Addi Bâ

résistant de la Seconde Guerre mondiale

Mamadou Hady Bah, plus connu sous le nom d'Addi Bâ[a], né à Pelli-Foulayabé, dans la région du Fouta-Djalon, en Guinée française en , et mort fusillé le à Épinal en France, est un soldat français, d'origine peule, et héros de la Résistance. Engagé volontaire dans l'armée française, il est arrêté par les Allemands en . Il s'évade, et se réfugie dans plusieurs villages des Vosges, en particulier Tollaincourt, où il se lie avec les habitants. Au printemps , il devient chef du maquis de la Délivrance, premier maquis des Vosges, créé avec Marcel Arburger dans le but de permettre aux jeunes hommes d'échapper au Service du travail obligatoire (STO). Dénoncé, Addi Bâ est arrêté en juillet, torturé, condamné à mort et fusillé par les nazis.

Addi Bâ
Addi Bâ avec son fameux sabre à Tollaincourt (Vosges) devant la maison qu'il occupait, vers 1941-1942.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Mamadou Hady BahVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnoms
Terroriste noir, Der schwarzeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Membre de
Grade militaire
Porte-étendard (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Tombée dans l'oubli, la mémoire d'Addi Bâ est entretenue à partir de la fin des années 1980 par les efforts d'un ancien officier de l'infanterie coloniale, le colonel Rives. En , Addi Bâ reçoit à titre posthume la médaille de la Résistance. Sa vie inspire le romancier guinéen de langue française Tierno Monénembo, qui publie en , Le Terroriste noir, roman dont le titre reprend le nom donné à Addi Bâ par la propagande de l'occupant allemand, très librement adapté en par Gabriel Le Bomin dans le film Nos patriotes.

Biographie

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Mamadou Hady Bah naît dans le village de Pelli Foulayankés (en pular la montagne des Peuls) en Guinée, dans la région du Fouta Djalon, de Hawa et Thierno Ibrahima Bah. Il a trois frères et une sœur. Sa date de naissance n'est pas connue avec précision. Selon l'état civil établi en , dix ans après sa mort, à la suite de démarches réalisées par ses proches dans le but de faire valoir leurs droits à une pension militaire, il serait né en . Son dossier militaire, en revanche, indique l'année . Quant à son acte de décès, enfin, celle de . Le jour de sa naissance n'est pas connu : la date du présente sur son acte de décès ne témoigne que du souci de l'administration française de fournir une date complète, lequel a fait naître de très nombreux Africains le jour de Noël, du Nouvel An ou du . Le journaliste Étienne Guillermond indique que ses recherches tendent à faire apparaître la date de comme la plus probable[1].

Arrivé en France en - dans la famille d'un percepteur colonial, Addi Bâ séjourne un an à Langeais en Indre-et-Loire en tant que domestique[2] avant de rejoindre Paris. Il s'engage dans l'armée française en où il fait partie du 12e régiment de tirailleurs sénégalais. Fait prisonnier, il parvient à s'échapper et rejoint avec d'autres le maquis des Vosges en .

En , il fait passer une quarantaine de tirailleurs en Suisse[2] ; il est trahi et arrêté le par les Allemands lors de l'attaque du maquis du camp de la Délivrance. Torturé, il ne parle pas[2]. Il est fusillé le à Épinal sur le plateau de la Vierge, en même temps que le chef du maquis Marcel Arburger.

Addi Bâ au maquis en compagnie de deux réfractaires, André Munier et Paul Henrion, dans le maquis de la Délivrance au printemps, .

Il reçoit le la médaille de la Résistance à titre posthume[3].

Postérité

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En , l'ex-footballeur Lilian Thuram consacre un chapitre à Addi Bâ dans son ouvrage Mes étoiles noires (portant sur les grandes personnalités noires de l'histoire)[4],[5]. Sa vie a été racontée, d'une manière romanesque, par Tierno Monénembo dans son roman Le Terroriste noir (prix Erckmann-Chatrian, Grand prix du roman métis et prix Ahmadou-Kourouma), paru aux éditions du Seuil, en . En , Étienne Guillermond publie Addi Bâ, résistant des Vosges, aux éditions Duboiris, le résultat de dix années d'enquêtes sur les traces du jeune Guinéen.

Gabriel Le Bomin réalise le film Nos patriotes, un long métrage qui retrace l'histoire d'Addi Bâ[6], tourné notamment au fort d'Uxegney[7], sorti en [8].

Une rue de Tollaincourt et une autre de Langeais honorent sa mémoire. Une esplanade Mamadou-Addi-Bâ est inaugurée à Épinal le , jour du 80e anniversaire de sa mort[9],[10].

La 47e promotion (-) de l'Institut régional d'administration de Lyon l'a choisi comme nom de baptême pour honorer sa mémoire.

Le rappeur Furax Barbarossa le cite en exemple dans son morceau Milliard, paru sur l'album Caravelle () : « Parle-leur de collabos, du résistant Addi Bâ[11] ».

En puis en , dans un contexte de montée du racisme et de l'extrême droite en France, le portrait d'Addi Bâ sur un panneau lui rendant hommage à La Vacheresse-et-la-Rouillie est criblé de balles[12],[13].

Distinction

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Notes et références

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  1. La graphie « Addy Bâ » est une déformation du véritable nom peul de Mamadou Hady Bah (Guillermond 2013, p. 8).

Références

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  1. Guillermond 2013, p. 39.
  2. 1 2 3 Michelle Zancarini-Fournel, Les luttes et les rêves : Une histoire populaire de la France de à nos jours, Paris, Zones (La Découverte), , 995 p. (ISBN 978-2-35522-088-3 et 978-2-35522-114-9, lire en ligne Accès limité), chap. 15 (« Années noires, années rouges (-) »), p. 675.
  3. « Addi Bâ : le roman d'un héros », La Nouvelle République, (consulté le ).
  4. Lilian Thuram, « Addi Bâ. Le soldat inconnu », extraits de ce chapitre, L'Humanité, (version du sur archive.org).
  5. Site consacré à Addi Bâ, réalisé par le journaliste indépendant Étienne Guillermond.
  6. Fabien Lemercier, « Tournage imminent pour Nos patriotes de Gabriel Le Bomin », sur cineuropa.org, .
  7. Célia Klein, « La dernière du tournage de « Nos patriotes » au fort d'Uxegney [en images] », sur epinalinfos.fr, (archivé sur archive.org).
  8. Jacques Mandelbaum, « « Nos patriotes » : portrait d’un jeune Sénégalais tombé pour la France », Le Monde, (consulté le )
  9. J-C.P., « Une soirée d'échanges autour d'Addi Bâ et du film Nos patriotes aux Cinés Palace d'Épinal », Vosges Matin, (consulté le ).
  10. « Hommage à un héros de la Résistance », Épinal : votre magazine municipal, no 13, , p. 8.
  11. « Furax Barbarossa – Milliard », sur Genius (consulté le ).
  12. « Le portrait du résistant maquisard Addi Bâ vandalisé par un tir de balle pour la seconde fois » [vidéo] (extrait du journal télévisé de France 3 Grand Est), sur YouTube, .
  13. Yannick Antoine, « Le portrait du maquisard guinéen Addi Bâ touché de nouveau par des tirs à La Vacheresse-et-la-Rouillie », Vosges Matin, .

Voir aussi

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Bibliographie

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Vidéograpie

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Article connexe

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  • Nos patriotes, film sorti en sur l'action d'Addi Bâ durant la Résistance.

Liens externes

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