Alain-Philippe Malagnac

homme d'affaires, collectionneur d'art et producteur musical français

Alain-Philippe Malagnac, né le [1],[a 1] à Paris 14e et mort le à Saint-Étienne-du-Grès (Bouches-du-Rhône)[2], était connu comme l'amant de l'écrivain Roger Peyrefitte, cette relation constitua le sujet de plusieurs romans de ce dernier. Alain-Philippe Malagnac était aussi un homme d'affaires[3], collectionneur d'art, producteur musical et compagnon de la chanteuse Amanda Lear.

Alain-Philippe Malagnac
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Biographie
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Biographie

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Selon Roger Peyrefitte, alors que le jeune garçon est âgé de douze ans, sa mère lui fait lire Les Amitiés particulières, ce qui l'incite à se présenter au casting pour jouer dans l'adaptation cinématographique de Jean Delannoy et à rencontrer l'auteur du roman[a 2].

Selon Élisabeth Quin, c'est Josée Dayan — assistante de Jean Delannoy — qui le rencontre en 1963 à Vincennes, alors qu'il a douze ans, pour lui faire passer des essais photographiques[4].

C'est en mars 1964, à l'âge de douze ans et demi, lors du tournage à l'abbaye de Royaumont du film Les Amitiés particulières où il interprète un enfant de chœur, qu'il fait la connaissance de Roger Peyrefitte, alors âgé de 56 ans. L'écrivain développe une fascination pour le jeune garçon et initie une situation d'emprise psychologique et de séduction, un processus que Peyrefitte retracera de manière romancée dans son livre Notre amour (Flammarion, 1967)[a 3], puis de façon détaillée dans Propos Secrets (Albin Michel, 1980).

Selon Élisabeth Quin, c'est lorsque le jeune garçon a 13 ans que Peyrefitte fixe son attention sur lui, avant que cette relation sous emprise ne prenne une tournure sexuelle à ses 16 ans[4].

S'amorce alors une longue relation de dépendance affective et professionnelle entre l'auteur et son protégé. À dix-huit ans, Malagnac est nommé secrétaire particulier de Roger Peyrefitte, qui le désigne comme son légataire universel[5],[a 4]. Cette trajectoire sous tutelle fait l'objet du récit L'Enfant de cœur (Albin Michel, 1977). À l'âge adulte, financé par Peyrefitte, il s'immerge dans le milieu du spectacle et de la nuit, menant un train de vie particulièrement ostentatoire[6] : acquisition de deux Rolls-Royce, d'un sarcophage égyptien, de marbres antiques, d'objets précolombiens, de toiles de maîtres (dont une signée Maurice Utrillo), achat d'un appartement rue Cassette à Paris et location d'un hôtel particulier à Neuilly-sur-Seine, où il engage d'importants travaux[a 5].

Il est chargé des relations publiques du club et restaurant de nuit "Le Colony", rue Sainte-Anne, aux côtés de son animateur Gerald Nanty, un ami de Peyrefitte. Au milieu des années 1970, il produit les disques de Guy Bonnardot, avec lequel il entretient une relation, avec l'approbation de Peyrefitte[7]. Il achète un restaurant à Paris, avenue de l'Opéra (Le Belvédère) et à Montfort-l'Amaury (La Moutière)[a 6], est le producteur des spectacles de Sylvie Vartan (palais des congrès de Paris, 1975). Malgré leur succès et l'argent investi, ces activités se soldent finalement par un désastre financier[8], dont Roger Peyrefitte subit les conséquences, car afin de payer toutes les dettes de son amant, il est contraint de vendre sa collection de monnaies, puis sa bibliothèque de livres anciens, sa collection d'objets antiques et son cabinet florentin en ébène incrusté de Lapis-lazuli, d'agates et de pierres rares[a 7] et son célèbre musée secret d'objets érotiques, en plusieurs ventes à Paris de 1974 à 1977, un épisode relaté dans son livre L'Enfant de cœur (Albin Michel, 1978). Selon Philippe Bouvard, Malagnac fit une tentative de suicide deux semaines avant la première de la pièce dont il est l'auteur, Au plaisir Madame (1977). Acculé par ses dettes, il avait avalé des barbituriques avant d'être retrouvé par son conseiller et de subir un coma d'une dizaine de jours à l'hôpital. Alain-Philippe Malagnac s'était engagé en tant que producteur de la pièce, ce dont il n'était pas capable de suivre financièrement. Elle a pu se concrétiser sans l'argent de Malagnac[6].

Selon Roger Peyrefitte, Malagnac aurait obtenu les noms d'"Argens de Villèle" en étant adopté par une aristocrate française vivant en Belgique et demeurée sans descendance[a 8].

En 1978, Alain-Philippe Malagnac rencontre la chanteuse Amanda Lear en tombe amoureux et, lors d'un voyage aux États-Unis, ils se marient à Las Vegas le , une union non reconnue juridiquement en France[a]. Cette union dure jusqu'à la mort de Malagnac, survenue le dans l'incendie du mas dans lequel le couple vivait à Saint-Étienne-du-Grès[9]. Les gendarmes affirment qu'il a péri dans les flammes vers 6 heures du matin, avec une autre personne identifiée comme un « éleveur de chats »[10].

