Adelaide Coari

syndicaliste féministe et catholique italienne

Adelaide Coari, née le et morte le est une enseignante, syndicaliste et militante sociale catholique italienne.

Adelaide Coari
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Rovegno ou MilanVoir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

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Enfance et éducation

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Adelaide Coari naît à Milan le dans une famille de la petite bourgeoisie très catholique[1] ; son père, Carlo, est négociant en bois et sa mère s'appelle Anna Isola. Toute sa vie, l'aspect religieux prend beaucoup de place dans ses choix politiques et pédagogiques[2].

Féminisme

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Adelaide Coari obtient son diplôme d'institutrice en 1899[3] auprès d'une université publique[1].

En 1901, deux ans après avoir obtenu son diplôme d'études secondaires, elle devient enseignante. Elle cumule deux postes : institutrice à l'école publique rurale de Cascina et secrétaire de rédaction du magazine mensuel L'Azione muliebre, de la Lega Cattolica Femminile[2]. L'Azione muliebre, fondé en 1901, est considéré comme le premier organe de presse du féminisme catholique milanais naissant[1]. Il lutte pour la protection des jeunes femmes, des travailleuses et des émigrées, y compris dans la lutte contre la traite des femmes blanches, mais ne souhaite pas modifier les lois régissant les rapports entre les sexes[2]. Le journal soutient le Comité italien pour la protection des jeunes filles, fondé en juin 1902 à Milan[2].

Fin 1902, elle fonde le Fascio démocratique milanais, un groupe féministe chrétien, aux côtés d'Adele Colombo, d'Angiolina Dotti et de Pierina Corbetta. Le groupe a une cinquantaine de membres à ses débuts, la plupart étant des étudiantes ou de jeunes institutrices. Elles ne parviennent jamais à exprimer un programme de revendications complet ; elles insistent sur l'importance de l'éducation, de la culture, ainsi que davantage de droits civiques pour les femmes, mais ne se mettent pas d'accord sur les moyens à mettre en œuvre pour les atteindre, excepté la création d'une organisation de femmes catholiques[1],[2]. Adelaide Coari participe également de façon ponctuelle au magazine féministe La Donna, hebdomadaire de formation et de propagande du Fascio[1],[2].

En , Adelaide Coari participe au congrès de Bologne de l'Opera dei Congressi, où est décidée la création d'une branche féminine dont elle écrit les statuts[2]. Il s'agit du Gruppo di Donne Democratiche Cristiane (« Groupe des femmes démocrates chrétiennes »), inspiré par la pensée de Romolo Murri[4].

En 1904, Adelaide Coari est très critiquée par le nouvel assistant ecclésiastique de la revue, don Mariani, qui la juge trop extrémiste en raison de sa participation au fascio démocratique. Elle décide de cesser de collaborer avec L'Azione muliebre[2]. Don Mariani lui reproche particulièrement son engagement pour les femmes du peuple contre le patronat ; la directrice de rédaction, Maria Baldo Maggioni, estime quant à elle que les associations féministes doivent être gérées par des bourgeoises et laisser de côté les questions sociales ouvrières, une vision incompatible avec celle de Coari[2]. Le Fascio féminin dont elle fait partie inclut aussi Angiolina Dotti, Adelina Meletti, Pierina Corbetta et Adele Colombo[1].

En de la même année, le Fascio la nomme directrice de rédaction du nouveau bi-hebdomadaire féminin Pensiero e Azione, fondé le suivant, qui promeut la syndicalisation des femmes ouvrières et leur éducation[1],[2]. Le journal adopte immédiatement des positions plus progressistes que L'Azione muliebre, s'exprimant notamment pour le droit de vote des femmes en 1905, à l'inverse de L'Azione muliebre[2]. Cette année-là, Adelaide Coari participe à de nombreuses initiatives d'éducation populaire, allant des cercles d'étude aux écoles pour adultes analphabètes. En plus de Pensiero e Azione, elle crée un supplément bi-hebdomadaire nommé Le pagine dell'operaia. Dans la deuxième moitié de l'année, elle organise des actions de solidarité pour les victimes des séismes de Cosenza et Catane[2]. Enfin, elle s'implique dans la Federazione femminile milanese democratica cristiana[1].

