EFE (agence de presse)
EFE est une agence de presse, la principale en langue espagnole et la quatrième en importance au niveau mondial après Associated Press, Reuters et l'Agence France-Presse[2],[3]. Fondée en 1939 en Espagne, elle est une société anonyme dont l'actionnaire majoritaire est l'État[réf. nécessaire]. Elle a pour ancêtre l'Agence de presse Fabra.
| Agencia EFE | |
Siège à Madrid, en Espagne. | |
| Création |
|
|---|---|
| Fondateurs | Ramón Serrano Súñer |
| Forme juridique | Société anonyme |
| Slogan | Eso es (français : « C'est ça ») |
| Siège social | Madrid, communauté de Madrid |
| Direction | Gabriela Cañas |
| Président | Miguel Ángel Oliver (d) (depuis ) |
| Actionnaires | Gouvernement de l'Espagne |
| Activité | Agence de presse |
| Produits | Agence de presse |
| Société mère | Société d'État des participations industrielles[1] |
| TVA européenne | ESA28028744 |
| Site web | www.efe.com |
| Société précédente | Agencia Febus (d) |
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Histoire
modifierL'agence EFE est fondée en 1939 en Espagne, à la fin de la guerre civile espagnole par le général Franco, pour prendre la succession de l'Agence de presse Fabra, jugée trop liée à l'Agence Havas française.
Création
modifierAu moment de la création d'EFE, Fabra dispose encore de très nombreux quotidiens espagnols comme clients, mais subit la concurrence des services en espagnol d'agences allemandes[4]. La création de la nouvelle agence se fait dans la ville de Burgos, siège des franquistes, fin 1938, et prévoit la fusion entre les deux agences espagnoles existantes, Faro y Febus et l'Agence de presse Fabra. Le premier directeur est Vicente Gállego, qui participe à la création, puis s'installe début janvier à Madrid. Selon les versions, le signe EFE désigne les initiales des agences fusionnées[5] ou de la Falange[6]. EFE ne jouit cependant jamais d'un strict monopole, même si les agences de presse mondiales et généralistes sont limitées dans leurs projets de développement en Espagne. Cette situation dure jusqu'à la mort du général Franco en 1975. Ensuite, les agences mondiales reprennent la distribution de leurs informations en Espagne[7].
Franco accorde aux journalistes américains ses premiers entretiens après la guerre civile espagnole, afin d'expliquer la position espagnole pendant le conflit mondial. L'United Press et l'agence EFE signent alors un accord sur la réception par la seconde des nouvelles de la première[8].
Modeste rapprochement avec Reuters en 1944
modifierEn 1944, EFE accepte de se rapprocher de l'agence britannique Reuters pour recevoir ses nouvelles internationales, puis distribuer en Espagne les services d'information économique de Reuters par le biais d'une coentreprise créée en 1946, du nom de Comtelsa et accueillir Reuters dans le bâtiment d'EFE à Madrid[9]. En 1966, Henry Buckley, le correspondant de Reuters en Espagne depuis 1929, qui avait écrit plusieurs livres de référence sur la guerre civile espagnole et qui venait de partir à la retraite, reçoit la croix du cavalier d'Isabelle la Catholique, une importante décoration espagnole[9].
À la fin des années 1950, au moment de la décolonisation, Pedro Gómez Aparicio, qui dirige pendant vingt ans l'agence EFE, de 1938 à 1958, prend sa plume pour soutenir les schémas souhaités par la diplomatie espagnole concernant l'avenir du Maroc[10].
Stratégie des années 1960
modifierDans les années 1960, la stratégie franquiste en matière d'information connaît des évolutions. En , le nouveau ministre de l'information et du tourisme espagnol Manuel Fraga Iribarne, qui souhaitait la modernisation de l'État franquiste et l'essor du tourisme[11], décide de faire d'EFE une agence de presse internationale, pour se développer en Amérique latine. Reuters lui propose d'être son distributeur sur ce continent, moyennant un partage des revenus. EFE décide finalement en 1966, quatre ans après, d'opérer en pour son propre compte en Amérique latine[9].
Années 1990 en Amérique du Sud
modifierLe succès est au rendez-vous une vingtaine d'années plus tard, EFE devenant la première agence de presse sur ce continent à partir de 1992, avec un quart du marché contre 18 % à Associated Press et 13 % pour l'AFP comme pour Reuters, profitant plus que les autres de l'effondrement de United Press International, qui détenait encore 39 % de ce marché en 1976, année où EFE n'en avait que 8 %[12]. EFE dispose d'un réseau puissant en Amérique du Sud, où elle bénéficie d'une importante aide gouvernementale à travers le marché réservé de la communication aux représentations du ministère des affaires étrangères dans les différents pays[13].
