Adrien Prax-Paris
Adrien Prax-Paris, né le à Montauban et mort le en son château du Treilhou, est un homme politique français.
| Adrien Prax-Paris | |
Portrait photographique de Paul Bacard. | |
| Fonctions | |
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| Député français | |
| – (31 ans, 3 mois et 23 jours) |
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| Élection | 8 février 1871 |
| Réélection | 20 février 1876 14 octobre 1877 21 août 1881 4 octobre 1885 22 septembre 1889 20 août 1893 8 mai 1898 |
| Circonscription | Tarn-et-Garonne |
| Législature | Ire, IIe, IIIe, IVe, Ve, VIe et VIIe (Troisième République) |
| Groupe politique | Appel au peuple (1871-1885) Union des Droites (1885-1893) Ralliés (1893-1898) |
| Successeur | Charles Capéran |
| – (1 an, 3 mois et 12 jours) |
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| Élection | 23 mai 1869 |
| Circonscription | Tarn-et-Garonne |
| Groupe politique | Centre droit |
| Conseiller général de Tarn-et-Garonne | |
| – (31 ans) |
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| Circonscription | Canton de Caussade |
| Prédécesseur | Edmond Saint-Maurice |
| Successeur | Henri Courtois |
| Maire de Montauban | |
| – (11 ans) |
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| Prédécesseur | J. Chateau |
| Successeur | Félix Lagravère |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Joseph Marie Adrien Prax |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Montauban |
| Date de décès | (à 79 ans) |
| Lieu de décès | Caussade |
| Nationalité | Française |
| Profession | Propriétaire terrien |
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Biographie
modifierIssu d’une ancienne famille de Montpezat du Quercy, ce fils d’un riche négociant a fait ses études dans cette ville, et s’est ensuite occupé presque exclusivement d’économie politique[1]. Élu conseiller général de Tarn-et-Garonne, pour le canton de Caussade, en 1858, il est réélu en 1867, et restera en poste jusqu’en 1892. En 1860, à peine âgé de 31 ans, il accède à la fonction de maire de sa ville natale, poste qu’il occupera jusqu’au [2].
Candidat officiel à la députation, il est élu dans la première circonscription Tarn-et-Garonne, de 1869 à 1870. Siégeant avec la majorité dynastique, il fait adopter, en , un amendement réduisant le contingent de dix mille hommes[3], puis vote la déclaration de guerre à la Prusse, qui amène la chute du Second Empire[4]. Lors de la proclamation de la Troisième République française, le , il quitte ses fonctions[5].
Fidèle au régime déchu, il pose sa candidature aux élections à l’Assemblée nationale, en 1871. Vivement combattu par le préfet de Tarn-et-Garonne, Pierre Flamens (d), qui fait déchirer ses affiches et confisque ses professions de foi et ses bulletins à la poste, il n’en est pas moins élu, et rejoint le groupe bonapartiste de l'Appel au peuple, dont il est l’un des fondateurs, et déploie un réel pouvoir de nuisance. L’un des plus persévérants adversaires du gouvernement républicain, il n'a cessé d’être révisionniste et a toujours voté avec la droite[5], menant une opposition des plus vives au gouvernement d’Adolphe Thiers, votant pour la paix avec l’Allemagne, pour les prières publiques, contre le septennat, contre la loi des maires, contre le ministère de Broglie, contre l’amendement Wallon instaurant l’élection du président de la République à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et par la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale, contre l’amendement Pascal Duprat, fixant l’élection des sénateurs par les mêmes électeurs que les députés, contre l’ensemble des lois constitutionnelles, contre le retour de Thiers à la présidence de la République, au , contre le gouvernement d’Albert de Broglie[4].
