Agostino Lazzari
Agostino Lazzari, né le à Sestri Ponente, Gênes, et mort le à Sampierdarena, est un ténor italien de voix lyrique légère[1],[2].
| Nom de naissance | Agostino Lazzari |
|---|---|
| Naissance |
Sestri Ponente, Gênes (Italie) |
| Décès |
Sampierdarena, Gênes (Italie) |
| Nationalité |
|
| Activité principale |
Artiste lyrique Ténor lyrique léger[1] |
| Style | |
| Lieux d'activité | Rome (Italie), Naples (Italie), Bologne (Italie) |
| Années d'activité | 1946–années 1970 |
| Collaborations | Virginia Zeani |
| Maîtres | Dino Giacobbini, Angelo Costaguta, Vincenzo Marini |
| Récompenses | Premier prix, concours AsLiCo (1950) |
Répertoire
- Il barbiere di Siviglia (Comte Almaviva)
- Don Pasquale (Ernesto)
- La traviata (Alfredo)
- La Bohème (Rodolfo)
- Otello (Otello)
Sa carrière se développe sur les principales scènes italiennes, notamment le Teatro alla Scala de Milan, le Teatro San Carlo de Naples et le Teatro La Fenice de Venise, avant de s’étendre à plusieurs maisons européennes. Interprète d’opéra et d’opérette, il laisse une trace durable dans le répertoire du bel canto et dans plusieurs productions radiophoniques de la RAI, souvent associées à la soprano Virginia Zeani.
Biographie
modifierJeunesse et formation
modifierDébuts de carrière et années de province (1946–1950)
modifierIl débute en 1946 au Teatro Regio de Parme dans le rôle du Comte Almaviva dans Il barbiere di Siviglia de Rossini, rôle qui demeure longtemps présent à son répertoire[7],[8]. Il poursuit ensuite sa carrière dans plusieurs théâtres de province italiens. En 1948, il chante au Teatro Metastasio de Prato le rôle-titre de L'amico Fritz de Pietro Mascagni[7].
En 1950, il remporte, dans la catégorie ténor, la première édition du concours de l’AS.LI.CO., Associazione Lirica e Concertistica Italiana[9]. Cette distinction marque une étape importante de sa carrière et facilite son accès à des scènes plus prestigieuses[7].
Consécration nationale et scènes internationales (1951–1963)
modifierEn 1951, Agostino Lazzari débute à La Scala de Milan dans le rôle d’Ernesto de Don Pasquale de Donizetti[7]. La même saison, il se produit au Théâtre royal du Le Caire dans les rôles d’Alfredo Germont de La traviata et de Rodolfo de La Bohème de Puccini, puis à La Fenice de Venise dans Commedia sul ponte, où il interprète le rôle du Maestro[7].
De 1956 à 1963, la RAI le sollicite pour plusieurs productions radiophoniques, soit huit opéras au total[7]. Parmi ces enregistrements figurent Mosè in Egitto de Rossini, avec Nicola Rossi-Lemeni, Anita Cerquetti et Giuseppe Taddei, sous la direction de Tullio Serafin, Fedra de Paisiello, avec Lucille Udovick, sous la direction d’Angelo Questa, et L’amor contrastato de Paisiello, avec Graziella Sciutti, sous la direction de Franco Caracciolo[10],[11].
En 1960, il aborde le rôle-titre de l'Otello de Rossini aux côtés de la soprano Virginia Zeani, dans une production reprise ensuite à Rome, New York et Berlin[7]. Cette collaboration devient l’un des fils conducteurs de sa carrière. Les deux artistes se retrouvent également dans La traviata, La Bohème et Les Contes d'Hoffmann de Offenbach[7]. La version de lOtello enregistrée à Pesaro en 1965, avec Lazzari dans le rôle-titre, Zeani en Desdemona, Angelo Mori en Iago et Pietro Bottazzo en Rodrigo, sous la direction de Carlo Franci, compte parmi les témoignages les plus marquants de cette collaboration[12].
En 1962, il chante au Teatro San Carlo de Naples le rôle de Fenton dans Falstaff de Verdi, aux côtés de Tito Gobbi, Renata Tebaldi, Mirella Freni et Renato Capecchi, sous la direction de Mario Rossi[13],[10].
D’après Historical Tenors, les principaux centres de sa carrière sont le Teatro dell’Opera de Rome de 1951 à 1973, le San Carlo de Naples de 1949 à 1971 et le Teatro Comunale de Bologne de 1949 à 1965. La même source le signale également à Florence, Catane, Bruxelles, Londres, Barcelone, Düsseldorf, Cologne, Hambourg, Munich, Stuttgart, Francfort-sur-le-Main, Zurich, Genève, Bordeaux et Marseille, et souligne la place importante des productions intégrales réalisées pour la RAI[8].
Fin de carrière
modifierAgostino Lazzari se retire de la scène dans la seconde moitié des années 1970[7],[8]. Au cours de sa carrière, il se distingue dans les œuvres baroques, dans les opéras de compositeurs contemporains et dans le répertoire de l'opérette[7],[6]. Il meurt le à Sampierdarena, arrondissement de Gênes[4],[2].
Voix et répertoire
modifierAgostino Lazzari relève de la catégorie des tenori lirici leggeri, ou tenori di grazia en italien[1]. Cette tessiture, la plus aiguë des voix de ténor, se définit par la légèreté, l'agilité et l'aptitude à l'exécution des vocalises ornementales, fioritures[4]. Elle convient aux opéras de Rossini, Donizetti, Bellini et aux œuvres de l'époque baroque, dont certains rôles exigent une extension vocale importante[4].
