Al-Muqawqis

homme politique égyptien

Al-Muqawqis (arabe : المقوقس ; copte : ⲡⲭⲁⲩⲕⲓⲁⲛⲟⲥ, ⲡⲓⲕⲁⲩⲕⲟⲥ)[1],[2],[3] est présenté dans les récits de l’histoire musulmane comme un dirigeant de l’Égypte qui aurait correspondu avec Mahomet. Il est généralement identifié à Cyrus d'Alexandrie, dernier préfet d'Égypte et patriarche grec orthodoxe d'Alexandrie durant la seconde période de l’Égypte byzantine, de 628 à 642.

Al-Muqawqis
Lettre de Mahomet à al-Muqawqis, découverte en Égypte en 1858 (version en couleurs)
Fonctions
Préfet d'Égypte (identification traditionnelle à Cyrus d'Alexandrie)
Biographie
Décès
Nom dans la langue maternelle
المقوقس
Activité
Dirigeant d'Égypte dans les récits musulmans
Période d'activité
Autres informations
Religion
Christianisme

Selon ces récits, lorsqu’il reçut la lettre de Mahomet l’invitant à embrasser l’islam, il déclara ne pas pouvoir risquer de compromettre son royaume et ne donna donc pas suite à cette invitation. Il renvoya le messager avec plusieurs présents, dont deux femmes esclaves nommées Mariyya et Sirîne bint Chamoun . La première devint la mère d’Ibrahim, le fils de Mahomet.

Récit des historiens musulmans

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Lettre de Mahomet à al-Muqawqis, découverte en Égypte en 1858[4].

Ibn Ishaq et d’autres historiens musulmans rapportent qu’entre février 628 et 632, Mahomet adressa des lettres aux dirigeants politiques des régions voisines de Médine, dans la péninsule Arabique et au Proche-Orient, notamment à al-Muqawqis :

« Il avait envoyé certains de ses compagnons dans différentes directions, auprès des rois — plus exactement, des souverains — des Arabes et des non-Arabes, afin de les inviter à embrasser l’islam, entre le traité d'Houdaybiya et sa mort. […] Il répartit ses compagnons et envoya […] Hâtib ibn Abî Balta'a (en) auprès de Muqawqis, souverain d’Alexandrie. Il lui remit […][5]. »

Al-Tabari indique que la délégation fut envoyée au mois de dhou al-hijja, durant la sixième année de l’hégire, soit en avril ou en mai 628[6]. Selon Ibn Sa'd, al-Muqawqis envoya ses présents à Mahomet durant l’année 7 de l’hégire, après mai 628[7]. Cette chronologie concorde avec son affirmation selon laquelle Maria la Copte donna naissance à Ibrahim, le fils de Mahomet, à la fin du mois de mars ou en avril 630[7]. Maria serait donc arrivée à Médine avant juillet 629.

Lettre invitant à se convertir à l'islam

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La lettre que Mahomet adressa à al-Muqawqis par l’intermédiaire de son émissaire Hatib ibn Abi Balta'ah (en), ainsi que la réponse de ce dernier, sont toutes deux conservées.

« بسم الله الرحمن الرحيم، من محمد عبد الله و رسوله إلى المقوقس عظيم القبط: سلام على من اتبع الهدى، وأما بعد فإني أدعوك بدعاوية الإسلام، أسلم تسلم يؤتك الله أجرك مرتين، فإن توليت فعليك إثم القبط و{يَآ أَهْلَ الْكِتٰبِ تَعَالَوْا إِلٰى كَلِمَةٍ سَوَآءٍ بَيْنَنَا وَبَيْنَكُمْ أَلَّا نَعْبُدَ إِلَّا اللهَ وَلَا نُشْرِكَ بِهٖ شَيْئًا وَّلَا يَتَّخِذَ بَعْضُنَا بَعْضًا أَرْبَابًا مِنْ دُونِ اللهِ فَإِنْ تَوَلَّوْا فَقُولُوا اشْهَدُوا بِأَنَّا مُسْلِمُون »

— Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
De Mahomet, serviteur de Dieu et Son envoyé, à al-Muqawqis, grand chef des Coptes :
Paix à celui qui suit la voie droite !
Ensuite, je t’invite à répondre à l’appel de la soumission à Dieu (« islam »). Soumets-toi, c’est-à-dire embrasse l’islam, et tu seras sauvé ; Dieu t’accordera une double récompense. Mais si tu te détournes, tu porteras la responsabilité de l’égarement des Coptes.
« Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n’adorions que Dieu, que nous ne Lui associions rien et que nous ne prenions pas les uns les autres pour seigneurs en dehors de Dieu. » Si donc ils se détournent, dites : « Soyez témoins que nous sommes soumis à Dieu » (« musulmans »)[8].

La lettre était signée du sceau de Mahomet.

Al-Muqawqis ordonna que la lettre soit placée dans un coffret en ivoire[7] afin d’être conservée en sécurité dans le trésor du gouvernement. Elle fut retrouvée dans un ancien monastère chrétien, parmi des livres coptes, dans la ville d’Akhmim, en Égypte. Elle se trouve aujourd’hui au département des Reliques sacrées du musée du palais de Topkapı, après que le sultan ottoman Abdülmecid Ier l’eut fait transporter à Istanbul[9].

