Agent violet
L'agent violet est le nom de code d'un puissant herbicide et défoliant utilisé par l'armée américaine dans le cadre de l'opération Ranch Hand durant la guerre du Vietnam.

Son nom vient de la bande violette peinte sur les barils de 55 gallons (208 litres) utilisés pour son stockage afin de l'identifier facilement. Il faisait partie des herbicides arc-en-ciel, aux côtés de l'agent orange[1],[2].
Utilisation
modifierL'agent violet fut utilisé lors de la campagne d'essais menés au Sud Vietnam en 1961 et 1962. À son issue, les agents violet, rose et vert furent recommandés pour une utilisation à grande échelle[3]. L'épandage de l'agent violet au Sud Vietnam s'est déroulé de 1962 à 1965 pour un volume épandu d'environ 1,9 million de litres[4]. Il était utilisé pour la défoliation et la destruction des cultures. Il est remplacé par l’agent orange en mars 1965[5].
Composition
modifierL'agent violet était composé d'un mélange de deux substances actives à parts égales d'acide 2,4-dichlorophénoxyacétique (2,4-D) sous forme d’ester n-butile 2,4-D et d’acide 2,4,5-trichlorophénoxyacétique (2,4,5-T) sous forme d’esters : n-butyle 2,4,5-T (30 %) et iso-butyle 2,4,5-T (20 %)[4].
La synthèse à très haute température du 2,4,5-T par les firmes américaines a entraîné la formation de la 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine (TCDD), la dioxine la plus toxique pour l'homme selon l'Organisation mondiale de la santé[2],[6]. Sa formation était connue à l'époque, car dès les années 1950, la firme allemande Boehringer avait mis en œuvre un procédé de cuisson à basse température afin de l'éviter[2]. L'agent violet composé pour moitié de 2,4,5-T présentait un taux moyen de dioxine au moins 2,5 fois supérieur à celui de l'agent orange (32,8 ppm contre 13 ppm)[4]. L'agent violet était fabriqué par cinq firmes américaines, dont la majorité par Monsanto (57 %)[7].
Notes et références
modifier- ↑ Young 2009, p. 5, 39.
- 1 2 3 Marie-Hélène Lavallard, « Une guerre chimique sans fin : l’Agent orange au Vietnam », Recherches Internationales, no 86 « L’Asie chez elle », , p. 145-169 (e-ISSN 2823-961X, DOI 10.3406/rint.2009.1159
). - ↑ Young 2009, p. 5, 28-29.
- 1 2 3 (en) Jeanne Mager Stellman, Steven D. Stellman, Richard Christian, Tracy Weber et Carrie Tomasallo, « The extent and patterns of usage of Agent Orange and other herbicides in Vietnam », Nature, vol. 422, , p. 681-687 (ISSN 0028-0836, e-ISSN 1476-4687, DOI 10.1038/nature01537
, lire en ligne [PDF]). - ↑ Young 2009, p. 66-67.
- ↑ Organisation mondiale de la santé, « Dioxines », sur who.int, (consulté le ).
- ↑ Young 2009, p. 44.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- (en) Alvin L. Young, The History, Use, Disposition and Environmental Fate of Agent Orange, New York, Springer, , 357 p. (ISBN 978-0-387-87485-2, OCLC 248978198, DOI 10.1007/978-0-387-87486-9, lire en ligne).

- (en) Institute of Medicine, Veterans and Agent Orange: Update 2012, Washington, DC, The National Academies Press, , 1006 p. (ISBN 978-0-309-28886-6, DOI 10.17226/18395, lire en ligne).