Alan J. Pakula

producteur et réalisateur américain, XXe siècle

Alan Jay Pakula, né le à New York et mort le à Melville (État de New York), est un réalisateur, producteur et scénariste américain. Associé au mouvement du Nouvel Hollywood[1], il est surtout connu pour sa « trilogie de la paranoïa » saluée par la critique : le film policier néo-noir Klute (1971), le thriller conspirationniste The Parallax View (1974) et le film sur le scandale du Watergate intitulé Les Hommes du président (1976)[1]. Parmi ses autres films marquants, on compte Le Souffle de la tempête (1978), Merci d'avoir été ma femme (1979), Le Choix de Sophie (1982) ou encore les thrillers Présumé Innocent (1990) et L'Affaire Pélican (1993).

Alan J. Pakula
Description de cette image, également commentée ci-après
Alan J. Pakula en 1990 pour la promotion de Présumé Innocent
Nom de naissance Alan Jay Pakula
Naissance
New York (État de New York, États-Unis)
Nationalité Américaine
Décès (à 70 ans)
Melville (État de New York, États-Unis)
Profession Réalisateur, producteur, scénariste
Films notables Klute
À cause d'un assassinat
Les Hommes du président
Le Choix de Sophie
L'Affaire Pélican

Alan J. Pakula a notamment été nommé aux Oscars dans les catégories meilleur réalisateur pour Les Hommes du président et meilleur scénario adapté pour Sophie's Choice. Il a également reçu une nomination pour l'Oscar du meilleur film en tant que producteur de Du silence et des ombres (1962).

Biographie

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Jeunesse et début au théâtre

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Alan J. Pakula, fils d'imprimeurs immigrés juifs venus de Pologne, nait et grandit dans le Bronx. Après des études à l'université Yale, il devient metteur en scène de théâtre.

Débuts au cinéma

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Il arrive à Hollywood en 1949[2]. Il débute comme assistant du directeur de Warner Brothers Cartoons, avant de devenir assistant producteur à la MGM en 1950. Il a ensuite rejoint Paramount en tant que producteur. Entre 1957 et 1969, il produit plusieurs films de Robert Mulligan, parmi lesquels Du silence et des ombres et Une certaine rencontre[3]. Il produit notamment Du silence et des ombres (1962), ce qui lui vaut une nomination à l'Oscar du meilleur film[4].

Il fait ses débuts comme réalisateur avec Pookie, avec Liza Minnelli[5]. La performance de l'actrice-chanteuse est globalement saluée par la presse ; elle est notamment nommée aux Oscars et aux Golden Globes en 1970.

Premiers succès et « trilogie de la paranoïa »

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Il se fait davantage connaître avec son deuxième long métrage, Klute, film policier dont la photographie est signée Gordon Willis et où Jane Fonda joue une call-girl aux prises avec un dangereux assassin. Sorti en juin 1971, le film est un succès critique et commercial. Il s'agit du premier volet d'une trilogie informelle qui sera plus tard nommée « trilogie de la paranoïa » (ou de la conspiration)[6],[7].

Après la comédie dramatique plutôt confidentielle Love and Pain and the Whole Damn Thing (1973), il revient au thriller avec À cause d'un assassinat (1974). Second volet de sa trilogie paranoïque, le long métrage met notamment en scène Warren Beatty, Hume Cronyn, William Daniels et Paula Prentiss. C'est une adaptation du roman de Loren Singer (en) publié en 1970 et grandement inspiré de l'assassinat de John F. Kennedy en 1963, alors que le scénario du film rappelle semble plutôt basé sur celui de Robert F. Kennedy[8]. Le film remporte notamment le prix de la critique lors du festival international du film fantastique d'Avoriaz 1975.

Alan J. Pakula enchaine avec Les Hommes du président (1976), qui clôt sa trilogie « trilogie de la paranoïa ». Basé sur l'ouvrage du même nom de Bob Woodward et Carl Bernstein, les deux journalistes qui ont enquêté sur le scandale du Watergate pour The Washington Post. Ils sont incarnés à l'écran par Dustin Hoffman et Robert Redford. Le film est un immense succès critique et commercial[9]. Il deviendra au fil du temps un véritable film culte et une référence pour les films sur le journalisme[10],[11].

Changement de registre et échecs

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En mai 1978, il est président du jury de la « Compétition officielle » du 31e festival de Cannes qui décerne la Palme d'or à L'Arbre aux sabots d'Ermanno Olmi. Après sa trilogie de thrillers, Alan J. Pakula s'essaie au western avec Le Souffle de la tempête. Sorti fin 1978, le film met en scène James Caan, Jane Fonda ainsi que Richard Farnsworth qui sera nommé à lOscar du meilleur acteur dans un second rôle. C'est un échec critique et commercial[12].

Alan J. Pakula dirige ensuite Burt Reynolds, Jill Clayburgh et Candice Bergen dans Merci d'avoir été ma femme, comédie romantique et dramatique qui sort en 1979. Le film obtient deux nominations aux Oscars 1980 : meilleure actrice pour Jill Clayburgh et meilleure actrice dans un second rôle pour Candice Bergen. Aux Golden Globes, il en obtient 4 : Burt Reynolds est nommé au prix du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie, Jill Clayburgh dans la catégorie meilleure actrice dans un film musical ou une comédie, Candice Bergen pour la meilleure actrice dans un second rôle et meilleure chanson originale[13].

