Affaire de la recluse de Saint-Flour

La recluse de Saint-Flour est le nom sous lequel est connue Esther Albouy, une Française née le [1] qui a vécu séquestrée dans son domicile de cette ville du Cantal pendant trente-huit années. Enfermée par son père pendant l'été 1944 après avoir été accusée de collaboration et tondue, elle prolonge sa réclusion après la mort de ses parents, rejointe par ses deux frères. Quand la gendarmerie nationale donne l'assaut le , elle découvre le corps momifié de l'aîné, et Esther et son frère cadet en état d'incurie.

Elle meurt le

Biographie

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Esther Albouy, née le [1], est la fille de paysans pauvres, Léon et Marie-Louise, originaires de Lozère[2].

Avec ses longs cheveux châtains[3], elle est décrite comme « une très belle fille, naïve et brave »[4]. Elle est pendant la guerre employée des PTT[3]. Elle aurait été atteinte de troubles psychiatriques[5].

Dans la vague d'épuration qui suit la Libération, elle est accusée d'avoir collaboré avec l'occupant : elle aurait eu, selon des habitants, des relations sexuelles avec des officiers allemands et livré les noms de quelques résistants[6]. Tondue sur la place principale de Saint-Flour devant une centaine de spectateurs, elle est traînée dans les rues de la ville avec trois autres femmes[4].

Son père ne supporte pas cette infamie : il séquestre Esther dans la petite maison de pierre que la famille occupe depuis 1922[6] au quartier de la Montée des Roches[4], lui permettant de sortir seulement de nuit, tenue en laisse.

Les faits se déroulent dans l'indifférence relative du voisinage, et à partir de 1952 plus personne ne voit son visage[6]. La réclusion perdure à la mort des parents, au début des années 1960[6]. En 1968 son frère cadet Hubert, un étudiant en droit à Clermont-Ferrand né en 1942, s'enferme avec Esther[4]. L'aîné Rémi est le seul de la fratrie à sortir pour subvenir à leurs besoins alimentaires. Il se plaint auprès de voisins d'être terrorisé et battu par Hubert[4].

À partir d'avril 1980, les reclus se font livrer leur nourriture par un boulanger et par un épicier, entre les barreaux d'une fenêtre[4]. Ils la paient grâce à la pension d'invalidité que perçoit Rémi[6].

Les carmélites du couvent voisin, propriétaires de la maison, ne touchent plus de loyer : elles obtiennent un jugement d'expulsion du tribunal d'Aurillac, confirmé en appel à Riom en 1975, mais il reste lettre morte. En représailles, le couvent essuie insultes, jets d'excréments et tirs de fusil de la part des Albouy[6]. En 1982 un tribunal de Clermont-Ferrand ordonne l'expulsion. La mission est confiée au GIGN, compte tenu du risque que constituent les armes détenues par Hubert Albouy[4].

Au petit matin du , les forces de l'ordre enfoncent la porte dans un assaut de quelques secondes. Ils découvrent Esther et Hubert en état d'incurie, ainsi que le corps momifié de Rémi, mort depuis trois années[7]. Les deux survivants font l’objet d’un internement psychiatrique[4].

Hubert serait mort en 1996. Esther Albouy, dernière survivante de la fratrie, meurt le 11 février 2004[8],[1].

Voir aussi

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Documentaire

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  • La Recluse de Saint-Flour, contre-enquête, de Emmanuel Blanchard, de La Générale de Production, France télévision, 2025 [[|détail des éditions]]

Références

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  1. 1 2 3 « Albouy, Esther Marie Victoria », sur matchID - Moteur de recherche des décès (consulté le )
  2. ↑ « Elle a vécu enfermée chez elle pendant près de 40 ans : l'incroyable histoire d'Esther Albouy, la "recluse de Saint-Flour" », sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, (consulté le )
  3. 1 2 « Haute-Loire et Cantal. Il y a 40 ans, le GIGN libérait les "reclus de Saint-Flour" », sur www.leprogres.fr, (consulté le )
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 Centre France, « Tondue à la Libération, elle vivait recluse », www.lamontagne.fr,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  5. ↑ https://www.le-pays.fr/saint-flour-15100/faits-divers/en-1983-le-gign-liberait-la-recluse-de-saint-flour-ce-que-jai-vu-dans-la-maison-etait-indescriptible-inimaginable-horrible_15025357/
  6. 1 2 3 4 5 6 « Les reclus de Saint-Flour », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ « « La Recluse de Saint-Flour, contre-enquête », sur France.tv : retour sur un fait divers glaçant », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ « En souvenir de Madame Esther ALBOUY », sur libramemoria.com (consulté le ).