Affaire Jehan Cousin (1477)
L'affaire Jehan Cousin est une affaire criminelle relative au meurtre du bourreau Petit-Jehan Cousin survenu au mois d’août 1477. Jugés, ses quatre assassins — Oudin du Bust, L’Empereur du Houx, Jehan du Foing et Regnault Goris — sont pendus au gibet de Montfaucon le 28 août 1477[1].
Informations essentielles
| Affaire Jehan Cousin | |
| Fait reproché | Homicide volontaire. |
|---|---|
| Chefs d'accusation | règlement de comptes |
| Pays | |
| Ville | Paris |
| Date | |
| Nombre de victimes | 1 (Jehan Cousin) |
| Jugement | |
| Statut | affaire jugée, exécution de la sentence le 28 août 1477[1] |
| Tribunal | à Paris |
| Date du jugement | inconnue |
| Recours | recours à l’asile religieux (rejeté), saisine religieuse (rejetée), interjection d’appel (rejetée) |
| modifier |
|
Contexte
modifierJehan Cousin, également nommé Petit-Jehan, est le jeune fils de Henri Cousin, maître bourreau à Paris[2]. Il a lui-même déjà procédé à plusieurs exécutions en qualité de bourreau, notamment celle de messire Louis de Luxembourg, connétable de France[a], le 19 décembre 1475[2],[1]. Une querelle qui l'oppose à un menuisier picard, Oudin du Bust, se termine mal. En effet, ce dernier demande à Jehan Cousin une copie authentifiée, portant le sceau de la reconnaissance de dette par laquelle Petit-Jehan lui doit de l’argent. Petit-Jehan a déjà remboursé la somme principale ; il ne lui reste à payer que les frais de rédaction officielle et d’apposition du sceau sur le document[3]. Mais au terme de cette rencontre, Jehan Cousin roue de coups Oudin du Bust[4],[5].
Assassinat
modifierOudin du Bust en garde une vive rancœur contre Petit-Jehan et décide de se venger. Il s’associe à trois jeunes compagnons demeurant à Paris : L’Empereur du Houx, sergent à verge ; Jehan du Foing, fontainier et plombeur; et l'orfèvre Regnault Goris, fils de Martin Goris, courtier en bijouterie[5],[4]. Au mois d’août 1477, les quatre hommes attaquent Petit-Jehan près de l’hôtel du Moulinet. L’Empereur du Houx, faisant preuve d'une fausse amitié, prend Petit-Jehan par le bras, le tenant fermement, et lui dit de ne pas avoir peur des autres et qu’ils ne lui feront aucun mal[5],[6]. Alors qu'il lui parle ainsi, Regnault Goris frappe Petit-Jehan d’une pierre à la tête. L’Empereur du Houx lâche Petit-Jehan, et Jehan du Foing lui plante une javeline à travers le corps, ce qui le tue sur-le-champ. Oudin du Bust termine l'agression en lui coupant les jambes[5],[7].
Puis, les quatre hommes se séparent et vont se réfugier en franchise[b] au couvent des Célestins de Paris[4]. La nuit suivante, ils sont arrêtés sur l’ordre du chevalier et prévôt de Paris, Robert d'Estouteville, ainsi que d’autres conseillers, car, après enquête, il est démontré qu’ils ont agi avec préméditation et dessein délibéré[7],[8].
Recours
modifier- Les Célestins font appel de cette arrestation. Mais leur recours est rejeté : la cour du Parlement de Paris déclare que les quatre meurtriers ne jouissent pas des privilèges ecclésiastiques[8].
- Comme les quatre hommes se disent clercs, ils sont réclamés par l’évêque de Paris à ce titre, mais il est également signifié par arrêt qu'ils ne jouissent pas du privilège de clergé et qu'ils sont renvoyés devant le prévôt de Paris[8],[7].
Sentence et exécution
modifierLa sentence est la suivante : ils sont tous condamnés à être pendus. Ces derniers interjettent appel, mais la sentence est maintenue[8]. Oudin du Bust, L’Empereur du Houx, Jehan du Foing et Regnault Goris sont pendus, l'un à côté de l'autre, au gibet de Montfaucon le 28 août 1477 par maître Henri Cousin, bourreau et père de Petit-Jehan, qui trouve ainsi à venger la mort de celui-ci. [8],[9]. Quant au cinquième homme, un jeune apprenti cordonnier qui avait aussi conspiré contre la vie de Petit-Jehan, mais qui n’était pas présent sur les lieux au moment du crime, est condamné à être battu et banni du royaume de France[10],[8].
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 Bastien 2000, p. 223-240.
- 1 2 Roye 1894, p. 58.
- ↑ Roucher 1786, p. 371.
- 1 2 3 Maillard 1863, p. 48.
- 1 2 3 4 Roye 1894, p. 59.
- ↑ Roucher 1786, p. 371-372.
- 1 2 3 Roucher 1786, p. 372.
- 1 2 3 4 5 6 Roye 1894, p. 60.
- ↑ Roucher 1786, p. 373.
- ↑ Maillard 1863, p. 50.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Pascal Bastien, « « La mandragore et le lys » : l’infamie du bourreau dans la France de l’époque moderne », Histoire de la justice, Association française pour l’histoire de la justice, no 13 « La Cour d’assises : bilan d’un héritage démocratique », , p. 223-240 (lire en ligne, consulté le )
- Firmin Maillard, Le gibet de Montfaucon (étude sur le vieux Paris) : Gibets — Échelles — Piloris — Marques de haute justice. Droit d’asile — Les fourches patibulaires de Montfaucon — Documents historiques. Description — La légende des suppliciés. Scènes de la dernière heure, Paris, Auguste Aubry, , 106 p. (lire en ligne)
- Jean-Antoine Roucher, Collection universelle des mémoires particuliers relatifs à l’histoire de France, vol. 13, Londres, Paris, s.n., ("PETIT-JEHAN"+-SAINTRÉ%29 lire en ligne)
- Jean de Roye, Journal de Jean de Roye, connu sous le nom de Chronique scandaleuse, 1460-1483, t. 1, Paris, Librairie Renouard, (lire en ligne)