Sous l'impulsion de Jane Fonda, il tourne ensuite Une femme d'affaires (1981). L'actrice voulait en effet à l'époque faire un film à propos de la dépendance des États-Unis à propos du pétrole, venant notamment d'Arabie saoudite[14]. Mettant également en scène Kris Kristofferson, le film est un nouvel échec commercial et critique pour le réalisateur[15].

Nouveau succès et échecs avant le retour aux thrillers

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Le cinéaste renoue avec le succès public et critique avec son film suivant : Le Choix de Sophie (1982). Adapté du roman du même nom de William Styron, le long métrage met en scène Meryl Streep, Kevin Kline (pour ses débuts au cinéma) et Peter MacNicol. Le film reçoit un accueil critique positif et rapporte 30 millions de dollars au box-office. La prestation de Meryl Streep sera largement saluée et elle remportera l'Oscar de la meilleure actrice ainsi que le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique. Le film obtient quatre autres nominations aux Oscars 1983.

Avec Dream Lover (1986), il poursuit dans le thriller mais cette fois avec une touche de fantastique. Ce film avec notamment Kristy McNichol est présenté au festival international du film fantastique d'Avoriaz 1986 où il remporte le Grand prix. Mais le film ne trouve pas son public.

Il enchaine avec le drame Les Enfants de l'impasse (Orphans), sorti en 1987. Basé sur la pièce de théâtre Orphans de Lyle Kessler, ce long métrage met en scène deux frères orphelins, incarnés par Matthew Modine et Kevin Anderson. Le film ne récolte que 252 430 $ selon Box Office Mojo[16].

En 1989 sort À demain, mon amour, une comédie dramatique avec Jeff Bridges, Alice Krige, Farrah Fawcett et Drew Barrymore. Les critiques sont mitigées[17] et les résultats au box-office sont faibles[18].

Alan J. Pakula retrouve le succès critique et commercial avec son film suivant, un nouveau thriller intitulé Présumé Innocent, d'après le roman du même nom de Scott Turow. Il met en scène Harrison Ford, dans le rôle d'un procureur accusé du meurtre de sa collègue et maîtresse. Bonnie Bedelia, Raúl Juliá, Brian Dennehy et Paul Winfield tiennent les rôles secondaires. Présumé Innocent reçoit des critiques globalement positives et rapporte plus de 221 millions de dollars dans le monde[19]. C'est l'un films les plus rentables de 1990 et notamment le 12e meilleur long métrage au box-office annuel nord-américain.

Fin de carrière

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Il réalise un nouveau thriller, Jeux d'adultes (1992). Le film met en scène un couple incarné par Kevin Kline et Mary Elizabeth Mastrantonio qui se rapprochent d'un autre couple de voisins, interprétés par Kevin Spacey et Rebecca Miller. Le film reçoit des critiques mitigées et ne rencontre pas de succès auprès du public avec seulement 21 millions de dollars récoltés sur le sol américain pour un budget de 18 millions[20].

Il écrit et réalise ensuite un nouveau thriller, L'Affaire Pélican, d'après le roman du même de John Grisham. Ce film de procès politique met en scène Julia Roberts et Denzel Washington. Sorti en 1993, il reçoit des critiques plutôt mitigées mais rapporte 195 millions de dollars dans le monde, pour un budget de 45 millions de dollars[21].

Il mettra plusieurs années avant de sortir son film suivant — et dernier — : Ennemis rapprochés. Sorti en 1997, il oppose, dans la fiction comme lors du tournage plutôt houleux, Harrison Ford et Brad Pitt[2],[22]. Ce dernier incarne un membre de l'IRA qui se rend aux États-Unis et est hébergé chez un policier irlando-américain, incarné par Harrison Ford. Le film reçoit à sa sortie des critiques mitigées et connait une déception au box-office nord-américain, avec de meilleurs résultats à l'étranger. Il s'agit du dernier film du réalisateur, mort lors d'un accident de la route le .

Alan J. Pakula meurt dans un accident de voiture le sur la route Interstate 495 à Melville (État de New York). Un conducteur devant lui a percuté un tuyau métallique, le projetant à travers le pare-brise de Pakula et le frappant à la tête. Sa voiture a fait un écart pour aller percuter une clôture. Alan J. Pakula est transporté en urgence au North Shore University Hospital (en) à Manhasset, où sera prononcé son décès[23].

Avant sa mort, il développait un scénario écrit par Doris Kearns Goodwin et intitulé No Ordinary Time, centré sur la Maison-Blanche à l'époque de Franklin Roosevelt. Il était en repérages pour ce projet au moment de son accident[3]. Alan J. Pakula avait par ailleurs écrit le scénario d'une comédie intitulée A Tale of Two Strippers, sur l'histoire de deux danseurs exotiques de Las Vegas qui tentent d'échapper à un tueur à gages après avoir été témoins d'un meurtre. Josh Duhamel et Ashton Kutcher devaient tenir les rôles principaux[3].

Vie privée

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De d'octobre 1963 à juillet 1971, il est marié à l'actrice Hope Lange, qui avait déjà deux enfants (Christopher et Patricia Murray)[3],[23].

En février 1973, il épouse Hannah Cohn Boorstin, qui restera sa femme jusqu'à son décès en 1998. Il a en partie élevé les trois enfants de Hannah (Louis, Robert et Anna Boorstin)[24]. Il a évoqué très ouvertement le combat de son beau-fils Robert contre la dépression[25].

Il est l'oncle de Jennie Livingston[3].

Les films d'Alan J. Pakula abordaient souvent des thèmes psychologiques et politiques. Sa nécrologie dans The New York Times indique qu'il réalisait « différents types de films, tous destinés à divertir, mais que le fil conducteur de nombre d'entre eux était un style mettant l'accent sur la psychologie et les motivations de ses personnages, tout en les explorant »[26]. Il restera comme un réalisateur connus pour ses thrillers[27].

Postérité

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Il a fait l'objet d'un documentaire en 2023, intitulé Alan Pakula: Going for Truth[28].

Filmographie

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Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques IMDb et Allociné, présentes dans la section « Liens externes ».

Réalisateur

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Scénariste

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Producteur

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Distinctions principales

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Notes et références

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  1. 1 2 (en-US) « Alan J. Pakula: An American Cinematheque Retrospective », sur American Cinematheque (consulté le )
  2. 1 2 Alan J. Pakula - Ciné-club de Caen
  3. 1 2 3 4 5 « Biography » (biographie), sur l'Internet Movie Database
  4. ↑ (en) Steven Jay Schneider, 501 Movie Directors, Londres, Cassell Illustrated, (ISBN 9781844035731, OCLC 1347156402), p. 311
  5. ↑ Vincent Canby, « The Sterile Cuckoo (1969) Screen: 'The Sterile Cuckoo,' Old-Style TV Drama », sur The New York Times,
  6. ↑ Lionel Hurtrez, « La Trilogie de la conspiration – Pakula : une Amérique en pleine paranoïa », sur Critikat, (consulté le ).
  7. ↑ « Analyse de À cause d'un assassinat », sur DVD Classik.com (consulté le ).
  8. ↑ Jonathan Kirshner, « In the Dark », Slate,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  9. ↑ « All the President's Men (1976) - JP Box-Office », sur jpbox-office.com (consulté le )
  10. ↑ « All the President's Men Movie Reviews, Pictures », sur Rotten Tomatoes, (consulté le )
  11. ↑ Article de Caroline Brenière sur RTL le 29/01/2016
  12. ↑ (en) « Comes a Horseman », sur Rotten Tomatoes (consulté le )
  13. ↑ « Starting Over - Awards » ((en) récompenses), sur l'Internet Movie Database
  14. ↑ « Interview de Jane Fonda, Antenne 2 », sur INA.fr, (consulté le ).
  15. ↑ (en) Janet Maslin, « KRIS KRISTOFFERSON AND JANE FONDA IN 'ROLLOVER' », sur The New York Times, (ISSN 0362-4331, consulté le )
  16. ↑ (en) « Orphans », sur Box Office Mojo (consulté le )
  17. ↑ (en) « See You In the Morning (1989) », sur Rotten Tomatoes (consulté le ).
  18. ↑ (en) « See You in the Morning (1989) », sur Box Office Mojo.
  19. ↑ « Présumé Innocent », sur JP's box-office (consulté le )
  20. ↑ (en) « Consenting Adults (1992) », sur Box Office Mojo.
  21. ↑ (en) « The Pelican Brief (1993) », sur Box Office Mojo.
  22. ↑ (en) Ian Fisher, « Disaster? Was There a Disaster? », (consulté le )
  23. 1 2 (en) James Sterngold, « Alan J. Pakula, Film Director, Dies at 70 » Accès payant, sur The New York Times, (consulté le )
  24. ↑ (en) « FILM DIRECTOR DIES IN FREAK ACCIDENT », sur The Washington Post, (consulté le ).
  25. ↑ (en-US) Elisabeth Bumiller, « PUBLIC LIVES; A Filmmaker's Family Faces Mental Illness », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  26. ↑ (en) James Sterngold, « Alan J. Pakula, Film Director, Dies at 70 », sur The New York Times, (ISSN 0362-4331, consulté le )
  27. ↑ « Alan J. Pakula », sur Evene / Le Figaro (consulté le ).
  28. ↑ (en) Lisa Kennedy, « 'Alan Pakula: Going for Truth' Review: A Hollywood Memorial for a Friend », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  29. ↑ « Awards » ((en) récompenses), sur l'Internet Movie Database
  30. ↑ (en) « 49e cérémonie des Oscars - 1977 », sur oscars.org (consulté le ).
  31. ↑ (en) « 55e cérémonie des Oscars - 1983 », sur oscars.org (consulté le ).

Liens externes

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