En 1907, Adelaide Coari présente le « programme féministe minimal » au congrès milanais des femmes du mouvement démocrate-chrétien[5], dans lequel elle demande le droit de vote administratif pour les femmes[4] ainsi que leur autonomie d'administration des biens. Ces propositions ont pour but de trouver des rapprochements avec les organisations féministes non catholiques[1]. Elle participe aussi à la Federazione delle Donne (« Fédération des femmes ») de Milan, à laquelle s'opposent les autorités religieuses[2]. En 1908, celles-ci commencent à entraver Pensiero e Azione, qu'elles considèrent comme trop moderniste[2] : les mentors du journal, Giacomo Radini-Tedeschi et Andrea Carlo Ferrari[1], sont considérés comme responsables des propos tenus par les rédactrices, qualifiés de « quasi-hérétiques » en raison de l'affinité de ces dernières pour le modernisme. Les autorités religieuses commencent à faire pression sur Adelaide Coari pour qu'elle abandonne son activité[1],[2],[3]. Le Saint-Siège considère en effet que les activités des organisations féministes et syndicalistes milanaises affaiblissent le pouvoir de l'Église[1].

En , après la publication du dernier numéro de Pensiero e Azione, Adelaide Coari abandonne le syndicalisme pour se consacrer à l'enseignement et aux œuvres caritatives[2],[3],[6]. Elle s'éloigne de Radini-Tedeschi et de Ferrari et se rapproche de don Carlo Grugni, nommé assistant du Fascio féminin en 1901 qui l'a toujours soutenue[1].

Enseignement et œuvres caritatives

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En 1909, Adelaide Coari commence à réfléchir à l'enseignement « sans méthode », qu'elle essaie de systématiser. Elle considère comme essentiel d'enseigner sans programme scolaire établi, partant des expériences de l'enfant en s'efforçant d'être à l'écoute de ses centres d'intérêts. Selon sa « méthode naturelle », l’éducateur agit avant tout par inspiration divine et ne doit donc pas se placer en expert mais plutôt en guide moral[2].

Elle prend contact avec d'autres écoles pionnières. En 1907, elle rend visite à la « maison de l'enfant » de Rome tenue par Maria Montessori, dont elle a lu et apprécié les publications. Mais après sa visite, elle se dissocie complètement de Montessori, critiquant son laïcisme et l'anti-autoritarisme qui transforme l'éducateur en simple observateur[2]. Elle visite ensuite « l'école renouvelée » de Giuseppina Pizzigoni (it), à qui elle reproche la rigidité de la préparation des leçons, qui force les enfants à apprendre de façon passive. Enfin, en 1910, elle visite les écoles Montesca d'Alice Franchetti (it) et en repart avec un avis très positif. Elle retrouve enfin le militantisme chrétien auquel elle tient dans les travaux théoriques de Giuseppe Lombardo Radice ; elle accepte plus tard de travailler avec lui, le seul cas de collaboration qu'elle ait accepté[2].

En 1909, Adelaide Coari se rend dans le Mezzogiorno pour y apporter du soutien aux victimes du séisme du 28 décembre 1908 à Messine et en Calabre[2].

En , le sénateur Leopoldo Franchetti l'invite à intégrer une commission pour la création d'un nouvel institut agricole et industriel dans les régions les plus touchées. Toujours dans le Sud de l'Italie, il la choisit pour diriger une école d'institutrices, mais exige qu'elle adopte la méthode Montessori. Franchetti défend une forte laïcisation de l'école[2] et elle refuse le poste car il est incompatible avec ses valeurs chrétiennes. Toujours la même année, elle publie à Milan une biographie de Niccolò Tommaseo, dont elle partage certaines théories pédagogiques ; la préface est d'Antonio Fogazzaro[2].