En 1993, l'agence EFE est au cœur d'un projet de création d'une fondation pour la défense de la langue, l'associant, ainsi que l'académie, plusieurs ministères et entreprises publiques[14]. L'Agence avait déjà créé à partir de 1985 un service d'analyse du style permettant de répondre à toutes les questions de tous les journalistes sur l'utilisation de la langue espagnole.
Nouvelles technologies et diversification
modifierEn 1995, EFE se voit décerner le Prix Prince des Asturies de la communication et des sciences humaines en reconnaissance de son travail, de son indépendance et de sa neutralité, prix qu'elle partage cette année-là avec le philosophe Aranguren[15].
En 2009, la Fondation EFE reçoit le prix Vía Apia récompensant la transparence de l'information pour les programmes de journalisme environnemental réalisés au cours de cette décennie[16].
En 2011, le nouveau Libro de Estilo Urgente est présenté[17]. En 2014, l'agence emménage dans de nouveaux locaux, inaugurés par les princes des Asturies, situés au nord de Madrid, sur l'avenue Burgos[18].
En 2019, l'agence EFE se voit décerner le prix « Communication engagée en faveur des femmes » par la Fédération des femmes cadres, dirigeantes, professionnelles et entrepreneuses (FEDEPE)[19].
Notes et références
modifier- ↑ Directorio Común de Unidades Orgánicas y Oficinas (catalogue), consulté le .
- ↑ (es) « EFE », sur asociacionmkt.es (consulté le ).
- ↑ (en) « About us », sur efe.com (consulté le ).
- ↑ Jean-Marc Delaunay, Méfiance cordiale : Les relations économiques franco-espagnoles de la fin du XIXe siècle à la Première Guerre mondiale, L'Harmattan, (ISBN 978-2-296-54511-3, lire en ligne).
- ↑ (es) Jesús Timoteo Álvarez y otros, Historia de los medios de comunicación en España. Periodismo, imagen y publicidad (1900-1990), « El predominio matizado de EFE », Ariel, Barcelone, Espagne, .
- ↑ (es) Antonio José Chinchetru, El origen franquista de los medios públicos.
- ↑ Notes et études documentaires, La Documentation Française, (lire en ligne).
- ↑ Graduate Institute of International Studies, Relations internationales, Genève, Suisse, S.E.H.R.I.C, Université de Paris I: Panthéon-Sorbonne. Institut d'histoire des relations internationales contemporaines.
- 1 2 3 (en) Michael Nelson, « Castro and Stockaster a Life in Reuters », Reuters, , p. 51-53.
- ↑ Jean Wolf, Maroc: la vérité sur le protectorat franco-espagnol ; l'épopée d'Abd el Khaleq Torres, Eddif, (ISBN 978-2-908801-65-1, lire en ligne).
- ↑ Françoise Dreyfus, L'administration dans les processus de transition démocratique, Publications de la Sorbonne, (ISBN 978-2-85944-505-8, lire en ligne)
- ↑ (en) Oliver Boyd-Barrett et Terhi Rantanen, The Globalization of News, SAGE, (ISBN 978-0-7619-5387-6, lire en ligne).
- ↑ Pierre Musso, Philippe Souêtre et Lionel Levasseur, Presse écrite et télévision dans les régions d'Europe, Council of Europe, (ISBN 978-92-871-2806-5, lire en ligne).
- ↑ Bernard Bessière, La culture espagnole: les mutations de l'après-franquisme (1975-1992), L'Harmattan, (ISBN 978-2-7384-1477-9, lire en ligne)
- ↑ (es) « Aranguren y Efe comparten el Premio Príncipe de Asturias de Comunicación y Humanidades », El País, (consulté le ).
- ↑ (es) « Todos los Premios VIA APIA y VIA Crucis », sur APIA, (consulté le ).
- ↑ (es) « Nace el ‘Libro del estilo urgente’, el manual multimedia de la agencia Efe », sur fundeu.es (consulté le ).
- ↑ (es) Agencia EFE, « Los Príncipes de Asturias inauguran la nueva sede de la agencia EFE », sur ABC, .
- ↑ (es) « La Agencia EFE, premiada por su comunicación comprometida con la mujer », sur La Vanguardia, 24/09/2019 20:42.
Annexes
modifierArticles connexes
modifier- Margarita Rivière, dirigeante d'EFE en Catalogne de 1988 à 1992[1].
- Lola Álvarez, dirigeante d'EFE de 2005 à 2012.
Liens externes
modifier- (es) Site officiel
- Ressource relative aux beaux-arts :
- ↑ (en) « Margarita Rivière Martí », sur Women and feminism, (consulté le )