Son répertoire associe les emplois lyriques du bel canto à des partitions plus rares. Les sources spécialisées le rattachent à des rôles comme le Comte Almaviva dans Il barbiere di Siviglia, Ernesto dans Don Pasquale, Alfredo dans La traviata et Rodolfo dans La Bohème, tout en signalant des emplois moins fréquents chez un ténor italien, notamment Don Ottavio, Belmonte ou Eisenstein[7],[6],[8]. Historical Tenors lui attribue également des incursions dans le répertoire baroque, classique et contemporain, avec des rôles tels que Don Collandro dans La molinara, Claudio dans Elisa e Claudio, Elisero dans Mosè in Egitto, Filipeto dans I quattro rusteghi, Armand dans Boulevard Solitude et Teacher dans Comédie sur le pont[8].
Forum Opéra souligne, à propos de Fedra, la présence d’un timbre plein et chaleureux, ce qui confirme une ligne de chant souple et expressive, adaptée aux exigences du répertoire qu’il aborde[14].
Réception et analyse de la carrière
modifierLa carrière d’Agostino Lazzari se développe principalement sur les grandes scènes italiennes, avec des points d’ancrage durables à Rome, Naples et Bologne, auxquels s’ajoutent des apparitions dans plusieurs théâtres européens mentionnés par Historical Tenors[8]. Cette présence dans des maisons de premier plan, tout en conservant un lien fort avec les scènes régionales, dessine le profil d’un artiste solidement inscrit dans le paysage lyrique italien de l’après-guerre[7],[8].
Une part importante de sa notoriété repose sur les productions radiophoniques de la RAI, qui fixent plusieurs de ses interprétations dans des conditions favorables à la conservation du répertoire[7],[10]. Ces enregistrements, relayés ensuite par des éditions discographiques, contribuent à maintenir son nom dans la mémoire des amateurs de bel canto et de raretés italiennes[10],[11].
Son association avec Virginia Zeani constitue un autre axe majeur de sa carrière. Leur collaboration dans Otello de Rossini, reprise à plusieurs reprises, fait partie des épisodes les mieux documentés de son parcours[7]. L’ensemble de ces éléments fait apparaître un ténor recherché pour la souplesse de sa ligne, la clarté de sa projection et la fiabilité stylistique de ses interprétations, plutôt que pour une carrière centrée sur quelques grands emplois seulement[4],[6],[8].
Discographie sélective
modifierLes principales productions discographiques documentées d'Agostino Lazzari, issues d'enregistrements de studio effectués pour la RAI ou de captations de représentations en public[10]. Des catalogues spécialisés, dont Repertoire.fm, recensent au moins dix notices ou enregistrements à son nom, notamment des extraits de Mosè in Egitto de Rossini[11].
| Œuvre | Compositeur | Rôle interprété | Distribution principale | Direction musicale | Orchestre / Chœur | Année de publication |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Mosè in Egitto | Gioachino Rossini | Osiride | Nicola Rossi-Lemeni, Anita Cerquetti, Giuseppe Taddei | Tullio Serafin | Orchestre et chœur de la RAI de Rome | 1995 (2 CD) |
| L'amor contrastato | Giovanni Paisiello | – | Graziella Sciutti, Giuliana Raimondi, Alvinio Misciano | Franco Caracciolo | Orchestre Alessandro Scarlatti de Naples (RAI) | 2009 (2 CD) |
| Fedra | Giovanni Paisiello | – | Lucille Udovick, Angelica Tuccari, Renata Mattioli | Angelo Questa | Orchestre et chœur de la RAI de Milan | 1989 (2 CD) |
| Otello (Pesaro, 1965) | Gioachino Rossini | Otello | Virginia Zeani, Angelo Mori, Pietro Bottazzo, Franco Ventriglia | Carlo Franci | Orchestre et chœur de la RAI de Rome (captation live) | 1980 |
| Falstaff (Naples, 1962) | Giuseppe Verdi | Fenton | Tito Gobbi, Renata Tebaldi, Mirella Freni, Renato Capecchi, Fedora Barbieri | Mario Rossi | Orchestre et chœur du Teatro San Carlo de Naples (captation live) | 1983 (vinyle),2001 (CD) |
Références
modifier- 1 2 3 (it) Enrico Stinchelli, « Les stars de l'opéra : grands artistes lyriques de l'histoire de l'opéra » (consulté le )
- 1 2 3 « Lazzari, Agostino (1919-1981) », sur IdRef (consulté le )
- ↑ (it) « Agostino Lazzari », sur Archivio Storico Ricordi (consulté le )
- 1 2 3 4 5 (en) « Agostino Lazzari (tenor) », sur MusicBrainz (consulté le )
- 1 2 (de) « Lazzari, Agostino (1919–1981), Tenor », sur Bayerisches Musiker-Lexikon Online (consulté le )
- 1 2 3 4 (fi) « Agostino Lazzari, Tenori », sur Operabase (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 (it) « Lazzari Agostino », sur Galileum Autografi (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) « Agostino Lazzari », sur Historical Tenors (consulté le )
- ↑ (it) « Edizioni precedenti », sur AsLiCo (consulté le )
- 1 2 3 4 5 (en) « Agostino Lazzari », sur Muziekweb (consulté le )
- 1 2 3 (en) « Agostino Lazzari - Repertoire », sur Repertoire.fm (consulté le )
- ↑ (en) « Rossini: Otello – Lazzari, Zeani, Bottazzo, Mori, Ventriglia; Franci. Pesaro, 1965 », sur Opera Depot (consulté le )
- ↑ (en) « Verdi, Tito Gobbi – Falstaff (1983, Vinyl) », sur Discogs (consulté le )
- ↑ « Fedra - Forum Opéra », sur Forum Opéra (consulté le )