Cette mort brutale à l'âge de quarante-neuf ans, survenue six semaines après celle de Peyrefitte, pose quelques questions. La thèse de l'incendie accidentel est celle qui est retenue par les enquêteurs, qui affirment n'avoir trouvé aucun liquide inflammable dans les décombres [11], même si Peyrefitte, dans ses livres, évoque un « pacte de suicide » entre eux, c'est-à-dire l'intention de se tuer à la mort de l'autre, écrivant notamment que « les rares fois où nous avions parlé de la mort, nous avions dit que l'un suivrait l'autre »[a 9]. Un jeune ami de Malagnac périt également dans l'incendie et une quinzaine de toiles de Salvador Dalí furent détruites dans le sinistre.

Amanda Lear déclare également que, lors de leur rencontre à la fin des années 1970, Malagnac lui aurait déclaré : « J'ai un stock de médicaments prêt, j'ai déjà raté un suicide ; celui-là, je ne compte pas le louper »[12].

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Alain-Philippe Malagnac d'Argens de Villèle » (voir la liste des auteurs).
  1. Dans l'acte de naissance de Malagnac n'est mentionné aucun mariage.

Références

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  • Sources primaires
  1. Dans Notre amour (Paris, Flammarion, 1967), sans doute pour égarer d’éventuelles recherches policières, Peyrefitte place début juin l’anniversaire d’Alain-Philippe (p. 80), et il lui attribue plus loin le signe des Gémeaux, qui correspond à cette période (p. 121).
  2. Roger Peyrefitte, L'enfant de Cœur, Albin Michel, 1978, p.29 : "C'est à ce livre (Les Amitiés particulières) que nous devions de nous être connus. Sa mère, à qui j'en aurai une éternelle reconnaissance, le lui avait fait lire à douze ans et il en avait été marqué. Ainsi eut-il l'idée de s'engager peu après, pour un rôle dans le film de Jean Delannoy, qui s'apprêtait à le mètre à l'écran, tiré de mon livre en 1964. On lui donnera un rôle d'enfant de chœur. Il avait eu l'espoir de me rencontrer."
  3. R. Peyrefitte, Propos secrets, 1977, p. 285-289 ; L'Enfant de cœur, 1978, p. 9 et 29.
  4. Roger Peyrefitte, L'enfant de Cœur, Albin Michel, 1978, p.61 : "Je l'avais institué mon héritier. Nous ne nous étions pas rendus chez un notaire, afin de dresser un acte solennel, mais j'avais inscrit mes dernières volontés sur une feuille de papier qui était dans le tiroir central de mon bureau."
  5. Roger Peyrefitte, L'enfant de Cœur, Albin Michel, 1978, p. 17 et 105.
  6. Roger Peyrefitte, L'enfant de Cœur, Albin Michel, 1978, p. 114.
  7. Roger Peyrefitte, L'enfant de Cœur, Albin Michel, 1978, p. 22 et p. 426 : « Les livres aux armes avaient été vendus le 20 décembre 1976 ; les livres érotiques, le 31 janvier 1977. Chacunes de ces ventes avait fait un million deux cent mille francs ».
  8. Suivant ce que dit Roger Peyrefitte dans Propos secrets, tome II, Albin Michel, 1980.
  9. Roger Peyrefitte, L'enfant de Cœur, Albin Michel, 1978, p.60
  • Autres sources
  1. Registre des naissances du 14e arrondissement de Paris, 1951. Indication identique dans l’acte de décès, également consultable en mairie.
  2. « Malagnac Alain-Philippe », sur matchID (consulté le ).
  3. Il fut agent en France d'une usine de crabe à Baton-Rouge en Louisiane : « Sylvie star - Issues 1265-1277 », L'Express, Presse-Union, , p. 17-18 (lire en ligne) Selon Philippe Bouvard, il se présente de façon mensongère comme propriétaire d'une usine de crabe en Bretagne : Philippe Bouvard, Douze mois et moi : journal secret, Paris, Éditions Stock, , 317 p. (ISBN 9782234008434, OCLC 461636201).
  4. 1 2 Élisabeth Quin, Bel de nuit, Gérald Nanty, Paris, Éditions Grasset, , 311 p. (ISBN 978-2-246-69341-3, BNF 41013045).
  5. (en-us) « Peyrefitte, Roger (1907-2000) », sur Glbtq.com (version du sur archive.org).
  6. 1 2 Philippe Bouvard, Douze mois et moi : journal secret, Paris, Éditions Stock, , 317 p. (ISBN 9782234008434, OCLC 461636201).
  7. Mathieu Rosaz, « Roger Peyrefitte, l'écrivain « sulfureux », intime d'Amanda Lear et de Sylvie Vartan », sur Charts in France, (consulté le ).
  8. « Amanda Lear fâchée contre Sylvie Vartan: La raison dévoilée », sur Non-stop-people.com, (version du sur archive.org).
  9. « Le mari d'Amanda Lear mort dans l'incendie de leur maison », sur Actustar (en), (version du sur archive.org).
  10. « ARLES / Amanda Lear entendue par les gendarmes », sur Ladepeche.fr, (consulté le ).
  11. Julien Dumond et Alain Grasset, « Amanda Lear : « Je n'ai plus rien » », sur Leparisien.fr, (consulté le ).
  12. Éric Dahan, « Drôle de dame », sur Liberation.fr, .

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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