En 1913, Adelaide Coari retourne à Milan. Elle reprend l'enseignement jusqu'en juillet 1915. À cette date, elle est invitée à Udine par Giovanni Semeria pour prêter assistance aux soldats blessés de la première Guerre mondiale[2]. En octobre 1916 elle reprend l'enseignement à Milan et devient rapidement inspectrice en école élémentaire. À partir de 1917, elle travaille pour une bibliothèque nomade à destination des instituteurs et soutient la création du Gruppo d'azione per le scuole del popolo, syndicat et association de formation des instituteurs catholiques[2].

De 1926 à 1934, Adelaide Coari redevient directrice centrale des écoles rurales de Lombardie. En , toujours à Milan, elle organise une série de cours à caractère religieux pour les institutrices en milieu rural, le « cénacle de Lentate »[2].

En 1934, le Parti national fasciste fait interdire les rassemblements d'instituteurs en dehors de ses propres rangs, ce qui interrompt l'activité du cénacle. La même année, Adelaide Coari adhère au parti fasciste. Elle reste institutrice jusqu'à sa retraite en 1939 puis déménage à Rovegno[2]. Elle s'occupe de l'Opera dei figli di don Orione, association caritative locale, et met en ordre ses notes sur la pédagogie et ses expériences d'enseignement[2].

En 1962, elle publie à Brescia le livre Ho cercato la mia scuola. Spirito e tecnica (« J'ai cherché mon école. Esprit et technique ») qui rassemble ses anecdotes personnelles[2]. Ses notes personnelles contiennent aussi une analyse non publiée de l'Introduction à la vie dévote de François de Sales ; elle y parle de l'importance des relations libres avec les autorités religieuses, sans lien de soumission mais basées sur un respect réciproque[1].

Adelaide Coari meurt à Rovegno ou à Milan le [2].

Publication

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Postérité

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Ses archives en 178 volumes sont conservées par la Fondation Jean XXIII pour les sciences religieuses à Bologne[3].

Notes et références

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(it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Adelaide Coari » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 (it) Isabella Pera, « Relazioni spirituali tra obbedienza e desiderio di autonomia nel percorso di Adelaide Coari (1881-1966) », Mélanges de l’École française de Rome - Italie et Méditerranée modernes et contemporaines, École française de Rome, nos 128-2,‎ 2016/déc./01 (ISSN 1123-9891, DOI 10.4000/mefrim.2705, lire en ligne, consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 (it) Silvia Gazzola, « COARI, Adelaide », dans Dizionario biografico degli Italiani, vol. 26, (lire en ligne Accès libre) (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 (it) « Ricognizione dell'archivio di Adelaide Coari » Accès libre, sur Soprintendenza archivistica e bibliografica dell'Emilia-Romagna (consulté le ).
  4. 1 2 (it) Rossi-Doria, Diventare cittadine: il voto delle donne in Italia, Taylor & Francis, (ISBN 978-88-09-20908-4, lire en ligne).
  5. ↑ Federica Re David, « Celles qui ont fait la différence », sur L'Osservatore Romano (consulté le )
  6. ↑ (en) Giovanna Farrell-Vinay, Biographical Dictionary of European Labor Leaders, Greenwood Publishing Group, (ISBN 978-0-313-26456-6, lire en ligne), p. 209.

Bibliographie

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  • (it) Paola Gaiotti De Biase, Le origini del movimento cattolico femminile, Brescia, Morcelliana,, coll. « Biblioteca di storia contemporanea », , 205 p. (ISBN 9788837218614 et 8837218613, OCLC 51257443, lire en ligne).
  • (it) Carla Francesca Ghizzoni, « Adelaide Coari. Fede, femminismo e scuola: una vita per gli altri », dans Dizionario biografico e tematico delle donne in Italia, vol. 2, ITA, (ISBN 978-88-12-01334-0, lire en ligne), p. 153-155.

Voir aussi

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Liens externes

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