Ahmad Badreddin Hassoun
Ahmad Badreddin Hassoun, né le à Alep, est un homme politique et religieux syrien. De 2005 à 2021, il est le grand Mufti de Syrie[1].
| Mufti Syrie | |
|---|---|
| - | |
Ahmed Kuftaro (en) Ousama el-Rifai (en) | |
| Parlementaire Conseil du peuple | |
| - |
| Naissance | |
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| Nom dans la langue maternelle |
أحمد بدر الدين حسون |
| Nationalité | |
| Formation |
Jamia Uloom-ul-Islamia (en) |
| Activités |
| Idéologie |
|---|
Fervent défenseur de Bachar el-Assad, il participe tout d'abord au dialogue interconfessionnel avant de cesser d'être invité par diverses organisations, notamment à la suite de sa menace de déclencher des attentats terroristes en Europe, proférée en 2011.
Alors qu'il tombe dans la clandestinité après la chute du régime Assad en , il est arrêté en alors qu'il tente de quitter le pays. Jugé à Damas, il est condamné à la prison à vie le .
Biographie
modifierAhmad Badreddin Hassoun naît à Alep, en Syrie. Son père, Muhammad Adeeb Hassoun, était également un cheikh. Il a cinq enfants et dix petits-enfants. Ahmad Badreddin Hassoun a étudié à l'Université des études islamiques, où il a obtenu son diplôme de docteur[2].
Il est député de l'Assemblée du peuple de 1990 à 1998[3].
Il prend ses fonctions de Grand Mufti de Syrie en après la mort d'Ahmed Kuftaro.
Sariya, le fils de Hassoun, âgé de 22 ans, est assassiné le dans une embuscade sur la route reliant Idleb à Alep[4].
En 2021, sa fonction de Grand Mufti est supprimée par Bachar el-Assad[5]. Selon RFI : « À l'origine de ce décret, un faux pas de la part du mufti : lors des funérailles du chanteur Sabah Fakhri en novembre 2021, Hassoun avait livré une interprétation personnelle d'un verset coranique et provoqué un tollé dans les milieux religieux et populaires »[5].
Dialogue interconfessionnel
modifierAhmad Badreddin Hassoun participe tout d'abord régulièrement à des événements interreligieux et interculturels et ses vues pluralistes sur le dialogue interconfessionnel (entre différentes religions ou entre différentes confessions islamiques) ont suscité les critiques d'une vision plus stricte de l'islam. Le , il rencontre le ministre des Affaires étrangères arménien pour discuter des relations entre les deux nations, et les religions, entre autres questions. Dans le même voyage, il rencontre également le Catholicos de tous les Arméniens, chef de l'Église apostolique arménienne[6].
Le , Ahmad Badreddin Hassoun s'adresse au Parlement européen sur le thème du dialogue interculturel, en soulignant la valeur unificatrice de la culture plutôt que divisante, dans le cadre d'une série de visites d'éminents leaders religieux et culturels en 2008, proclamée Année européenne du dialogue interculturel. Il déclare : « Abraham, Moïse, Jésus et Mohamed sont venus avec une seule religion », donc « il n'y a pas de guerre sainte, car une guerre ne peut jamais être sacrée : c'est la paix qui est sacrée » ; plus tard, il ajoute qu'il est mauvais d'utiliser la religion pour justifier le meurtre[7].
Guerre civile syrienne
modifierAhmad Badreddin Hassoun est considéré comme un fervent partisan du président syrien Bachar el-Assad[8],[9].
Menace d'attentats suicides
modifierDans une allocution publique diffusée sur Syrian News Channel et postée sur Internet le , Ahmad Badreddin Hassoun menace d’activer des kamikazes en Europe et aux États-Unis si la Syrie est attaquée par des puissances extérieures, affirmant que : « Dès que le premier missile atteindra la Syrie, tous les fils et filles du Liban et de la Syrie vont rechercher des martyres en Europe et en Palestine. Je dis à toute l'Europe et aux États-Unis : nous préparerons des martyres parmi qui ceux qui vivent déjà parmi vous, si vous bombardez la Syrie ou le Liban ». Hassoun ajoute : « Ne croyez pas que les personnes qui commettront des attentats suicide en France, en Grande-Bretagne ou aux États-Unis seront des Arabes et des musulmans. Ce seront un nouveau Jules Jammal ou un nouveau Muhammad Al-Durrah. Ils seront tous comme les justes [du passé] »[10],[11],[12],[13].
À la suite de la retransmission de ce discours, la Fondation pour la paix au Moyen-Orient retire son invitation à Ahmad Baddredin Hassoun qui devait prendre la parole lors de la conférence « Coexistence et dialogue ». Le président de la fondation, Philip Wilcox, déclare : « Nous n'étions pas au courant de son discours, qui est en contradiction avec le thème de l'événement[14]. »
Sa rencontre en 2016 avec des députés français, parmi lesquels François Fillon, Thierry Mariani, Valérie Boyer, Michel Voisin et Nicolas Dhuicq, fait polémique, notamment en raison de sa menace d'attentats visant l'Europe[15],[16].
