peut-être le prix de son allégeance. Bien qu'Adalbert ne soit présenté comme ayant un lien de parenté avec le roi dans aucune des chartes de ce dernier jusqu'au et que son mariage ne soit pas explicitement mentionné avant le , il doit avoir eu lieu environ quinze ans avant que leur fils aîné se soit vu accorder un comté et un titre de missus dominicus en 918.
En 905, il se bat à nouveau pour l'empereur Louis contre Bérenger. Après sa défaite, Adalbert est exilé au royaume de Bourgogne, d'où il est originaire. Il retourne ensuite se battre en Italie pour le roi de Bourgogne et d'Italie Rodolphe II.
En 916-917, sa principale préoccupation sont les raids lancés par les Sarrasins contre ses terres.
En 920–21, il rejoint les nobles, nombreux comme lui d'origine bourguignonne, qui soutiennent la candidature du roi Rodolphe II au trône d'Italie. Adalbert, accompagné de Lambert, archevêque de Milan et du comte Gilbert de Bergame, rassemble des troupes dans les montagnes à l'extérieur de Brescia dans l'intention de marcher sur Vérone et de capturer Bérenger. Lorsque ce dernier a vent du plan, il envoie une troupe de mercenaires hongrois encercler les conspirateurs et les attaquer par l'arrière. Au bord de la défaite, Adalbert échange ses vêtements avec l'un de ses soldats et paie sa propre rançon à bas prix. Fin 921, Rodolphe entre en Italie et est reconnu roi dans la marche d'Ivrée et l'archidiocèse de Milan. Bien qu'Adalbert ait fait quelques apparitions à la cour de Rodolphe au début, il ne l'a jamais fréquentée aussi souvent que son épouse et ses deux fils.
Après l'accession au trône italien de son beau-frère Hughes, les apparitions d'Adalbert dans les archives deviennent rares. Il n'a apparemment joué aucun rôle dans la déposition de Rodolphe et dans la proclamation de Hugues. Il était alors probablement gravement malade puisque Liutprand de Crémone, écrivant en 924-925, le pensait déjà défunt. Ses dernières actions connues, peu de temps avant sa mort la même année, avec pour témoin le roi Hughes, le , consiste dans des dons aux bénédictins de l'abbaye de Novalaise, réfugiés à Turin, de terres à Breme et de l'église Saint-André (Sant’Andrea), futur sanctuaire de la Consolata[6].
Famille
modifierAdalbert se marie deux fois[3]. Il épouse, vers 898/900, Gisèle (Gile/Gisla) de Frioul (en) († v. /15), fille du roi Bérenger Ier d'Italie[4],[3],[5]. Ils ont :
- Bérenger II († ), margrave d'Ivrée, puis roi d'Italie ;
- Berthe, abbesse de Modène.
Sa première épouse meurt vers 910/15, il se remarie vers 911/14 avec Hermengarde/Ermengarde de Toscane (en) († apr. )[4], fille d'Adalbert II, marquis de Toscane, et de Berthe, fille de Lothaire II et veuve de Théobald d'Arles[3],[5], dont :
- Anschaire de Spolète (915-940) (duc de Spolète de 924 à 940).
Notes et références
modifier- ↑ Léon Ménabréa, Des origines féodales dans les Alpes occidentales, Imprimerie royale, , 596 p., p. 143.
- ↑ (it) Carlo Maria Cipolla, Monumenta novaliciensia vetustiora. Raccolta degli atti e delle cronace riguardanti l'abbazia delle Novaleza, Recueil des actes et des chroniques de l'abbaye de la Novalèse, vol. I, Rome, 1901, n°36, p. 98-101 (lire en ligne sur le site Internet telma-chartes.irht.cnrs.fr).
- 1 2 3 4 5 6 Georges de Manteyer, « Les origines de la maison de Savoie en Bourgogne (910-1060) », Mélanges de l'École française de Rome, no 19, , p. 495-497 (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 Maurice Chaume, Les origines du duché de Bourgogne : Partie 1, Dijon, Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, , 539 p. (lire en ligne).
- 1 2 3 4 5 MedLands, p. Adalberto d'Ivrea.
- ↑ (it) La chiesa di S. Andrea di Torino, ora santuario della Consolata, Giampietro Casiraghi, IMC (Institut missionnaire de la Consolata), sur giuseppeallamano.consolata.org
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Margherita Giuliana Bertolini, « Anscario », dans Dizionario biografico degli Italiani, t. III, Roma, Treccani, , p. 373-375.
- Maurice Chaume, Recherches d'histoire chrétienne et médiévale : mélanges publiés à la mémoire de l'historien avec une biographie, Dijon, Académie des sciences, arts et belles-lettres, , 350 p. (lire en ligne).
- (de) ouvrage, Franken, Alemannen, Bayern und Burgunder in Oberitalien, 774-962 : Zum Verständnis der fränkischen Königsherrschaft in Italien, Freiburg im Breisgau, E. Albert, .
- (en) Wickham, Chris. Early Medieval Italy: Central Power and Local Society, 400–1000. London: MacMillan Press, 1981.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- (en) Charles Cawley, « Northern Italy (1) Chapter 5. Counties in Piemonte and Val d'Aosta C. Marchesi d'Ivrea », sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2025, dont la notice Adalberto d'Ivrea.