Il prend part à plusieurs discussions et fait voter un ordre du jour de blâme contre le gouvernement à propos des adresses illégales envoyées à Thiers[3]. Le , il présente une motion de censure qui entraine la démission du ministre de l’Intérieur, Victor Lefranc[a], malgré ses vaines tentatives de se concilier la droite, en remettant en vigueur l’ordonnance de Louis XVIII du imposant le repos dominical, et en l’imposant aux commandes de l'État[7]. À la mort de Napoléon III, il adresse à son fils une lettre dans laquelle il déclare : « La France vous aime, espère et vous attend[5] », exerce ses fonctions jusqu’au [4].
Après la crise du 16 mai 1877, qui voit le président Mac-Mahon pousser le président du Conseil Jules Simon à la démission et dissoudre l’Assemblée nationale, il est au nombre des cent cinquante-huit députés à soutenir de leur vote le ministère de Broglie[3]. Ayant repris sa place à droite, il se prononce contre les divers cabinets républicains de la législature, et vote contre l’article 7 donnant au Président un veto provisoire à la promulgation d’une loi, contre le retour à Paris, contre l’élection de Jules Grévy comme président de la République, contre l’amnistie, etc[4].
Réélu, le , il monte plusieurs fois à la tribune pour combattre les projets de gouvernement, mais vote pour le scrutin de liste[4]. Adversaire résolu du parlementarisme et révisionniste, il se refuse à entrer dans toute forme de décentralisation qui, selon lui, aurait eu pour conséquence d’attenter à l’unité nationale et par suite d’affaiblir l’État[2]. Réélu, en 1883, il vote contre le rétablissement du scrutin d’arrondissement, pour l’ajournement indéfini de la révision de la Constitution, contre les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes, contre le projet de loi Lisbonne sur la liberté de la presse, contre les poursuites contre le général Boulanger[4].
Après 1890, il siège avec les ralliés, et soutient le gouvernement Méline, de 1896 à 1898. Défait d’une voix aux élections de 1902, il se retire de la vie politique[2]. Peu de monde a suivi sa dépouille mortelle, lors de ses obsèques à Caussade, le , les royalistes craignant de se compromettre en rendant un suprême hommage à l’homme resté fidèle à ses opinions plébiscitaires jusqu'à la dernière heure, et les cléricaux se souvenant que Prax-Paris avait jadis été membre de la loge maçonnique de La Parfaite Union de Montauban[8]. À l’issue le corps a été porté à Montauban où l’inhumation a eu lieu, lundi suivant, dans le caveau de la famille[9]. Il est l’oncle du député Albert Lachaud de Loqueyssie.
Mandats
modifier- 1858-1892 : Conseiller général du canton de Caussade
- 1860-1870 : Maire de Montauban
- 1869-1870 : Député de Tarn-et-Garonne (Second Empire)
- 1871-1902 : Député de Tarn-et-Garonne (Troisième République)
Jugements
modifier« il manque d’épaisseur. Beaucoup d’arêtes, de tranchants, au moral ainsi qu’au physique ; tempérament sec, fond pauvre, tenue importante et moyens très limités ; en revanche, il se rattrape sur la raideur. On l’a bien caractérisé dans son parti même. C’est un « pointu » […] Il est fâcheux que l’éloquence du jeune député de Tarn-et-Garonne ne réponde pas entièrement à son physique, et qu’elle n’ait pas comme lui avalé une canne. Elle y gagnerait. Cela lui ferait un corset intérieur. […] il n’a pas l’air de s’amuser à la tribune ; toute sa mimique dit clairement aux spectateurs qu’il n’est pas là pour son plaisir. Le geste sec, rêche, anguleux, rageur, coupe fébrilement la phrase et donne au discours une allure cassante. C’est même la seule charpente des périodes oratoires de M. Prax-Paris […] Et quand je dis une charpente… une carapace bien plutôt ! Ses phrases qui n’ont pas d’ossature essayent d’avoir des griffes, et, de fait, l’honorable député de Tarn-et-Garonne possède ce qu’on peut appeler un joli talent sur l’invective. Il pince, il mord, il égratigne[10]. »
« On a distingué, dans les bonapartistes, les « militants » et les autres. M. Prax-Paris est des militants. A la mort de l’homme de Sedan, il écrivait au jeune vélocipédiste : « La France vous aime, espère et attend. » Au mois de novembre 1873, il ne votait pas pour la prorogation des pouvoirs du maréchal. C’est un des hommes de M. Rouher, un ennemi avoué et acharné de la Constitution[11]. »
Publications
modifier- Projets de travaux publics et d’emprunt proposés au conseil municipal de Montauban, Montauban, Forestié neveu, , 25 p.