Exécutions de prisonniers
modifierEn 2016, Amnesty International écrit dans son rapport qu'Ahmad Baddredin Hassoun est l'un des trois hommes habilités par le président syrien Bachar el-Assad à signer les mandats d'exécution prononcés par milliers contre les prisonniers de la prison de Saidnaya, décrite comme un « centre d'extermination » ou un « abattoir humain » par l'ONG[17],[18], [19], [20].
Arrestation et procès
modifierIl tombe dans la clandestinité et se retrouve recherché après la chute du régime Assad en . En , il est repéré dans la région d'Alep[21]. Faisant face à la foule qui lui reproche sa collaboration avec le régime, il nie être le « mufti du baril » — comme il est surnommé par l'un de ses interlocuteurs — et affirme avoir été arrêté trois fois sous le régime Assad[22].
Le , il est arrêté à l'aéroport international de Damas alors qu'il tente de quitter le pays pour subir une intervention chirurgicale à Oman via une escale en Jordanie[22]. Son passeport a été tamponné avant son arrestation[23]. Il fait alors l'objet d'un mandat d'arrêt émis par le ministère public[24].
Ahmed Hassoun est alors déféré devant un tribunal syrien, jugé avec deux autres hauts responsables durant la présidence de Bachar el-Assad, Atef Najib et Wassim el-Assad, désignés comme responsables d'exactions, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité[25],[26].
Le , la justice syrienne le condamne à l'emprisonnement à perpétuité pour « incitation à la haine confessionnelle et abus de fonction »[27],[28].
Références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ahmad_Badreddin_Hassoun » (voir la liste des auteurs).
- ↑ « Le poste de grand mufti supprimé par Assad », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le )
- ↑ « السيرة الذاتية لسماحة المفتي - موقع سماحة الشيخ الدكتور أحمد بدر الدين حسون - المفتي العام للجمهورية العربية السورية », sur www.drhassoun.com, (version du sur archive.org)
- ↑ (ar) « الذاكرة السورية », sur الذاكرة السورية (consulté le ).
- ↑ (en) « Assassinations Sow Discord in Syria », The Wall Street Journal,
- 1 2 Syrie: l'ancien grand mufti Ahmed Badreddine Hassoun, proche de Bachar el-Assad, condamné à la prison à perpétuité, RFI, 24 août 2026.
- ↑ (en) « Highest Ranking Muslim Cleric in Syria Visits Armenia », sur www.huliq.com, (version du sur archive.org)
- ↑ (en) « Grand Mufti of Syria: a single civilisation unites us all », sur www.europarl.europa.eu (consulté le )
- ↑ (en-US) « Syria government blames 'terrorist group' for killing mufti's son », sur Los Angeles Times, (consulté le )
- ↑ Nir Rosen, « A conversation with Grand Mufti Hassoun », sur www.aljazeera.com (consulté le )
- ↑ (en) « Syria Clergyman Threatens West With Suicide Attacks », Haaretz, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Le grand mufti de Syrie menace l’Europe, les États-Unis et Israël d’attentats-suicide », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le )
- ↑ (en) « Mufti of Syria Ahmad Badr Al-Din Hassoun Threatens to Activate Suicide Bombers in Europe and the U.S. », sur MEMRI (consulté le )
- ↑ « Ces députés pro-Fillon ont posé avec le grand mufti de Syrie alors qu'il avait menacé l'Europe d'attentats », sur LCI (consulté le )
- ↑ (en) « Canceled: D.C. Event Featuring Syrian Mufti Who Threatened Suicide Attacks on West », sur CNS News, (consulté le )
- ↑ Paul Aveline, « Syrie: quand des proches de Fillon posaient avec le grand mufti menaçant l'Europe d'attentats », sur BuzzFeed, (consulté le )
- ↑ « Ces députés pro-Fillon ont posé avec le grand mufti de Syrie alors qu'il avait menacé l'Europe d'attentats », sur TF1 INFO, (consulté le )
- ↑ « La prison de Saidnaya, centre d'extermination du régime syrien », sur Libération.fr, (consulté le )
- ↑ « Human slaughter house », Amnesty International, (lire en ligne)
- ↑ (en) « Syrian grand mufti 'given power to approve thousands of executions' », sur Middle East Eye (consulté le )
- ↑ (en) « There is as much evidence against Assad as there was against the Nazis », TRT World, (lire en ligne)
- ↑ « En Syrie, la traque du « grand mufti d’Assad » », sur www.lorientlejour.com, (consulté le ).
- 1 2 « Le « grand mufti d’Assad » arrêté à l'aéroport de Damas », sur www.lorientlejour.com, (consulté le ).
- ↑ « Trying to leave Syria Former Mufti of Syria “Ahmed Hassoun” arrested in Damascus International Airport ».
- ↑ (so) « اعتقال المفتي السابق أحمد حسون أثناء محاولته الفرار من سوريا », sur www.aljazeera.net (consulté le ).
- ↑ « « Je suis Dieu à Deraa » : Atef Najib, le cousin d’Assad condamné à mort », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le )
- ↑ « La Syrie condamne à mort Wassim al-Assad, cousin du président déchu », sur France 24, (consulté le )
- ↑ « L'ancien grand mufti pro-Assad condamné à la prison à perpétuité », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le )
- ↑ « En Syrie, l’ancien grand mufti, proche de Bachar Al-Assad, condamné à la prison à perpétuité pour avoir « attisé la guerre civile » », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )