Æque principaliter
Æque principaliter (en français « également important ») est une expression latine canonique utilisée par le Saint-Siège pour qualifier le mode d'union de deux ou trois diocèses (ou prélature territoriale), de sorte qu'ils conservent chacun leur personnalité juridique, leur nom, leur cathédrale, leur chapitre, etc. Il ne s'agit donc pas d'une fusion, ni de la création d'un nouveau diocèse.
Chaque diocèse conserve son nom, l'évêque commun portant les deux ou trois titres correspondant.
L'union æque principaliter est promulguée par une constitution apostolique, prise sous forme de bulle.
Cette union se distingue de l'union in persona episcopi, dans laquelle les deux diocèses ne sont pas unis en soi, mais sont gouvernés par le même évêque : c'est le cas, par exemple, du diocèse de Sens-Auxerre et de la mission de France.
Ecclésialement, l'union æque principaliter est une exception, et cette disposition est le plus souvent transitoire.
Exemples récents
modifier- Depuis le , l’archidiocèse de Ravenne est uni æque principaliter au diocèse de Cervia sous le nom d’archidiocèse de Ravenne-Cervia (Italie).
- Depuis , l'archidiocèse de Chambéry, le diocèse de Maurienne et celui de Tarentaise sont unis æque principaliter sous le nom de archidiocèse de Chambéry, Maurienne et Tarentaise (France).
- Depuis le , l’archidiocèse de Pampelune est uni æque principaliter au diocèse de Tudela sous le nom d’archidiocèse de Pampelune et Tudela (Espagne).
- Depuis , le diocèse de Teruel et celui d'Albarracín sont unis æque principaliter sous le nom de diocèse de Teruel et Albarracín (Aragon, Espagne).
- Depuis le , la prélature territoriale de Santo Cristo de Esquipulas est unie æque principaliter au diocèse de Zacapa sous le nom de diocèse de Zacapa et Santo Cristo de Esquipulas (Guatemala).
Autre emploi
modifierÀ la suite de la parution en [1],[2] d'un article de l'historien britannique John H. Elliott (-), æque principaliter s'emploie pour caractériser l'union d'un corps politique à un autre, sous le gouvernement d'un même prince, lorsque chaque corps politique conserve ses propres lois et privilèges[3]. Elliot donne les exemples historiques suivants[3] :
- l'union du duché de Bretagne au royaume de France, en ;
- l'union des couronnes d'Aragon et de Castille, en ;
- l'union du royaume de Bohême à celui de Hongrie, à plusieurs reprises par les Jagellon puis les Habsbourg.
Notes et références
modifier- ↑ Do Paço 2019, n. 19.
- ↑ Elliott 1992.
- 1 2 Do Paço 2019, no 12.
Bibliographie
modifier- [Elliott 1992] (en) John H. Elliott, « A Europe of composite monarchies » [« Une Europe de monarchies composites »], Past & Present, Oxford, OUP, no 137 (Paul Slack et Joanna Innes (éd. et av.-prop.), « The cultural and political construction of Europe ») [« La construction politique et culturelle de l'Europe »], , Ire part. (dossier), art. no 3, p. 48-71 (OCLC 9970929442, DOI 10.1093/past/137.1.48
, JSTOR 650851, S2CID 162298149, lire en ligne
[PDF]). - [Do Paço 2019] David Do Paço, « De l'État composite à l'État décomposé : le retour de l'Ancien Régime », Histoire@Politique, Paris, CHSP, no 38 (Marc Lazar et Marie-Anne Matard-Bonucci (éd. et introd.), « Entre fascisme et République : gouverner l'Italie », – ), , IIIe part. (« Pistes et débats »), art. no 1, 21 p. (OCLC 10937553427, DOI 10.4000/histoirepolitique.3913
, S2CID 248018171, lire en ligne
[PDF]).