- Extinction de la mendicité, 1862-63, résumé des opérations, Montauban, impr. de Forestié neveu, , 12 p.
- Corps législatif ... Dénonciation du traité de commerce, , 23 p.
- L’Appel au peuple devant l’Assemblée nationale, , 34 p.
- Assemblée nationale. Séance du 15 janvier 1874. Loi sur la nomination des maires, Paris, Pougin, , 24 p.
- La Situation des partis en face des élections : lettre à M. Fernand Boudeville, Montauban, .
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Sa démission instaure de facto la responsabilité ministérielle[6].
Références
modifier- ↑ Gustave Vapereau, « Prax-Paris (Adrien) », dans Dictionnaire universel des contemporains : contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers, Paris, L. Hachette, , 4e éd., iv-1888 p., in-8º (OCLC 14860598, lire en ligne sur Gallica), p. 142.
- 1 2 3 G. Dubois-Godin, « Prax-Paris », La Volonté nationale, Paris, vol. 3, no 123, , p. 2 (ISSN 2742-9423, lire en ligne sur Gallica).
- 1 2 3 « M. Prax-Paris », Bastia-Journal, Bastia, vol. 24, no 9914, (ISSN 2121-8277, lire en ligne sur Gallica).
- 1 2 3 4 5 6 « Adrien Prax-Paris », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français : depuis le 1er mai 1789 jusqu’au 1er mai 1889, t. V. Pla-Zuy, Paris, Edgar Bourloton, , 650 p., 5 vol. ; in-8º (OCLC 763813542, lire en ligne sur Gallica), p. 42.
- 1 2 3 Alphonse Bertrand (d), « Prax-Paris (Joseph-Marie-Adrien) », dans La Chambre de 1893 : biographies des 581 députés, avec avertissement et documents divers, la liste des ministères qui se sont succédé en France depuis 1871, Paris, Librairies-imprimeries réunies, , vii-372 p., in-12º (lire en ligne sur Gallica), p. 568-9.
- ↑ « Bernard-Edme-Victor-Etienne Lefranc », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore]
- ↑ Thérèse Puppinck, « Depuis quand (et pourquoi) le repos dominical existe ? », Aleteia, (ISSN 2742-5355, lire en ligne).
- ↑ « Obsèques », L’Indépendant de Tarn-et-Garonne, Montauban, vol. 10, no 392, , p. 3 (ISSN 2017-0211, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Mort de Prax-Paris », Le Midi socialiste, Toulouse, vol. 2, no 277, , p. 3 (ISSN 2020-793X, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ Kel-Kun, « Portraits-cartes parlementaires : M. Prax-Paris », Le National, Paris, vol. 9, no 2960, , p. 1-2 (ISSN 2533-9249, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Le Candidat de Castelsarrasin », Le Rappel, Paris, no 2165, , p. 1 (ISSN 2390-8882, lire en ligne sur Gallica).
Bibliographie
modifier- Alphonse Bertrand (d), « Prax-Paris (Joseph-Marie-Adrien) », dans La Chambre de 1893 : biographies des 581 députés, avec avertissement et documents divers, la liste des ministères qui se sont succédé en France depuis 1871, Paris, Librairies-imprimeries réunies, , vii-372 p., in-12º (lire en ligne sur Gallica), p. 568-9.
- Jean Jolly (dir.), Dictionnaire des parlementaires français, t. 7. M-Q, Paris, Presses universitaires de France, 1960-1977, 8 vol. ; 24 cm (OCLC 444421, lire en ligne).
- « Adrien Prax-Paris », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la vie publique :