Al-Muqawqis aurait répondu par une lettre ainsi rédigée[10] :

« بسم الله الرحمن الرحيم، لمحمد بن عبد الله من المقوقس عظيم القبط، سلام عليك، أما بعد فقد قرأت كتابك، وفهمت ما ذكرت فيه، وما تدعو إليه، وقد علمت أن نبيا قد بقي، وقد كنت أظن أنه يخرج بالشام، وقد أكرمت رسولك، وبعثت إليك بجاريتين لهما مكان في القبط عظيم وبثياب، وأهديت إليك بغلة لتركبها، والسلام عليك »

— Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
À Mahomet, fils d’Abd Allah, de la part d’al-Muqawqis, grand chef des Coptes :
Paix sur toi !
Ensuite, j’ai lu ta lettre et compris ce que tu y exposais ainsi que l’appel que tu m’adresses. Je sais qu’un prophète doit encore venir, mais je pensais qu’il apparaîtrait en au Levant (aš-Šām).
J’ai traité ton messager avec honneur et je t’envoie deux jeunes femmes esclaves qui occupent une place importante parmi les Coptes, ainsi que des vêtements. Je t’offre également une Yaʽfūr (en) sur laquelle tu pourras monter. Paix sur toi !

Les deux femmes esclaves mentionnées sont Maria la Copte, que Mahomet épousa, et sa sœur Sirîne bint Chamoun, qui épousa Hassan ibn Thabit[7].

Selon un récit, un ermite du monastère aurait collé la lettre dans sa Bible. Un orientaliste français l’aurait ensuite obtenue et vendue au sultan pour 300 livres sterling. L’authenticité de l’exemplaire conservé ainsi que les récits détaillés des historiens musulmans médiévaux (en) concernant les événements entourant cette lettre ont également été remis en question par des historiens modernes[11].

Explication du nom

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Le mot muqawqis est la forme arabisée du terme copte ⲡⲓⲕⲁⲩⲕⲟⲥ, qui signifie « homme du Caucase ». Cette épithète était employée par les Coptes pour désigner le patriarche melchite Cyrus d'Alexandrie, considéré comme un usurpateur corrompu et étranger ayant pris la place du pape Benjamin Ier d’Alexandrie[2],[3]. Par la suite, des auteurs arabes utilisèrent ce terme pour désigner d’autres patriarches d’Alexandrie, notamment Georges Ier d'Alexandrie (Jurayj ibn Mīnā, « Georges, fils de Menas Parkabios »[12] ou, selon une autre interprétation, « Jurayj ibn Mattá »)[13].

Représentations au cinéma et à la télévision

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Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Al-Muqawqis » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ Werner Vycichl, Dictionnaire étymologique de la langue copte, Louvain, Peeters, (ISBN 9782801701973, OCLC 11900253)
  2. 1 2 René-Georges Coquin, Livre de la consécration du sanctuaire de Benjamin, Paris, Institut français d’archéologie orientale, (lire en ligne), p. 110-112
  3. 1 2 (en) Anthony Alcock, The Life of Samuel of Kalamun by Isaac the Presbyter, Warminster, Wiltshire, Aris & Phillips,
  4. ↑ (en) Muhammad Zafrulla Khan, Muhammad, Seal of the Prophets, Majlis Khuddamul Ahmadiyya, (ISBN 978-0-85525-992-1, lire en ligne), Selon l’auteur, l’original de la lettre aurait été découvert en 1858 par Étienne Barthélemy, membre d’une expédition française, dans un monastère en Égypte. Il serait conservé à Constantinople. Plusieurs photographies de la lettre auraient ensuite été publiées. La première serait parue dans le journal égyptien Al-Hilal en novembre 1904. Le dessin publié dans ce journal a été reproduit par David Samuel Margoliouth dans Mohammed and the Rise of Islam, Londres, 1905, p. 365, d’où provient cette image
  5. ↑ (en) Alfred Guillaume, The Life of Muhammad: A Translation of Ishaq's Sirat Rasul Allah, Karachi, Oxford University Press, (ISBN 0-19-636033-1, lire en ligne), p. 653
  6. ↑ (en) M. Fishbein, The History of al-Tabari, vol. 8: The Victory of Islam, New York, State University of New York Press, , p. 98
  7. 1 2 3 4 (en) M. Abd Allah Al Salloomi, Kitab at-Tabaqat al-Kubra of Muhammad Bin Sa'd (d. 230/844): The Missing and Unpublished Part of the Third Generation (Tabaqah) of the Sahabah: A Critical Study and Edition, Lampeter, University of Wales, (lire en ligne), p. 260
  8. ↑ (ar) Muḥammad ibn Abī Bakr Ibn Qayyim al-Jawzīyah, Zad al-Ma'ad Fi Huda Khayr al-'Ibad, Beirut, Dar al-Fikr, (lire en ligne), p. 72
  9. ↑ (tr) Tahsin Öz, Hirka-i saadet dairesi ve Emanat-i mukaddese, İsmail Akgün Matbaasi, (lire en ligne), p. 47
  10. ↑ (ar) « حاطب بن أبي بلتعة سفيراً إلى المقوقس - الرياضي - البيان », sur albayan.ae, AlBayan,‎ (consulté le )
  11. ↑ (ru) Oleg Georgievich Bolshakov, История Халифата (History of the Caliphate), "Наука, " Глав. ред. восточной лит-ры,‎ (ISBN 978-5-02-016552-6, lire en ligne)
  12. ↑ Abū al-Mukārim Saʿd Allāh Ibn Jirjis, The Churches & Monasteries of Egypt and some neighbouring countries attributed to Abû Ṣâlih, the Armenian, Oxford, Clarendon Press, (ISBN 978-0-19-813156-4, lire en ligne)
  13. ↑ Safî-ur-Rahmân Mubârakpûrî, Sealed Nectar : Biography of the Noble Prophet., Medina, Saudi Arabia, Dar-Us-Salam Publications, (ISBN 978-1-59144-071-0)
  14. ↑ (en) « Series - Muhamad Rasul Allah Ila Elalam - 1993 Cast، Video، Trailer، photos، Reviews، Showtimes » (consulté le )

Liens externes

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